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L’Open de France de golf recalé en octobre à partir de 2019

L’Open de France de golf recalé en octobre à partir de 2019

La nouvelle était prévisible. Elle vient d’être officialisée par l’European Tour, sans véritable forme de ménagement pour la « vieille dame » du calendrier européen de golf professionnel. Après la perte d’HNA et sa facture salée, après la Ryder Cup à Paris, Keith Pelley tourne la page. L’Open de France sans sponsor majeur à cette date, se retrouve expulsé de sa date de juillet et de son statut de Rolex Series. Préparez vos parapluies pour la semaine du 17 au 20 octobre 2019…

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Le calendrier 2019 de l’European Tour, la fuite en avant

Le circuit European Tour, le moins européen des calendriers professionnels vient d’annoncer son nouvel agenda pour la saison 2019.

48 tournois, 31 pays, et surtout 5 continents, car c’est bien connu les frontières de l’Europe s’étendent jusqu’à la Chine en passant par l’Afrique du Sud, sans oublier l’Australie.

Est-ce que les joueurs sont vraiment consultés, quand dans les bureaux feutrés de WentWorth Drive, les dirigeants de l’European Tour décident unilatéralement de charger un calendrier de 52 semaines avec 48 tournois ?

Quoi qu’il en soit, l’European Tour se rêve toujours d’être le circuit numéro un de golf dans le monde, sans en avoir vraiment les moyens, ni la légitimité.

Le golf mondial évolue. Il mute. Il migre. C’est un fait incontestable.

L’Asie devient chaque année un peu plus la nouvelle force d’attraction, et le nouveau calendrier consacre toujours un peu plus la logique économique, au détriment de la logique historique et géographique.

La seule véritable bonne nouvelle de ce nouveau calendrier est le fait que Tommy Fleetwood ait contribué à sauver la tenue du British Masters, un des rares tournois qui se tient en Europe, et qui peut être considéré comme un véritable rendez-vous hors majeur, au même titre que l’European Masters à Crans-Montana ou le BMW PGA Championship à Wentworth.

Pour les golfeurs d’origines européennes, préparez-vous à voyager toujours plus aux quatre coins du monde.

De fin novembre à début mai, le circuit se déroulera partout sauf en Europe.

Hong-Kong, Afrique du Sud, Moyen-Orient, Australie, Mexique, Kenya, Malaisie, Inde et encore Chine, les golfeurs vont pouvoir tester toutes les compagnies aériennes et les long-courriers.

De mai à octobre, ils pourront enfin profiter des « miles » accumulés pour obtenir des ristournes de ces mêmes compagnies aériennes, et se contenter de voyager du Portugal à la République Tchèque, en passant par l’Allemagne ou l’Espagne.

Ce calendrier pourrait être formidable, si l’European tour consacrait le golf-trotteur le plus talentueux au monde.

Ce calendrier pourrait être formidable si en relation, l’actuel numéro un du circuit, Francesco Molinari n’avait pas seulement disputé 11 tournois à 3 épreuves de la fin de la Race

Ce calendrier pourrait être formidable si en relation, l’actuel numéro un du circuit, Francesco Molinari n’avait pas seulement disputé onze tournois à trois épreuves de la fin de la Race

Et encore, notre très cher Italien a disputé 8 tournois seulement co-sanctionnés par le circuit européen, à savoir 4 majeurs, et 4 championnats du monde, pour un seul réellement disputé en Europe, le British Open.

Comprenez que si le circuit s’évertue à créer 40 épreuves originales, le meilleur joueur actuel n’a disputé que 3 épreuves en plus des 4 majeurs et 4 championnats du monde « obligatoires » eu égard à son rang.

Le classement de la Race to Dubaï censé apporter un minimum de cohérence à ce calendrier oppose des joueurs ayant joué moins de 11 tournois comme Molinari (n°1), McIlroy (n°6) ou Rose (n°10) avec des golfeurs plus assidus comme Fleetwood (17 tournois), Olesen (22 tournois) ou Pepperell (21 tournois).

A quoi bon créer 48 tournois alors que seulement une poignée intéresse vraiment les joueurs ?

Quel niveau de spectacle proposé ? Quelle niveau d’homogénéité pour le classement ?

En réalité, l’European Tour continue la fuite en avant, et essaie de nous démontrer que son calendrier est un succès, alors que chaque année, il est moins cohérent.

L’open de France post Ryder Cup

Après le retrait brutal et politique d’Alstom, effectivement l’Open de France s’est retrouvé en fâcheuse posture, et au plus mauvais moment.

Deux ans avant de recevoir la Ryder Cup à Paris, il a fallu revoir dans l’urgence et complètement les plans. Le tournoi est passé sous tutelle de l’European Tour, surtout soucieux d’aller vite.

Il fallait trouver un sponsor titre et de l’argent frais, pour faire de ce tournoi un événement, et quelque part, préparer le succès d’organisation à venir de la Ryder Cup.

Un sponsor venu de nulle part est sorti de la manche de Keith Pelley, directeur général du Tour Européen, nouvellement nommé et chargé de relancer un circuit déjà en perte de vitesse.

En perte de vitesse, notamment aux yeux des meilleurs golfeurs européens, de plus en plus tournés exclusivement vers les USA et le PGA Tour, à l’image de Paul Casey et des meilleurs européens.

HNA a débarqué pour permettre à l’Open de France de candidater au rang de Rolex Series, le temps de masquer notre incapacité à trouver au pied levé un annonceur majeur en France, et de masquer le fait que nous sommes en réalité un petit pays de golf dans le monde.

La FFG a alors perdu la main.

D’ASO, l’organisation du tournoi est tombée dans l’escarcelle exclusive de l’European Tour.

Les choses ne se sont pas durablement arrangées puisqu’en réalité, HNA a joué le rôle de mirage, laissant deux éditions impayées et plusieurs dizaines de millions d’euros de dettes.

Dans ces conditions, son retrait pour la troisième édition normalement prévue n’était plus qu’une seule question de diplomatie.

Qui va payer l’addition ? Les licenciés français ?

A l’heure actuelle, cette information n’est pas divulguée par l’European tour, qui pourtant possède une large part de responsabilité dans ce fiasco de casting.

Dans un tel contexte, impossible donc de maintenir la dotation de 7 millions d’euros pour perdurer comme Rolex Series, un titre qui n’a pas vraiment suffi à attirer le gotha du golf américain et européen à Paris, en juillet dernier.

Rahm, Garcia, Noren, Fleetwood et Thomas avaient fait le déplacement, et encore, concernant le dernier nommé, on peut imaginer sans en avoir la preuve qu’une marque a financé sa présence.

Rahm, Garcia, Noren, Fleetwood et Thomas avaient fait le déplacement, et encore, concernant le dernier nommé, on peut imaginer sans en avoir la preuve qu’une marque a financé sa présence.

Autrement dit, Rolex Series ou pas, Ryder Cup ou pas, le tournoi francilien n’a pas réussi à capter une majorité des meilleurs joueurs du monde, alors que tout était réuni pour qu’il y parvienne enfin.

Il conviendrait de creuser cette question pour voir quelles conséquences en tirer pour l’avenir.

L’enjeu de la Ryder Cup étant passé, toujours sans solution pour financer à grand frais un tournoi qui peine à réunir assez de spectateurs pour qu’il soit rentable sur la seule billetterie, l’issue était donc inévitable.

Perdre le statut Rolex Series après seulement une année n’est pas le plus gros problème.

Le déplacement de la date de juillet à octobre, alors qu’il se tient en région parisienne va en être un bien plus conséquent, notamment d’un point de vue météo, mais aussi d’un point de vue du champ de joueurs.

En octobre, les principaux enjeux de la saison sont passés. Les meilleurs joueurs sont sur les rotules après une saison déjà très ou trop longue.

Si ce n’était pas une punition, cela y ressemblerait fort.

Certains pourront toujours arguer que placé juste avant les play-off de la Race, le tournoi pourrait surtout permettre aux retardataires de marquer des points.

Quelques jours plus tôt, Christophe Muniesa se rêvait encore à organiser la Ryder Cup en 2030 ou même se tenir prêt en cas de défaillance de l’Italie pour 2022, le prochain véritable motif d’inquiétude pour Keith Pelley et l’European Tour.

Il est à craindre que Monsieur Muniesa ait aujourd’hui d’autres soucis plus immédiats.

Il devient en effet urgent de trouver une logique économique présentable à un annonceur français, et reconstruire un tournoi qui ne pourra pas seulement capitaliser sur l’expérience Ryder Cup.

Il faut déjà repartir de zéro.

La FFG va être très vite confrontée à la réalité de sa stratégie et son pari.

Est-ce qu’en 2019, le nombre de licenciés va avoir suffisamment augmenté après la Ryder Cup pour attirer un nouveau grand argentier du golf français ?

La situation de l’Open de France est un défi à relever. Le tournoi est tombé. Il faut le relever.

C’est peut-être l’occasion de partager avec les autres régions le succès de la Ryder Cup, et de faire tourner le choix du parcours vers l’Aquitaine, la Provence ou le Nord.

Inventer un nouvel Open de France pour démarrer un nouveau cycle.

Un calendrier 2019 qui satisfait surtout son géniteur

S’agissant de l’European Tour, la vérité, c’est que le circuit vit au-dessus de ses moyens depuis très longtemps.

Au lieu de revenir à une forme de raison, et repartir sur des bases à la fois solides, et empreintes d’authenticité, c’est la course en avant vers des tournois qui coûtent de plus en plus cher, et qui n’intéressent pas forcément plus les spectateurs.

Abu Dhabi qui deviendra en 2019 un Rolex Series ce qui n’étonnera personne, au contraire, on se demande encore comment il n’a pas pu l’être avant, est un très beau tournoi « sans spectateurs ».

Sa dotation va passer de 3 millions à 7 millions de dollars, sans corrélation avec une augmentation du public autour des fairways. C’est purement une bulle spéculative.

Pour recréer de l’engouement, il faudrait bien au contraire prendre exemple sur le très réussi Belgian Knockout, un tournoi qui mêle strokeplay et match-play.

Un tournoi qui sera de nouveau au calendrier 2019, du 30 mai au 2 juin prochain, tout en se situant au cœur de l’Europe.

Très certainement, le modèle à développer à l’avenir, afin de tenter de ramener le public autour des fairways.

S’agissant de la cohérence, il serait grand temps de modifier les conditions de participations à la Race, et consacrer les joueurs qui se donnent la peine de jouer au moins la moitié du calendrier.

Enfin, il faudrait réinstaurer les conditions d’une véritable trêve hivernale, car trop de tournois inintéressants tue le tournoi !

« Nous sommes ravis avec notre calendrier international qui illustre précisément ce que nous voulons faire, à savoir un tour qui apporte une couverture globale, tout en étant leader en innovation et en transformation. »

Pour Keith Waters, CEO de l’European Tour, tout va pourtant très bien !

« Nous sommes ravis avec notre calendrier international qui illustre précisément ce que nous voulons faire, à savoir un tour qui apporte une couverture globale, tout en étant leader en innovation et en transformation. »

L’innovation est vraiment un terme galvaudé de nos jours.

A quand enfin une fusion des circuits professionnels en un seul organisme mondial, pour enfin amener de la cohérence dans tout ce bazar…

L’European Tour n’a pas la légitimité pour un être un circuit mondial

Pour l’Open de France, la seule véritable bonne nouvelle : Il reste au calendrier en 2019, faute de sponsor pour l’heure. Le problème est loin d’être résolu.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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