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PGA Championship : Quail Hollow, un parcours de difficulté majeur !

PGA Championship : Quail Hollow, un parcours de difficulté majeur ! Sauf pour Kevin Kisner ? - crédit photo : Mark Newcombe

Il suffit de voir les pros toucher les balles tout en douceur sur les greens du parcours de Quail Hollow à Charlotte, en Caroline du Nord, théâtre du 99eme PGA Championship de l’histoire, pour comprendre que le vainqueur, dimanche, surpassera un parcours de difficulté vraiment majeure. Après deux tours, Kevin Kisner semble être celui qui a trouvé la meilleure stratégie.

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Les greens au centre des débats après 2 tours

Les greens ne sont pas la seule difficulté du parcours retenu pour le PGA Championship 2017, dernier majeur de la saison de golf.

Parcours avec des arbres et de l’eau en prime, Quail Hollow est un véritable défi pour les meilleurs joueurs de la planète.

Erin Hills, théâtre du dernier US Open devait être un monstre avec des trous d’une longueur incroyable, cela n’a pas empêché Brooks Koepka de le dominer en -16 total.

Kevin Kisner, leader après 2 tours du PGA Championship en -8 pourrait en faire de même.

Pourtant, très franchement, Quail Hollow paraît beaucoup plus effrayant.

Le champion de l’US Open peut en témoigner !

« S’agit-il des greens les plus rapides en majeur ? »  Brooks Koepka se posait justement la question à la sortie de son premier tour joué en 68.

« Avec certaines positions de drapeaux, ces greens sont les plus rapides que je n’ai jamais joué. Ce qu’il faut relever en plus, c’est qu’ils vont devenir plus fermes et plus rapides au cours du week-end. Cela va donc être intéressant de voir comment les choses vont se passer. »

La vitesse des greens est ainsi au centre des débats.

Le superintendant de l’USGA a témoigné que le gazon G12 « Bermuda grass » a été coupé à 0,125 inches pour coller aux exigences d’un majeur.

Sur le premier tour, pour les putts sans pentes, la vitesse était au moins de 14 pieds. Sur un tournoi standard du PGA Tour, la vitesse oscille généralement entre 12 et 13 pieds.

A un pied près, les greens seraient tout bonnement injouables, surtout en prenant en considération la position des drapeaux.

Koepka peut en attester !

« Les pentes sont de plus en plus importantes avec la vitesse des greens et le grain de l’herbe. »

Entre le début de la semaine, et le premier tour, les greenkeepers ont mis en place des solutions spectaculaires pour que les greens soient au niveau d’un majeur.

Le drainage moderne du site mais aussi un système de soufflerie fonctionnant pendant 24 heures d’affilées pour évacuer l’humidité jusqu’aux racines ont contribué à assécher les greens.

Avec 29 putts, Koepka s’est seulement classé 138eme pour les points gagnés au putting sur le premier tour ! « Vous ne savez pas vraiment quand la balle va s’arrêter. »

Même Jordan Spieth a souffert sur ses greens.

En 72 sur le premier tour, l’américain qui pourrait devenir le plus jeune à compléter le grand chelem en cas de victoire, pourtant si souvent à l’aise sur les greens, n’a pas non plus trouver la bonne vitesse.

« J’étais sur la défensive, et pourtant, j’ai eu beaucoup de putts à moins d’un mètre pour sauver des pars. »

Poursuivant « Sur d’autres greens, vous pouvez espérer au moins 50% de réussite sur des putts courts, mais ici, vous ne pouvez pas faire de telles prédictions. »

Le vainqueur du British Open a aussi voulu illustrer la difficulté des positions de drapeaux.

Conséquence de cette difficulté sur les greens, le temps de jeu s’est considérablement allongé à mesure que les joueurs ont marqué tous les putts, même ceux qui pouvaient être considérés comme donnés.

Les premières parties ont joué en cinq heures, et celles de l’après-midi en cinq heures et demi.

Si la pluie s’en mêle sur les prochains tours, les greens pourraient ralentir.

Des greens rapides, mais aussi un tracé modifié et complexifié

En plus des greens, le tracé du parcours reste une belle difficulté qui tranche avec certains parcours américains souvent très larges.

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Ce n’est d’ailleurs que la troisième fois que le PGA Championship se déplace en Caroline du Nord depuis 1919.

Quail Hollow est un parcours récurrent sur le PGA Tour. Ce terrain est déjà l’hôte régulier du Wells Fargo Championship depuis 2011.

Tom Fazio, célèbre architecte a modifié le terrain dessiné par George Cobb, un par 71 de 7600 yards, pour en faire un 18 trous moderne.

Les gros changements sont intervenus avant le trou 12. Les cadets peuvent d’ailleurs complètement changer leurs carnets de notes.

Un joueur semble ne pas être perturbé par ces difficultés, et ces changements : Kevin Kisner, leader après 2 tours.

Son score de -8 paraît une aberration statistique par rapport à la difficulté proposée.

Quail Hollow devait réserver un avantage aux bombardiers. Pour l’instant, seul le japonais Matsuyama semble à son aise, et profiter d’un petit avantage.

Kisner a quant à lui d’autres plans pour jouer ce parcours.

Seulement 127eme pour la longueur au drive sur le PGA Tour, Kisner était venu repérer les lieux un mois plus tôt, alors qu’il habite justement à seulement 2 heures de route de Charlotte.

« Quand je suis venu, il pleuvait, et je me suis dit bon sang qu’il va être long. Comment être performant ? »

Kisner a trouvé la réponse en postant deux cartes consécutives de 67.

quail-hollow.jpg

La patience semble être son principal atout alors qu’au contraire, il concède que ce n’est pas habituellement sa principale qualité.

Pour Kisner, qui comme les autres, a pu apprécier le changement de gazon (Bermuda Grass) par rapport au Wells Fargo Championship habituellement disputé ici, quatre trous sont propices à des birdies : 7, 8, 14 et 15.

« Ces trous sont mes trous pour bien scorer. Si au cours des deux prochains jours, je les joue en -3, vous verrez que je serai bien placé à la fin. »

Lors du premier tour, il s’est servi de deux birdies au 6 et au 18 pour se mettre en bonne place. A cela, il a ajouté un eagle au 7 (un par 5) sur le second tour.

Avec seulement 5 drives à plus de 300 yards, Kisner a donc trouvé une autre solution pour compenser le problème de la longueur.

Il est leader pour le nombre de greens en régulation avec 30 accrochés sur 36 possibles en deux tours, et ce, alors que son coup d’approche moyen a tout de même été de 186 yards !

Pour son coach, ce chiffre est significatif du fait qu’il tape particulièrement bien dans la balle cette semaine.

Tempérant son instinct de joueur agressif, il a tout de même pris 21 fairways sur 28 en amont.

Toujours selon son coach, l’objectif cette semaine est de savoir viser les greens sans tenir compte des drapeaux, quand il les joue avec un fer-6 dans les mains.

« Cela peut le rendre fou de jouer ainsi, mais c’est un gros changement d’attitude nécessaire quand vous jouez les majeurs. »

Jusqu’à présent, Kisner n’a jamais terminé mieux que 18eme en majeur au cours de ses 11 précédentes apparitions. Il est donc une grosse cote avant le moving day.

Pour l’instant, il fait la différence sur sa capacité à se montrer raisonnable sur les trous difficiles, tenant compte du fait que cet été pour le moins humide a contribué à accentuer la difficulté des roughs.

Les bombardiers ne tirent pas tant avantage de la longueur supplémentaire, surtout pénalisé par ces roughs.

Kisner à l'école de la patience, Levy déjà out

Une approche tactique rigoureusement prudente semble donc la meilleure solution pour aborder ce terrain. Une question de maturité qui peut faire la différence en majeur.

Une approche qui a cruellement fait défaut au seul français engagé, Alexander Levy, éliminé après 2 tours, et qui conclue une saison de majeurs particulièrement terne avec 3 cuts manqués en 3 éditions.

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Après le premier tour, Levy concédait qu’il avait été incapable de trouver les fairways plus de deux fois sur quatorze, se rendant la situation trop compliquée pour la suite.

Terrible constat d’échec au plus haut niveau pour le seul français actuellement en mesure de s’en rapprocher !

A un an de la Ryder Cup à Paris, la perspective de voir un tricolore dans l’équipe européenne s’éloigne considérablement.

Le plus inquiétant, c’est qu’il semble y avoir un fossé entre les meilleurs joueurs du monde en majeur, et le premier français…

La stratégie de développement du golf en France par la Ryder Cup, et l’émergence d’un champion majeur français, volonté de la fédération semble en situation d’échec à cette heure.

Comment inverser la tendance à seulement 12 mois de l’échéance ? Cela semble bien compromis, et à l’heure des bilans, la note risque d’être salée pour tous les golfeurs amateurs français qui financent cette stratégie sans effets sur l’économie actuelle du golf dans notre pays.

Au moment où Jon Rahm et Bryson DeChambeau ont déjà explosé au plus haut niveau, avec respectivement des premières victoires sur le tour, les cuts manqués à répétition par l’espoir Romain Langasque interrogent sur la différence frappante de performance, entre des joueurs qui étaient au même niveau encore un an auparavant…

Beaucoup de pros français sur le tour, très peu de résultats, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.  

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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