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PGA Merchandise Show 2016 : La fête du golf business

PGA Merchandise Show 2016 : La fête du golf business

Du 26 au 29 janvier, s’est tenu à Orlando, le PGA Merchandise Show (édition 63), le coup d’envoi de la saison golfique pour les enseignants, les fabricants, les distributeurs, et les directeurs de golf du monde entier. La première journée a été le théâtre du Demo Day avec une centaine d’exposants sur le practice du Orange County Golf Club, l’occasion pour tous de tester les nouveautés, et les trois jours suivants au sein du Orange County Convention Center, pour parler business, et comment aborder les golfeurs, essentiellement pour vendre mieux, et plus.

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Depuis Orlando et au pays de Disney – Après des éditions 2013 et 2014 marquée par la décroissance de l’activité un peu partout dans le monde, le salon a progressivement repris des couleurs, déjà l’an passé, et encore plus cette année, à mesure que la marché digère la crise.

Bien que globalement, tous les interlocuteurs rencontrés sur place confirment que le marché nord-américain est à maturité, et les parts de marché très difficiles à conquérir, le contexte n’est plus tout à fait à la morosité.

Comme chaque année, les fabricants de matériels ont été les stars du show

Ils ont les plus beaux et les plus gros stands. Ils attirent le plus d’enseignants, et de professionnels qui restent néanmoins des joueurs, et des passionnés.

A noter, les absences de deux acteurs : Nike Golf (un choix tactique ?), et Mizuno (en repli et réduction de coût ?), et le retour de Ben Hogan.

Entre le demo day et les trois jours de conventions, la présence et la taille des stands des marques de clubs a différé.

Si Wilson s’est mis au niveau des plus gros stands le mardi, ils étaient totalement absents les jours suivants.

Si Callaway avait choisi un stand de taille raisonnable pour le demo day, ils avaient le plus gros stand et le mieux positionné pendant les jours de convention.

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Cobra a de son côté été plus constant avec des stands de tailles équivalentes sur l’ensemble du show, avec une autre constante : mettre l’ambiance !

Du mardi au vendredi, la marque a fait appel à Greg Norman, Blair O’Neal, ou encore Holly Sonders pour créer du lien avec les visiteurs, le tout au rythme d’une sono et d’un DJ.

De l’aveu de Nicolas Girard, directeur de Cobra Puma Golf France, il s’agit de faire bouger le golf pour créer l’intérêt d’un plus large public.

Porté par la victoire de Rickie Fowler le week-end précédent, la marque a profité de cette performance, et de la mise en avant de la fameuse chaussure montante portée par l’américain, un véritable coup de buzz sur ce salon.

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Callaway qui a parfaitement mis en scène son nouveau partenariat avec Boieng a misé sur le confort et l’espace pour recevoir ses clients, tandis que Titleist a fait porter une veste blanche à tous ses collaborateurs, afin d'être en ligne avec sa stratégie « serious clubs for serious golfers ».

Toutefois, cela donne une impression de distance, et un accès plus difficile à faire avec les acteurs de la marque, même si Titleist a organisé des points de rencontres avec deux stars du métier : Scotty Cameron et Bob Vokey, respectivement les créateurs des putters, et des wedges.

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Le show a été une formidable opportunité de rencontrer les concepteurs des clubs : Vokey, Cameron, mais aussi Brian Bazzel et Benoit Vincent pour TaylorMade, ou encore Tom Olsavsky pour Cobra.

Alors que les années précédentes, TaylorMade avait souhaité se démarquer en louant volontairement un bâtiment à part des autres, cette année, ils sont rentrés dans le rang, et presque trop avec un stand pas très bien positionné, et difficilement repérable dans un coin du centre de convention.

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Finalement, bien placé entre Callaway d’une part, et TaylorMade d’autre part, les voisins PING et Cleveland Srixon étaient très visibles, et leurs stands très fonctionnels.

La caverne d'Ali Baba du golfeur

Il faut bien admettre que le show est une sorte de caverne d’Ali Baba ou de magasin de jouet géant pour grands enfants.

D’ailleurs, pendant l’ensemble des quatre jours de show, l’ambiance a été bon enfant. Cela a été l’occasion d’une véritable fête du golf, et les américains ne sont pas dénués de talents pour célébrer un business, créant les meilleures conditions pour le culte du billet vert.

Chaque stand (une centaine au demo day et un millier dans le centre de convention) a reflété l’image et la stratégie de chaque entreprise.

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Ceci dit la taille du stand ne doit pas faire oublier que les pépites sont souvent dans les petits stands des inventeurs qui arrivent chaque année avec une nouvelle idée qui pourrait potentiellement révolutionner le jeu.

A Orlando, tout a été tourné autour du jeu !

Comment le faire grandir ? Comment attirer plus de nouveaux golfeurs ? Comment séduire plus de jeunes à travers les programmes de la PGA pour la famille, et les enfants ? Comment améliorer l’expérience du jeu pour limiter le nombre des abandonnistes ?

Tout a été autour de la notion de MIEUX !

Le show n’a pas été qu’une exposition de nouveautés.

Durant les quatre jours, la PGA qui fêtait au passage le centenaire de sa création, a organisé un maximum de colloques, et de points de rencontres pour favoriser les échanges entre tous les acteurs de la filière, et en particulier mettre en lumière ceux qui sont en première ligne : les moniteurs de golf.

L'événement des PROS !

Un peu à l’image d’un syndicat, plus au sens d'une corporation, la PGA a voulu créer les meilleures conditions pour que les enseignants se sentent valorisés, et centralisés dans toutes les démarches liées au développement du jeu de golf.

N’oublions pas que les pros sont en contact direct et permanent avec les consommateurs-golfeurs.

Ils utilisent des clubs de golf, portent des vêtements, et des accessoires de golf sept jours sur sept. Ils sont les premiers influenceurs, et relais d’opinion.

Ils sont ceux qu’il faut influencer avant d’espérer toucher une plus large audience.

D’ailleurs, il suffisait de sa balader dans les allées pour les voir arborer les casquettes ou les lignes de vêtements de marques.

Le PGA Merchandise Show 2016 a aussi été l’occasion d’augmenter l’interaction avec les golfeurs à travers le lancement d’une nouvelle initiative : le programme #ThxPGApro qui signifie en fait le partage de vidéos de swings de golf par les amateurs via les réseaux sociaux, pour en quelque sorte rendre hommage à leurs pros.

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Une initiative fortement salué par la star des enseignants aux USA, Lee Trevino, qui a cette occasion s’est fait le porte-parole des pros, très heureux d’être autant glorifié par la PGA.

A 76 ans, ce papy vainqueur de six majeurs a fait plus que de la résistance. Il faut bien admettre qu’il a été mis à toutes les sauces !

Quand vous montez dans le bus qui fait la liaison entre le centre de convention, et le practice, Lee Trevino vous vante les voiturettes Yamaha.

Quand il faut ouvrir le PGA Show, c’est encore lui qui s’y colle encore.

De fait, Trevino est plus la figure du golf aux USA que Palmer, et Nicklaus ou même Woods alors que ce dernier est celui qui a eu le plus gros impact sur le développement économique de la filière golf aux USA et dans le reste du monde.

Ce n’est qu’en quittant le PGA Show qu’on se dit : Tiens mais où était Tiger ?

Avec l’absence de Nike, la star du golf a donc été largement détrôné par Trevino, qui semble-t’il symbolise davantage la profession des enseignants.

La PGA se place au centre du jeu !

Bien que Trevino ait été mis fortement en avant, la PGA ne veut pas négliger ceux qui seront les leaders de demain, ceux qui succèderont aux Leadbetter, Haney et autre Harmon.

Ainsi, le programme PGA LEAD a été lancé pour améliorer la formation des pros.

C’est même considéré comme une activité stratégique par Derek Sprague, le patron de l’association qui considère qu’il faut reconnaître le travail des enseignants, et les inviter à être encore plus les acteurs leaders de demain.

Il faut bien admettre que la PGA a embrassé parfaitement ce rôle d’association dominante, et moteur de la filière.

Même si ce show a été destiné aux pros, tout le secteur s’y est retrouvé. La PGA a parfaitement su se mettre au centre du jeu, et va continuer à le faire.

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Prenons l’exemple des nouvelles technologies, une initiative nous semble aller dans le bon sens : le PGA VERIFIED.

A l’heure où les nouvelles technologies ont pris une importance considérable dans le jeu de golf, il était de temps de créer un label pour rassurer les consommateurs, et distinguer ce qui est de fumisterie, de ce qui a un apport réel pour le joueur.

Le logo PGA Verified sera développé en partenariat avec la prestigieuse université du MIT (Massachussetts Institute of Technology).

A l’origine, la PGA a mené une enquête qui a révélé un écart abyssal entre les pros PGA, et la demande des golfeurs amateurs pour la technologie.

Les moniteurs admettant qu’ils n’étaient pas à l’aise avec les nouvelles technologies, la PGA a voulu les rassurer, et ainsi créer les conditions de la confiance envers les nouveaux outils.

Rappelons que les pros doivent non seulement être à la pointe des technologies, mais aussi parfaitement les expliquer, et les intégrer dans leurs cursus de formations.

Naturellement, il est indispensable qu’ils soient à l’aise, et certains de ce qu’ils avancent dans un secteur où la technologie est en mouvement permanent.

Quels launch monitor utilisés ? Sont-ils tous précis ? Quels sont les degrés de précisions ?

Si vous n’êtes pas sûr des outils, comment donner les bons conseils dans un sport qui demande un maximum de précision ?

Et pourtant l’enjeu de l’avenir du golf est bien dans l’utilisation de plus de technologies.

Et les français dans tout ça ?

Pour conclure ce sujet sur le bilan du PGA Merchandise Show 2016, quelques mots sur la place de la France dans le business-golf à Orlando.

La Floride à elle-seule représente 8 à 10 fois le nombre de golfeurs en France.

Quand vous vous présentez sur les stands avec la mention « French press », vous vous sentez un peu dans la peau de David contre Goliath, avec un intérêt très relatif de Goliath pour David…sauf pour les marques qui ont une présence dans notre pays, ou compte y revenir.

Aucun autre média français n’a fait le déplacement. C’est dommage !

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Finalement, la présence tricolore a beaucoup reposé sur Thomas Levet.

Ce dernier avait fait le déplacement en voisin (il habite à l’année à Palm Beach), pour visiter tous les stands avec beaucoup de curiosité, et d’intérêt. Il a joué parfaitement son rôle d’ambassadeur du golf français, toutefois un peu seul...

Côté exposants, Wellputt, Skimp, et Mobitee ont porté les couleurs de la France, et fait bonne figure avec des innovations à proposer aux américains.

Pour WellPutt, la solution des tapis d’entraînement au putting indoor, le produit était sans véritable concurrence.

Relativement bien placé dans le salon, Boris Pansart, le fondateur de cette solution a été aux petits soins pour les enseignants, notamment avec son dernier produit, le tapis de huit mètres.

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Tandis que Stan Chapus, fondateur de Mobitee et associé avec PIQ pour un nouveau système de tracking des coups sur le parcours, un capteur de swing, et bien sûr, un gps est parti à l'attaque du marché américain fort de sa position de leader en France.

Cependant, dans ce domaine, la concurrence s’annonce plus rude, notamment avec SKygolf, GameGolf, et beaucoup d’autres systèmes sur ce marché en plein boom, et déjà saturé d’offres, et alors que la demande est encore largement à convaincre.

Pas de médias, peu d’exposants, mais pire que cela, pas de présence d’une office du tourisme française pour au moins se mettre au niveau de l’Ecosse, l’Irlande, le Pays-de-Galles, la Turquie ou encore le Mexique qui jouaient la carte de l’accueil pour inciter les américains à venir les visiter.

Comment prétendre être une destination de tourisme golfique quand on ne vient pas sur le premier marché mondial ?

De notre point de vue, c’est une grosse faute, et même un manque de compétences, car dans le même temps, la France s'est distingué plus par ses grèves de taxis, de contrôleurs aériens, etc. et l’image de notre pays n’en sort jamais grandit.

Quand on parle avec des personnes sur le salon, les grèves…c’est la première chose qui est évoquée au sujet de l’hexagone.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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