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Phil Mickelson pourra-t-il de nouveau gagner un grand tournoi de golf ?

Phil Mickelson pourra-t-il de nouveau gagner un grand tournoi de golf ?

En janvier 2016, Phil Mickelson avait dressé le constat de son insuccès depuis The Open 2013. Au-delà des cent premiers pour la capacité à scorer sur les par-4 du champ des joueurs du PGA Tour alors qu’il était régulièrement dans le top-30 les saisons précédentes. L’américain pensait avoir identifié la source de son insuccès. Ce week-end, Lefty est de nouveau passé tout près de la victoire alors qu’il comptait deux coups d’avances avant les 18 derniers trous du tournoi de Pebble Beach. Dans la dernière ligne droite pour sa carrière, à 45 ans, le quintuple vainqueur en majeur peut-il encore gagner ?

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Phil Mickelson : De nouveau sur les bons rails ?

En novembre 2015, Phil Mickelson annonçait la fin de sa collaboration de longue date avec l’entraîneur vedette Butch Harmon, qui par le passé avait notamment participé à l’éclosion de Tiger Woods.

Mickelson a missionné Andrew Getson pour l’aider à retrouver le chemin du succès. Les deux hommes ont commencé à travailler sur le swing du gaucher pour lui permettre de trouver plus de consistance, et une plus grande capacité à scorer bas et régulièrement.

Lors du Prom-Am de Pebble Beach, un tournoi sur lequel Mickelson a souvent brillé au cours de ses vingt dernières années, le gaucher a de nouveau démontré ses deux visages : Mister Phil et Docteur Lefty !

Mickelson est un joueur fascinant, et un « bon client ». Il y a toujours quelque chose d’épique à conter à propos de lui.

Alors que sa fin de carrière approche, on ne se lasse pas de narrer ses grandes victoires, et ses grandes défaites.

Sans doute parce qu’elles ont moins à voir avec ses compétences techniques (il restera sans doute pour cela un des plus grands golfeurs de l’histoire), qu’avec ses grandes erreurs ou son sens de l’attaque parfois trop prononcé.

Non, Mickelson n’a pas nécessairement des problèmes de swings, mais oui, comme tout joueur qui prend des risques, il en paie parfois le prix.

Quelques minutes après avoir vu son dernier putt flirté avec le trou sans y entrer, laissant échapper une victoire qui lui semblait pourtant promise au profit de Vaughn Taylor, Mickelson lui-même eu beaucoup de mal à comprendre ce nouvel échec.

Le mot échec est relatif ! Terminer à la seconde place d’un tournoi du PGA Tour serait un résultat extraordinaire pour beaucoup de golfeurs pros.

Pour Mickelson, l’homme aux 41 victoires, et aucune depuis trois ans, c’est un long chemin de croix.

Tout au long du week-end, des signes laissaient sérieusement penser qu’il allait enfin pouvoir briser ce mauvais cycle.

Le matin du dernier tour, il comptait deux coups d’avances sur son plus proche poursuivant, et tout laissait penser qu’il avait les moyens de remporter un cinquième titre sur ce parcours.

Pendant trois jours, Lefty a enchaîné les performances pour scorer sous le par à chaque fois. Particulièrement, la veille avec une carte de 66 démontrant tout son génie offensif.

Au cours du dernier tour, Mickelson a plus que laissé passer sa chance. Il a ouvert la porte à son rival qui avec un score de 65, et dans la forme de sa vie, n’en demandait pas tant.

Sur les 18 trous derniers trous, le gaucher a tout bonnement perdu sept coups, et encore, sur le dernier, une sérieuse chance de birdie lui aurait permis d’accrocher un play-off.

Jamais dans sa carrière, il n’était resté aussi longtemps sans gagner, et une nouvelle fois, lui-même faisait le constat de sa déception à ne pas avoir pu éviter quelques petites erreurs fatales.

« J’ai eu beaucoup d’opportunités. Je n’ai pas su capitaliser dessus pour rester en tête. J’ai perdu trop de coups. »

Fébrile à l'idée de gagner ?

Fin 2015, en se séparant à l’amiable de Butch Harmon, il voulait créer un électrochoc, provoquer une réaction, chercher de nouvelles solutions.

Pourtant son début de partie témoigna surtout d’une certaine fébrilité.

Dès le départ, il se mit en danger avec trois premiers pars sous pressions. Et finalement, ce qui devait arriver arriva avec deux premiers bogeys sur les deux trous suivants.

Toute la journée, au lieu de contrôler les débats, Mickelson a été à la lutte avec lui-même pour essayer de se donner une chance de gagner.

Signe de sa fébrilité, au soir du premier tour joué en 68, il déclara avoir fait une erreur en changeant de driver. Il regrettait de ne pas avoir conservé son driver habituel.

Le samedi soir alors qu’il venait de boucler son meilleur tour de la semaine en 66, il s’est senti obligé de retravailler son swing avec son coach.

Lui bien entendu déclara que cette séance de travail avait été productive. Cependant, le lendemain au lieu de jouer 66 ou même 68, c’est un 72 qui a ponctué son tournoi.

Après avoir tapé un très beau drive du départ du deux, le joueur a pensé qu’il était sur la bonne voie, qu’il tenait son swing.

De l’aveu des experts de Pebble Beach, il faut admettre que ce parcours peut faire ressortir le moindre grain de sable dans une technique pourtant huilée.

Le Pro-Am de Pebble Beach a la particularité de se jouer sur trois parcours : Spyglass hill et Monterey Peninsula pour les deux premiers jours, et enfin Pebble Beach pour les deux jours du week-end.

Alors que Mickelson a passé avec succès le test de deux premier jours, au contraire, sur Pebble Beach et malgré son bon score du samedi, Lefty n’a trouvé que 50% des greens en régulation.

Malgré son talent au petit jeu, c’était tout de même trop peu pour espérer enquiller les birdies.

L’âge, la motivation ou  la forme physique ne sont certainement pas les raisons de l’inconstance de Mickelson. Le doute est sans doute plus un facteur de défaite.

Touché mais toujours déterminé, il a déjà annoncé qu’il serait de nouveau à pied d’œuvre sur le Honda Classic et au Doral dans les prochains jours.

Ceci étant, cette défaite va laisser des traces. Il a mené pendant 54 trous, et ce pour la première fois depuis l’US Open 2013. Lui-même admet ne pas avoir eu le sentiment d’aussi bien jouer depuis fort longtemps, ce qui a relevé son niveau d’ambition et du coup sa déception à l’issue du parcours.

De ce week-end, on ne retiendra pas vraiment et sans lui faire injure, la victoire de Vaughn Taylor, sa troisième en onze ans de carrière, et lui aussi a connu une plus longue disette, mais bien la défaite de Mickelson sur ce dernier putt du 18 qui semblait pourtant abordable.

Il y a toujours moyen de discerner du positif dans n’importe quelle situation.

Après tout, il termine deuxième, et cela ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Comme il l’affirme, il est peut-être sur les bons rails, et la victoire lui sourira peut-être dans seulement quelques semaines.

Une chose est sûre, il faudra prendre plus de greens en régulation sur un dernier tour pour y parvenir, changement de swing ou pas, par 4 ou pas…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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