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Pascal Bardou: Rendre le golf plus accessible !

Pascal Bardou : Rendre le golf plus accessible !

Le fondateur d’Opus Golf est un professionnel du secteur depuis déjà plus de trente ans, notamment en qualité de directeur de golf. Selon Pascal Bardou, notre sport a encore beaucoup de choses à faire pour ré-enchanter et séduire les golfeurs, surtout ceux qui pourraient être à la frontière de découvrir cette activité, mais n’ont pas encore osé passer le pas. Dans cet interview, il nous présente son diagnostic, ses idées, et ses solutions pour que le golf en France reprenne de l’oxygène.

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Issu d’une famille de golfeurs, son grand-père, son père avaient avant lui déjà foulé des fairways, et la prochaine génération se dédie déjà au rêve de passer professionnel de golf.

Chez les Bardou, on est passionné de golf de père en fils. Le virus n’implique pas forcément un regard béat et naïf sur l’activité. Au contraire, Pascal Bardou s’engage !

Avant de créer Opus Golf en 2009, une solution qu’il veut ouverte aux golfeurs, et aux golfs, Pascal Bardou a mené une longue carrière dans la direction de golf en France, le menant de Pau, à Deauville en passant par Genève, et jusqu’à diriger le prestigieux Golf Parc Hersant pendant une dizaine d’années.

Son expérience s’est aussi bien effectuée dans des golfs privés que dans des golfs commerciaux, ce qui lui fait dire qu’il connait bien la problématique que rencontre au quotidien les golfs pour équilibrer les comptes entre frais d’entretiens considérables, et difficultés d’augmenter les prix.

Acteur, témoin de l’évolution de la filière, il a connu la France avec 100 golfs pour 100 000 golfeurs, et aujourd’hui, la France avec 700 golfs pour 400 000 licenciés.

Dès l’annonce de ces chiffres, on comprend bien que le golf français est dans une sorte d’impasse quantitative.

Sur la question du nombre de golfeurs qui agitent souvent les différentes sphères médiatiques, et décisionnaires, tout autre chiffre lui semble fantaisiste.

Annoncer 700 000 golfeurs ou même un million ne lui semble pas en lien avec la réalité que vivent les directeurs et les équipes des golfs.

Pour que la filière tourne à plein régime, effectivement, il manque bien 300 000 golfeurs en France, et pourtant, nous sommes en panne sur la création de nouveaux joueurs !

Si les charges des golfs ne cessent d’augmenter, notamment en lien avec des législations de plus en plus contraignantes, il existe aujourd’hui une réelle pression sur le prix des cotisations, et des green-fees.

De ce fait, il devient de plus en plus difficile de recruter des golfeurs surtout sensibles au prix.

Il faut donc rendre le golf plus accessible, et changer la matrice de fonctionnement la filière. Un vaste programme qu’il nous détaille.

Bonjour Monsieur Bardou, quel a été votre parcours dans les métiers du golf, et quel regard portez-vous sur son évolution en France ?

De 1980 à 2016, le golf est devenu très concurrentiel, notamment entre les différents parcours dont le nombre a explosé.

On a créé beaucoup de structures mais quelque part, on a oublié de créer des golfeurs. On est parti dans le sens inverse, en pensant à développer l’offre avant la demande.

Parallèlement, l’image du golf n’a pas beaucoup évolué aux yeux des non-golfeurs. La perception d’activité fermée et traditionnelle est restée. Je dirai qu’elle est restée au siècle dernier !

Aujourd’hui, on vit totalement différemment ! Or, les codes du golf sont restés ceux du passé.

On a oublié de démocratiser le golf au sens large.

Le problème ne vient pas des structures en elle-même. Elles sont adaptées au fait d’accueillir du public y compris dans les établissements hauts de gammes et les hôtels cinq étoiles qui sont accessibles. 

Dans les mentalités, on est resté aux années 80. Pour rentrer dans un golf, il faut toujours montrer patte blanche ou être coopté.

Dans les années 80, il y avait encore des listes d’attentes pour devenir membre d’un golf. Aujourd’hui, ce modèle est fini.

La question que se pose les golfs, c’est comment je vais faire pour attirer des golfeurs ? Comment je vais faire pour rentrer un membre à 1500 euros ?

En réalité, notre filière doit changer de concept. Nous ne sommes pas assez commerçants, et pourtant, nous pratiquons un métier de commerce.

L’associatif, c’est bien, mais il faut faire du chiffre d’affaires ! Les golfs sont des entreprises et il faut au moins un million d’euros pour équilibrer les comptes.

Pourquoi avoir créé Opus Golf, et pourquoi pensez-vous que cela peut-être une réponse à la problématique d’aujourd’hui ?

J’ai mis mon expérience de directeur de golf dans ce projet depuis 2009.

Administrer un golf n’est pas une activité si différente d’un autre business. Je voulais donner au golf un moyen de démocratiser la pratique.

Donner de l’information sur les golfs car c’est la première chose à faire !

Démontrer qu’il y a près de chez soi des golfs avec des prix raisonnables. Je parle de prix juste !

Beaucoup de golf n’ont jamais réellement pu travailler le côté marketing de leur business.

Avec Opus Golf, je veux leur proposer un outil qui est gratuit pour eux et pour qu’ils puissent communiquer sur leurs tarifs.

Dans le monde d’aujourd’hui, le golfeur veut pouvoir accéder à n’importe quelle heure, n’importe quel jour à des avantages.

Pour trois baguettes achetées, on vous offre la quatrième !

Nous avons tous des smartphones, et nous passons de plus en plus de temps sur ces outils pour gérer notre quotidien.

Notre légitimité ne cesse de se développer car nous publions des informations sur les golfs qui sont à jour, et exactes.

Quand certains acteurs du web publient des informations qui sont fausses, quelque part, cela tue la crédibilité, et le marché.

Pour nous, il est capital de fournir des choses claires, et qui fonctionnent.

Nous signons tous les jours de nouveaux parcours, et comptons 160 partenaires dans 17 pays à travers le monde (Mexique, Asie, …) car le golfeur voyage ! Le golfeur français va à l’étranger, mais le touriste peut aussi venir dans les golfs en France.

Le site est bilingue (français/anglais), et nous prévoyons d’autres traductions.

Le golf ne paie pas pour utiliser notre outil car connaissant les contraintes du métier, j’ai voulu apporter un outil qui aide les golfs.

A mon sens, il est plus important qu’un golf investisse dans la qualité de son terrain, dans son rapport qualité/prix.

Alors concrètement, cette fois pour le golfeur, quels sont ses avantages ?

Pour un membre, l’inscription est gratuite. Il suffit de s’enregistrer et de créer un mot de passe pour bénéficier d’informations très complètes, et à jour sur les golfs partenaires.

Bien entendu, cela ne se limite pas à des informations mais aussi des avantages et des remises de 10% sur des green-fees pendant toute l’année.

Précisons que les avantages proposés sur les golfs obligent les golfs qui les proposent.

Quand un golfeur se présente à l’accueil d’un golf avec une offre Opus Golf, ce golf a l’obligation de l’accepter.

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Ensuite, nous avons une offre Premium avec des avantages encore plus larges. A commencer par deux remises de 50% à consommer dans l’année sur des golfs que ce soit un golf privé ou un golf de chaîne.

Certains golfs proposent aussi des formules du type cinq green-fees achetés, le sixième offert !

L’offre premium est accessible pour 39 euros par an de date à date ou pour 89 euros à payer en une seule fois à vie.

Est-ce que votre offre est comparable à celle de sites comme par exemple GolfStars ?

GolfStars n’est pas un concurrent. Oui, il donne des informations sur des golfs, mais aucun avantage.

Quelque part, ce site se veut le guide « Michelin » du golf. Sauf que vous aurez remarqué que Rolex qui faisait cela à arrêté le papier !

Les guides, cela n’existe plus.

Le fait d’éditer des informations qui sont fournies par les golfs comme le fait de s’auto-noter de présente pas nécessairement un grand intérêt pour les golfeurs amateurs, qui certes eux témoignent de sensations quand ils évaluent un parcours à un instant T. Mais quand vous allez au restaurant, vous jugez une prestation à un instant… pas ce que le restaurateur a envie de vous dire…vrai ou pas.

Quelles sont vos ambitions de développement, et notamment par rapport aux réseaux ?

Je tiens tout de suite à dire que nous ne sommes pas concurrents à Golfy, Blue Green, ou NGF.

Au contraire, ils peuvent nous utiliser comme un outil. J’ajouterai « Ne restez pas en autarcie. » Le réseau, cela ne suffit plus. Il faut aussi aller voir ailleurs, et développer des offres complémentaires.

Les réseaux apportent une aide administrative, une possibilité de centrale d’achat ou de franchise.

Chez Opus Golf, nous n’imposons pas de remises aux golfs. C’est gratuit et sans obligation sauf à respecter les engagements pris en faveur des golfeurs.

Avec Opus Golf, le golfeur est au centre de notre préoccupation. Tout le monde est gagnant.

Pour conclure, quelle est votre vision pour l'avenir de la filière golf ?

Il faut évoluer ! Le tennis a évolué ! L’équitation a évolué !

Ceci étant, l’entretien d’un parcours de golf, ce n’est pas la même chose…

Avoir 50 ou 100 hectares à entretenir, acheter des tondeuses à 50 ou 70 000 euros, des voitures qui se louent minimum 100 euros par mois constituent des charges considérables, et sans parler du personnel ou des questions d’écologies et de phytosanitaires.

Je suis assez pessimiste pour le golf sauf à trouver des personnes qui acceptent de perdre 100, 200 ou 300 000 euros par an.

De nos jours, en province, il y a de plus en plus de golfs qui proposent des abonnements à 900 euros par an.

Quand pour un club qui compte 450 membres, ce prix vous ramène un chiffre d’affaires de 400 000 euros alors que ces mêmes membres prennent 40 000 départs par an, jouent six jours par semaine, et parfois en plus de cinq heures, on peut comprendre qu’il peut y avoir un problème quand pour faire tourner un golf, vous avez besoin d’un million d’euros.

C’est donc compliqué surtout quand ce même golf explique à ses membres qu’il faut changer pour continuer à exister.

Faire quoi ? Doubler le prix des abonnements ? Les membres sont rarement d’accords !

A contrario, je pense qu’il faudrait développer le bénévolat. Que les membres s’impliquent plus dans la vie, et la gestion de leurs clubs.

Il faut aussi plus développer le niveau sportif, apporter du sang-neuf avec plus de jeunes, plus de scolaires.

Près de chez moi, nous avons un golf et tout à côté un collège avec 500 collégiens. Un seul joue au golf, et c’est mon fils !

Pourtant, dans ce golf, vous avez un practice, un compact, et tout ce qu’il faut pour accueillir de nouveaux joueurs.

Il faut rendre le golf plus ludique, plus amusant, et plus facile.

Il faut arrêter avec les parcours difficiles.  Les gens veulent s’amuser !

En conclusion, il faut rendre le golf plus accessible, sinon, les choses vont devenir très compliquées pour la filière.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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