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Open de France 2016 : Dans quel état de forme arrive Victor Dubuisson ?

Conférence de presse Open de France 2016, Victor Dubuisson

Verra-t-on un grand Victor Dubuisson à Saint-Quentin-En-Yvelines pour l’Open de France 2016 ? Tout juste de retour du Japon, le numéro un français au ranking ne semble pas tracassé outre-mesure par son jeu et sa saison jusqu’à présent. Une échéance l’attend pourtant : Obtenir sa place en équipe européenne de Ryder Cup dans les quatre prochaines semaines. Peut-il y parvenir ?

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Interrogé en conférence de presse ce mercredi, veille de tournoi, Victor Dubuisson est apparu relativement décontracté.

Pour autant, il ne nous a pas semblé dans une confiance et une motivation exceptionnelle.

L’idée de cet article n’est pas de « casser » le talent du golf Français, mais toutefois, comment ne pas s’interroger sur ses chances de briller sur le parcours du golf national, quand Victor avoue ne pas avoir encore joué le nouveau parcours depuis le début de l’année ?

Lui-même admet ne pas être franchement inquiet par la perspective de jouer un parcours semble-t-il légèrement modifié selon ses propres termes, notamment pour les greens du 1 et du 16. 

Tout juste concède-t-il que le parcours est moins traître, et que les dernières modifications sont surtout faites pour le public qui pourra obtenir une meilleure visibilité, avec les genets en moins.

Sportivement, il n’a pas le sentiment d’avoir beaucoup moins joué que ses rivaux, tout juste 2 ou 3 tournois de moins.

Dans les faits, effectivement pour le compte du circuit européen, Victor a déjà disputé dix tournois contre douze pour le leader de la Race, Danny Willett.

Ceci étant, depuis le début 2016, il n’a passé que quatre cuts quand Willett a remporté le Masters, et d’autres leaders de la Race ont déjà joué 14 tournois, comme par exemple Chris Wood, alors que Victor est dans le dur cette saison avec seulement une quatrième place au Nedbank Challenge en début d'année.

Le changement de matériel est-il en cause ?

Passé de Titleist à TaylorMade un peu plus tôt dans l’année, Dubuisson concède qu’il s’attendait  à ce que ce soit difficile. A nouveau, il ne concède pas une grande inquiétude à ce sujet, semblant prêt à ne pas vivre une très bonne saison 2016.

Sur ce sujet, après une lente adaptation, il se sent beaucoup plus en confiance avec ses nouveaux clubs. Seul bémol, sa capacité à juger les distances en particulier dans le vent…

Imaginons qu’à ce niveau de pratique golfique, le golfeur fait quasiment corps avec son matériel. Ses clubs sont comme un prolongement de son être, et si pour Monsieur Tout le Monde, changer de matériel peut être plus ou moins ressenti… Pour un professionnel, et en particulier Dubuisson qui a jusqu’à présent toujours joué du Titleist, ce changement peut s’apparenter à un changement de peau.

Avant lui, et pour aller dans son sens, de grands talents comme Rory McIlroy en sont passés par là, et l’expérience démontre qu’il faut une bonne année pour digérer le changement au plus haut niveau.

Dubuisson sera-t-il au rendez-vous de cet Open ? Nos confrères, en off semblent en douter.

Victor Dubuisson à la conférence de presse Open de France 2016

L’attitude déjà tranche avec celles des autres pros, à commencer par Gregory Bourdy dans une phase clairement ascensionnelle entamée bien avant l’US Open, qui dans le même exercice de la conférence de presse a paru plus offensif.

A nouveau, il ne s’agit pas d’enfoncer Victor, mais le moins que l’on puisse constater, c’est qu’il ne transpire pas la motivation, la confiance, et la gnac.

Pratiquement assuré d’être qualifié pour les Jeux de Rio, Victor a un peu joué à « Monsieur je fais ce que je veux » vis-à-vis des officiels du CIO.

Interrogé sur la question des contrôles anti-dopage, et la contrainte que cela représente pour un sportif, notamment le fait de pouvoir être traçable et contrôlable tout au long de l’année, Dubush n’a pas laissé plané de doute sur le fait qu’il ne se soumettrait pas tant que ça au système pourtant en cours pour tous les athlètes.

En clair, il a prévenu qu’il serait disponible pour les tous les tests possibles pendant les tournois, mais qu’il ne fallait pas trop le chercher en-dehors.

Sur cette question, il a admis ne pas être prêt à céder un pouce de liberté au risque de ne pas être éligible aux Jeux.

Au sujet de ces jeux, il a néanmoins fait une remarque intéressante, et pleine de bon sens. « Les jeux » auraient été plus intéressants, si cela avait été une véritable compétition par équipes pour justement défendre le drapeau et le maillot France.

Gregory Bourdy a d’ailleurs réalisé le même commentaire quelques minutes plus tard indiquant à juste titre que le tennis se joue en simple et en double.  Une formule de double ou même de match-play aurait eu plus de sens.

Les jeux sont clairement le sujet qui est revenu le plus souvent au cours de cette matinée, et notamment, les forfaits en cascades des pros.

Sur ce point, Dubuisson a paru déterminé à être présent à Rio. C’est peut-être la seule certitude pour sa deuxième partie de saison. Il a 99% de chances de s’aligner à Rio, sauf nouvelle information dramatique concernant Zika.

Selon ses propres mots, il considère que les organisateurs ne laisseraient pas démarrer un tournoi si toutes les mesures de sécurité n’avaient pas été prises.

Il semble optimiste sur la nature humaine, et des enjeux financiers… Avis que ne partage pas Rory McIlroy qui a annoncé son intention de se marier l’an prochain, et par la même occasion de fonder une famille.

Raison pour laquelle, il ne compte pas s’aligner à Rio pour ne pas prendre le moindre risque.

Pour Dubuisson, le véritable sujet d’inquiétude concerne  plutôt sa participation à la prochaine Ryder Cup en septembre.

Pas franchement sécurisé sur cette liste, Dubuisson a jugé plus utile de s’aligner la semaine précédant l’Open de France sur le circuit Japan Tour, qui ne distribue aucun point dans cette perspective, au lieu de disputer le BMW Championship en Allemagne.

Conscient des questions que cela avait pu susciter, Victor a désamorcé en affirmant que les quatre prochaines semaines allaient être plus décisives, avec en particulier l’Open de France, et le British Open.

Il va jouer clairement son va-tout sur cette période.

C’est d’ailleurs ce qui est un peu déconcertant avec ce joueur. Sur les questions concernant son métier, à savoir les règles de qualifications à des tournois, dans ses réponses, il  paraît assez approximatif pour ne pas dire détaché.

Un exemple : Il avoue avoir été positivement surpris par les dotations du circuit japonais quand il les a découverte le dernier jour !

On pourrait imaginer que sa décision d’aller au bout du monde aurait pu être motivée par un argument objectif, et pécuniaire, surtout connaissant le jet-lag avant de jouer l’Open de France trois jours plus tard !

Ce joueur n’en finira jamais de surprendre !

Certes, les medias ont mauvaise presse concernant Dubush. Si les journalistes ont le malheur de relater ce qu’est réellement Dubuisson en conférence de presse, ils se font traiter de tous les noms.

Honnêtement, il suffit d’assister aux autres conférences pour juste ressentir le décalage d’attitude, que ce soit avec un autre français, Bourdy, ou avec Rory McIlroy à la fois plus spontané, parfois drôle, et très pro.

Chez Dubuisson, il y a un côté « menfoutiste » qui se dégage, et qui est dommage au regard de son talent clubs en mains. Il gagnerait à corriger cette attitude, surtout que dans le domaine du sport, l’attitude compte beaucoup pour transformer positivement ce qui vous arrive.

En conclusion, Dubuisson n’a pas semblé obsédé par la performance au National. Dans ses conditions, difficile d’en faire un favori, surtout que lui-même ne s’estime pas au top, et explique son choix d’avoir été jouer au Japon, car en Allemagne, pour le BMW, il n’aurait pas performé !

Dans cet exercice de la conférence de presse, où il est arrivé tête baissé, et presque prostré, il a tout de même réussi à sourire, et finalement dégagé une certaine sympathie. Comme cela a déjà pu être écrit à son sujet, c’est sans doute quelqu’un de bien, mais qui ne sait pas créer un lien de simplicité et d’authenticité avec la presse…

Dernier commentaire live ! Dommage que les journalistes français collent aux basques de Dubuisson comme si c’était le messie, et en quête d’un scoop. Dix minutes plus tard, toujours en conférence de presse, nous étions moitié moins dans la pièce pour interroger un Bourdy rayonnant, au meilleur de son golf, et plus affûté que jamais !

Son portrait à suivre…

Open de France 2016 : Bourdy la meilleure chance française ?

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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