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Pebble-Beach : Le Masters d’Augusta 2018 en point de mire pour les gauchers

Pebble-Beach : Le Masters d’Augusta 2018 en point de mire pour les gauchers

Pour les connaisseurs du PGA Tour, le parcours de Pebble-Beach, théâtre ce week-end du ATT Pro-Am, tournoi très particulier dans le calendrier de la saison de golf, se dispute sur un parcours qui partage un point commun souvent décisif avec le parcours du Masters, Augusta… C’est un parcours plus favorable aux gauchers. Justement, cette semaine, deux gauchers ont terminé aux deux premières places. Ted Potter Jr s’est imposé devant Phil Mickelson, actuellement en très grande forme. A une semaine de la fin du « West Coast Swing » dont le final aura lieu à Pacific Palissades pour le Genesis Open. Revue de formes des principaux favoris à deux mois du Masters.

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De la Californie aux greens d'Augusta...

La « West Coast Swing » est le nom donné aux tournois disputés en début de saison entre Hawaii, la Californie et l’Arizona dans le cadre du circuit PGA Tour.

Pour pouvoir allonger la saison de golf au maximum, les organisateurs sont bien obligés de tenir compte des conditions météorologiques.

En plein mois de février où beaucoup de golfeurs français privilégient bien plus le ski que le golf, il en est un peu de même sur la côte Est des Etats-Unis.

La Californie avec son climat ensoleillée en ce début d’année est alors un spot idéal pour tester les compétences et formes du moment pour les meilleurs joueurs de la planète.

Après 13 tournois déjà disputés pour le compte de la saison 2018, dont 6 réellement disputés depuis le mois de janvier (le compteur des points commence en réalité en octobre), on peut déjà distinguer des tendances chez les meilleurs joueurs, avec notamment ceux qui ont plutôt gagné du terrain, ou marqué des points, et à l’inverse, des têtes d’affiches un peu à la traine.

A deux mois d’Augusta, oui, le Masters, premier majeur de la saison, est déjà dans toutes les têtes.

Et notamment celle de Phil Mickelson, cinquième à Phoenix pour le Waste Management Open, et encore deuxième ce week-end à Pebble Beach, sur un parcours dont on dit qu’il est taillé pour les gauchers… comme le Masters.

Le célèbre par-3 de Pebble Beach

Lefty est dans la forme de sa vie ! Comme vue la semaine passée, son putting est au plus haut, et digne de ses meilleures saisons.

A 47 ans, toute la question est de savoir si son jeu long peut lui permettre de se maintenir au niveau de la jeune garde.

Et visiblement, pour y parvenir, Mickelson affirme avoir gagné 4 mph de vitesse de swing. Il reconnaît que c’est insuffisant pour être le plus long frappeur du tour, mais cela lui assure une place dans le premier tiers du leaderboard.

Dans les faits, après vérification auprès du PGA Tour, sa moyenne de vitesse de swing en 2018 est la même que celle de 2017, à savoir 114 mph. Deux ans plus tôt, en 2016, elle était de 115 mph (185 kmh).

Mickelson fait partie de ces golfeurs qui ne pensent pas que pour faire une carrière, il suffit d’être un bon frappeur de balle.

Depuis ses débuts, il a toujours considéré que la clé du score se situait à 50 mètres du green.

En restant dans le premier tiers des longs frappeurs, il se donne néanmoins des chances de pouvoir être encore très compétitif dans cette zone si importante, où l’âge et la forme physique ne sont plus aussi déterminants, versus le driver.

Qui plus est, ce week-end, à Pebble Beach, une fois n’est pas coutume, Mickelson a plutôt bien drivé, et moins dispersé.

Sur le quatrième tour, sa moyenne de fairways en régulation est même montée à 78,5% selon les statistiques du PGA Tour, versus 57% sur le premier tour.

Depuis le début de la saison 2018, cette statistique était pourtant en moyenne de seulement 49%, ce qui le classait jusqu’à présent au 215eme rang pour la précision des drives.

Clairement, pour le gaucher de San Diego, sa performance sur un tournoi est dépendante de sa précision au drive, car dans les autres compartiments du jeu, il est à la fois beaucoup plus régulier, et surtout plus performant, en témoigne tout simplement son taux de birdie, le sixième meilleur pour l’instant en 2018.

Avec une moyenne de distance de 304 yards (43eme) sur la saison (moyenne qu’il a monté à 313 yards sur le dernier tour à Pebble Beach), il n’a effectivement pas encore de problème pour rivaliser avec les longs frappeurs, et dimanche, il l’a prouvé avec pas moins de 6 birdies.

Avantage aux gauchers ?

S’agissant d’Augusta, depuis la victoire du canadien Mike Weir en 2013, il y a eu un nombre impressionnant de victoires par des gauchers. Mickelson en a gagné 3 en 2004, 2006 et 2010, puis Bubba Watson en a ajouté deux de plus en 2012 et 2014.

Le nombre de gauchers au départ du Masters reste pourtant anecdotique, et autour de 3 à 4 quand on ajoute Brian Harman ou Ted Potter Jr, qui vient justement de gagner Pebble Beach.

Au-delà des statistiques qui ne sont pas toujours significatives, oui, Pebble Beach comme Augusta favorisent le jeu d’un gaucher pour une simple raison : Plusieurs trous ont été dessinés avec un profil de droite à gauche, ce qui favorise un gaucher qui pourra taper un cut alors qu’un droitier devra taper son tout meilleur draw.

L’histoire récente retiendra l’échec de l’allemand Martin Kaymer, qui alors numéro un mondial, avait tenté de changer son jeu de spécialiste du fade en draw, dans la perspective de gagner le Masters.

Non seulement, il n’est jamais arrivé à changer son mouvement naturel de manière satisfaisante, mais il a de plus perdu en performance.

Interrogé à ce sujet, Mickelson avance quelques arguments complémentaires. « Vous pouvez l’analyser comme vous le voulez, mais il est évident que l’équipement favorise aujourd’hui des coups en fades plus longs, et par exemple sur le 10, où on peut atteindre plus facilement le bas de la butte pour être en meilleure position à l’attaque du green de ce par-5. On parle de fractions de coups gagnés. »

Trou numéro 10 à Augusta

Il cite encore un autre exemple « Sur le 12, un par-3, ce départ convient parfaitement à la dispersion d’un gaucher. Trop court à gauche, trop long à droite, vous visez le centre du green, et vous avez une grande partie du green pour poser votre balle. »

Ajoutant « A l’inverse, si vous êtes droitier, vous visez le centre du green, mais vous faites un pull qui part à gauche trop long ou alors un push qui part court à droite dans l’eau. Sur un trou comme celui-ci, il vaut mieux être gaucher. »

Le Masters n’est qu’en avril, mais effectivement, au cœur du mois de février, il commence à être dans toutes les têtes.

Les favoris dans des formes diverses

Les tournois du West Coast Swing servent de mise en route, et notamment l’enchaînement Torrey Pines (remporté par Jason Day), Scottsdale (remporté par Gary Woodland), Pebble Beach (remporté par Ted Potter Jr) et à venir le Genesis Open disputé sur le parcours du Riviera Country Club où Dustin Johnson défendra son titre. Ce titre qui lui a permis de prendre le siège de numéro un mondial, l’an passé.

Tournoi que j’avais suivi entre plusieurs visites d’usines.

A propos de Dustin Johnson, et la perspective du Masters, sa seule ombre au tableau de sa saison 2017, l’américain a surpris à Pebble Beach en laissant échapper la victoire. Ce n’est jamais que la deuxième fois en quelques semaines. Et comme déjà écrit à son sujet, c’est bien le fait qu’il se créé de nombreuses occasions qui fait que l’on peut commenter celles qu’il laisse de côté.

Déjà vainqueur d’un tournoi cette saison à Hawaii, Dustin Johnson fait bien partie des stars du tour qui ont plutôt réussi le début 2018.

Dustin Johnson au Riviera en 2017

Dimanche, à Pebble Beach, il n’a pas été aussi fluide et rayonnant qu’à son habitude avec ses wedges, et cela lui a coûté plusieurs coups.

Moins « aérien » qu’au tournoi des champions qu’il a gagné avec 8 coups d’avances, il a sobrement expliqué « Je n’avais tout simplement pas ce qu’il faut aujourd’hui. C’est juste une de ses journées où rien ne va dans mon sens. »

Ce manque de rythme sur un tour n’en fait pas moins l’un des bons joueurs du début 2018. Hâte de le voir à l’œuvre à Augusta après avoir été privé de sa présence en 2017 pour cause de blessure bête.

Des meilleurs joueurs du monde, ou ex-numéro un, l’australien Jason Day fait aussi partie des joueurs qui ont plutôt bien géré ce début d’année. Enfin victorieux à Torrey Pines après une longue disette, Jason Day semble être vraiment de retour.

Jason Day de retour en forme

Dimanche, il n’avait tout simplement pas assez de solutions pour gagner, mais le fait qu’il ait été dans le coup, en fait de nouveau un candidat au Masters.

Lui-même exprime de l’optimisme « Je sens que j’ai une belle marge de progression. Mon jeu de wedges peut s’améliorer. Mon jeu de fers doit s’améliorer alors que mon driving est plutôt très satisfaisant. »

Précisant « Si je continue à faire ce que je fais actuellement, finir premier ou deuxième, et aussi à progresser, enlever les mauvais coups, alors je peux refaire ce que j’ai fait en 2015. » Il avait remporté 5 victoires dont un majeur pour être numéro un mondial.

Autre ancien numéro un mondial, Jordan Spieth ne s’est pas encore complètement distingué sans pour autant être vraiment contre performant.

Un seul top-10 depuis le début de l’année 2018, Spieth, qui était tenant du titre à Pebble Beach, n’a pas pu défendre son bien, alors que son putting défaillant à Phoenix semble s’améliorer.

Toujours capable de coups d’éclats, il a rentré un putt monstrueux de 16 mètres pour birdie sur le 5, et n’a eu besoin que de 25 putts sur le dernier tour joué en 71.

Jordan Spieth sur les greens au Riviera

Avec si peu de putts, forcément, un autre compartiment du jeu n’a pas fonctionné.

« Je suis venu ici pour chercher. Je crois avoir trouvé quelques pistes d’améliorations dans certains domaines. »

Poursuivant « Mon putting a fait de très net progrès cette semaine. Les putts que j’ai manqué l’ont été en raison d’erreurs de lectures. Je ne pense pas avoir fait un seul mauvais putt, et c’est bien la première fois que je peux dire ça depuis un moment. »

Depuis le début 2018, Spieth est effectivement moins bon au putting, et résultat, ses résultats s’en ressentent directement, car le reste de son jeu est pour le moment trop moyen.

Son driving n’est pas assez précis (55% de fairways en régulation). Seul lot de consolation, le nombre de coups gagnés autour des greens qui reste son point fort.

Rory McIlroy a plutôt montré des belles choses sur le circuit européen… disputé au Moyen-Orient. En revanche, pour ses débuts sur le PGA Tour, il a manqué le cut.

Visiblement, le gazon Poa Annua qui recouvre les greens de Pebble Beach n’a pas du tout convenu à son putter.

Rory McIlroy à Paris

Pourtant plutôt confiant, McIlroy aura l’occasion de se rattraper au Riviera cette semaine. « Je me sens comme un joueur qui sait où en est son jeu. Si je réalise ce que je suis capable de faire, j’aurai ma chance. »

Le concernant, il est difficile de distinguer une tendance. McIlroy est sans doute le golfeur le plus imprévisible. Capable de super bien driver, à la fois en distance et en précision, c’est son jeu autour des greens qui laisse parfois à désirer.

A Pebble Beach, lors du troisième tour McIlroy a drivé à 311 yards pour une précision très bonne, soit 73% de fairways en régulation, et pourtant, cela n’a pas suffi.

Dans un prochain article consacré au Masters, on abordera les cas du tenant du titre, Sergio Garcia, son compatriote Jon Rahm, actuel numéro deux mondial, ou la petite déception de ce début d’année, Justin Thomas, moins rayonnant sans son cadet, et depuis la fin de saison 2017.

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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