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Opération Rejouez au golf! Quand la FFG s’inquiète de la baisse des licences

Opération Rejouez au golf ! Quand la FFG s’inquiète de la baisse des licences

Début septembre, les non-licenciés enregistrés à la Fédération Française de golf ont reçu un email les invitant à rejouer au golf. C’est la première opération de ce type depuis des lustres, mais surtout le résultat d’une deuxième année de récession pour la pratique du golf en France. A quatre ans de la Ryder Cup, l’objectif de 700 000 licenciés semble s’éloigner.

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Sommaire de l'article sur l'opération Rejouez au golf :

  1. Les questions qu'il convient de se poser sur le développement du golf en France
  2. Nos propositions

Inédit, le mailing de la FFG "Opération rejouez au golf" a pour but d’inciter les golfeurs n’ayant pas encore repris de licence après les huit premiers mois de l’année, y compris, la haute saison de la pratique de notre sport à revenir vers les parcours.

Du 1er septembre au 17 octobre, les parcours qui participent à l’opération offrent un green-fee à tous les golfeurs qui reprendront une licence.

Si on peut saluer le geste, cette opération a le mérite de poser le problème actuel de la pratique du golf, et ses effets sur la filière, du parcours de golf à l’enseignant, en passant par les distributeurs de matériels et les fabricants.

Clairement, le contexte n’est pas porteur. Après une année 2013 de récession au niveau des licences, il semble que les premiers chiffres de 2014 soient du même niveau, à savoir une baisse probable comprise entre 1 et 2%.

Il est difficile de penser qu’une opération lancée en septembre, en pleine reprise de l’activité professionnelle pour les actifs, et en fin de saison golfique puisse franchement inverser la tendance baissière du golf en France.

Les questions qu'il convient de se poser sur le développement du golf en France

Il convient de distinguer deux populations d'amateurs.

D’une part, une population de joueurs qui ne sont pas ou peu touchés par la crise économique, et les contraintes fortes de la vie professionnelle (horaires à rallonges, travailler plus pour gagner moins, stress, manque de temps…). Des golfeurs séniors ayant un niveau de vie confortable, souvent membres de clubs et sortie de l’activité professionnelle.

D’autre part, une population de joueurs qui sont touchés par la crise, ayant moins de 50 ans, pas forcément membre d’un club à temps plein, et plutôt des golfeurs aux green-fees.

Si la première population a toujours constitué en France, le noyau dure des licenciés, la seconde est la partie la plus importante en nombre, mais aussi la plus susceptible d’être volatile.

En effet, si malheureusement, le secteur golf en France a longtemps cru pouvoir vivre en autarcie, et se suffire à lui-même, faisant peu d’efforts pour s’ouvrir au monde extérieur, et attirer de nouveaux pratiquants, cette logique ne peut plus fonctionner pour faire tout simplement vivre les acteurs de la filière.

Si le constat n’était pas très compliqué à faire. Avoir le savoir-faire, et les compétences pour passer d’un monde fermé à un monde attractif est toujours un défi.

Le golf sans les jeunes !

Surtout que les golfeurs ou plutôt les clients de l’activité golf sont assez lucides sur un point essentiel qui freine le développement du golf : Démarrer le golf est tout à fait accessible, mais pratiquer régulièrement le golf, reste une activité pour beaucoup inaccessible financièrement.

En ce sens, l’opération déclenchée par la FFG devant la poursuite de la récession des licences en 2014 correspond au premier problème « découvrir le golf », mais ne règle en rien le problème de fond.

Il y a donc fort à parier que cela soit un coup d’épée dans l’eau plus qu’une véritable solution ou alors le reflet d’une véritable stratégie de rebond, alors qu’à l’inverse, les Etats-Unis par l’intermédiaire de la PGA se pose de très nombreuses questions sur tout le modèle du golf : prix mais aussi format de jeu, durée, etc.

Autre problématique importante que rencontre le golf en France, comme dans d’autres pays, le fait que très peu de jeunes gens (garçons et filles) passés 17 ans ont tendance à poursuivre la pratique.

Encore une fois, et de manière assez évidente, le coût de la pratique n’est pas très étranger à ce phénomène, ajouté au manque de temps, aux premières années de travail, aux premières années de vie de couples…

Cependant, avant la crise, ces problématiques étaient exactement les mêmes. Simplement, les conséquences n’apparaissaient pas de manière aussi criantes.

Cette crise des vocations est donc une formidable opportunité pour toute la filière de faire sa révolution, d’apprendre à changer, et prendre une véritable direction vers le développement.

Les enfants sont l'avenir du golf !

Longtemps, les grands pontes du golf en France se sont endormis derrière la progression constante des licences, et du regain d’intérêt pour le golf issu des 35 heures, et des années 90.

Le prix n’est pas le seul frein à la pratique du golf dans un pays où l’équitation est devenu le troisième sport le plus populaire et le premier sport féminin en France, alors que ce même sport peut avoir un coût de la pratique plus important !

Entre 2008 et 2011, l'équitation a gagné 100 000 pratiquants supplémentaires.

Ce qu’a réussi la fédération française d’équitation en passant par la conquête de la jeunesse, le golf peut le réussir.

Le golf à l’école ne doit plus simplement être vu comme une possibilité, mais doit devenir un pilier de la stratégie qui pourrait nous amener doubler le nombre de golfeurs d’ici à 2022.

Bien entendu, il faudra trouver des solutions pour faire baisser le coût de la pratique alors que le budget loisirs des français continue d’être la variable d’ajustement pour lutter contre la baisse du niveau de vie.

Dans un précédent dossier sur le coût du golf, nous avions déjà listé 6 propositions :

  1. Offrir à tous les enfants de moins de 11 ans, une cotisation annuelle au parcours de golf de la localité ! Il est bien entendu que chaque enfant aura besoin de se faire accompagner par un adulte, auquel, on pourra proposer une promotion de 50% sur le green-fee…
  2. Proposer une cotisation inférieure à 100 euros par an pour les jeunes de 12 à 18 ans, ainsi que des promotions sur le matériel de golf pour cette catégorie d’âges.
  3. Mettre au point des accords avec les lycées pour attribuer des remises aux jeunes golfeurs en fonction de leurs performances à l’école.
  4. Généraliser les journées « Tous au golf » et les opérations de promotion, y compris dans les périodes propices à la pratique du jeu, et pas seulement en fin de saison.
  5. Développer des formules pour jouer 6 ou 12 trous, et pas seulement 9 ou 18.
  6. Pour le golfeur régulier qui doit acheter un sac complet de clubs, les marques et distributeurs de matériel de golf proposent des solutions d'accompagnement et de financement des clubs sur deux saisons pour permettre à cet amateur d'amortir l'investissement de manière adaptée à son utilisation (20 parcours par an)

Il est facile de faire des constats…Conscient de cela, nous sommes aussi capables de proposer des solutions.

La Ryder Cup en France ne peut pas être la seule solution pour développer le golf en France. D’une part, cette épreuve ne dure que quatre jours, et d’autre part, rien n’assure que la population va saisir cet événement, et avoir l’envie de découvrir.

Combien de français regardent le tour de France à la télévision et ensuite pratiquent le cyclisme sur route ?

Le projet de construction d’une centaine de pitch & putts à proximité des grandes villes a d’ailleurs beaucoup plus de chances d’aboutir à un effet positif.

Tout simplement, parce que pour connaître les golfeurs, ces derniers s’intéressent beaucoup plus à des solutions concrètes sur leurs jeux que de savoir qui va gagner tel ou tel tournoi de golf…

A la fédération française de golf d’opérer sa révolution, d’écouter les golfeurs, d’innover, d’inventer le golf de demain, de s’ouvrir aux futurs golfeurs, et d’emmener avec elle toute une filière qui a la bonne volonté, mais toujours le savoir-faire pour communiquer, accueillir, séduire, un public qui ne lui est pas nécessairement acquis.

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