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Qu’est-ce que le sweet spot? La vérité sur la face de clubs de golf!

A quel endroit se trouve le sweet sport sur ce driver ?

Le terme sweet spot est de plus en plus à la mode quand il s’agit de parler de clubs de golf, et surtout de leurs conceptions pour légitimer d’éventuels gains de distances. Nous vous proposons de découvrir ce qui se cache réellement derrière la conception des têtes de clubs de golf.

Le sweet spot est le nouveau credo à la mode de toutes les marques de matériel. Nous le retrouvons aussi bien pour parler d’un driver que d’un fer ou même un putter.

A force d’en parler sans réellement savoir ce que c’est, un certains nombres de légendes ont vu le jour sur la toile ou dans des discussions de comptoirs au club-house, tordons le cou à ces fausses croyances..

Première fausse croyance concernant le sweet spot d’un driver : Il ne peut pas être plus large !

Le sweet spot est en fait un point de la taille d’une aiguille !

Sur un driver, il n’y a qu’un seul vrai sweet spot qui génère une vitesse de balle maximum, et peu d’effets sur la balle à l’impact.

A chaque fois que vous manquez le sweet spot (je rappelle un point de la taille d’une tête d’aiguille), vous perdez en vitesse maximum de balle à l’impact, et donc en distance.

En vérité, quand les fabricants parlent de sweet spot concernant leurs drivers, ils font plus références à la tolérance quand vous manquez le sweet spot, et donc, le fait que vous perdrez moins de vitesse de balle, et prendrez moins d’effets (type slice ou hook) du fait d’un plus haut niveau de Moment d’inertie, le fameux MOI.

Deuxième contre-vérité concernant le sweet spot, ce dernier ne se situe pas exactement au centre de la face du club !

Il varie de manière très significative d’un club à un autre !

Sur les drivers modernes, le sweet spot est proche du centre de la face en largeur (du heel à la toe), mais en hauteur, il s’est déplacé légèrement sous le centre de la face.

Ce changement s’est produit au moment où les ingénieurs ont commencé à déplacer le poids de la face et de la couronne pour les positionner plus bas et plus en profondeur de la tête de club. Ceci étant rendu possible depuis l’utilisation de matériaux à la fois plus légers et plus consistants.

Sachant que le poids influe directement sur le centre de gravité du club qui donc s’abaisse et recule dans la tête du club, cela a pour effet de remonter le sweet spot dans la face.

Ce phénomène rend de plus en plus complexe le fait de « fitter » de manière optimale un driver pour un amateur.

Ce dernier n’a d’ailleurs aucun moyen de déterminer seul la position exacte du sweet spot de la plupart des drivers actuellement sur le  marché.

De ce fait, l’amateur n’a pas la possibilité de savoir exactement, où il doit frapper avec son driver pour générer la longueur la plus importante, et la plus droite.

En vérifiant très précisément le centre de gravité d’un club (tâche qui peut être faite par un clubfitter avec précision), vous pouvez déterminer sa position, et vous serez surpris de constater qu’il est plus souvent au-dessus du centre de la face du club, et plus souvent du côté intérieur de la face qu’au centre ou proche de l’extérieur.

Pourquoi ?

Le coefficient maximum de restitution (COR) sur un driver est dans le centre de la face de votre club, tout simplement parce que la face va plus facilement se déformer à l’intersection de l’axe des abscisses, et de l’axe des ordonnées (X et Y en géométrie), étant donné qu’il s’agit du point le plus profond.

Autrement dit, la plupart du temps, le sweet spot et le point maximum du COR ne sont pas alignés !

Si cela vous semble compliqué. Imaginez simplement que la face du club se déforme moins aux extrémités, parce qu’elle est mieux supporté par le métal qui l’entoure.

C’est le même principe concernant l’effet trampoline, et donc la même différence entre le centre et les bords.

Déformation d'une balle pendant l'impact avec la face du driver

Pour donner le maximum de vitesse à la balle, nous avons besoin que la face se déforme au maximum à l’impact pour absorber la compression de la balle.

Mais il est aussi vrai que nous pouvons surcompresser une balle, et en fait perdre de l’énergie au moment du transfert, et donc de la distance. Tout comme l’inverse est aussi possible.

La face d’un club de golf a besoin de se déformer, puis de retrouver sa forme initiale pour transférer un maximum d’énergie à la balle.

Si vous tapez dans une guimauve, elle ne va pas voler très loin du fait que toute l’énergie est absorbée à l’impact, et pas restituée.

Quand la face d’un club absorbe de l’énergie, une plus grande vitesse de balle est le résultat d’un plus grand transfert d’énergie.

Si on en revient au problème du non-alignement du COR maximum avec le sweetspot, cela revient à dire que nous avons en fait deux sweet spots sur la face du club, et aucun des deux n’est donc jamais parfaitement « sweet » !

Le problème peut aussi se poser pour la plupart des golfeurs amateurs qui ont une vitesse de swing plutôt moyenne (à savoir autour de 80 mph – 130 kmh) car le sweet spot lié au centre de gravité peut se situer à une place, où il y a besoin de plus de loft pour vraiment lancer la balle de manière optimale.

Quand vous commencez à comprendre à quel point tout ceci peut être compliqué, il devient en fait très clair que vos chances d’acheter un driver qui vous est parfaitement adapté sont quasi-nulles ! 

Question subsidiaire : Pourquoi la face d'un driver est légèrement bombée ? 

Pour permettre à une balle tapée à droite du sweet spot qui va logiquement partir à droite de la trajectoire, puisse en fait revenir vers le cente. Idem à gauche...

 

Vue de haut d'une déformation à l'impact

Sur le sweet spot d'un driver, retenez quelques concepts :

  • Le sweet spot de n’importe quel club de golf est lié au centre de gravité. C’est un point unique, et certainement pas une zone entière comme l’affirme les marques de matériel
  • Trouver le centre de gravité d’une tête de club en la tenant en équilibre comme vous pourriez le faire avec un crayon. Et vous constaterez certainement que ce point d’équilibre n’est pas au centre de la face !
  • Un coup tapé sur le sweet spot donne une vitesse de balle maximum pour un taux de spin minimum.
  • Quand vous tapez un coup de golf en dehors du sweet spot, vous perdez en coefficient de restitution, ce qui réduit considérablement la vitesse de balle à l’impact, et donc la distance.
  • Le centre de gravité d’un club peut être changé avec une simple bande de plomb collé sur le club !
  • Le fait d'abaisser le centre de gravité permet de réduire le taux de spin donné à la balle, qui couplé à une augmentation de l'angle de lancement peut permettre d'augmenter le vol de balle.
  • Le sweet spot est le point parfait sur la face du club où quand on y tape une balle, cette dernière ne prend absolument aucun effet latéral du fait que le poids est parfaitement équilibré entre chaque côté de la face.
  • Plus un coup est bien tapé, moins vous ressentez de vibrations, meilleur est le touché. A l’inverse, si le contact est moins bon, les sensations sont moins bonnes, vous n’avez pas pris le sweet spot.

Au cours d'un de nos tests drivers, la lecture des impacts de balle sur un driver qui n'est pas un Callaway, simplement la pastille

Bien que nous ayons beaucoup parlé du driver, la notion de sweet spot est identique concernant les fers.

Le sweet spot sur les fers à cavité par rapport aux lames !

Ils ont été justement conçus pour aider les amateurs à être moins pénalisés sur les coups décentrés. 

Quand vous manquez le sweet spot, le fait que le centre de gravité du club ait été abaissé et centré en arrière du club réduit les vibrations, et atténue les effets négatifs d’un coup de golf moyen. 

C’est une façon d’optimiser le MOI. 

Le meilleur moyen de le démontrer est de mettre une lame dans les mains d’un amateur. 

Comme une lame n’a pas de cavité, et que le centre de gravité est très proche de la face, ces clubs ont un MOI réduit, et les coups décentrés produisent énormément de vibrations sur les coups manqués. 

Les meilleurs joueurs de golf, y compris les professionnels, utilisent des lames parce qu’elles permettent de mieux travailler la balle, et donnent un surplus de sensations. 

Comme leurs swings sont très consistants, ils frappent plus souvent sur le sweet spot qu’ils ne le manquent. 

Comme déjà écrit plus haut, le sweet spot est rarement au milieu de la face du club, et donc pas là, où justement les marques dessinent un petit (x) soi-disant pour le symboliser.

Quand vous regardez un fer et que vous constatez comment le poids est réparti ou si vous préférez la matière, vous pouvez souvent voir qu’il y a plus de matière autour du hosel. 

Ce simple fait suffit à expliquer que cela déplace le sweet spot plus près de la partie « heel » (intérieure) de la face du club plutôt qu’au centre. 

Pour faire le test, alignez votre balle plus près du sweet spot plutôt qu’au centre de la face, et constatez le résultat…  

Crédits photos : Ping golf

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Auteur

Passionné de technique (plus de 15 année d'expériences dans l'aéronautique), il a reçu des formations en Clubmaking, Clufitting et Biomécanique en France, et en Angleterre. Sur ce site, il nous parle de matériel de golf et de fitting.


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