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Poulter remporte son billet pour le Masters 2018 à Houston

Poulter remporte son billet pour le Masters à Houston - Photo : Mark Newcombe

Le golf est bien un sport mental ! La semaine passée, Ian Poulter recevait une fausse information de GolfChannel lui signifiant sa participation au Masters, passant juste devant Louis Oothuizen au classement mondial. Finalement battu par Kevin Kisner en quart de finale des championnats du monde de match-play, il échouait à une place de la qualification pour Augusta. Très irrité par ce jeu de montagnes russes émotionnelles, Poulter prévoyait pourtant de se rendre en Géorgie pour commenter le premier majeur de la saison sur Sky, une télévision anglaise.  Entre temps, il s’est aligné sur le Houston Open pour conquérir le tout dernier ticket pour Magnolia Lane…

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Incroyable scénario ! Ian James Poulter a fait bien malgré lui l’actualité pour une mésaventure dont il se serait bien passé à première vue...

Induit en erreur par GolfChannel, Poulter a d’abord cru qu’il était rentré dans le top-50 mondial, synonyme de qualification automatique pour le Masters d’Augusta.

Une édition 2018 qui sera marquée par une très faible participation en nombre de joueurs éligibles, soit seulement 87, le même nombre que celui de 1997 qui avait vu la première victoire de Tiger Woods.

Assez rapidement, Poulter qui avait fait un beau parcours à Austin, pour le Dell WGC Match-Play, et seulement battu par Kevin Kisner, finaliste, a compris l’erreur dont il avait été injustement victime.

Il a fait part de son mécontentement sur twitter, rappelant au passage qu’il ne faut « jamais écouter » les autres.

Quelques heures plus tôt, à la sortie de son parcours, sans avoir encore eu le temps de vérifier son classement, la presse l’entoure, et lui affirme qu’il est qualifié.

Dix minutes plus tard, il reçoit un texto qui lui annonce qu’il y a eu une erreur. « Tu n’es pas de dedans, ce n’est pas une si grosse erreur. Il te faut juste une victoire pour y aller. »

Pour l’anglais, et c’est ce qui l’a le plus contrarié, car ce n’était en rien une excuse. « Cela m’a déçu, car j’avais demandé trois ou quatre fois si les journalistes étaient certains, et ils m’avaient répondu à chaque fois par l’affirmative. »

Curieux signe du destin, anecdote mémorable, toujours est-il que cette fameuse victoire, Poulter est bien allé la chercher.

Au passage, il n’a plus à se poser de questions pour savoir si sa qualification passera tout juste ou pas. Sa victoire au Texas lui assure de figurer au 29eme rang de l’ordre du mérite, soit le cinquième anglais après Justin Rose, Tommy Fleetwood, Paul Casey, et Tyrell Hatton !

Au passage, Poulter se replace très favorablement dans la perspective de gagner un autre siège, celui d’une qualification au sein de l’équipe européenne de Ryder Cup.

Il occupe désormais la 9eme place du classement mondial émis par le comité European Tour.

Le « Ninja », véritable spécialiste du match-play a enfin gagné un gros tournoi « classique ».

Déjà titré outre-Atlantique, Poulter avait en fait gagné le championnat du monde de Match-Play en Arizona, du temps du sponsor Accenture, et du parcours « cactus » de Dove Mountain en 2010.

Spécialiste du match-play, en dehors de ses victoires mémorables en Ryder Cup, Poulter avait aussi remporté le Volvo en 2011, un championnat de match-play, organisé cette fois par l’European Tour.

Parfaitement placide pendant sa partie, enchaînant les drives au milieu du fairway (85% en régulation), et les coups de fers aux drapeaux (94% en régulation), Poulter a affiché un visage pleinement déterminé sur le parcours du Houston Golf Club, dernière étape avant le Masters.

Dimanche, pour assurer cette fois et sans contestation sa présence à Augusta, Poulter a pu démontrer ses nerfs d’aciers en play-off contre le texan Beau Hossler, annoncé depuis déjà un certain temps comme un espoir du golf américain.

Hossler a manqué de peu l’occasion de passer d’espoir à joueur confirmé.

En tête du tournoi, il a laissé un trou de souris pour que Poulter finisse par s’y engouffrer avec un denier putt de magicien sur le green du 18, nous gratifiant d’un de ses célèbres frappes sur la poitrine pour signifier qu’il est toujours bien vivant.

Hossler avait pratiquement tout fait à la perfection. Auteur de quatre birdies consécutifs du trou numéro 12 au numéro 15, il avait non seulement refait son retard sur Poulter, et même pris un avantage d’un coup.

L’anglais avait plutôt dominé la première partie du parcours avec quatre birdies pour un bogey.

Hossler, lui n’a rien raté, et probablement pas grand-chose à se reprocher sur ce tour joué en 67. Il arrive qu’un leader au soir du troisième tour s’effondre dans la dernière ligne droite.

Pour Hossler, c’est juste qu’il n’a en fait jamais réussi à décrocher le sparadrap Poulter collé à ses basques jusqu’à un improbable putt sur le 18, un trou qui longe l’eau sur sa gauche.

Un trou où le drive est crucial. Poulter a parcouru 285 yards sur son premier coup, pile au centre du fairway, à hauteur du bunker de droite.

De là, son dernier coup de fer a parcouru 196 yards pour atteindre le green, et se laisser un putt de 5 mètres, loin d’être donné avec une double pente.

Hossler n’ayant commis aucune erreur, et avec un coup d’avance, Poulter devait absolument rentrer le putt pour rester en vie, et atteindre son véritable objectif.

Le destin se joue parfois à un cheveu.

Hossler, qui avait tenté le même putt d’un peu plus loin, avait vu sa balle glisser sur le côté du trou, alors que l’anglais a planté !

Pour le play-off, les choses se sont très vite décantées. Et là encore, on peut dire que le golf est un sport mental.

Poulter est resté impassible, lui qui a pourtant la réputation d’être le plus nerveux en-dehors mais pas sur un parcours.

Hossler a quant à lui, commis une grosse faute, tapant une sortie de bunker directement dans l’eau de l’autre côté du green.

Avec un score de 7, Poulter n’avait plus besoin que d’un PAR pour remporter sa première victoire sur le sol américain depuis huit ans.

Poulter ira donc bien à Augusta, mais pas pour commenter le tournoi sur Sky.

Cette histoire l’a-t-elle galvanisé outre-mesure ? Est-ce un pur hasard ? Difficile d’y croire tant le scénario est exactement celui dont il avait besoin.

Pour y parvenir, il a su remettre en selle son ancien putter, celui avec lequel il avait joué des tours à l’équipe américaine de Ryder Cup en 2012.

Si « Poult » a joué à la perfection du tee au green, il a affiché une très belle moyenne de points gagnés sur les greens.

Hossler a eu beau driver 8 yards plus long en moyenne que l’anglais de 42 ans, au putting, entre les deux finalistes, il n’y a pas eu photo.

Hossler a même laissé des plumes dans ce compartiment du jeu.

« C’était une bonne décision de venir ici cette semaine, d’être agressif du début jusqu’à la fin, et de forcer le destin. »

Et dire qu’en sortant du dix-huitième trou jeudi, il donnait l’impression de vouloir être partout sauf à Houston (carte de 73 dans les profondeurs du classement du premier tour).

Derrière cette relative contre-performance, Poulter a probablement joué le meilleur golf de sa vie sur 60 trous, ne concédant qu’un seul bogey.

« Cela a été un travail difficile qui m’a demandé beaucoup de force mentale pour être capable de jouer ainsi. Mais vous savez quoi ? A chaque fois que vous avez besoin de creuser profond, quand vous voulez quelque chose aussi profondément, et bien vous n’avez qu’à appuyer sur le bouton, et le maintenir enfoncé jusqu’à ce que les choses tournent en votre faveur. »

Avec cette victoire, Poulter gagne bien plus qu’une invitation à Augusta. Il en profite aussi pour assurer deux ans de présences sur le PGA Tour, lui, qui quelques mois plus tôt avait perdu un droit de jeu complet sur le sol américain.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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