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Plus de distance au drive? La réalité derrière les promesses

Plus de distance au drive ? Le swing compte plus que le matériel

Depuis cet été, les marques nous vantent les bénéfices spectaculaires de l’addition d’un phénomène d’augmentation de l’angle de lancement de la balle de golf couplé à un taux de spin maintenu et proche de l’optimum, à savoir 1700 tours par minute. Retour sur les fondamentaux pour savoir ce qui réellement permet d'accroître la distance au drive.

Comme chaque année, le crédo des marques de matériel de golf est toujours plus de distance !

Depuis septembre dernier, et le lancement du nouveau driver SLDR, difficile d’échapper à la communication des marques qui vantent l’accroissement de la distance au carry par l’augmentation du loft du driver, alors que pendant les dix dernières années, toutes les marques n’ont cessé de vanter le fait d’abaisser le loft pour des trajectoires plus pénétrantes !!!

Révolution technologique ? Révolution intellectuelle pour les ingénieurs-concepteur de drivers ? Toujours est-il que bon nombre de golfeurs amateurs m’ont questionné sur le sujet après avoir acheté ce club.

En effet, la plupart d’entre eux ont été au practice pour essayer ce nouveau driver. Ils ont ajouté du loft, mis la balle plus haute sur le tee, avancé la balle dans le stance, et tapé en espérant gagner 30 mètres…

Que s’est-il passé en réalité ?

Ils n’ont pas réellement constaté de gains ! La balle a effectivement suivi une trajectoire plus haute, et le carry mesuré a été plus loin, mais une fois posée au sol, celle-ci a beaucoup moins roulée pour finalement une distance à peu de choses près, similaire à d’autres drivers plus classiques.

Pourquoi ?

Quand il s’agit de parler de gains de distance au driver, il convient de toujours se rappeler trois règles essentielles au golf, et qui sont indissociables au driving :

  1. Le point d’impact sur la face du club (point abordé par Alexandre d’Incau concernant le sweet spot)
  2. Le loft dynamique à l’impact (à ne pas confondre avec le loft théorique du club)
  3. L’angle de descente à l’atterrissage de la balle

Le point d’impact

Pour comprendre la relation entre gains de distance au drive, augmentation du loft, et baisse du taux de spin (rotation de la balle en vol), il faut tout de même se rappeler que si vous frappez une balle de golf dans une zone de la face qui n’est pas optimale (en-dehors du sweet spot), vous baissez automatiquement l’angle de lancement, et le taux de spin, ce qui a pour effet de ne pas donner une performance de driving optimum.

Non pas que les marques affirment une contre-vérité ! Simplement, ils omettent de préciser que le driver SLDR est plus performant sur les coups centrés par rapport à un autre driver. Argument néanmoins très pertinent pour un professionnel !

Quand vous frappez une balle en dehors du sweet spot, qui je le rappelle est d’une taille comparable à la tête d’une aiguille à coudre, vous n’utilisez pas toute l’énergie du club, et au contraire, la perte est très importante. C’est vrai sur tous les drivers.

Quelle est la véritable différence entre un très bon golfeur et un amateur ?

C’est justement la capacité à répéter un swing qui va prendre plus souvent le sweet spot qu’il ne va le manquer.

Pour un amateur, la technologie SLDR est difficile à pleinement exploiter sur chaque coup.

En réalité, cette technologie lui donne en théorie un accès à plus de distance. Mais la véritable question est « Un amateur est-il capable de s’en servir pleinement ? »

Si le golfeur tape une balle de golf basse dans la face, centrée ou pas, cela va de toute façon décroître l’angle de lancement et accroitre le taux de spin.

En réalité, avant d’augmenter le loft de votre driver, il faut déjà commencer à frapper vos balles avec régularité sur le point d’impact idéal.

Contrôle du point d'impact sur un driver

Pour savoir à quel endroit vous tapez vos balles avec votre driver, je vous conseille d’utiliser de petites étiquettes à coller sur la face du driver pour tracer vos impacts.

Je vous invite aussi à relire l’article d’Alexandre sur le sweet spot.

Loft dynamique

Le loft d’un driver est l’angle de la face par rapport au sol.

Cependant, quand vous tapez une balle de golf, vous modifiez cet angle en fonction de vos propres compétences de golfeur.

Certains vont avoir tendance à plus ou moins accroître ce loft dit dynamique. On peut mesurer ce dernier en tapant des coups avec un radar de mesure, type trackman ou flightscope.

Il peut arriver que certains golfeurs donnent plus de loft dynamique qu’ils ne le devraient, et dans ce cas, au contraire, il ne faut pas leur recommander d’ajouter du loft, mais au contraire, pour gagner de la distance, il sera plus malin de réduire le loft du driver.

Ce cas de figure démontre que l’argument de TaylorMade ne s’adapte pas forcément à tous les swings, même si la majorité des golfeurs amateurs ont effectivement du mal à lever les balles au drive.

Concernant le swing de golf, une autre notion qui n’est d’ailleurs pas défendu par TaylorMade, est fausse concernant l’accroissement de la distance au drive par le fait de générer un plus grand retard de la tête de golf avant l’impact.

Créer du retard entre le déclenchement des hanches (première action pour un swing dynamique moderne) et la descente des bras au sol dans l’impulsion, tout en conservant le plus longtemps possible le coude droit le plus près du corps (pour un droitier) avec pour effet d’avoir une tête de club qui arrive très tard sur la balle est effectivement juste du point de vue technique.

En revanche, il n’est pas vrai que cette action de swing referme la face du club, et par exemple, transforme un driver 10 degrés en un driver 6 degrés !

Il est plus important d’avoir un alignement du corps à l’impact qui soit coordonné, et un contrôle du club plus que d’essayer d’avoir plus ou moins de retard sur la balle.

Pour driver plus loin, il faut déjà commencer par respecter les fondamentaux techniques plutôt que de commencer à bricoler.

Pour un meilleur impact au driving

Pour un meilleur résultat, il faut avoir à l’impact, un bras gauche qui soit en ligne avec le shaft au moment où la balle quitte la tête du club (pour un droitier).

Dans le cas contraire, si le shaft n’est pas rigoureusement dans le prolongement du bras gauche, en avance ou en retard, cela altère grandement la qualité de l’impact, et donc de la distance.

Quel que soit votre loft dynamique, parlez-en avec votre coach, et travailler la stabilité de vos appuis, la qualité de votre désynchronisation (haut et bas du corps), et votre finish.

Vous pouvez ajuster le loft de votre driver, mais ne rêvez pas, le gain de distance sera marginal par rapport au travail qualitatif que vous pouvez opérer sur votre geste.

L’angle de descente de la balle au moment de l’atterrissage

Il s’agit d’un paramètre facilement repérable à l’aide d’un radar de mesure, et qui est en fait un point clé s’agissant de parler de roulement de la balle une fois posée.

Angle de décollage vs angle de descente

Bien entendu, il est vrai que pour faire plus de distance au carry, il faut frapper des balles plus hautes dans l’air.

Mais dans l’optique où vous voulez que cette balle roule plus loin, l’angle de descente doit se situer idéalement entre 40 et 45 degrés.

Malheureusement, la plupart du temps, quand un golfeur amateur tape une balle plus haut dans les airs, il augmente quasi automatiquement l’angle de descente et dans les mêmes proportions, ce qui fait que la balle tombe comme une feuille morte, ne roule pas, et limite complètement le gain de distance.

Pour augmenter la distance, la clé est donc de coupler une augmentation de l’angle de lancement de la balle (loft dynamique) avec un angle de descente qui reste inférieur à 45 degrés pour un roulement supplémentaire au moment de l’atterrissage.

Simple à dire, pas si simple à faire, puisque que 99% des amateurs qui augmentent le loft, augmentent en réalité, l’angle de descente !

La solution est de contacter un club-fitter qui travaille avec un trackman ou un flightscope pour qu’ils constatent sur votre swing, ces trois facteurs (point d’impact, loft dynamique et angle de descente), en plus d’autres facteurs comme le smash factor ou le degré d’efficacité, et vous aide à ajuster le club à votre swing.

Là, vous aurez réellement un gain de distance !

Et pas seulement en théorie, en omettant des points majeurs de la mécanique d’un swing de golf d’un amateur.

Ceci étant dit, cela n’empêche absolument pas le clubfitter de vous monter un driver SLDR, si c’est celui qui s’avère être le bon club !

Retenez surtout que pour augmenter votre distance au drive, il faut réunir trois facteurs : un coup tapé sur le sweet spot pour un taux de spin optimal, un angle de lancement haut, mais couplé à un angle de descente qui reste acceptable.

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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