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Qu’est-ce qui fait un très grand champion de golf ?

Qu’est-ce qui fait un très grand champion de golf ?

Tout sport, le golf inclus, a besoin d’un patron, d’un leader technique et surtout charismatique. Au cours de ces 15-20 dernières années, nous n’avions même plus à y réfléchir. Tiger Woods a tellement fait partie de notre quotidien, tellement occupé seul l’espace médiatique que finalement plus personne n’imaginait qu’un jour, il n’en serait plus ainsi. Sans l’enterrer trop vite, l’histoire du sport regorge de retours aussi incroyables que magnifiques, toutefois, en 2015, un nouveau « patron » s’est illustré : Jordan Spieth ! Il n’est pas seulement le nouveau numéro un mondial parce qu’il a gagné consécutivement le Masters et l’US Open…c’est surtout un grand champion qui a un grand point commun avec ceux qui ont dominé, et laissé une empreinte…Découvrez lequel...

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Jordan Spieth déjà mentalement au niveau des plus grands golfeurs de tous les temps ?

Bobby Jones, Jack Nicklaus, Tiger Woods, et aujourd’hui & demain, Jordan Spieth, tous ces champions ont en commun d’être des forces de la nature.

Pas réellement au sens physique de la chose, mais au sens mental, car un sport comme le golf qui a longtemps été considéré comme un « mind game », un jeu de l’esprit et au moins jusqu’au début des années 2000, même si ce sport s’est transformé depuis avec une part athlétique considérable, il n’en demeure pas moins que pour être un champion de golf, il faut être une force mentale au-dessus des autres, et au-dessus des événements.

Souvenez-vous de la victoire de Spieth au Masters, et comment il a dominé l’événement de bout en bout.

Il n’a pas seulement remporté une veste verte. Il n’a laissé aucun suspense quant à cette issue.

De grands golfeurs ont gagné le Masters ces dernières saisons…mais quelques-uns n’ont tout de même jamais rien gagné d’autre !

Qui se souvient de la victoire de Trevor Immelman ? 

Vraiment ?

Bobby Jones n’avait que 21 ans quand il a gagné son premier majeur en 1923 (US Open).

Et quand il a arrêté sa carrière à seulement 28 ans, et après en avoir disputé quatorze, il en avait tout de même remporté sept, et terminé quatre fois à la seconde place !

Au cours de sa carrière amateur, il n’avait pas eu moins de succès avec six victoires en seize tournois.

Certes, c’était une autre époque…

Personne n’avait été aussi bon aussi jeune que Bobby Jones dans ce sport mental !

Et que dire de Jack Nicklaus quand il a remporté son premier majeur de golf à 22 ans ? Encore un US Open (1962) pour celui qui a occupé le terrain sur près de trois décennies ! Un règne bien plus long que celui de Bobby Jones, et qui appelait déjà une transition entre l’ancien temps, et la modernité.

Nicklaus a parfaitement incarné cette mutation entre le noir et blanc, et le début de la technicolor !

Jones a remporté sept majeurs sur sept ans. Ben Hogan en a remporté neuf en sept ans avant que ses nerfs ne le trahissent. Arnold Palmer en a remporté sept en six ans pour ne plus jamais en remporter un seul sans véritable raisons ou explications.

Sam Snead en a remporté sept sur 12 ans, une autre belle preuve de longévité, et de force dans la durée.

Mais Jack Nicklaus est en soi un cas à part. Il a remporté huit majeurs au cours des années 60, sept dans les années 70, et après ses 40 ans, il en a encore gagné trois dans les années 80 !

Personne avant lui n’avait été aussi bon sur une aussi longue durée que Jack Nicklaus !

Tiger Woods est arrivé à une époque où nous étions tentés de penser que le matériel, et en particulier les progrès technologiques pouvaient diminuer l’importance du talent.

Cette pensée n’a pas perdurée au-delà de 1997, et la victoire de Tiger au Masters.

Depuis cette victoire, au moins au niveau professionnel, le golf ne pouvait plus être le même sport, jamais !

En 1965, la victoire la plus large de Nicklaus avait été de neuf coups d’avances sur le second au Masters.

22 ans plus tard, Woods a porté ce record à douze coups !

En 1967, la victoire la plus large de Nicklaus avait été de quatre coups sur le second au cours de l’US Open.

En 2000, Woods a gagné avec quinze coups d’avances !

Idem pour le British Open que Nicklaus a gagné de deux coups en 1978, et que Woods a dominé de huit coups deux décennies plus tard.

Personne ne paraissait pouvoir être plus fort que Nicklaus, mais Woods l’a pourtant été !

Nicklaus a eu jusqu’à présent la plus belle carrière. Cependant, Tiger Woods a son sommet, a été le meilleur golfeur.

Personne ne paraissait pouvoir être plus fort que Nicklaus, mais Woods l’a pourtant été !

Et tout cela nous amène aujourd’hui à Jordan Spieth, encore un américain dans un sport pratiqué par 25 millions de personne outre-atlantique.

Ce sport a beau être né au Royaume-Uni….le golf est leur jeu ! En tout cas quand il s’agit de dominer le secteur professionnel.

Concernant le nouveau taulier, les faits sont déjà très impressionnants. Il a remporté deux majeurs avant d’avoir eu 22 ans, ce que Jones, Nicklaus, et Woods n’ont jamais réussi à faire.

Le score de Spieth au Masters (270 coups ou -18 coups sous le par) a tout bonnement égalé celui de Woods en 1997 sur un parcours plus court de 460 mètres.

Spieth est devenu le plus jeune vainqueur d’un US Open depuis…Bobby Jones en 1923, ce qui n’a pas manqué d’attirer sur lui l’attention des médias dans la quête d’un éventuel grand chelem à réaliser.

Perspective qu’il n’a manqué d’un seul tout petit coup dans des conditions météos épiques à Saint-Andrews, un mois plus tard, défait par un Zach Johnson malicieux.

Pour finir sa saison en majeur, il a tout de même pris une nouvelle deuxième place au US PGA Championship, seulement battu par un Jason Day dans un grand jour.

Ce n’est pas toujours très pertinent de comparer les joueurs selon différentes époques.

Pourtant, il y a tellement à apprendre sur un sport, et sur les athlètes à travers la comparaison des meilleurs.

Jones, Nicklaus et Woods ont beaucoup en commun au niveau de leurs swings. Mais il y a quelque chose de plus mental que musculaire dans leur domination du jeu.

Et Spieth semble bel et bien partagé cette qualité avec ses illustres ainés.

Sur le parcours, au plus haut niveau, les golfeurs peuvent osciller entre un sentiment d’insécurité ou un trop gros égo.

L’histoire du golf est jalonnée d’exemples. Souvenez-vous d’Adam Scott, solide leader du British Open en 2012, et qui s’effondre littéralement sur les derniers trous pour donner la victoire à Ernie Els.

A l’inverse, plus proche de nous, souvenez-vous du coup désespéré de Jean Van de Velde à Carnoustie en 1999. Sur le moment, avec une autre idée, il aurait pu s’en sortir et gagner face à Lawrie. Il s’était vu trop beau !

C’est difficile pour un golfeur dans un « mind game » ou jeu de l’esprit de toujours devoir entre confiance en soi, insécurité ou trop gros égo.

Entre chaque état, la frontière est ténue.

Pourtant, pour ces légendes, et maintenant Spieth, c’est une qualité de toujours être dans la bonne zone pour prendre les meilleures décisions sur le terrain, et dans toutes les circonstances.

Bien sûr que le golf d’aujourd’hui est devenu un sport athlétique. Il le faut pour envoyer des drives à 300 mètres, et ce n’est pas une question qui peut se réduire au matériel.

Toutefois, le golf est toujours un sport qui met en exergue les bonnes décisions.

Et pour prendre de bonnes décisions, il faut avoir dans au moins 72 fois sur un parcours, un esprit impressionnant de clairvoyance pour ne jamais tomber d’un côté ou de l’autre, entre insécurité et excès d’égo.

Les touts meilleurs golfeurs sont effectivement assez forts pour avancer tel un funambule, et ne jamais tomber.

Capable de s’appuyer sur leurs formes physiques de champions, ils sont doués pour prendre en considération de nombreux facteurs comme le vent, le lie, la fermeté des greens, l’adrénaline et même le type de gazon.

De cette capacité nait la force mentale d’un très grand champion, qui injustement paraît moins importante que la force physique, simplement parce qu’elle ne se voit pas aussi distinctement qu’un muscle bandé en plein effort.

Plus que le talent, c’est pour cette qualité que Jones, Nicklaus, Woods, et maintenant Spieth ont gagné des majeurs avant d’avoir trente ans dans un sport où l’expérience est primordiale.

Personne n’était supposé être aussi bon aussi jeune, et pourtant Spieth l’est !

Quand un champion gagne en étant aussi jeune, il a des qualités qui sont moins périssables que seulement le talent. Une qualité qui fait de champion précoce, des champions qui durent au moins pendant toute la durée de leurs carrières, ou avant d’être rattrapés par les limites physiques que leurs imposent parfois leurs corps, car après tout, ils sont humains.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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