Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Player’s Championship 2018: Renaissance ou coup d’éclat pour Webb Simpson?

Player’s Championship 2018 : Renaissance ou coup d’éclat pour Webb Simpson

16h30 vendredi à Ponte Vedra Beach sur le parcours du TPC Sawgrass, Webb Simpson frappe un coup de fer en direction du green du 13. Il regarde la balle voler. Elle se pose à quelques mètres du drapeau. Avec sa prise de putting caractéristique, il rentre le putt pour birdie. Il va enchaîner ce scénario sur deux trous suivants, 13, 14 et donc 15. Sur tous les putts, il donne l’impression de pouvoir rentrer la balle à chaque occasion. Le vainqueur de l’US Open 2012, connu pour son utilisation du Belly-putter désormais proscrite, démontre qu’à 32 ans, il peut encore être l’un des meilleurs golfeurs du monde.

Découvrez nos formules d'abonnements

C’était de l’autre côté des Etats-Unis sur un autre parcours mythique, l’Olympic Club à San Francisco en Californie, le dimanche 17 juin 2012, Webb Simpson remportait son plus gros tournoi de golf à ce jour, l’US Open.

A 26 ans, déjà papa, Webb Simpson s’adjugeait l’US Open avec un coup d’avance au plein cœur de la polémique sur les belly-putters décriés par Woods et Westwood.

Ce débat a d’ailleurs incité l’USGA a changé la réglementation. Webb Simpson, Adam Scott et d’autres auront beau protester… L’histoire était en marche… arrière.

Fini les putters rallongés, et longue période de disette en vue pour Webb Simpson, sans que l’on puisse affirmer à 100% que ses performances ont seulement baissé en raison d’un retour à un putter plus conventionnel.

A l’époque, il se demandait comment Tiger Woods avait pu remporter 14 majeurs ! « A cause de la pression, je ne pouvais plus sentir mes jambes sur les neuf derniers trous. »

Pro depuis 2008, Webb Simpson n’était encore qu’un débutant lors de sa victoire à San Francisco. Il n’avait joué qu’un US Open auparavant.

Il apprenait à gérer, et ne pas se mettre trop de pression. Le parcours était difficile. Certains trous avaient été considérablement allongés sur le dernier tour, ce qui avait fait enrager son rival, Jim Furyk.

Les six premiers trous mettaient littéralement les joueurs sur les genoux alors que les neuf derniers trous étaient beaucoup plus abordables, avec notamment le 17, un par 5 de seulement 460 mètres.

Pour Mickelson, « Si vous jouez autre chose que la perfection, vous êtes extrêmement pénalisé sur ce parcours. »

Ce week-end en Floride, le TPC de Sawgrass n’a rien à envier au difficile Olympic Club.

Pete Dye, l’architecte mythique a créé un parcours d’angles ! La puissance absolue n’est pas nécessairement la meilleure arme pour un golfeur capable de jouer avec ces « angles », et épouser la forme de chaque trou avec les effets adaptés.

Comme à San Francisco, Webb Simpson a joué à la perfection ce vendredi pour égaler le record du parcours en 63. Il a réussi l’exploit de rentrer six birdies d’affilés sur le retour.

Passé en un clin d’œil du 200eme rang mondial à la 9eme place en 2012, Simpson est-il un golfeur de coup ? Un golfeur capable de mettre les parcours les plus difficiles K-O debout dans les grandes occasions, mais à contrario, pas toujours régulier ?

En 2012, Webb Simpson semblait inarrêtable. Il avait remporté plusieurs belles victoires sur le PGA Tour avant l’US Open, et même brillamment participé à la President’s Cup.

Pourtant, pendant les cinq années suivantes, le jeune espoir du golf américain a lentement mais surement décliné au classement mondial, passant de 11eme rang en 2012 au 84eme en 2016.

L’an passé, au Waste Management Open de Phoenix, il avait terminé à la deuxième place, laissant penser qu’il marquait enfin le temps du rebond. Ce ne fut pas tout à fait le cas.

Il a surtout stabilisé ses performances, et retrouvé un semblant de régularité pour se maintenir dans le top-50 mondial, mais encore loin de redevenir un favori en majeur, ou un membre à part entière de l’équipe américaine de Ryder Cup.

Sa performance de vendredi n’est pas encore une victoire.

A mi-chemin vers le titre dimanche, il a simplement délivré une performance de golf impressionnante.

Comme pour sa victoire de 2012, il ne semblait lui-même pas en revenir. Pourtant, à bien regarder ses statistiques depuis le début de la saison 2018, ce n’est pas si surprenant.

Dixième meilleur golfeur du PGA Tour pour les coups gagnés au putting, Webb Simpson n’a beau plus utiliser un belly-putter, il se montre sacrément adroit avec son putter conventionnel, un Odyssey Tank Cruiser V-Line avec un grip Odyssey Arm Lock.

Son putter était littéralement en feu vendredi.

Avec 86% de greens en régulation, faisant suite à 78% de fairways pris en régulation, Simpson a joué « propre », et surtout, il s’est crée les occasions de faire tomber les putts.

Sans une balle dans l’eau au 17 pour un double-bogey fatal, il aurait tout bonnement battu le record du parcours à 61 !

Encore une fois, à en juger par son début de saison 2018, sans faire de bruit, sur la qualité de son petit-jeu et son putting, il se classe 5eme pour la moyenne de score la plus basse sur le PGA Tour à 69,56.

Non seulement, il rentre beaucoup de birdies, mais surtout, il est passé expert pour éviter les 3 putts (moins de 2% ou seulement 15 sur 792 trous joués).

Leader avec cinq coups d’avances au soir du second tour du Player’s, le « cinquième majeur », Webb Simpson a donc bien failli écrire une belle page de l’histoire du golf américain avec son sourire angélique.

Par rapport à son précédent exploit de 2012, une petite barbe a fait son apparition, pourtant, il a toujours l’image d’un jeune premier.

Un jeune premier un peu moins considéré, car sa moyenne de drive n’est que de 290 yards, et son jeu depuis le tee est loin d’être impressionnant. Il n’est d’ailleurs même pas dans le top-100 du PGA Tour pour les coups gagnés au départ d’un trou.

Vendredi, au contraire, tout a roulé pour lui : Driving, jeu de fers, chipping et putting !

« C’est rare pour un golfeur quand tout fonctionne parfaitement de concert. Aujourd’hui, tout a fonctionné à la perfection pour moi. »

Du 11 au 16 où il n’a jamais fait moins bien que birdie, il a semblé dans une réussite totale.

Son partenaire du jour, Tyrell Hatton lui a même demandé s’il pouvait toucher son putter pour lui, tant il paraissait béni par les dieux du golf.

Alors qu’il aurait pu écrire une page d’histoire, en devenant le premier joueur à rendre une carte de 61 à Sawgrass, il a admis être plutôt concentré sur sa routine que sur le score.

« Les records sont juste des bonus au bon jeu. »

Cette prestation de haut vol ne lui garantit pas encore la victoire. Il n’a d’ailleurs fait que la moitié du chemin. Schwartzel, Cantlay et Danny Lee peuvent encore revenir.

« Je suis à moins 15 en deux jours, ce qui est beaucoup plus bas que ce que je n’aurai jamais imaginé ici. C’est beaucoup d’amusement d’aussi bien jouer au golf, et heureusement, je crois que je peux maintenir ce niveau de jeu. »

Avec cette dernière déclaration, est-ce que c’est la fin du Webb Simpson « candide » qui n’en revenait pas d’avoir gagné un majeur aussi tôt dans sa carrière ?

Alors que le PGA Tour se nourrit des stars body-buildées aux drives surpuissants, Webb Simpson peut-il démontrer qu’un joueur « propre », toujours sur la piste, et adroit au putting peut rivaliser ?

Réponse dimanche pour une nouvelle renaissance ou un coup d’éclat sans lendemain, l’américain est le seul à avoir les cartes en mains.

Crédit photo : David Rosenblum/Icon Sportswire

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 132
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.