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Qatar Masters : Sergio Garcia…de l’ombre à la lumière !

Sergio Garcia remporte le Qatar Masters 2014

En l’espace de quelques semaines, et de trois tournois, Sergio Garcia a pleinement réussi à tourner la page d’une année 2013 marquée par une mauvaise blague qui a bien failli lui coûter son sponsor, et peut-être bien plus, pour finalement retrouver le goût de la victoire au Qatar Masters.

Vainqueur ce samedi après trois trous de play-off contre le finlandais Ilonen, et un magnifique finish qui l’a vendu rentrer six birdies sur les douze derniers trous du parcours de Doha.

Sergio Garcia, l’enfant terrible ou plutôt le prodige du golf mondial, qui a trop longtemps vécu dans l’ombre de Tiger Woods, a su faire profil bas sur la scène médiatique pour sortir le grand jeu, et s’imposer pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines, après sa victoire lors de l’Open de Thaïlande, comptant pour l’Asian Tour.

Retour sur l’itinéraire d’un enfant gâté qui n’a pas encore tout à fait exploité tout son potentiel !

Sergio Garcia est né à Castellon de la Plana, en Espagne en janvier 1980.

Il a débuté sa carrière professionnelle en 1999 à seulement 19 ans, et « El Nino » va alors rapidement se faire un nom au sommet de l’élite du golf mondial.

Le bouillonnant et talentueux espagnol, sportif complet, fan de football et de tennis, va connaitre son premier fait de gloire en se posant comme le principal rival de Tiger Woods au US PGA Championship 1999.

Battu de peu par le tigre, c’est à cette époque que le talent de Garcia a sauté aux yeux du monde entier.

Depuis ce tournoi, tous les chroniqueurs de golf s’attendaient à ce que Garcia s’impose comme le principal challenger de Woods.

La rivalité Garcia-Woods

Le match aurait été parfait à l’image des plus grands duels du sport mondial !

Prost – Senna en Formule 1, George Foreman – Mohamed Ali en Boxe, John McEnroe – Bjorn Borg en tennis, Dax- Mont-de-Marsan en rugby….et Sergio Garcia-Tiger Woods en golf !

  • L’un est impétueux, l’autre est impassible.
  • L’un est capable du meilleur comme du pire, l’autre est très régulier.
  • L’un est un chien fou, l’autre est un tigre affamé.
  • L’un est amusant, l’autre est triste.
  • L’un est proche des gens, l’autre est seulement distant…

Tout oppose Garcia et Woods, mais malheureusement, plus de dix ans après ce premier affrontement prometteur, les palmarès ne sont pas comparables.

Encore l’an passé, lors du Players Championship, on a bien cru que Garcia pourrait renverser la montagne de détermination et de sang-froid Woodsienne.Sergio Garcia : l'un des plus grands talents de ces 15 dernières années

Mais c’était encore sans compter sur le caractère irraisonné de l’Espagnol, qui a plusieurs fois manqué de grandes victoires dans sa carrière, par la faute d’un manque de soupçon de prudence dans les moments clés d’un tournoi.

Au Players Championship 2013, une grossière erreur de choix de club sur le mythique trou numéro 17 allait lui coûter une balle dans l’eau, et la victoire, alors qu’il était au coude à coude avec Woods, et même avec une sérieuse chance de le devancer.

Tout comme en 1999, et tant de fois depuis, Garcia a dû baisser les yeux pour ne pas voir Woods lui voler la vedette.

Et contrairement aux pronostics, en 2014, l’espagnol qui a 34 ans, n’a toujours pas remporté de Majeur.

Battu en 1999, mais aussi en 2007 au British Open par Padraig Harrington, puis 2008 à nouveau sur le parcours de l’US PGA Championship.

Celui qui avait réussi la prouesse de passer un cut à seulement 14 ans sur un tournoi du circuit européen n’ a toujours pas, vingt ans plus tard, réussi à être le meilleur golfeur du monde.

Cependant, son palmarès et sa notoriété ne sont pas ridicules.

Avec 20 victoires internationales, plus de 250 semaines passées dans le top-10 mondial du golf, El Nino s’est imposé comme l’icône principale de la plus grande marque de matériel de golf, Adidas-TaylorMade.

Qui aurait parié aux débuts des années 2000 que ce tandem allait en fait largement dominer l’attelage Tiger Woods-Nike dans les ventes de matériel de golf ?

La grande différence réside dans le fait que le groupe américano-allemand a parfaitement réussi à se démarquer du star-system du golf pour avoir d’autres stars dans son écurie : à savoir le produit !

Alors que Nike…A trop miser sur Woods n’existe qu’à travers Tiger.

Et c’est en partie ce phénomène qui a fragilisé l’espagnol quelques jours après sa sortie médiatique manquée contre son rival de toujours.

La mauvaise blague marque un tournant

Au cours d’un repas de gala à Wentworth, Sergio Garcia fait le pitre comme souvent, et fait une blague douteuse sur Woods.

Voir notre précédent article sur ce sujet.

Sans doute encore énervé par le manque de tact et de respect, dont fait régulièrement preuve l’américain au contact de ses confrères sur le terrain, et en particulier, quand il joue dans la même partie que l’espagnol.

Néanmoins, sa mauvaise blague sur fond de racisme fait oublier que Woods est un partenaire de jeu indélicat.

En fait un sale type, et au contraire, jette Garcia dans une polémique qui le met mal à l’aise, et son sponsor historique avec lui.

Sergio Garcia électrise parfois trop Adidas !

Le groupe Allemand, très gêné par cette situation, pense un temps se séparer de l’Espagnol puis renonce, laissant le temps et les innombrables excuses de Garcia se charger de faire oublier l’incident.

Sergio ira même jusqu’à glisser un mot d’excuse dans le vestiaire de Woods qui dans cette histoire, restera égal à lui-même, terriblement impassible pour ne pas dire inhumain.

On peut admirer Woods. J’ai admiré Woods pour son mental d’acier, et son don surnaturel. Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas parce qu’il joue bien au golf que c’est un chic type.

De la même façon, ce n’est pas parce que Garcia est parfois brouillon avec ou sans clubs de golf que c’est un sale type ou un raciste.

Depuis ce malheureux événement, Garcia est rentré dans le rang ! Peut-être même un peu trop !

Sergio Garcia : l'heure du rebond et de la sagesse ?

Sa saison 2013 a été bien discrète jusqu’à un sursaut, bien loin des Etats-Unis, en Thaïlande où il a retrouvé le goût de la victoire, et au passage embrassé sa chère et tendre, alors caddy sur son sac.

L’amour…le talent n’ont jamais quitté l’ibère.

Bien que depuis six ans, il n’ait plus jamais été en position de gagner un majeur (une éternité pour un golfeur de son rang), en remportant ce Qatar Masters, loin de Torrey Pines où Woods ne semble pas être aussi à l’aise qu’à son habitude, Garcia se reconstruit, et rappelle que justement, il peut encore devenir le meilleur golfeur de la planète, comme en atteste sa carte de score du jour, avec six birdies sur les douze derniers trous d’une dernière partie.

Sergio Garcia a utilisé un driver SLDR au Qatar Masters

Avec 273 mètres de moyenne de distance au drive, et 75% de greens pris en régulations sur ce tournoi Qatari, Garcia a largement démontré qu’il a bien le jeu pour parvenir à ses fins.

Désormais, deuxième au classement des qualifiés pour l’équipe Européenne de Ryder Cup, Sergio ne devrait pas avoir ce stress a géré sur sa saison 2014 qui débute à peine, et devrait logiquement faire partie de l’aventure sous la houlette de Paul McGinley à Gleneagles en Septembre prochain.

Pilier de cette équipe, brillant et invincible dans l’exercice des matchs par équipe, Garcia avait eu besoin d’une victoire de justesse à Wyndham en Août 2012 pour faire partie de la dernière équipe victorieuse…Tiens ! Encore un parallèle incroyable avec la carrière de Woods !

Autant, l’américain mène 14 à zéro concernant les majeurs par rapport à Garcia. Autant, en Ryder Cup, les statistiques s’inversent complètement.

Il ne reste plus qu’à Garcia de remporter son premier majeur pour changer le cours de son histoire…

Crédits photos : Qatar Masters

Le sac de Sergio :

Driver: SLDR 9.5° (Mitsubishi Rayon Diamana 100-x)
Bois de parcours: SLDR fairway 15.5° & 18.5° (Mitsubishi Rayon Diamana 100-x)
fers: Tour Preferred MC (3-PW)
Wedges: ATV 50° & 58°
Putter: Spider Mallet prototype
Balles: Tour Preferred X
Gants: adidas Golf Inertia
Vêtements: adidas Golf
Chaussures: adidas Golf adizero one

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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