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Phil Mickelson : Le réveil du Phénix ?

Phil Mickelson : Le réveil du Phénix ?

Ce week-end se tenait à Phoenix, le Waste Management Open, le tournoi de golf du PGA Tour qui attire la foule la plus passionnée de la saison. Dans une ambiance qui est chaque fois incroyable, notamment avec le stade du trou numéro 16, assurément le plus excitant de la saison, la performance sportive pourrait presque passer au second plan. Pourtant, ce tournoi de début de saison a vu le retour en forme de Phil Mickelson, 47 ans, qui n’a plus gagné depuis 2013. Alors que la saison 2018 s’annonce excitante, est-ce que Lefty peut encore jouer un grand rôle sur le tour ?

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Cinquième à -14 après quatre tours, Phil Mickelson a su se mettre aux avant-postes tout au long du Waste Management Open disputé sur le TPC de Scottsdale.

A tel point qu’une victoire a même semblé possible pour le gaucher de San Diego, dont la dernière victoire sur le PGA Tour remonte justement à 2013, sur ce même tournoi à l’ambiance si particulière.

Un départ poussif l’a finalement empêché de se mêler au dernier « run » pour la victoire.

De 90 à 2000, Phil Mickelson a souvent été considéré comme le gendre idéal, et en quelque sorte, le golfeur chouchou du public américain.

Joueur au style offensif, l’homme aux 42 victoires a semble-t-il toujours été à l’aise avec le public, et notamment à Scottsdale. Son birdie au 16 a chauffé la foule à blanc.

Le samedi sur le trou numéro 10 qui est proche du fameux stade du 16, après un drive lâché à droite du fairway, Mickelson s’est retrouvé en fâcheuse posture avec son approche à réaliser au beau milieu d’une foule compacte. Ses partenaires du jour dont l’espagnol Jon Rahm ont admis qu’il fallait beaucoup de maîtrise pour rester maître de la situation, et de son jeu dans toute cette foule agglutinée autour de lui.

Expérimenté, maître de ses nerfs, Mickelson fascine.

Alors la moyenne d’âge de ses rivaux sur ce tournoi 2018, et notamment pour les 10 premiers a été de 32 ans, Mickelson, vétéran du circuit, fait jusqu’à présent preuve d’une longévité assez exceptionnelle à haut niveau.

Néanmoins, depuis 2013, Mickelson fait plus souvent office de sérieux challengers plutôt que de potentiels vainqueurs. Il traverse actuellement la plus longue disette de sa carrière d’un point de vue des victoires.

Son succès au British Open 2013 serait-il le dernier moment de gloire de son immense carrière ?

Dans un contexte de vieillissement général de la population golfique, nous sommes sans doute de plus en plus nombreux à espérer qu’un golfeur de 47 ans puisse encore contrarier les plans des petits jeunots de 20 et 30 ans.

Alors que beaucoup d’amateurs rêvent encore de progresser, même l’âge avançant, ce serait un message très encourageant de voir des professionnels de plus en plus âgés capables de gagner.

En 2013, Mickelson est sorti d’une année faste avec trois victoires importantes dont l’Open d’Ecosse. Depuis, plus aucune victoire, et pas sûr que l’âge soit la seule raison de cette disette.

Pour le compte de la saison 2018, qui a commencé en octobre avec une troisième place au Safeway Open, on peut déjà commencer à distinguer des tendances dans le jeu de Mickelson.

Clairement, Lefty est toujours un maître du wedging et des approches. Considéré depuis plus de 20 ans comme le meilleur joueur de petit-jeu au monde, il ne dément toujours pas cette réputation.

Pour performer au plus haut niveau, malheureusement, cela ne pourrait être suffisant alors que les meilleurs joueurs du monde se distinguent au driving, aux approches et au putting.

En plus de bien approcher, Mickelson putte aussi très bien cette année.

Avec une moyenne exceptionnelle de 1.48 putts par trous en cinq tournois, Mickelson frise la surchauffe sur les greens. Cette statistique très basse explique en grande partie pourquoi Lefty est en train de connaître un net regain de forme sur le tour dont cette cinquième place au Waste Management Open.

Sur 342 trous disputés en quelques semaines, dans 49% des cas, Mickelson n’a eu besoin que d’un putt !

Schématiquement, cela signifie qu’en moyenne sur 18 trous, il n’a eu besoin que de 26,7 putts pour conclure ses trous. Personne ne sait faire mieux actuellement !

A moins d’un mètre, il est tout simplement à 100% de réussite.

Pas étonnant que les birdies pleuvent pour un golfeur qui démontre qu’il n’est pas nécessairement indispensable de driver à plus de 280 mètres pour être en mesure de gagner sur le tour.

Ceci étant, il faut exceller au putting pour justement lutter avec les actuels bombardiers du tour.

Gary Woodland a d’ailleurs parfaitement et encore démontré l’avantage des longs frappeurs en remportant finalement le tournoi.

Pour Mickelson, le problème n’est pourtant pas vraiment la distance pure.

Avec une moyenne de 305 yards, il se classe encore 39eme sur le tour.

En revanche, en précision, Mickelson ne dément pas sa grande tendance à en mettre de partout. Il est d’ailleurs en toute fin de peloton pour cette tendance à disperser. Il ne touche pas plus de 45% de fairways en régulation.

Pour Callaway, son sponsor, ce ne serait d’ailleurs pas la meilleure des publicités pour la précision.

En 2013, année faste pour lui, Mickelson était déjà un excellent putter avec une moyenne de 28 putts par parties.

Au drive, cinq ans plus tôt, il n’était pas plus long, bien au contraire (287 yards de moyenne).

SI on considère que de 2014 à 2017, il a connu une certaine traversée du désert avec des performances moins clinquantes. Il faut considérer que c’est essentiellement son putting qui lui a fait défaut.

Mis à part 2016, plutôt une bonne année pour le gaucher, sur cette période sans succès, le putting qui a longtemps fait la force du champion n’a pas toujours été au rendez-vous.

Sans affirmer qu’il puttait vraiment moins bien, simplement, à trop disperser au drive, un golfeur comme Mickelson a trop souvent impérativement besoin d’être plus qu’excellent sur les greens pour ramener de très bonnes cartes de scores.

A force de toujours jouer avec le feu, il y a toujours un moment où vous finissez par lâcher des coups.

En 2013, Mickelson était encore numéro 3 mondial (42 ans). Aujourd’hui au-delà de la quarantième place, toute la question est de savoir si le gaucher prépare son chant du cygne ?

D’un point de vue purement statistique, en réalité, on ne distingue pas de faiblesse particulière.

Il ne drive pas moins loin en 2018 qu’en 2008. Son jeu offre toujours des coups d’exceptions comme des loupés très pénalisants.

Sur le parcours, et on a encore pu le voir ce week-end à Scottsdale, sa motivation est intacte.

Il s’agace d’un putt qui échappe du trou. Son envie de gagner est toujours bien présente quant à l’inverse des golfeurs de sa génération semblent s’accommoder du fait d’être passés de mode.

Le petit jeu qui est souvent révélateur du niveau de concentration d’un golfeur n’est pas non plus franchement moins bon.

Même sa fraîcheur physique n’est pas source d’explication puisque sur le dernier tour dimanche, il a signé trois birdies sur les quatre derniers trous.

Mickelson a encore tout pour gagner sur le tour cette année, mais comme il l’affirme en zone d’interview, tout dépendra de son driving qu’il trouve déjà en progrès cette année.

Dans une semaine, à Pebble Beach, il aura de nouveau l’occasion de tenter sa chance, sur un parcours qu’il affectionne.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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