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Player’s Championship 2018 : Webb Simpson remporte sa victoire la plus difficile

Player’s Championship 2018 : Webb Simpson remporte sa victoire la plus difficile - crédit photo: David Rosenblum

Avec une avance de sept coups sur son plus proche poursuivant au départ du dernier tour, il était difficile d’imaginer un autre scénario que la victoire méritée de Webb Simpson, sur cette édition 2018 du Player’s Championship, disputé sur le Stadium Course du TPC de Sawgrass. Cela valait bien un bisou de la part de Madame Simpson sur le green du 18, après le dernier putt.

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La plus difficile des victoires selon son caddy

Pourtant, malgré l’étendue de son avance initiale, et finalement un succès de quatre coups devant Jimmy Walker, Xander Schauffele et Charl Schwartzel, pour Paul Tesori, le caddy de longue date de Simpson, cette victoire fut bien la plus difficile à conquérir.

Il ne fait pas référence au fait que son pro a trouvé l’obstacle d’eau sur le 18, et terminé sa partie avec un double bogey, alors que la messe était déjà dite.

Son score final en 73 lui a suffi pour conclure une semaine de rêve entamée avec des scores qui laissent songeur : 66 pour le premier tour, et surtout un record du parcours égalé le vendredi avec 63.

Après un tel démarrage, Webb Simpson, vainqueur de l’US Open 2012, n’avait tout simplement plus de concurrence pour la victoire finale.

Samedi, il a encore démontré une aisance particulière au putting pour rendre une carte de 68.

Dimanche, il n’y avait donc plus aucune forme de suspense possible, sauf grosse catastrophe.

Jamais un golfeur n’avait eu autant d’avances sur le Player’s Championship après 54 trous.

Cependant, pour Paul Tesori, ce fut bien la plus difficile des victoires, surtout 6 ans après l’US Open.

Paul Tesori n’avait que 9 ans quand son grand-père l’a emmené pour la première fois sur ce parcours.

Au moment de soulever le trophée en compagnie de son joueur, il a forcément dû penser à tous ses moments passés sur ce parcours, à observer les champions alors qu’il n’était encore qu’un enfant, ou d’avoir tenté de passer l’obstacle d’eau sur le 17, alors qu’il n’avait que 9 ans, et pas la longueur nécessaire…

Il travaille pour Simpson depuis 2011. Il a donc connu les hauts, et les bas du nouveau champion.

La plupart du temps, c’est le joueur qui tape les coups, et en supporte les bonnes comme les mauvaises conséquences.

Tesori qui habite à 15 minutes du parcours n’a pas pu s’empêcher de penser à sa propre histoire en observant Simpson dominer le tournoi.

Samedi, alors que le duo était déjà en tête du tournoi, la foule n’était pas nombreuse autour des fairways, plus accaparée par le retour en forme spectaculaire de Tiger Woods. Les personnes autour de la partie étaient majoritairement des connaissances du caddy, comme un poisson dans l’eau sur ce golf.

Au moment de taper un coup de départ, un membre du public a même crié « Let’s Go Paul » alors qu’habituellement, c’est plus souvent le prénom du joueur qui est cité.

Tesori était même embarrassé par rapport à son joueur.

Il faut dire qu’il a joué ou caddeyé sur ce parcours plus de 700 fois. Il a d’abord porté le sac de Vijay Singh pendant 5 ans.

Quand Simpson l’a appelé, il a rapidement pris la décision de le suivre, partageant les mêmes valeurs humaines que son nouveau boss.

« Pour travailler avec quelqu’un pendant 8 à 9 heures par jour, il faut vraiment l’aimer, et avoir une relation amicale en dehors du golf. »

Webb Simpson ajoute « Je suis parfois seul surtout quand ma famille est à la maison, et qu’il faut supporter les hauts et les bas d’une saison. Avoir un ami auprès de soi est tout simplement mieux qu’un simple co-worker. Il sait comment me remonter le moral dans les mauvais moments. »

Vendredi, alors que Simpson avait enchainé six birdies à partir du trou 11, il semblait peu confiant au départ du terrible 17 avec son green en île.

Paul Tesori sut alors trouver les bons mots, et guider le choix de son joueur, notamment pour qu’il se ravise de son choix initial, et ne commette pas une faute qui aurait pu changer le scénario du week-end.

Ce moment illustre les compétences reconnues de Tesori comme cadet déjà vainqueur de 20 tournois sur le PGA Tour.

Dimanche, Tesori a encore apporté son aide précieuse, et sa parfaite connaissance de son joueur pour prémunir le futur vainqueur d’une erreur au 12.

« Est-ce que tu vas bien ? » demanda-t-il à Simpson.

Le golfeur était en train de rater complètement sa ligne, et avait besoin de se reprendre.

La difficulté exprimée par Tesori sur ce dernier tour était justement de rester suffisamment concentré alors que personne n’imaginait comment Simpson pourrait perdre ce tournoi.

Il fallait pouvoir gérer les appétits aiguisés de tous les rivaux potentiels, à commencer par Tiger Woods, revenu à seulement quatre coups.

Le fait de comprendre très vite que vous allez gagner le tournoi, et alors qu’il reste beaucoup de trous à jouer monte le niveau de pression à un niveau maximum. Tesori a donc dû trouver les mots pour que Simpson reste pleinement concentré.

Une première victoire depuis l’interdiction de l’ancrage au putting

Finalement, Simpson a bien commis une erreur. Sur le 18, il a mis sa balle dans l’eau, et terminé avec un double-bogey. Cela n’avait plus d’importance.

Tiger Woods a commis une erreur au 17 avec lui-aussi une balle dans l’eau, et personne de tout de façon ne pouvait remonter un tel déficit.

Il faut admettre que personne n’a réellement pu challenger le futur vainqueur sur la dernière journée.

Après une longue traversée du désert, Simpson a retrouvé le goût de la victoire. Il a surtout renoué avec le succès en changeant sa manière de putter, ce qui n’est pas si peu singulier.

L’an passé, sur le même parcours, Tim Clark lui a donné un conseil qui s’est avéré précieux.

Depuis, il travaille son stroke d’une manière très similaire à celle de Matt Kuchar, soit le putter plaqué contre le bras gauche, et un grip en forme de griffe.

Il lui aura fallu un an à s’exercer avec cette nouvelle prise, et finalement cela a payé.

Quand il a commencé sa carrière sur le PGA Tour, Webb Simpson utilisait déjà un belly-putter. Il avait adopté ce style de putter, et le putting qui va avec (ancrage) pendant sa carrière chez les amateurs.

Son putting était d’ailleurs très consistant, sans être spectaculaire. De 2012 à 2014, chez les pros, il s’est régulièrement classé parmi les 50 meilleurs putters du circuit.

De telles statistiques lui ont permis de se classer régulièrement dans le top 20 de la liste des gains du PGA Tour.

Vainqueur d’un majeur avec cette méthode de putting, il a malgré lui inspiré une nouvelle loi interdisant l’usage de cette méthode de putting. Loi qui est entrée en vigueur à partir de 2016.

Au lieu de jouer jusqu’au dernier moment avec cette méthode, il a très rapidement pris le pas de suivre la nouvelle réglementation. Il a donc laissé de côté son belly-putter à partir de 2015.

Son jeu s’en est considérablement ressenti. Il est descendu de la 34eme place à la 177eme pour le nombre de coups gagnés au putting entre 2015 et 2016.

A ce stade, sa carrière semblait avoir été considérablement impactée par la règlementation.

Toutefois, un détail a pris toute son importance.

La nouvelle loi interdisait d’ancrer le putter sur la poitrine ou sur le ventre, mais pas d’ancrer sur l’avant-bras.

Le putter peut être une extension d’un bras pouvant swinguer librement.

Simpson a adopté cette méthode en 2017, tout en combinant une prise de grip dite de la griffe, sous les conseils d’un autre joueur qui utilisait un belly-putter, Tim Clark.

Cela n’a pas pris trop de temps avant qu’il ne finisse par très rapidement progresser.

L’an passé, il est re-rentré dans le top-100 des golfeurs qui gagnent des points au putting. Et cette année, avant de disputer le Player’s, il était déjà dans le top-10 !

Cette technique d’ancrage avec le bras a d’ailleurs déjà été utilisée avec succès par le passé, et notamment par Bernhard Langer à l’occasion de sa victoire au Masters en 1993.

Il souffrait de yips au putting, et l’utilisation de cette méthode avait sauvé la fin de sa carrière.

Matt Kuchar en a fait de même en 2012.

Il a d’ailleurs assez rapidement derrière remporté le Player’s. Plus récemment, Bryson DeChambeau a testé la méthode avec succès pour remporter son premier titre sur le PGA Tour en 2017.

Encore quelques victoires de cette nature, et on devrait assister à un nouveau débat sur le fait d’ancrer le putter sur l’avant-bras…

En attendant, Webb Simpson peut bien apprécier cette nouvelle victoire qui relance considérablement sa carrière.

Ce succès à Sawgrass fait entrer Webb Simpson dans le club très fermé des vainqueurs de l’US Open et du Player’s, au même titre que Tiger Woods, Martin Kaymer, Tom Kite, Jack Nicklaus, Lee Trevino et Raymond Floyd.

Elle lui donne une exemption pour jouer sur le PGA TOUR pendant les cinq années à venir, et dans tous les majeurs pour les trois prochaines années.

Crédit photo : David Rosenblum

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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