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Open Saint-Omer 2014: Guerrier retrouve la grinta!

Open Saint-Omer 2014: Guerrier retrouve la grinta!

Sur les 156 joueurs au départ de ce premier grand tournoi « français », c’est un tricolore qui a pris les devants, et pas n’importe lequel, mais bien l’un de ces meilleurs espoirs. 

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En 2006, le nom de Julien Guerrier explose auprès d’un large public de golfeurs suite à son historique victoire au British Amateur, un exploit retentissant dans le monde du golf, et bien avant que Victor Dubuisson, Alexandre Levy ou Romain Wattel ne percent au plus haut niveau. 

Alors considéré comme le messie tant attendu par la Fédération française de golf, et toute la filière, Guerrier participe quelques mois plus tard au Masters d’Augusta, événement qui effectivement le place sous les feux de la rampe. 

Athlétique, beau garçon, profil de gendre idéal, il a toutes les caractéristiques d’un futur très grand, et du potentiel pour attirer le public sur son nom. 

Des débuts prometteurs mais...

En 2006, Thomas Levet alors locomotive du golf tricolore est en proie à d’importants soucis de santé, et le seul représentant français sur le PGA Tour n’est pas en mesure de pleinement jouer son rôle. 

Dans le même temps, Raphael Jacquelin connait une saison régulière mais pas forcément tonitruante, tant et si bien, que le golf français est un peu au creux de la vague sur l’échiquier mondial. 

La performance de Julien Guerrier est alors vraiment vécue comme un rayon de soleil. 

D’un point de vue technique, il incarne cette nouvelle génération de joueurs de plus en plus complet, long frappeur et adroit dans la plupart des compartiments du jeu. 

Pourtant, la belle histoire que l’on pouvait lui prédire n’a pas encore eu lieu. 

En 2014, près de huit ans après avoir explosé en pleine lumière, le talentueux Julien Guerrier joue sur le Challenge tour, deuxième division du golf européen, alors qu’à 28 ans, il s’est fait dépasser par Dubuisson ou Levy, un peu plus jeune que lui. 

L’explication tient malheureusement à un phénomène qui n’est pas rare chez les jeunes golfeurs professionnels : le corps n’a pas tout à fait suivi le talent. 

Pendant plus de trois ans, Julien va souffrir de problème récurrent au dos (2010 à 2013), et même songer à arrêter sa carrière. 

En cause selon lui, un excès d'entraînement au practice à enchaîner les frappes de balles.

Deux coupures de plusieurs mois vont quelque part lui permettre de trouver des solutions pour se soigner, mais en contrepartie, et c’est assez symptomatique du golf à haut niveau, ce retard d’entrainement et de compétition va sembler dans un premier temps un gap très pénalisant par rapport à ses confrères. 

La reconstruction, un bien long processus

Pour rattraper son retard, Guerrier a essayé de repartir sur de bonnes bases.

Un temps, il a travaillé seul, puis a refait confiance à son premier préparateur mental, car c’était dans le domaine de la gestion de la pression que son jeu avait tendance à se désunir. 

Pour comprendre la problématique rencontrée par Julien, et qui peut concerner tous les golfeurs, se remettre d’une blessure est une chose, reprendre confiance dans son corps et son esprit sportif en est une autre. 

Guerrier explique très bien le fait que sur un tour, il est capable de très bien jouer, signe que la technique, la stratégie, le physique, tous les paramètres sont là, mais son principal problème, reste sa capacité à jouer sous pression, à avoir une routine de préparation des coups sur le parcours qui lui permette de ne pas se disperser. 

Le nœud de son problème pour revenir à son tout meilleur niveau. 

Fin 2013, et à l'aube de cette nouvelle saison, il déclarait sur son compte facebook  « A ce stade de ma carrière et après ces périodes de blessures, j'ai besoin de passer par des heures d'entraînement pour retrouver un grand jeu solide et de bonnes sensations. »

Poursuivant « Aujourd’hui, je ne suis pas pleinement satisfait de mon jeu. Il faut donc que je réapprenne à mon corps à travailler intensivement, et dans le bon sens. Après cette période d'entraînement, je suis confiant et plus que motivé pour retrouver le chemin de la gagne. Place au travail ! »

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D’autant que même s’il ne le dit pas, étant passé très près d’arrêter, Julien a conscience qu’une carrière est faite de hauts et de bas, mais que pour lui, le poids des attentes du golf  français n’a rien arrangé. 

Surtout, le caractère un peu rude des médias qui vous font monter très haut pendant un temps, et puis qui vous oublient très vite, car une actualité en chasse une autre. 

Sans connaître personnellement Julien Guerrier, il est délicat d’émettre un avis sur sa personnalité, mais de l’extérieur, il se dégage l’image d’un garçon posé, sympathique et pas forcément une diva. 

On se doute qu’il a dû souffrir en silence. 

Vers le retour au sommet

Quand le talent est là, et quand un golfeur est aussi déterminé, qu'il a tout pour réussir, le jeu se remet dans le bon sens, les bonnes choses finissent toujours par arriver. 

C’est pourquoi et même si nous nous réjouissons de la réussite de nouveaux talents comme Julien Brun, Cyril Bouniol ou le petit nouveau Joel Stalter qui affichent de sacrés références aux USA, ils n’ont toutefois pas gagné un British Amateur, et ce serait une belle suite d’histoire à écrire que de retrouver Guerrier en haut de l’affiche au niveau des Dubuisson, Levy, Bourdy and co. 

Cette histoire lui appartient, et peut-être que la première position au sommet du leaderboard à Saint-Omer après un tour est un pas dans ce sens. 

Avec le score de 65 (-6), le français a manqué de très peu (un coup) le record du parcours.

Néanmoins, il s’est construit une confortable avance de trois coups sur les cinq principaux poursuivants en 68, un quintet du Royaume-Uni. 

 « C’était une très belle journée de golf, le temps était parfait, je suis très satisfait. Cela fait longtemps que je n’ai pas joué le week-end, j’ai eu un début de saison difficile et surprenant car je ne puttais pas bien alors que normalement c’est mon point fort. Une seule bonne performance avec ma 3ème place à l’Open de Madère. J’ai mal commencé ma partie avec 3 putts sur mon premier trou, les greens sont difficiles avec beaucoup de pente. Puis j’ai cumulé les birdies, trois à l’aller, deux au retour pour terminer par un eagle sur mon 18ème trou. J’étais en deux sur le green et je rentre mon putt. Ce qui m’a souri ? C’est mon putting. Ici c’est la patience qui prime, je connais bien le parcours, il m’a fallu quatre éditions avant de passer le cut ! De quoi sera fait demain ? On verra au jour le jour, coup après coup. »

Ne pas s'enflammer

Le golf est un sport imprévisible où le leader de la veille peut tout à fait passer au travers le lendemain.

Cependant, nous lui souhaitons tout le contraire. Avec trois coups d’avances, Guerrier peut voir venir, et au contraire, construire patiemment, et laisser les autres partir à la faute sur le difficile parcours de Saint-Omer.

Cependant, les golfeurs le savent bien. Malheureusement, au golf, on ne peut pas assurer ou lever le pied comme dans un match de football !

Il faut jouer les coups à fond pour justement éviter de partir en sucette, d’autant plus que c’est un sport où on n’est jamais à l’abri d’un gars qui plante une énorme carte de score, comme Guerrier l’a fait ce jeudi.

Au golf, on ne peut pas assurer !

Trop souvent au golf, les médias, nous avons tendance à parler de ceux qui gagnent, au risque d’oublier ceux qui  ont gagné ou pourrait le faire.

Julien profite de Saint-Omer pour revenir au soleil, mais c’est aussi l’occasion de souligner à quel point, c’est difficile.

Toujours en regardant, le classement du premier tour de l’Open de Saint-Omer, vous retrouvez Jef Lucquin (46ème), Jean-Baptiste Gonnet (119ème), Maarten Lafeber (137ème), François Delamontagne (143ème)…des golfeurs qui ne sont pas des peintres, et qui pourtant pour un coup, deux coups de différences rament dans l’obscurité.

La seule chose que l’on peut souhaiter à un golfeur professionnel, c’est dans ces moment-là, de ne pas se décourager car si Julien Guerrier a connu son jour hier, et probablement d’autres demain, la roue finit toujours par tourner pour ceux qui croient dans leur bonne étoile. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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