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Pourquoi changer de putter quand on peut changer de grip ?

Pourquoi changer de putter quand on peut changer de grip ?

Quelques années en arrière, un membre de ma famille m’a offert un très beau putter, presqu’une pièce de collection, un Scotty Cameron Studio Style 2.5. Un club que j’ai toujours conservé, même si au niveau des sensations, cela n’a pas été le coup de foudre la première fois que je l'ai pris en mains.

Au-delà de la fonction d’un putter qui est d’être utilisé sur un green, certains clubs peuvent réellement être comparés à des pièces de collections ou de véritables œuvres d’arts.

D’ailleurs, certaines marques ne s’y trompent pas, et jouent cette carte à fond pour permettre à leurs heureux bénéficiaires de se distinguer, à travers un produit relativement hors norme.

Concernant ce Scotty Cameron, vous pouvez réellement considérer qu’il s’agit d’un club unique.

D’ailleurs, à  chaque fois que je le sors du sac, la réaction spontanée est toujours la même « ah, quel beau putter ! » avec ce léger ton de surprise propre à un objet que l’on voit rarement.

Pour les puristes, il s’agit en fait d’un modèle assez simple.

Produit à la fin des années 90, ce putter présente une tête lame tout ce qu’il y a de plus conventionnelle avec une toute petite aide à l’alignement derrière la face, un simple trait blanc très discret.

En fait le charme de ce putter réside dans son matériau brut qui reflète les couleurs de l’arc-en-ciel tout en restant bronze brillant.

Pas d’insert, pas de gadget, pas de fioritures, juste un putter qui évoque un matériau lourd, noble, pure.

D’accord, c’est un joli putter...mais où veut-il en venir ?

Tout simplement au fait, que pendant des années, j’ai conservé ce putter dans un placard, car je n’aimais pas les sensations ou plutôt, et pour ceux qui se souviennent du milieu des années 2000, j’étais comme beaucoup de golfeurs, terriblement attiré par les putters White Hot 2-ball d’Odyssey, et j’ai d’ailleurs testé différentes têtes, et différentes longueurs de shafts.

Scotty Cameron Studio Style 2.5

Le côté esthétique était très secondaire pour moi, car je considérais que mon putting n’étais pas assez performant. Il me fallait un produit me donnant un maximum de confiance visuelle au moment de l’alignement.

L’alignement était vraiment devenue une obsession, plus que le dosage, la concentration, le tempo, et la consistance.

Des notions que je n’allais réellement mieux percevoir que plusieurs années après.

Et c’est donc pourquoi pendant plusieurs années, je n’ai ni osé revendre ce putter qui était un cadeau d’une personne proche, ni jouer ce putter que je trouvais trop grand, et que j’avais du mal à poser à plat sur le sol.

Je précise que je mesure 1m83, et que ma façon de putter a toujours impliqué d’avoir les bras bien tendus, le plus bas vers le sol, ce qui a fait que mes meilleures sensations ont toujours été avec des putters de 34 inches.

Comme vous pouvez vous en douter le Scotty Cameron est un 35 inches.

Ce petit inch peut paraître anodin, mais pour moi, il change beaucoup  dans la position de mes mains sur le manche, et la façon de poser le putter square au sol.

Dans les années 2000, on commençait à peine à parler de fitting, mais certainement pas de fitting de putter.

De mon point de vue, on achetait un putter 34 ou 35 inches, mais il ne nous venait pas à l’esprit de couper un putter, au grand bénéfice des marques…ou alors certains initiés savaient le faire, mais admettez que c'était encore confidentiel.

Alors pourquoi vous parler aujourd’hui de ce putter ?

Tout simplement parce que j’ai du splitter mon sac de golf en deux endroits, et j’ai fait le choix de laisser mon sac avec mes clubs les plus couramment usités, dont mon fameux putter White Hot 2 Ball à forme de tête bizarroïde (un cercle entoure le maillet), mais de 34 inches.

Du coup, dans mon sac à domicile, et où paradoxalement, je joue beaucoup moins au golf, se trouve ce fameux putter Scotty Cameron que je me suis résolu à remettre en jeu, et non pas à mettre sur une étagère en exposition.

Sans surprise, sur le parcours, mes performances au putting n’ont jamais défrayé la chronique.

Et puis, il y a un an, je vous ai proposé, parmi les premiers en France, un sujet sur les grips superstrokes !

Pour vulgariser, des grips plus épais qui permettent d’atténuer certains mouvements de mains parasites au putting.

Dans l’article, je parlais de technique, de sensations, et des bienfaits de ce produit qui rencontre actuellement un succès phénoménal sur le tour, et même chez les amateurs.

Un succès qui ne se dément toujours pas !

Je dois vous avouer qu’à l’époque je ne l’avais que testé mais pas mis sur mon propre putter, préoccupé par d’autres choses, comme le développement technique du site plus que par le fait de jouer au golf.

Il y a de cela quelques jours, j’ai eu à nouveau en mains un putter monté avec un grip superstroke slim 3.0, et comme il y a un an, j’ai vraiment énormément apprécié les sensations et le tempo, et c’est là que l’idée m’est venue de réhabiliter mon magnifique et inutile putter Scotty Cameron.

un grip superstroke slim 3.0

A nouveau, vous devez vous dire, mais il nous raconte sa vie !

J’y viens ! Je vais vous démontrer comment j’ai poussé l’expérience pour en faire une histoire utile à partager pour tous. 

L'expérience : test avant et après changement

En me rendant aujourd’hui au magasin US Golf de Champagne-Au-Mont-d’Or, où j’ai un accord de partenariat technique avec Clément Morelle, notre consultant technique, je lui ai demandé de me couper mon putter d’un inch, et de me monter un grip superstroke slim 3.0.

Sur ce point, je considère que l’utilisation d’un tel grip ne se justifie pas sur les modèles 1.0 ou 2.0, qui sont en fait plus petits. Avis personnel !

Mais avant d’opérer cette opération chirurgicale sur mon vieux et beau putter, j’ai une nouvelle fois vérifié et quantifié en quoi ce putter n’était pas performant, et ce à l’aide de l’application iping que j’utilise pour nos tests de putters.

D’ailleurs, je dois vous annoncer la sortie prochaine sur notre site de plusieurs nouveaux tests de putters 2014, dans les marques PING (modèle Ketsch), Odyssey (Tank Cruiser 7), et Scotty Cameron.

En somme, le résultat ne m’a donc pas surpris !

Niveau de consistance moyen pour cinq putts tapés à plat à deux mètres : 11.0 !

Un score relativement modeste, et même insuffisant pour prétendre putter avec régularité. 

Au niveau du type de coup, comme à mon habitude, je putte en slight arc (léger arc de swing à l’impact) avec un angle de fermeture moyen de 4,3 degrés.

Après les changements opérés sur mon putter, le verdict a été sans appel !

Amélioration spectaculaire de la consistance ! Au lieu de 11.0, nous avons mesuré une consistance moyenne de 1,7, soit presque dix fois meilleure en changeant de grip, et en le raccourcissant.

Même le tempo est légèrement plus élevé, passant de 1,8 à 1,9.

Pour le reste des mesures, rien de flagrant concernant l’angle de lie ou l’inclinaison du shaft, simplement un contact de balle beaucoup plus régulier.

Toutefois, pour être honnête, au cours de tests de putters, j’ai obtenu d’encore meilleurs résultats, notamment avec les fameux putters contrebalancés, comme le Daddy Long Leg de TaylorMade ou le Tank Cruiser 7 d’Odyssey, où mes notes de consistances flirtent avec la perfection (entre 0,5 et 0,7), ce qui n’est pas une prétention de ma part, mais bien le reflet d’une parfaite adéquation théorique entre le putter et le joueur.

Ces mesures ne signifient pas que l’on rentre nécessairement plus de putts. Simplement , en théorie, nous avons plus de chances d’y parvenir avec un putting consistant, thème que nous avions là-aussi déjà traité précédemment.

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Verdict que je voulais partager avec vous ! Parfois, plutôt que de changer de putters, quelques ajustements peuvent vous changer la vie.

Dans mon cas, il s’agissait de couper la longueur du shaft d’un inch, et d’installer un grip Superstroke slim 3.0, pour d’autres, cela pourra être d’autres paramètres.

Le tout étant de confirmer les sensations par des mesures simples à effectuer, et à l’aide d’un outil simple d’utilisation, et relativement peu onéreux, comme l’iping, application mobile de Ping.

Changer de putter peut être parfois relativement onéreux, et pour ma part, il n’en était pas question.

En revanche, ces petits changements me donnent la sensation d’utiliser un tout nouveau putter, et en plus, et ce n’est pas coutume avec le matériel de golf, j’ai pu associer esthétisme et performance. Que demander plus ?

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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