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Open de France 2016, avant match : Bourdy la meilleure chance française ?

Avant match Open de France 2016, Grégory Bourdy

Arrivé décontracté en conférence de presse, Gregory Bourdy a semblé déterminé, mais surtout confiant dans son jeu, fort de sa dix-huitième place acquise à Oakmont dans le cadre du dernier prestigieux US Open de golf. Le héros tricolore semble prêt pour jouer son Open national, et se faire plaisir sur un tournoi qu’il affectionne.

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23 eme de la Race 2016, aux portes des cent premiers mondiaux, avant d’arriver à Paris, Gregory Bourdy a affiché une forme splendide, et peut-être la meilleure de sa carrière.

En plus d’être régulier dans la performance, le français n’oublie pas la notion de plaisir. Il rêvait en fait de pouvoir disputer la victoire dans un majeur, et comme il l’avoue volontiers, les nuits derrières  le tournoi américain ont été un peu agitées.

Il arrive néanmoins à Paris avec de l’ambition et de la fraîcheur retrouvée.

Beaucoup plus à l’aise que Dubuisson dans l’exercice de la conférence de presse, Bourdy n’hésite pas à plaisanter, mais sérieusement, il reconnait n’avoir jamais aussi bien démarré une saison.

Ce qui fait aussi plaisir à l’entendre, c’est qu’il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Au contraire, il en veut plus.

Tant mieux pour le public français, Bourdy semble tout à fait en mesure de relever le défi du National.

Comment avez-vous digéré votre prestation à Oakmont ?

C’est un sentiment partagé ! Comme vous le savez, j’ai connu le haut du tableau à la moitié du tournoi, et finalement terminé 18ème. Je me sentais bien, à ma place, et à la place que je veux occuper depuis que je suis tout petit.

C’était top de ce point de vue-là ! Après j’ai aussi un sentiment de frustration de terminer 18ème.

Une semaine après, je retiens beaucoup de positif  car cela reste une super performance.

Je suis bien, et content de ma semaine. Surtout, j’ai touché du doigt une victoire dans un tournoi majeur.

Beaucoup de bonnes choses se bousculent dans ma tête, et j’ai envie de revivre ces sensations.

A quoi attribuez-vous votre excellent début de saison ?

C’est un ensemble de choses. Un travail continu car je n’ai pas franchement modifié ma façon de travailler. Je travaille toujours avec la même équipe avec quelques petits changements de temps en temps.

Je pense être plus mature, et plus expérimenté dans la gestion de mes tournois sur le circuit européen, notamment dans le choix des tournois à faire, et des semaines de repos.

Je me sens bien, et en plus, le jeu est très bon en ce moment. J’essaie d’équilibrer tous les compartiments de mon jeu.

Tout ça bout à bout, j’arrive avec le plein de sérénité sur les compétitions. Je peux jouer mon jeu en confiance, et cela  se ressent dans les résultats.

Ce qui me motive encore plus, c’est que j’ai la sensation de pouvoir faire encore mieux.

Dans quel état d’esprit arrivez-vous sur cet Open de France ?

J’arrive avec le meilleur début de saison de ma carrière, ce qui n’est pas une fin en soi, car j’espère qu’il y aura encore mieux dans le futur.

Mes performances ont surtout été régulières. Il ne s’agit pas simplement de quelques coups d’éclats de temps en temps. Mon jeu est solide. J’aime beaucoup ce tournoi. Je pense que ce parcours est fait pour moi.

Un parcours exigeant sur lequel il faut être précis du début à la fin. C’est une sorte de petit US Open !

Par le passé, j’ai déjà pris la sixième place. J’espère pouvoir faire mieux dès cette année.

Conférence de presse Open de France 2016, Grégory Bourdy

Etes-vous plus ambitieux pour la suite de la saison, et notamment les jeux olympiques qui se profilent ?

Les jeux olympiques représentent l’objectif prioritaire de cette saison.

Je mets tout en place pour aller représenter la France à Rio. D’ici là, l’objectif, c’est d’être dans tous les coups, sur tous les tournois. Dès cette semaine, je veux être dedans car tous les tournois sont importants dans cette perspective.

Etes-vous surpris par le fait que beaucoup de joueurs se retirent des jeux ?

C’est une question délicate ! Très honnêtement, si c’est pour des raisons de santé par rapport au virus Zika, je ne peux pas me permettre de juger. Si, c’est pour d’autres raisons, je trouverais cela très navrant, en plus de donner une mauvaise image de notre sport.

Si je suis sélectionné, je serai bien obligé de me positionner par rapport à ce problème de santé. 

A ce stade, je prends un maximum d’informations, et pour l’instant, ce n’est pas 100% rassurant. 

L’idée, c’est de pouvoir y aller sans prendre de risques pour la famille.

Je ne sais pas si le fait que le golf soit loin du village olympique et dans une zone à risque influe sur les choix des autres joueurs, d’autant qu’à ce jour, un seul autre athlète a déjà renoncé à cause de Zika (Vélo sur route).

Après, c’est difficile de commenter pourquoi tel ou tel a scratché les Jeux si ce n’est pas dit ouvertement.

Toujours concernant les Jeux, Victor regrettait que la formule de jeu ne soit pas en équipe, qu’en pensez-vous ?

C’est dommage que nous n’ayons pas les deux ! 

Ne jouer qu’en équipe ne serait pas la seule solution à envisager. En revanche, avoir comme pour le tennis une partie en simple, et une en double, même si c’est un peu différent au golf, ils auraient pu cumuler les scores des deux joueurs, et cela aurait été plus intéressant. 

C’est un peu étonnant que cette option n’ait pas été envisagée ! Je ne connais pas vraiment les raisons.

Je pense aussi que le match-play aurait été plus adéquat pour des millions de téléspectateurs qui ne connaissent pas le golf, et en particulier les règles.

Malheureusement, avec le désistement de plusieurs grands joueurs, cela ne prend pas la meilleure tournure. J’espère néanmoins que ce sera une belle première, et que le golf restera aux Jeux Olympiques.

Le British Open et l’US PGA sont en jeu dans les prochains jours, avez-vous une priorité ?

J’ai une grande envie de me qualifier pour ces majeurs, et pour cela, je vais essayer de multiplier mes chances à l’image de ce que j’ai déjà pu faire à l’US Open.

Cette semaine, quatre places sont en jeu. Je suis passé à rien de gagner une place sûre par rapport à mon classement sur le circuit européen. Pour l’instant, cela se joue à pas grand-chose.

C’est pour cette raison que je n’ai pas joué l’Allemagne pour arriver frais ici, et faire une performance.

Derrière, il y aura encore des places à prendre en Ecosse… Je l’ai en tête, par contre quand je suis sur le terrain, je joue pour être à mon maximum sur chaque coup. Je ne vais pas faire une stratégie différente en fonction d’un tournoi ou d’un autre.

Le but du jeu, c’est de jouer du mieux possible sur tous les parcours.

Concernant l’US Open où vous avez réalisé une performance exceptionnelle, notamment sur le deuxième jour, qu’est-ce qui vous a manqué sur les deux jours suivants pour vous rapprocher encore plus d’une victoire en majeur ?

C’est vrai que j’ai très bien démarré le tournoi avec un solide premier tour.

Sur le second tour, je me suis vraiment régalé tout en étant au top de ma forme sur un parcours magnifique, et très exigeant.

Tout fonctionnait bien sans que cela soit extraordinaire mis à part mon coup de fer avec un peu de réussite. L’ensemble du jeu a été solide, sans faire des choses particulièrement incroyables avec  par exemple des putts de 20 mètres. 

Je me sentais bien, bien dans mon jeu, serein et forcément j’ai apprécié le moment dans un tel tournoi, et sur un tel parcours.

Après, la fin de parcours a été compliquée avec un peu de malchance. C’est le golf ! Au 18, cela se joue à rien que je sois au drapeau, et cela aurait pu changer la donne pour que je sois mieux placé à ce stade du tournoi.

J’ai pris un petit coup derrière la tête alors que j’étais en pleine possession de mes moyens.

Effectivement, après sur le troisième tour, il a fallu attendre un petit peu et rester sur place. A la fois, il fallait que j’apprécie mon jeu, mais aussi, cette fin de parcours plus délicate. 

Malgré le fait que j’ai assez bien démarré ma partie, des petites erreurs m’ont coûté des points qui sur ce parcours ne pardonnent pas.

Des erreurs sur la mise en jeu que je n’avais pas commis avant, et là tout de suite, c’est vite un bogey.

En plus, je n’ai pas mis les putts pour birdies qui auraient été nécessaires.

Ensuite, sur le dernier tour, j’ai à nouveau vraiment bien joué, notamment au niveau du grand jeu.

Sur l’ensemble de mon tournoi, je suis bien placé, et cela s’est joué à de petits détails. Je ne me pose pas plus de questions sur des choses à remettre en cause suite à ce tournoi.

Ce n’est pas comme si j’avais été 18 pendant tout le tournoi. Ok, il y a la frustration de terminer 18  à la fin, mais je note quand même le plaisir d’avoir touché la première place.

Beaucoup de bonnes choses à retenir en définitif… 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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