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Player’S Championship 2017: La victoire du sang-froid sur le panache

Player’S Championship 2017: La victoire du sang-froid sur le panache - Crédit photo : Getty Images

A 21 ans, le sud-coréen Si Woo Kim est devenu dimanche, le plus jeune vainqueur du plus prestigieux des tournois de golf hors majeur, le Player’s Championship. Communément appelé le cinquième majeur, et disputé à Ponte Vedra Beach en Floride sur le TPC de Sawgrass, le parcours a encore justifié son statut de terrain parmi les plus difficiles du PGA Tour. Les joueurs allant jusqu’à parler de zone d’inconfort permanente, quels que soient les trous, les tombées de drives ou les attaques de greens. Alors que Cabrera-Bello et Poulter ont soufflé le chaud lors de la dernière partie, Kim a gagné en contenant la pression et ses nerfs, avec une étonnante froideur pour un rookie.

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Si Woo Kim, plus jeune vainqueur du Player’s Championship

Si Woo Kim n’en est pas à son premier succès sur le PGA TOUR. L’an passé, le jeune homme avait remporté le Wyndham Championhip, ce qui lui a offert deux années de droits de jeu sur le circuit américain.

Cette fois, cette seconde victoire devant l’élite du golf mondial ne peut pas passer inaperçu, pas plus qu’elle ne peut être le fruit du hasard.

Le jeune vainqueur a contrôlé la fin de la partie et ses poursuivants avec beaucoup de sang-froid. Sur le parcours dessiné par Pete Dye, célèbre architecte de golf américain qui a fait de Sawgrass son temple, et sa plus belle réalisation avec le 17, par-3 en île qui suffit à faire sa réputation, la plupart des joueurs se mettent d’accord pour dire qu’il n’y a pas de répit ou de possibilités pour lâcher quelques coups sans être trop pénalisés.

Commentaire de l’ancien plus jeune vainqueur de l’épreuve, Adam Scott, vainqueur en 2005 à l’âge de 23 ans « Ici, il n’y a pas d’endroit sûr ! C’est un parcours qui peut facilement vous mettre dans l’inconfort et sous pression. »

Poursuivant « C’est un test d’enfer ! »

Sans faire offense aux joueurs, il n’est pas interdit de penser que c’est Sawgrass qui a choisi son vainqueur plutôt que l’inverse.

Dimanche, ils étaient au moins six à pouvoir l’emporter, mais c’était sans compter avec les caprices du terrain.

A commencer par JB Holmes qui n’a jamais récupéré de son premier trou manqué, pour scorer 84 et perdre 40 places en seulement un tour !

Tous les principaux leaders ont connu tour à tour une défaillance ouvrant la voie au plus impassible.

Kyle Stanley, Lucas Glover et Louis Oosthuizen ont bien essayé de changer l’issue du tournoi. Le plus tenace étant le sud-africain qui échouera finalement à trois coups du vainqueur, n’ayant jamais pu se remettre de son double-bogey au quatre.

Les leaders de la veille ayant été défaillants, le spectacle est venu par d’autres, et notamment deux européens, Rafa Cabrera-Bello qui a réussi l’exploit de rentrer un coup de fer à 181 yards sur le 16, un par-5, du coup pour le premier albatros de l’histoire de ce trou !

Et surtout l’anglais Ian Poulter, finalement deuxième du tournoi à -7, autour d’un très bon dernier tour en 71, comme en atteste son approche au 18, qui depuis le rough et sous les arbres termine sa course sur le green pour un putt quasi donné.

Un coup qui restera dans les mémoires, et contribue à relancer la carrière du joueur de 41 ans.

Une véritable renaissance pour l’anglais, qui après une longue blessure, la perte de sa carte à temps plein sur le PGA Tour, n’était pas certain de pouvoir être au départ de ce tournoi quelques jours plus tôt.

Après un quiproquo, finalement, cette deuxième place lui permet de gagner une nouvelle année de droits pour jouer sur le tour américain !

Un final sans suspense à Sawgrass

Des « finalistes »… Poulter aura été le plus solide. Il aura résisté à Sawgrass pendant au moins 39 trous sans concéder le moindre bogey.

A l’inverse, le vainqueur a paru sans peur et chanceux.

Il est aussi le plus improbable, car avant d’arriver à Sawgrass, il avait manqué sept cuts, abandonné quatre tournois, et rendu quatre cartes au-dessus de 80.

Sur le dernier tour, dans le vent, il a commencé par manquer trois des cinq premiers greens à jouer.

C’est là que sa première qualité pour gagner a été illustrée.

39eme pour la capacité à mettre la balle près des trous sur les coups d’approches. Il a commencé par sauver des pars, ce qui restera comme la principale caractéristique de cette édition.

Kim a été parfait à ce jeu avec un résultat de dix réussites pour dix tentatives, rentrant tous les putts décisifs, que ce soit à plus ou moins de 2 mètres.

Il a même rentré ses 15 putts à moins de 3 mètres pour un total de seulement 23 putts pour sa journée.

Même son cadet n’en revenait pas. « Il ne ressent tellement pas la peur que je l’ai laissé faire sans intervenir. »

Consentant à peine avoir été nerveux avant de jouer le parcours, ce qui devrait être aberrant, même pour un jeune insouciant, Si Woo Kim a réalisé une prestation à peine croyable.

Lors du dernier tour, le vent qui a soufflé à 32 km/h de moyenne en provenance du nord, ce qui a rendu le parcours encore plus difficile.

Lucas Glover en témoigna parfaitement. « Ici, sur chaque coup, vous devez réellement taper le coup nécessaire, sinon, le score monte très vite. Je ne voudrais pas venir ici pour jouer au golf, et espérer prendre du plaisir. »

Au moment de rentrer son dernier putt, Kim n’a pas vraiment démontré un sentiment de joie, ou alors très bien contenu.

Un vainqueur... le parcours

Sur les quatre dernières parties de dimanche, le score combiné a été supérieur à 26 avec seulement Kim et Poulter sous le par.

Au moment de recevoir le trophée du vainqueur, Kim a reçu quelques sifflets de la part du public américain.

Ce dernier attendait sans doute un visage plus connu après s’être autant régalé au Masters, notamment avec le duel Garcia-Rose tout en panache.

L’issue du Player’s 2017 n’aura pas été de cet acabit.

Si le Masters a été une publicité incroyable pour le golf, le Player’s aura surtout été une publicité pour la difficulté du parcours de Pete Dye !

Le fait que certains des meilleurs du monde arrivent à exprimer l’absence de plaisir à jouer sur un tel parcours est à relever, dans un sport où cela se dit rarement.

Kim n’est pas fautif dans le fait d’avoir gagné ce tournoi, même si les américains sont parfois très chauvins, sauf avec ceux qu’ils adoubent au mérite, comme par exemple, Sergio Garcia considéré comme très méritant à Augusta.

Les sifflets traduisent la frustration d’une partie du public, privé de duel, de « spectacle », et ayant l’impression d’avoir vu une machine à putter sans nerfs et sans âme, gagner leur tournoi.

Sans spectacle ? Au sens où Kim a passé la journée à sauver des pars, et non pas à sortir des coups de folies comme Poulter et Cabrera-Bello, ce qui pourrait ouvrir un nouveau débat : Qu’est-ce que le panache au golf ? Taper des coups improbables avec des fers à 160 mètres ou rentrer méthodiquement approche-putt pour par sur tous les trous ? 

Le sac de Si Woo Kim 

Driver 17 M1 460 / 8.5* / MCA Tensei Blue TX 

Bois de parcours 17 M1 Fairway / 15* / MCA Kuro Kage Dual TiNi 80TX 

Bois de parcours 17 M1 Fairway / 19* /Matrix Speed Rulz 80C TX 

Série de fers P750 Tour Proto / 5-9 / KBS Tour-V 125 

Série de fers P770 Irons / 3-4 / KBS Tour-V 125 

Balles TP5x

Lien vers les vidéos du tournoi pour revoir chacun des quatre tours et la victoire de Kim à Sawgrass

Crédit photo Si Woo Kim : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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