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Player’s Championship: Rory McIlroy en passe de redevenir le meilleur golfeur du monde

Player’s Championship: Rory McIlroy est surtout le meilleur joueur du monde actuellement

« J’ai le sentiment de jouer le meilleur golf de ma vie. » En remportant dimanche dernier le prestigieux Player’s Championship, tournoi considéré comme le « cinquième » majeur par beaucoup, McIlroy a mis fin à une longue série de revers sur un dernier tour, alors qu’il avait une sérieuse chance de victoire. Une série entamée un an plus tôt à Augusta où contre Patrick Reed, il n’avait pas pu conclure. Plusieurs fois en 2018, McIlroy a disputé une dernière partie avec la victoire en toile de fond, signe qu’il se créé beaucoup d’occasions, et confirme sa propre affirmation : McIlroy est bien sur le bon chemin pour redevenir numéro un mondial. La décennie qui vient de passer devait-être la sienne ! Lui affirme que la décennie à venir sera peut-être encore meilleure ! 15 victoires avant 30 ans sur le PGA Tour, seulement Nicklaus et Woods y étaient parvenus avant lui. McIlroy, le bombardier, a-t-il gommé les petits défauts qui l’ont fait paraître un peu moins complet que Dustin Johnson, Justin Thomas ou Jason Day, de sérieux rivaux dans un avenir immédiat ?

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Un an après avoir remporté une mémorable victoire au Arnold Palmer Invitational, Rory McIlroy (29 ans) réussit le tour de force de remporter avec brio une nouveau succès qui impacte la mémoire collective.

Le Player’s Championship disputé sur le magnifique TPC de Sawgrass dessiné par Pete Dye fait partie des tournois qui compte dans une saison du PGA Tour.

Considéré comme le cinquième majeur, sans en avoir le statut, le Player’s avait cette année été avancée dans le calendrier, de sorte qu’il soit positionné avant le Masters d’Augusta, toujours traditionnellement en avril.

Une victoire à Sawgrass, et vous êtes désormais le premier favori pour gagner la première levée du grand chelem.

C’est la curiosité du golf de haut niveau : Tenter de distinguer un potentiel vainqueur plusieurs jours avant le dernier tour de roule de la balle sur le 18eme green d’Augusta, et alors que les pronostics sont pratiquement toujours déjoués.

Après avoir connu les années de dominations du tigre où finalement nous n’avions pas de questions à nous poser sur le statut du meilleur joueur du monde, depuis 2013, et différentes péripéties, le jeu au sommet n’a jamais été aussi ouvert.

Au début des années 2010, l’émergence d’un jeune McIlroy, au visage poupon, et aux célèbres bouclettes, laissait penser qu’il serait le successeur de Tiger Woods.

C’était son idole, et comme lui, il aimait faire parler la poudre sur le tee de départ.

A l’époque, même Greg Norman affirmait qu’il ferait encore mieux, et pouvait battre le record de victoires en majeurs de Nicklaus.

Pro depuis 2007, le phénomène a effectivement commencé par remplir la prophétie faite pour lui, avant de tomber sur un os : Il y avait en fait d’autres « Baby Tiger », comme Brooks Koepka, Justin Thomas ou Jason Day.

Sans que cela suffise, Arnold Palmer a aussi trouvé un héritier en la personne de Jordan Spieth, et puis finalement, le Lucky loser préféré des américains, Dustin Johnson s’est métamorphosé en le meilleur golfeur du monde, surtout avec l’aide de son beau-père, Wayne Gretsky.

A cela, vous pouvez même ajouter le retour du Tigre, et la lente mais certaine maturation de Justin Rose, enfin devenu le premier.

Sur les dix dernières années, au lieu d’empiler les majeurs comme il empilait les records de drives tapés à plus de 300 yards par parties, McIlroy a vu son destin être contrarié par la concurrence la plus forte jamais rencontrée par un potentiel numéro un mondial.

Pas seulement une dizaine de golfeurs étaient capables de gagner chaque dimanche… depuis quelques saisons, on observe qu’au moins les 50 meilleurs du monde sont à des niveaux proches, et capable de soulever un trophée dans l’année, y compris un majeur.

Gagner aujourd’hui sur le PGA Tour est un véritable révélateur du très haut niveau golfique d’un joueur.

Gagner le Player’s n’a jamais aussi bien porté son nom.

McIlroy n’a pas autant dominé qu’on aurait pu l’imaginer dix ans plus tôt, mais il a réussi le tour de force d’être tout près de le faire à de nombreuses reprises.

McIlroy n’a pas autant dominé qu’on aurait pu l’imaginer dix ans plus tôt, mais il a réussi le tour de force d’être tout près de le faire à de nombreuses reprises.

Dans le sport de haut niveau, on parle de plus en plus souvent du nombre d’occasions créées, et plus seulement des « buts » marqués.

McIlroy est assurément sur la période récente (2018-2019), un des golfeurs du top-10 qui s’est créé le plus d’occasions, signe qu’il peut gagner partout.

J’ai souvent commenté ses faiblesses parce qu’elles étaient visibles, notamment d’un point de vue statistique. McIlroy a fait le choix assumé de privilégier le driving à d’autres compartiments du jeu, et notamment le petit-jeu.

Encore samedi dernier, au sortir du troisième tour, après avoir répondu à la presse, il est retourné au practice, pour taper des drives jusque tard dans la soirée.

Une attitude qui n’est jamais vraiment gage de succès ou de confiance en soi utile pour le lendemain, en particulier quand il s’agit d’un dernier tour à enjeu.

A nouveau, il a donc travaillé essentiellement le driving.

« J’avais le sentiment que quelque chose n’allait pas. »

Le samedi, il n’avait effectivement touché que quatre fairways sur treize possibles, ce qui l’avait mis sous pression au niveau du score.

Dimanche, il a effectivement corrigé le tir, et doublé ce score pour finalement s’imposer d’un coup devant le revenant Jim Furyk, qui au passage, est provisoirement classé deuxième de la liste des qualifiés… pour la prochaine Ryder Cup !

McIlroy a une fois de plus démontré que le driving, son point fort pouvait faire basculer le score de son côté.

Pourtant, ce n’est pas dans ce domaine où l’on pouvait le trouver le plus impressionnant, mais dans les sorties de bunkers qu’il a magistralement dompté pendant quatre jours.

C’est bien plus cela qu’il faut retenir que son habituelle partition avec le big dog.

Bien entendu les bombes qu’il a lâchées au 16 et 18 resteront en mémoire, mais ce n’est rien de réellement suffisant à ce niveau de la compétition.

La différence entre le McIlroy perdant d’un tournoi, et le vainqueur de ce Player’s désormais favori du Masters tient justement dans le fait qu’il a comblé certains écarts dans d’autres domaines, et par exemple les sorties de bunkers.

Il a certainement travaillé, écouté les critiques d’hier pour les faire taire aujourd’hui, surtout qu’on sait de lui qu’il travaille avec des statisticiens chargés pour lui de relever tout ce qui peut le faire progresser sur le parcours.

De sa session de drives supplémentaires du samedi, il pourra toujours dire qu’il avait besoin de revoir son backswing pas tout à fait complet à son goût « Je venais sur mon côté gauche trop tôt, m’en écartant trop, et du coup, je tapais trop à droite. J’ai donc travaillé sur cela. », pourtant, il n’a pas senti le besoin de taper depuis le bunker, sans doute des années lumières plus confiant que dans un passé récent.

En un an sur le PGA Tour, Rory a complété le plus de top-10 devant Woodland, Rahm ou encore Justin Thomas. Si son petit-jeu l’a desservi par le passé, sa nouvelle régularité est désormais son plus gros point fort, ce qui se traduit ci-dessous par les coups gagnés segmentés par compartiments du jeu.

Vous retrouverez son classement par rapport aux autres joueurs dans chaque domaine, et l’incidence finale que cela a sur son classement mondial en fin de saison.

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Depuis sa position de numéro un mondial en 2014, McIlroy est descendu de son piédestal, surtout en raison de son putting, et de son jeu de fers.

En 2014, numéro un mondial, il dominait le champ des joueurs américains pour la distance cumulée à la précision des drives (coups gagnés depuis le tee), et globalement, cela lui suffisait pour dominer du tee au green.

Sans être brillant autour et sur le green, il pouvait être numéro un.

Ce qui changé en 5 ans, entre 2014, et 2019, c’est principalement le fait que le numéro un mondial se devait d’être plus complet dans tous les compartiments du jeu, ce qu’il semble en mesure de devenir en 2019.

Au-delà de sa victoire au Player’s, il faut savoir voir plus loin que cette performance, et comprendre qu’à l’heure actuelle, McIlroy est redevenu le meilleur joueur du monde, bien que son classement ne le reflète pas encore (quatrième).

Après des mois de travail avec Phil Kenyon sur le putting, son niveau ne cesse de s’améliorer en comparaison de ses rivaux, et se rapprocher de celui de 2014.

Surtout son jeu de fers, et autour du green revient à un niveau combiné très élevé.

Si son classement ne reflète pas encore son niveau de jeu actuel, à ce rythme-là, Dustin Johnson pourrait bien se faire du souci.

McIlroy est un favori logique pour le prochain Masters, et pas seulement parce qu’il a gagné le Player’s, mais comment il l’a gagné, aussi fort dans le jeu que mentalement.

Il a effacé un double et un bogey sur l’aller qui auraient pu le faire douter et partir dans le mauvais sens, avec un retour parfait ou suffisant pour compter un coup d’avance (score de 70) sur l’excellent Furyk (score de 67).

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Quand on regarde au-delà du classement mondial actuel, les véritables meilleurs joueurs du moment ou depuis le début de la saison 2019, McIlroy domine du tee au green sans avoir de points faibles réellement identifiables, et comme par un passé récent.

Dustin Johnson en a sans doute un peu sous la chaussure au drive, et Tiger Woods n’est pas à son niveau de jeu habituel au putting (il y travaille). En comparaison, McIlroy semble très bien armé.

A Augusta, McIlroy, qui compte déjà 10 participations sur le seul majeur qui lui manque encore, peut faire partie des favoris, car il reste sur une série de cinq top-10 consécutifs.

L’an passé, il n’avait pas trouvé les ressources nécessaires pour faire douter Patrick Reed dans une dernière partie.

Sa victoire au Player’s contre le champ de joueurs le plus relevé de ce début d’année pourra lui servir au niveau mental.

Sa victoire au Player’s contre le champ de joueurs le plus relevé de ce début d’année pourra lui servir au niveau mental. La patience dont il a su faire preuve est aussi révélatrice qu’il a conscience du niveau de jeu qui est le sien actuellement.

« Je ne sais pas si j’aime le mot confiance. Je suis juste à l’aise avec ce que je suis en train de faire. »

Au sujet de son début de saison, il ajoute « Je pense que je réalise actuellement le meilleur début d’année que j’ai jamais fait par le passé, je pense que je suis sur le bon chemin, et je vais essayer de continuer comme cela. Alors je dirais que je suis confiant sur mon chemin actuellement parcouru. »

Ses pairs en témoignent, comme par exemple Jason Day « Je trouve sa posture plus relax sur le parcours. Je le trouve très différent par rapport à l’an passé. Ce n’était peut-être qu’une question de temps. »

Une question de temps pour retrouver McIlroy à la place qui lui était prédit : Numéro un.

Crédit photo : David Rosenblum/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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