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Patrick Reed remporte le Masters d’Augusta 2018

Patrick Reed remporte le Masters d’Augusta 2018 - crédit photo : Getty Images

Le texan de 27 ans remporte sa première veste verte après un putt décisif sur l’avant dernier trou du tournoi. Au départ du 72eme trou, Patrick Reed, en -15, a su conserver son avance magistralement acquise pendant les trois premiers tours. Sans être absolument brillant dimanche, Reed n’a pas failli, au contraire de McIlroy, très, très décevant sur ce dernier tour, alors que Jordan Spieth a réalisé dans le même temps, un dernier tour exceptionnel. Finalement, Reed s’impose avec un coup d’avance sur Rickie Fowler, l’autre animateur des derniers instants du Masters, premier à le saluer avant qu'il n'aille signer sa carte, et réaliser qu'il est le nouveau champion du Masters.

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Au départ de la dernière journée à Augusta, le scénario entendu par tous était la redite du match entre Patrick Reed et Rory McIlroy, tous deux en dernière partie, et assurément les deux meilleurs golfeurs sur le Masters après 54 trous.

Reed et McIlroy refusaient pourtant la veille en conférence de presse d’évoquer l’éventualité d’un match-play rappelant celui d’Hazeltine, qui avait eu lieu dans le cadre de la Ryder Cup de 2016.

Pour Patrick Reed, son principal adversaire était bien plus le parcours que Rory.

Comment aurait-il pu imaginer qu’après 16 trous, Jordan Spieth allait compléter 9 birdies, et se placer en capacité de battre le record du score le plus bas à Augusta ?

Scénario qui finira par échouer dans les derniers instants.

Le ton de la journée a été donné très tôt, et dès les premiers trous.

Dans une partie de gala avec Justin Thomas, son copain, Jordan Spieth a commencé par deux birdies sur les deux premiers trous. La chasse au « Patrick Reed » pouvait commencer.

Impérial, surprenant leader après 54 trous, et dans un fauteuil avec 3 coups d’avances sur Rory McIlroy, Patrick Reed ne faisait pourtant pas parti des principaux favoris avant le premier tee de départ à Augusta.

Vainqueur de 5 tournois sur le PGA Tour depuis son passage chez les pros en 2011, l’autre texan (natif de San Antonio) n’avait jamais réussi à faire mieux que 22eme au Masters (2015).

Présent sur le circuit PGA Tour depuis 2013, Patrick Reed a connu sa première victoire sur le Whyndam Championship en battant en play-off un certain Jordan Spieth.

Sans être dans la même partie, les deux texans se sont pourtant à nouveau retrouvés en duel pour la conquête du premier majeur de l’année.

Sur le tee de départ de la dernière partie dimanche, Rory McIlroy et Patrick Reed pouvaient légitimement penser que la victoire se jouerait entre eux.

Sur les 54 premiers trous, les deux ont rendu les cartes de scores comptant le moins de putts du tournoi.

Le premier trou est de loin le plus difficile quand l’enjeu consiste à gagner un majeur, et en particulier le Masters. Pour Rory McIlroy, cela pouvait être l’occasion d’un grand chelem, tandis que pour Reed, une première victoire en majeur.

L’enjeu a-t-il tué le jeu ?

Dès le premier drive de la journée, Rory a lâché son coup à droite. Il semblerait qu’il ait clairement ressenti la pression, mais finalement, à la faveur d’un superbe coup de recovery, il a su sauver le par.

De son côté, Reed concèdait d’entrée le bogey. Le match pouvait commencer. Après seulement un trou, l’écart s’était resserré à deux coups. On pensait enfin assister à un grand duel mémorable.

Sur le second trou, McIlroy déroule et enquille un birdie alors que Reed joue le par. L’écart tombe à seulement un coup.

Le scénario était idéal pour vivre une grande journée de golf, et un duel intense.

Cependant, dès le troisième trou, Rory McIlroy voyait son plan dérailler alors que Patrick Reed revenait peu à peu dans la partie, effaçant son bogey par un birdie.

A chaque fois où il a commis une petite erreur, il a su se rattraper sur le trou suivant pour se maintenir à -14 jusqu’au trou numéro 14.

De son côté, désolé de le dire, Rory McIlroy a beaucoup déçu, et raté son rendez-vous.

Des leaders, il est le seul à rendre une carte au-dessus du par à la fin de la journée, alternant durant toute la partie, une succession de bons et mauvais coups, et se montrant incapable de faire la différence sur les greens.

Parmi les meilleurs putters sur trois tours, McIlroy a une nouvelle fois pas su se mettre dans les meilleures conditions sur les greens, et dans un grand rendez-vous.

Le match n’a pas eu lieu, et essentiellement à cause de McIlroy, car Reed n’a pas été aussi impérial et imprenable que lors des précédentes journées.

Pendant ce temps, Jordan Spieth enquille les birdies et remonte avec constance sur le sommet du leaderboard.

Au départ du 12, Spieth envoie sa balle légèrement derrière le green, il peut se tourner vers son caddie Michael Greller et sourire en souvenir de la catastrophe de 2016. Il a vaincu le signe indien sur un dernier tour à Augusta. La journée ne peut alors plus que lui sourire.

Tandis que McIlroy est en panne de putter, et ne rentre pas les putts pour birdie qui lui permettrait de mettre la pression sur Reed, Spieth rentre tout.

Au 11, Reed commet peut-être l’une des seules erreurs de sa journée, ouvrant à nouveau la porte à un retour, non plus de son partenaire, mais de Spieth.

Ce dernier rentre un improbable putt au 16 pour le neuvième birdie de sa journée.

Il partage un temps la tête du tournoi avec Reed qui jette de plus en plus régulièrement un coup d’œil au leaderboard, conscient que le danger ne viendra plus de McIlroy, mais des parties devant lui.

Au départ du 18, Spieth va pourtant commettre à son tour une erreur de trajectoire avec son driver, probablement la seule de sa journée parfaite.

Son drive part trop sur la gauche du fairway, tape un arbre, et ne parcoure que 177 yards. Il lui reste une distance de 267 yards à parcourir pour atteindre le green en montée. Il ne peut plus le toucher en deux. Après quatre heures d'efforts, ses chances viennent probablement de s'envoler.

Il a absolument besoin d’un birdie sur ce trou pour revenir sur Reed qui a profité du trou numéro 14 pour reprendre un coup d’avance avec son dernier birdie du tournoi.

Dépité par son drive, Spieth s’accroche et tape un bois en fade pour se replacer le plus près possible du green. Il lui reste alors une approche au wedge à rentrer directement ou surtout à placer le plus près du trou, en espérant désormais que Reed parte à son tour à la faute.

Son approche est quasi parfaite. Il va pourtant manquer d’un cheveu le seul putt décisif de sa journée pour un premier bogey bien mal venu. Il redescend à 13 sous le par. Spieth a laissé passer sa chance, tandis que Reed capitalise toujours sur son excellent début de tournoi.

Pour la journée, il est seulement en -1, mais c’est suffisant pour tenir Spieth, et aussi Rickie Fowler à deux coups.

Le golfeur Puma réalise de son côté une excellente dernière journée.

Après un deuxième coup exceptionnel, il atteint le green du 18 en position de birdie, alors que sur le 17, Reed mal placé sur le green, voit son très long putt taper le drapeau, mais ne pas rentrer.

Encore une occasion de tuer le tournoi qui s’envole.

Fowler rentre son putt pour birdie au 18. Il n’y a plus qu’un coup d’écart entre Reed et Fowler, qui, dans la dernière ligne droite, se positionne comme le dernier prétendant capable de renverser la situation.

McIlroy out, Spieth parti de trop loin, Reed n’a plus besoin que d’un trou pour définitivement écarter un autre américain qui mériterait de gagner un majeur.

Les quatre derniers tournois majeurs ont tous été remporté par un américain sous la trentaine (Koepka, Spieth, Thomas, et finalement Reed) la nouvelle génération dorée du golf américain.

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Sur le 18, après un nouveau drive parfait, et une approche excellente, Reed pouvait remonter le fairway sous les applaudissements du public, debout, comprenant que désormais, avec deux putts pour gagner le Masters, Reed allait devenir le nouveau champion d’Augusta.

Reed a tenu son rang, Spieth, Fowler et Rahm aussi, partant certes de trop loin, alors que McIlroy restera le grand perdant de cette journée.

En 2011, après une cuisante défaite au Masters, il avait réagit en champion à l'US Open. Il a encore du pain sur la planche. 

Reed peut savourer. Il rentre dans le club des vainqueurs de majeurs. Ils sont désormais cinq à remporter le Masters au cours de leur cinquième tentative.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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