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Pinehurst n°2: Découvrez le parcours de l’US Open de golf 2014

Pinehurst n°2: Découvrez le parcours de l’US Open de golf 2014

Cette semaine, les passionnés de golf auront tous les yeux tournés vers les Etats-Unis, et l’US Open de golf, deuxième majeur de la saison disputé sur le célèbre parcours de Pinehurst n°2. Découvrez les 18 trous du parcours, et les difficultés que devront affronter Victor Dubuisson et son caddy Tom Ayling. 

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Une leçon de golf que tout amateur devrait apprécier pour comprendre à son tour dans son jeu, comment se détermine une partie de golf. A quoi faut-il penser au moment d’élaborer une stratégie, et comment décider des coups et des clubs à sortir du sac ? 

Situé en plein cœur de la Caroline du Nord, presqu’à mi-chemin entre Washington, la capitale de l’Union, et Augusta, la Mecque du golf nord-américain, le parcours de Pinehurst n°2 est connu pour avoir servi de théâtre à plus de grandes compétitions qu’aucun autre parcours aux Etats-Unis. (Précisons qu'il y a huit parcours à Pinehurst d'où le numéro...)

Cette année, il aura la particularité d’accueillir deux US Open, celui des hommes, et celui des femmes à une semaine d’intervalle. 

Pour les messieurs, ce sera même la troisième fois quinze ans après un premier séjour marqué par un duel au sommet entre le jeune Phil Mickelson, et la légende Payne Stewart, départagé par un putt de cinq mètres pour le par sur le dernier trou. 

En 2005, le néo-zélandais Michael Campbell avait remporté son seul majeur à ce jour, en résistant particulièrement bien une charge de Tiger Woods sur le dernier jour. 

Les golfeurs seront donc les premiers à entrer en piste, et 156 d’entre eux, dont le français Victor Dubuisson, rêveront au moins deux tours à la perspective de remporter l’US Open. 

Principal obstacle entre ce rêve et la réalité, un parcours sablonneux avec de vastes greens créé par l’architecte Donald Ross, puis restauré entre 2010 et 2011 par Bill Coore et Ben Crenshaw. 

Bobby Jones a un jour déclaré à propos de ce parcours qu'il avait quelque chose d'aussi exceptionnel que l'Old Course de Saint-Andrews !

Par 70 d’une longueur totale de 6917 mètres (le troisième plus long terrain pour un US Open), ce parcours va donner sa préférence à un mélange d’expérience, de talent pour déjouer les pièges d’un fairway ou d’un rough posé sur un terrain sablonneux, d’habilité au putting pour doser de très longs putts, et bien sûr de puissance pour parcourir les longues distances. 

Sans être devin, nous pouvons parier sur le fait que les scores vont être plutôt élevés, ce qui est généralement le souhait des organisateurs (USGA) qui ne veulent pas d’une victoire à -15 sous le par ! 

Remporter l’US Open doit être un challenge ! 

Et c’est justement ce qui milite souvent pour l’attribution de Pinehurst n°2 comme choix pour accueillir un grand tournoi de golf. 

Pour un parcours d’une longueur de 6917 mètres, le fait que le par ne soit que de 70 en dit long sur la difficulté qui attend les meilleurs golfeurs du monde.

A commencer par le trou numéro un, un par 4 de 367 mètres

le trou numéro 1, un par 4 de 367 mètres

En juin, le vent dominant qui souffle sur Pinehurst est souvent un vent ouest-sud-ouest qui dépasse les 12kmh. Soit une brise qui peut influencer les trajectoires de balles de gauche à droite.

Un élément que le caddy de Victor Dubuisson, Tom Ayling, aura forcément en tête au moment de démarrer la partie avec son nouveau patron. Les deux hommes étant sur le point de disputer leur premier US Open ensemble.

Ils pourront découvrir sur ce trou, les bénéfices du travail des derniers architectes ! A savoir un fairway agrandi, et dont les zones de retombées ont été rétrécies.

Pour Dubuisson, la principale difficulté va être d’éviter les bunkers de parcours situés à gauche, et à 274 mètres du tee de départ.

Cet élément pourrait être déterminant dans le choix du club pour démarrer le trou. Certains golfeurs pourraient alors opter pour un plein coup de fer avec un club ouvert sur le deuxième coup (fer 9, pitch ou même un wedge 50 ou 52°).

Pour le green, la zone de sécurité se trouve plutôt à droite où il est possible de s’approcher ave une balle roulante (bump and run). De là, les joueurs ont généralement plus d’options (du fer 8 au putter) pour chipper.

Trou numéro 2, un par-4 de 463 mètres

L’architecte à l’origine du parcours, Donald Ross, a démontré qu’il aimait dessiner de très longs par-4, en voilà une démonstration dès le trou numéro deux !

Dubuisson pourra alors apprécier le fait que les nouveaux back tees ont encore été déplacés vers l’arrière pour augmenter encore la difficulté !

Pour démarrer ce trou qui semble aller de gauche à droite, l’idéal est un fade pour s’éviter une petite série de bunkers de fairways sur la gauche.

A droite, les joueurs auront plus d’espaces pour poser leurs balles, cependant, l’angle d’attaque du green sera considérablement réduit pour attraper un green en position diagonale par rapport au fairway.

Un large bunker de green défend le trou sur sa droite, et ressert le chemin d’accès idéal au trou.

D’autant que le dimanche, le greenkeeper s’amuse à planter le trou au fond à droite.

Trou numéro 3, un par 4 de 353 mètres

Probablement un des trous que maudiront le plus les golfeurs !

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Le coup de départ idéal est une balle qui devra voler entre 210 et 230 mètres  laissant sur sa gauche une paire de bunkers de fairway qui démontreront encore une fois au golf, que la ligne idéale est souvent celle qui est la plus défendue.

Un coup joué trop à droite, et c’est tout de suite la punition avec un lie plutôt délicat à jouer sur un sol plutôt sablonneux.

Sans compter que le dimanche, pour le dernier tour, les organisateurs aiment s’amuser à modifier les backtees pour augmenter le rapport entre risques et récompenses sur ce trou.

Trou  numéro 4, un par-4 de 483 mètres

Lors du dernier US Open disputé sur ce parcours, il fut considéré comme le plus facile au regard des statistiques.

Cette année, ce ne sera plus le cas puisque les architectes ont augmenté sa distance de 36 mètres, et réduit ce par-5 à un par-4 !

Depuis le backtee légèrement surélevé, Dubuisson aura l’impression d’avoir un fairway plutôt large devant lui. Pour autant, la ligne idéale sera plutôt à droite du fairway.

Le green est en quelque sorte un amphithéâtre parfait pour les spectateurs, ce qui promet une belle ambiance au moment de finir le trou.

Trou numéro 5, un par 5 de 526 mètres

Tout comme le trou précédent, il a lui aussi été modifié pour être transformé en par-5 au lieu d’être un par-4.

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Pour Dubuisson comme les autres, faire le par sur l’enchaînement de ces deux trous serait déjà une petite performance en soi.

Le green de ce trou est tristement célèbre pour ne pas garder les balles qui se posent dessus, sauf celles qui se posent au milieu à droite !

Tout ce qui vient sur la gauche et au centre, est inexorablement renvoyé en contre bas dans un peu accueillant assemblage de bunkers.

En fait, sur toute la longueur de ce trou, il faut considérer que toute balle à gauche est un coup de perdu. Il faut jouer à droite à condition d’avoir la longueur !

Depuis le tee, les joueurs devront éviter un imposant bunker de parcours à 260 mètres du point de départ sur la gauche.

Du coup, ils ont souvent tendance à jouer sur la droite, et parfois trop à droite rendant le hors limite possible.

Les très longs frappeurs dont Dubuisson peuvent tenter le coup en deux, sachant qu’il y a de grandes chances de devoir refaire un chip derrière, si la balle dégringole du green.

Trou numéro 6, un par 3 de 200 mètres

Le principal danger sur ce trou est le green lui-même qui fait 550 mètres carrés, une dimension plus que raisonnable.

Pourtant, il faudra être capable de poser sa balle dans un périmètre de moins de sept mètres autour du centre du green pour espérer se sauver avec un par !

La forme de ce trou va mettre la pression sur les golfeurs, notamment pour les coups joués avec des fers 4 ou 5.

Sur ce trou, Dubuisson devra oublier la position du drapeau, et surtout se concentrer sur le fait de prendre le centre du green, jouer deux putts, et se rendre au trou suivant.

Pour ceux qui tentent le diable, le risque est grand de repartir avec un bogey en voyant leurs balles tomber du green, puis, en ratant le coup d’approche en raison du bunker de devant sur la gauche qui est plutôt profond.

Trou numéro 7, un par  4 de  387 mètres

Un des trous les plus difficiles du parcours de cet US Open 2014 !

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En dogleg droit, ce trou est un véritable champ de mines de bunkers à l’intérieur du virage pour obliger les golfeurs à jouer à gauche, ou alors à prendre d’énormes risques pour overflyer la cime des arbres à 280 mètres de distance… un truc insensé qui au final n’est pas même certain de laisser un deuxième coup plus simple !

Sur ce trou, le risque n’est vraiment pas récompensé.

Si Dubuisson est raisonnable, il devrait taper un long fer ou un hybride sur le centre gauche du parcours, tout en évitant sur son coup d’approche suivant d’être trop long, car le danger est aussi derrière le green.

Trou numéro 8, un par 4 de 459 mètres

Probablement le trou le plus élégamment dessiné du parcours, une sorte de chicane du tee au green. 

Le coup d’approche est en monté, et sur ce trou, mieux vaut éviter d’être trop à gauche ou trop long d’autant que la deuxième moitié du green fait l’objet de pentes monstrueuses qui rendent le putting aléatoire. 

Trou numéro 9, un par 3 de 174 mètres

Sur ce trou, tout se joue au putting !

Et pourtant, le putting n’a jamais semblé aussi difficile. Dubuisson va affronter une surface de green déstabilisante. Il lui faudra comme à ses adversaires une bonne dose de chance pour toucher le green, et garder la balle dessus.

Du sable si vous êtes court à gauche ! Du sable si vous êtes long à droite ! Et rien pour retenir la balle si elle dégringole sur sa droite. Et même si les joueurs arrivent à arrêter la balle sur le green, les putts sembleront inarrêtables.

Trou numéro 10, un par 5 de 564 mètres

Après avoir déjoué de nombreux pièges, les golfeurs démarrent le retour avec un trou qui semble plus abordable.

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Large de fairway, le seul véritable problème posé par ce trou concerne les coups de départs manqués qui peuvent trouver un lie plutôt inapproprié pour taper un second coup à plus de 90 mètres.

Enfin, dans le second virage de ce trou en forme de dogleg, le vent peut parfois sortir les balles de la trajectoire idéale, et donc du fairway pour trouver plus de sable, et là-aussi mettre sous pression, le joueur malchanceux.

Trou numéro 11, un par 4 de 441 mètres

A partir de ce trou, Dubuisson n’aura pas de répit avec un enchainement de par-4 plutôt délicats.

A partir des nouveaux backtees, la ligne de jeu idéale sera plutôt centre gauche, au ras d’un profond bunker de fairway à 260 mètres de son point de départ. Mais c’est aussi précisément à cet endroit que le fairway se rétrécit.

Pire, à droite du fairway se trouve peut-être le lie le plus inconfortable de tout le parcours !

Trou numéro 12, un par 4 de 442 mètres

Sur ce trou, Victor Dubuisson aura certainement le vent dans le dos pour taper un drive à 230 mètres minimum, et encore 30 mètres de plus pour passer les bunkers sur la gauche.

La tombée de drive se resserre à mesure que les plus longs drives seront confrontés à un sol de plus en plus sablonneux.

Un bunker, placé sournoisement à 25 mètres du green devant et à droite, force à approcher depuis la gauche du fairway. Il y a très peu de place pour correctement travailler la balle, alors que le sol à droite est justement plus propice aux coups solides et contrôlés.

Trou numéro 13, un par 4 de 352 mètres

Sur ce trou, il faut clairement jouer à gauche avec un premier drive d’un minimum de 240 mètres pour se laisser une chance d’aller au trou.

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La partie droite du fairway est très risquée, car elle comporte de nombreux bunkers, un sol sablonneux, et des arbres.

Pour le coup d’approche, les choses seront encore moins simples.

Le green est en deux partie, dont la deuxième moitié est en pente descendante.

D’autant que pour l’US Open, les organisateurs ont tendance à rajouter de la distance depuis les backtees.

Trou numéro 14, un par 4 de 432 mètres

Un trou très difficile à démarrer avec une zone d’atterrissage plus clémente entre 250 et 290 mètres !

Beaucoup de golfeurs hésiteront à prendre le driver pour tout simplement rester en jeu. Peut-être un avantage pour Victor Dubuisson ?

Le green est plutôt vaste (près de 510 mètres carrés) et on pourrait faussement croire que c’est un avantage.

Pourtant, seulement un tiers de sa surface est propice à poser la balle, le reste est très pentu. Chaque erreur de dosage se paie cash !

Trou numéro 15, un par 3 de 184 mètres

Encore un trou piège pour Dubuisson qui devra se méfier de la surface de ce green qui rend peu d’effet sur un coup d’approche.  

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Seule une balle parfaitement touchée aura une chance d’aller jusqu’au trou.

Ceci dit, comme le green a été modifié récemment, Dubuisson ne sera pas désavantagé par rapport à d’éventuels concurrents qui connaitraient déjà le parcours. Tout le monde sera logé à la même enseigne.

Trou numéro 16, un par 4 de 482 mètres

Pour rendre un parcours plus difficile, il suffit de changer le par sur les trous ! C’est exactement ce que les organisateurs ont fait sur ce trou en le transformant en plus long par-4 de la partie.

Le green sera assurément le plus difficile à prendre en régulation.

N’importe quel coup tapé trop à droite du centre du fairway sera éliminatoire.

Sachant que conformément au cahier des charges d’un US Open, la difficulté du parcours réside dans le fait de proposer des aires d’atterrissages étroites, il faudra ici être aussi long que précis.

Trou numéro 17, un par 3 de 187 mètres

Fin de partie…petit par 3 pour terminer. Crenshaw et Coore, les architectes qui ont redessiné les contours de ce parcours, essentiellement pour lui redonner son aspect originel, ont fait déplacer du sable devant le green, tant et si bien que le green, pourtant large, est défendu par quatre bunkers.

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Pour Dubuisson, il faudra absolument éviter la droite du green, car bien que doué dans les approches, un coup de recovery sera beaucoup plus difficile de ce côté du green.

Le trou numéro 18, un par 4 de 412 mètres

En montée jusqu’au green vent de face, avec une série de bunkers à passer à droite et à 250 mètres, le drive est essentiel sur ce dernier trou.

Dubuisson pourra toujours tenter le coup et passer au-dessus, mais attention à partir de 260 mètres, le fairway commence à se rétrécir sérieusement.

Sur le coup d’approche, en tout cas à 150 mètres du trou, il y a de fortes chances de jouer à l’aveugle, et il n’est vraiment pas conseillé de rester court du green.

Verdict dans la nuit de dimanche à lundi pour savoir qui sera le golfeur qui aura réussi à déjouer tous les pièges des quatre jours de compétitions, espérons que ce soit le français !

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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