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Posté par le dans Insolites sur le golf

Pourquoi alterne-t-on du meilleur au pire sur le parcours de golf ?

Camillo Villegas : capable du meilleur comme du pire !

Le colombien Camilo Villegas vient de connaître une bien vilaine aventure lors du dernier tournoi de golf du PGA Tour : Passer du statut de premier du classement du Honda Classic avec un score de 64 le jeudi, à « éliminé » pour avoir manqué le cut au soir du vendredi, après une deuxième carte de 77 sur le même parcours !

Comment peut-on alterner deux parties de golf aussi différentes sur le même parcours en moins de 48 heures ?

Si vous jouez au golf régulièrement à un niveau amateur, vous avez sans doute été confronté à cette question au moins une fois dans votre vie de golfeur, et peut-être plus…

Il est bien difficile d’apporter une réponse toute faite à cette question.

Mais si une telle mésaventure arrive à un golfeur classé dans le top-150 mondial, on comprend plus facilement que cela puisse arriver tous les week-ends sur les parcours de l’hexagone à bon nombre de golfeurs amateurs.

A écouter les pros de golf, d’une journée à l’autre, notre corps et notre esprit ne répète pas, tel un robot les mêmes sensations.

Il est rare qu’une partie de golf ressemble à une autre !

D’ailleurs, au plus haut niveau, si on observe les cartes de scores des champions, on constate qu’il score rarement les quatre tours de compétitions avec les mêmes résultats, et les mêmes réalisations sur chaque trou.

Camillo Villegas : de la lumière à l'ombre !

Pour les meilleurs, on retrouve souvent des écarts de plus ou moins cinq coups d’une partie à l’autre, ce qui est finalement tout à fait acceptable.

Dans le cas de Villegas, on se trouve dans un cas où l’écart est de 13 coups ! Et pour certains amateurs, l’écart peut être encore plus important.

Au niveau de Villegas, on ne peut pas penser qu’il s’agit d’un problème technique.

Le swing du colombien est peut-être perfectible, mais il est à un niveau de maturité assez élevé pour jouer régulièrement sur le circuit professionnel le plus élevé au monde.

En revanche, pour un amateur, un gros écart entre deux jours de golf peut être le reflet d’un swing de golf pas tout à fait calé techniquement !

Par exemple, un golfeur à l’aise sur des pleins coups à 100 mètres, mais gêné sur des demi-coups à 50 mètres, peut avoir des coups de golf à jouer sur la première partie qui lui sont favorables, et le lendemain se trouver dans des situations qui le desservent. Alors l’écart de niveau de jeu peut trouver une explication purement technique.

Quand on écoute les golfeurs les plus expérimentés, ces derniers nous invitent toujours à toujours taper quelques balles au practice, avant de démarrer une nouvelle partie de golf.

Le but est plus de s’échauffer, et de sentir les sensations du jour plutôt que de chercher un dernier entrainement technique.

Travail au practice ou échauffement

Ce réflexe qui consiste à chercher les sensations du jour est déjà le reflet qu’au golf, les sensations peuvent varier d’un jour à l’autre.

On peut très bien avoir l’impression de taper des balles en or le samedi, alors que le lendemain, on aura l’impression de taper comme une enclume.

Aussi curieux que cela puisse paraître, la clé du score au golf est d’apprendre à faire avec…

Dans le cas de Villegas, il y a fort à parier que l’écart de score provienne d’une mauvaise gestion d’un évènement négatif et contraire.

En effet, Camilo a démarré son parcours par un enchainement bogey/double-bogey sur les deux premiers trous.

Aucun doute qu’il a la capacité technique pour bien jouer au  golf. En revanche, à ce niveau élevé de compétition, il est possible que le colombien ait lâché prise mentalement, après avoir manqué les deux premiers trous sur 18 de sa journée.

Trop de pression, trop envie de bien faire, déception,  colère, etc. le colombien n’a jamais trouvé les bonnes armes pour se reprendre, alors que pourtant il sait le faire.

Le swing de Camillo Villegas

Le golf est bien un sport physique, technique, tactique et mental. Quand un élément lâche, les performances s’en ressentent immédiatement.

Au niveau d’un golfeur professionnel, les aspects physiques, techniques et tactiques sont généralement très bien maîtrisés. A tel point que la différence se fait  sur le dernier élément : le mental !

Au niveau amateur, il y a encore plus de raisons d’alterner le bon et le moins bon.

Sans être des sportifs de haut niveau, le golfeur amateur n’a pas une préparation physique optimum 365 jours par an.

Sans être un golfeur capable de taper 9 balles de golf sur 10 exactement de la même façon, à l’image d’un pro, là encore, on peut trouver une piste d’explication concernant l’alternance de bons et mauvais jours de golf.

Enfin, il est rare qu’un simple amateur de golf mette en place une stratégie tactique et mentale, au moment de démarrer une partie de golf amicale.

Vous l’aurez compris, si vous voulez limiter des écarts de performances entre deux jours de golf, retenez qu’il est important de sentir les sensations du jour, et être à l’écoute de son swing avant chaque nouvelle partie.

Aujourd'hui : je suis dans le bon tempo !

Par exemple, si au practice, vous avez tendance à envoyer vos balles à droite, ne cherchez pas à faire un travail technique pendant ce qui doit être votre échauffement. Faites avec sur le parcours !

Il sera toujours temps de travailler avec votre pro pour corriger plus durablement cet aspect de votre jeu.

En plus des sensations du jour, pensez votre golf sur quatre dimensions : physique, tactique, technique et mental.

Pour atténuer des grands écarts d’une partie de golf à l’autre, tâchez d’avoir la même approche physique avant chaque partie (pour faire simple, une bonne nuit de sommeil avant chaque partie), pensez votre stratégie avant chaque départ (améliorez éventuellement vos options en fonction de votre expérience du parcours), et adoptez une approche mentale moins focalisé sur le résultat final, et plus centré sur des objectifs simples (cf livre de Jean-Emmanuel Elbaz – Je veux jouer au golf avec régularité).

Dans le cas de Villegas, on comprend que l’enjeu ait pris le pas sur le jeu de golf. N’ayant pas réussi à faire un seul top-10 sur 25 départs en 2012, la position du colombien sur le PGA Tour est considérablement fragilisé.

Il en est réduit à espérer des exemptions pour participer aux plus gros tournois du calendrier.

Inévitablement, son jeu de golf est de plus en plus sous pression.

Chaque résultat compte, et quand il démarre une bonne journée, il se retrouve dans une phase mentale positive.

A l’inverse, quand la journée démarre de manière cahoteuse, il se met immédiatement dans le rouge mentalement, ayant conscience des conséquences négatives d’un seul mauvais tour sur sa carrière.

Villegas à la recherche des bonnes sensations sur le parcours de golf

C’est le problème du golf à haut niveau.

Pour sortir d’une spirale négative, il faut avoir la force mentale de se détacher, et séparer l’importance d’une partie de golf par rapport aux conséquences sur sa vie professionnelle.

Pour un amateur de golf, il convient de ne jamais oublier qu’à la différence d’un pro, une partie de golf ne doit normalement pas avoir de conséquences sur sa vie personnelle ou professionnelle. Inutile de se mettre une pression démesurée…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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