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Pour ou contre les Belly-putter? Va-t-on vers l'interdiction ?

Usage d'un belly-putter avec ancrage sous le menton

Il semblerait que ces putters à manche long fassent débat jusqu’au sommet de l’élite du golf mondial, et sont au centre des débats, à quelques heures du début du dernier championnat du monde de golf de la saison, à Akron pour le WGC Bridgestone Invitational.

Commençons avec Graeme McDowell, qui milite pour l’interdiction pure et simple des belly-putter, alors que Fred Couples, récent vainqueur du British Open Senior se prononce pour son maintien.

Gary Player ne tranche pas, et souhaite que l’on laisse le choix aux joueurs, alors que pour un autre sud-africain, vainqueur en majeur, Ernie Els admet que c’est de la "triche légale", et qu’il continuera à en utiliser un tant que ce sera admis.

En réalité, la question concernant les belly-putter est brulante, et les avis sont à la fois très tranchés et très différents.

Du point de vue des législateurs du golf, à savoir l’USGA et le Royal & Ancient, il semblerait qu’une décision pourrait intervenir avant la fin de l’année 2012.

Mais à quoi, peut-on s’attendre concernant l'avenir du belly-putter ?

Il semblerait que le débat dépasse les simples règles sur le matériel de golf, mais touche à l’essence même des règles concernant le jeu de golf et les parcours.

Peter Dawson, en charge des règles au Royal & Ancient, a récemment déclaré sur The Open Championship : "les échanges concernant le belly-putter concernent le point d’ancrage de ce putter et donc la façon dont il est utilisé".

A savoir, pour ou contre le fait de fixer le belly-putter avec un 3ème point d’ancrage ou pivot fixe, calé au niveau du nombril ou du menton ou de la poitrine.

Le principal enjeu du "pour" ou "contre" le belly-putter n’est pas sur le putter lui-même pour le moment, mais plutôt sur la façon de l’utiliser.

Car il existe de multitudes de types de belly-putter, et donc aussi des longs putters sans point d’ancrage.

Le débat étant très vif dans ses temps de crise où la vente de matériel de golf n’est pas si simple, il semble que pour une fois, les législateurs ne soient pas si prompts à interdire, mais plutôt à écouter les arguments de chacun, les "pour" et les "contre".

Il est possible que pour un golfeur amateur se débat paraisse un peu surprenant, mais quand on joue 0, à savoir le par et à haut niveau, ce qui fait la différence entre la victoire, la défaite et passer le cut, c’est pratiquement toujours le putting.

Le niveau de jeu de l’élite du golf mondial étant tellement resserré qu’un putt qui rentre, c’est parfois 10 places de gagner au leaderboard.

Pas étonnant que dans ce contexte, le sujet des belly-putters « prennent la tête » car trois des quatre derniers vainqueurs en majeurs sont en fait des utilisateurs de ce type de putters, que l’on peut ancrer dans le ventre. (Keegan Bradley, Webb Simpson et Ernie Els)

Le putting est affaire de sensation, de toucher et de self-control.

Le problème posé par les belly-putters avec pivot fixe (ancrage dans le ventre, la poitrine ou le menton), c’est qu’en plus des 2 mains, on ajoute un 3ème élément de contrôle sur le putter.

C’est ce dernier point qui fait hurler les anti-belly-putter, qui affirment que si quelque chose vous aide à mieux jouer ou à gagner, et en plus n’est pas naturel, il doit être tout simplement interdit !

Pourtant, est-ce que cela sera suffisant dans le débat sur le putting et l’utilisation de ses putters ?

Le dernier vainqueur du British Open, Ernie Els, utilisateur d’un belly-putter avec ancrage dans le ventre a rentré 122 putts pour les quatre jours de compétitions.

Cette performance ne l’a amené qu’au 71ème rang du putting moyen par tour sur 83 golfeurs qui avaient passé le cut ! On ne peut pas affirmer que son putting et son belly-putter soient les seuls à l’origine de sa victoire…

A l’inverse, que penser d’Adam Scott qui a perdu de peu le British Open et qui utilise aussi un belly-putter mais sans ancrage ?

Une proposition qui a du sens est finalement celle de Tiger Woods qui préconise que le club pour putter soit le plus court club du sac, car c’est le club qui permet de taper les coups les moins longs !

Tiger Woods adopte ainsi une position classique mais pratique concernant le putting : soit pas de belly-putter !

En réalité, le débat fait rage car sur ce sujet, on peut tout dire et son contraire. En revanche, ce qui est important, c’est qu’il n’y ait pas d’une part de règlementation pour les professionnels, et d’autre part, une autre règlementation pour les golfeurs amateurs.

Car les fabricants qui militent pour le belly-putter pourraient argumenter que ce produit est parfait pour le golfeur amateur de 80 ans qui a du mal à pencher son dos en avant !

Argument qui nous semble tiré par les cheveux ! D’une part, on ne croise pas tous les jours sur les greens des golfeurs de plus de 80 ans, et d’autre part, il y a seulement 10 ans en arrière, les golfeurs de 80 ans et moins n’avaient tout simplement pas d’aide au putting.

Attention, il ne s’agit pas d’un plaidoyer contre le progrès technologique, mais encore une fois, on peut tout dire et son contraire en matière d’aide au putting et d’aide aux golfeurs.

Le sujet est sensible car la vente de matériel de golf est en recul et interdire les belly-putters qui se vendent de plus en plus, serait un nouveau coup dur porté l'industrie du golf.

L’USGA et le Royal & Ancient pourrait aussi botter en touche, et utiliser les règles locales pour laisser décider chaque parcours !

Ainsi, certains clubs pourraient autoriser ou interdire, l’usage du belly-putter !

Finalement, nous serons fixés en fin d’année 2012 concernant la législation sur ce produit, et quoiqu’il arrive, le législateur fixera un cap et surtout une date d’application suffisamment éloignée pour permettre à tout le monde de s’adapter.

Par exemple, dans le cas des faces de drivers qui permettaient beaucoup d’effet trampoline, l’USGA et le Royal & Ancient avait laissé près de deux ans pour faire tomber l’interdiction d’usage.

Concernant le belly-putter, il est encore trop tôt pour faire un pronostic tant le débat fait encore rage au sein de l’élite du golf mondial, mais il y a fort à parier qu’on se dirige vers une option à la Tiger Woods, et un bannissement pure et simple, au moins sur les tours professionnels.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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