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Pérennité du golf au Canada : Les questions qui se posent

Le golf au Canada en questions ?

La National Allied Golf Association mène actuellement une campagne de sensibilisation pour faire prendre conscience de l’importance du golf dans l’économie nationale, la protection de l’environnement, et même la santé de millions de Canadiens.

Avec plus de 6% de l’audience totale du site www.jeudegolf.org, il est bien normal que notre rédaction consacre de plus en plus de sujets au golf au Canada, deuxième pays au monde qui compte le plus de pratiquants, juste après les Etats-Unis.

Le fait de s’intéresser au golf canadien nous ouvre en plus l’opportunité de découvrir une autre vision de ce sport, et d’y retrouver des enjeux comparables à ceux que l’on peut trouver en France, en Suisse ou en Belgique.

La filière golf canadienne préoccupée !

L’industrie du golf au Canada pèse chaque année plus de 11 milliards de dollars, et emploie près de 340 000 canadiens dans pratiquement toutes les provinces du pays : Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, et British Columbia.

Pour mieux appréhender les grands enjeux du golf canadien, l’alliance nationale des associations de golf (NAGA*) a commandé auprès de la société NAVICOM, une étude sur le comportement et les habitudes de consommation des golfeurs canadiens.

Une des motivations principales de cette étude était de fournir aux principaux décideurs du golf au Canada, des idées pour assurer le développement de cette activité.

*La NAGA regroupe en fait les propriétaires de parcours de golf,  la PGA Canadienne, les industriels, et les surintendants (greenkeepers).

Au final, l’étude a recueilli l’avis de plus de 1300 golfeurs canadiens (Le Canada compte 5,7 millions de golfeurs pour une population totale de 21,2 millions d’habitants, soit 26% de la population qui joue au golf contre seulement 0,7% en France).

Pour les besoins de l’étude, les golfeurs ont été classés en quatre grandes familles de pratiquants :

  • Les golfeurs avides ou passionnés qui jouent plus de 25 fois par an sur un parcours
  • Les golfeurs jouant fréquemment (de 9 à 24 parcours par an)
  • Les golfeurs jouant occasionnellement (de 3 à 8 parcours par an)
  • Les golfeurs jouant rarement (de 1 à 2 parcours par an).

Le cœur de l’étude a porté sur la dynamique et les composants du marché, les forces motrices, les opportunités/menaces, et enfin les principales actions à envisager pour le développement de ce sport au Canada.

C’est ainsi que l’étude a mis en lumière les principales motivations liées à la pratique du golf, et on retrouve à peu près les mêmes thématiques qu’en France :

  1. Le besoin d’appartenance à une communauté de golfeurs
  2. Le besoin de relever des défis
  3. Le besoin de leadership à assouvir à travers le golf
  4. La fierté d’être golfeur
  5. Et enfin les valeurs véhiculés par le golf

Mais derrière ces intentions se cachent des phénomènes beaucoup plus inquiétant pour la pérennité de l’activité !

Les principaux chiffres liés à la pratique du golf

En effet, sur les 5 millions de golfeurs canadiens, on trouve chaque année autant de golfeurs qui débutent que de golfeurs qui arrêtent, soit environ 1 golfeur sur 5 !

Enfin, la part des golfeurs occasionnels est beaucoup plus importante (3 golfeurs sur 10) que celle des golfeurs assidus (1 sur 10).

Et pire, de nos jours, il y a moins de golfeurs qui ont des enfants s’initiant au golf qu’il n’y a de golfeurs ayant été initiés au même âge.

17 % des golfeurs actuels ont commencé à jouer comme enfant (de 6 à 11 ans) alors que seulement 7 % des golfeurs actuels ont un enfant (de 6 à 11 ans) qui joue au golf.

En réalité, seulement 25% des golfeurs se disent passionnés et n’envisageraient pas de pratiquer un autre sport.

En dehors des familles de golfeurs ou des amis golfeurs, le golf peine à séduire en-dehors de ses propres frontières.

Concernant la typologie de la population des golfeurs canadiens, on retrouve une forte tendance de gens instruits, les revenus les plus élevés, les hommes, les cadres, les retraités, mais aussi peu de diversité ethnique.

Les principaux enseignements de cette étude sur le golf au Canada

-En quelques années, le temps et l’argent qui n’étaient pas considérés comme des freins à la pratique du golf sont au contraire devenus des entraves, et même des sources de démotivations.

-Le golf est paradoxalement à un niveau de popularité très élevé mais n’a jamais été aussi vulnérable !

  • Vulnérable car une très grande partie des golfeurs canadiens ne se sentent pas assez passionnés par ce sport.
  • Niveau de popularité très élevé car le nombre de golfeurs est très important.

L’essor du golf canadien passe par le fait de transformer une grande partie de ses pratiquants en passionnés.

-Les hommes et les femmes perçoivent de manières très différentes la pratique du golf.

Si les hommes sont plus facilement addict, les femmes se déclarent à l’inverse beaucoup moins séduites.

-Quand on analyse les entrants et les sortants de l’activité golf, on découvre une véritable incidence de l’âge sur la pratique du golf.

Les débutants les plus enthousiastes et les plus accrochés sont les plus jeunes, alors qu’en vieillissant, ils perdent peu à peu de leur enthousiasme.

On observe même un phénomène de désenchantement, et de désillusion avant justement d’abandonner.

  • Les 18-25 ans représentent la plus grande part des débutants, alors qu’à l’inverse, les 46-59 ans sont les plus abandonnistes.
  • Les 26-35 ans affichent quant à eux un certain ralentissement de leur enthousiasme pour le jeu.

A titre de comparaison, le golf en France souffre justement d’un manque de golfeurs de 18-25 ans, or pourtant cette étude démontre qu’ils sont pourtant le plus important carburant de l’activité !

Dernier enseignement, ce qui différencie les golfeurs qui jouent beaucoup des golfeurs qui jouent peu, c’est justement le niveau de plaisir perçu, les relations sociales au sein du club, le niveau des défis à surmonter, et la fierté que suscite la pratique du golf.

Encore une fois, quand on compare avec la pratique du golf dans l’hexagone, on peut identifier des effets de leviers que la filière pourrait travailler pour doper l’activité.

Le niveau de plaisir perçu est directement lié à l’enseignement, et aux objectifs que l’on peut fixer aux débutants.

Trop souvent, les golfeurs amateurs n’ont pas une bonne lecture de ce qu’est la performance au golf !

Par exemple, jouer dans le PAR n’est pas à la portée de 98% des pratiquants, et pourtant cela constitue toujours la référence en matière de défi golfique !

Ne faudrait-il pas réfléchir au fait de promouvoir des objectifs intermédiaires ?

Quant aux relations sociales au sein des clubs, il s’agit là-aussi d’un vaste chantier pour que les présidents de clubs et associations golf trouvent comment mieux fédérer tous les membres d’un même club.

Enfin, en France, il convient aussi de changer l’image du golf, mais aussi malheureusement le regard de la société sur ce sport, trop assimilé à tort à un sport de riche.

Le climat français actuel n’étant pas propice au développement du sentiment de fierté, lié au fait de jouer au golf.

Les golfeurs français auraient même tendance à se cacher plutôt qu’à s’affirmer comme joueurs de golf.

Les conclusions de l’étude : Comment développer le jeu de golf au Canada ?

Les rapporteurs de cette étude évoquent deux axes à développer pour assurer la pérennité du golf au Canada :

  • Développer l’intérêt des golfeurs occasionnels
  • Attirer une partie plus importante des 73% de canadiens qui ne jouent pas au golf. (En France, ce chiffre est de 99,3%).

Logiquement, les golfeurs assidus ne représentent pas les plus grandes perspectives de développement, dans la mesure où ils sont déjà ceux qui dépensent le plus en matière de golf.

Et tant qu’ils pourront continuer à le faire, ils le feront !

Ci-dessous, le classement des plus beaux parcours public canadiens selon le site scoregolf.com :

Pour atteindre ses objectifs, la filière golf canadienne devra mieux faire passer le message « Le golf : c’est un jeu pour la vie », et faire preuve d’ingéniosité pour aider les golfeurs surmonter les défis que représentent le temps et l’argent.

Des chantiers qui posent les questions suivantes :

  • Faudra-t-il raccourcir les parcours ? Les simplifier pour les débutants ? Réduire les coûts d’accès à l’activité ?
  • Offrir des équipements, des vêtements et des accessoires aux débutants ?
  • Favoriser le jeu en proposant des parcours adaptés au niveau de jeu de chacun ?
  • Associer les enjeux environnementaux à la pratique du golf pour augmenter le sentiment de fierté de faire du golf ?
  • Développer l’apprentissage 360° avec des cours collectifs, des leçons sur Internet, et de l’entrainement virtuel ?
  • Simplifier les leçons pour les rendre plus faciles ?
  • Favoriser l’intégration des nouveaux joueurs au sein des clubs ?

Finalement, d’un côté à l’autre de l’Atlantique, on découvre que les fédérations et acteurs du secteur golf ont exactement les mêmes préoccupations, et les défis à venir ne sont pas gagnés d’avances.

Pourtant, en réalisant les bons diagnostics, on peut faire preuve d’optimisme pour une évolution positive du golf au Canada, et en France.

Résultats complets de l'étude : canadagolfs.ca

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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