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Pourquoi l’OMEGA European Masters est un des plus beaux tournois de golf en Europe

Pourquoi l’OMEGA European Masters est un des plus beaux tournois de golf en Europe

Quand on prête attention aux commentaires des différents joueurs de l’European Tour, à quelques jours de fouler les verts fairways du golf de Crans-Sur-Sierre, on peut relever une joie non feinte à l’idée d’œuvrer dans un tel théâtre. Si vous n’êtes jamais allé en Suisse pour suivre l’Omega European Masters, nous vous présentons les principaux arguments qui font de ce tournoi, une date à part dans le calendrier de la saison de golf.

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Pour arriver jusqu’à la très huppée station de Crans-sur-Sierre, vous traversez une bonne partie de la Suisse.

Après avoir quitté Genève, s’être acquitté de la vignette à la frontière, vous longez un long moment le lac Léman par l’autoroute, tout en étant saisi par le gigantisme des Alpes Suisses.

Puis, vous vous enfoncez au cœur du Valais, ce canton souverain du Sud.

Assurément, Crans-Sur-Sierre n’est pas l’endroit le plus propice à la démocratisation du golf ou sa popularisation. Au contraire, il y règne une atmosphère un peu à part, un peu précieuse, surtout la semaine de l’Open.

De grands panneaux à la gloire des grands vainqueurs du tournois sur fond rouge, la couleur prédominante du tournoi, vous rappellent que vous entrez dans un endroit mythique, un sanctuaire.

Vous sentez presque l’esprit de Severiano Ballesteros plané au-dessus du golf, et de toute la station.

L’ambiance est festive même si les boutiques de luxes… de montres de luxes, et les voitures de standings démontrent que le PIB au mètre carré est ici plus élevé qu’ailleurs.

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Ce n’est pas choquant. Ce n’est pas clinquant. C’est même bon enfant. Crans-Sur-Sierre est un peu hors du temps, du tumulte des grandes villes, et d’une certaine insécurité.

Il règne un sentiment d’insouciance que l’on pouvait imaginer sur la French Riviera dans les années 50.

Alors que beaucoup d’endroits prisés par les fortunes d’Europe, à commencer par la Côte d’Azur n’ont pas pu conserver un caractère précieux, préservé... du fait que Crans-sur-Sierre est une destination lointaine pour beaucoup d’européens, le cadre privilégié semble préservé, et se mériter.

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La station s’est aussi gardée de s’ouvrir au tourisme de masse. Le prix au mètre carré vous dissuade de venir faire du camping.

Pour un tournoi de golf, l’Omega European Masters, un nom prestigieux qui rappelle celui d’Augusta (ce n’est pas complètement par hasard) ne sera jamais disposé à battre des records d’affluences.

Ce tournoi n’a donc pas vocation à démocratiser à outrance le golf.

C’est plus un sanctuaire à la gloire des prestigieux golfeurs européens, comme Ballesteros, mais aussi Nick Faldo, Colin Montgomerie, Sergio Garcia, Costantino Rocca, Ernie Els, quelques-uns des grands noms qui ont fait un arrêt plus ou moins long sur ce parcours de montagne, l’un des plus beaux d’Europe.

Le soir du tournoi, on peut croiser Gary Stal aux bras de sa compagne, entouré de ses copains. Le matin, on surprend Chris Wood en train de porter son sac dans la rue.

Bien que les policiers soient présents pour assurer la circulation ou la protection des lieux, un grand sentiment de sécurité règne sur et en-dehors du golf, lui-même complètement inséré dans la station.

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A l’intérieur du golf, les organisateurs ont soigné tous les détails ! C’est un Masters ! Il n’a certes pas la même résonnance mondiale que son cousin américain, mais ce n’est pas pour le parcours ou la qualité de l’organisation.

Les joueurs semblent plus détendus sur le putting-green, et presque plus accessibles que sur un Open de France. On peut voir David Howell tout sourire prendre la pose avec des fans anglais.

Autre élément qui bénéficie au tournoi helvétique, disputé début septembre, on peut encore profiter des rayons d’une fin d’été chaleureuse. Le parcours est plus vert que jamais. Certaines cimes sont enneigées, et le ciel bleu pure…

Très peu de tournois peuvent se vanter d’un tel panorama. Les joueurs adorent Crans-sur-Sierre pour au moins ces deux raisons : le panorama et la quiétude des lieux.

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C’est un grand tournoi avec un public de connaisseurs. Ce n’est pas l’affluence d’un tournoi du PGA Tour, mais le public est suffisamment nombreux, sans que ce soit étouffant pour les joueurs.

Les commissaires ne sont pas sollicités outre-mesure.

Pour les pros français, c’est un rendez-vous particulièrement apprécié.

Proche de la France, la pression est moindre qu’au Golf National. Les familles et les amis sont de la partie dans une ambiance plus décontractée.

On le sent particulièrement le soir quand les joueurs sortent se mêler aux différentes terrasses animées par la musique, et des dégustations en tout genre.

Beaucoup de tournois se jouent habituellement loin des centres de vies.

En étant particulièrement bien intégré à la station, le golf permet aux joueurs, mais aussi à toutes les professions qui gravitent autour du tournoi de se retrouver dans une convivialité bon enfant.

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Assurément, pour les pros bons vivants, la semaine de l’Omega est l’une des plus fameuses de l’année.

C’est aussi l’un des seuls tournois où on peut organiser un « hickory golf challenge » avec Westwood, Jimenez et Willett, déguisés en golfeurs des années 30, un autre signe de la décontraction qui règne ici.

Pour ne rien gâcher, le tournoi est joliment doté.

Quand une grande majorité de dates de l’European Tour tournent entre 1 million et 1,8 millions d’euros, le Masters Suisse propose d’emblée 2,7 millions d’euros en augmentation constante depuis une dizaine d’années.

Certes, cette année, les Rolex Series, dont l’Open de France, proposent 7 millions d’euros.

On comprend bien d’ailleurs qu’en étant Omega, le tournoi ne peut pas être « Rolex Series », sinon, il aurait largement sa place dans le top-8 des grands tournois européens.

L’épreuve gagnerait d’ailleurs à être mieux mis en valeur par l’European Tour. Peu de circuits peuvent se vanter de présenter une telle affiche.

L’épreuve helvétique est en fait au niveau des grandes épreuves du Moyen-Orient et de l’Asie, ce qui est beaucoup pour un tournoi « continental ».

A quelques semaines de la fin de saison, le rendez-vous Suisse est aussi crucial dans la perspective de la Race.

Beaucoup de golfeurs espèrent se refaire sur ce tournoi, et notamment Sébastien Gros comme beaucoup de tricolores en mal de résultat, particulièrement cette saison.

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Une grosse dotation, beaucoup de points en jeu à la Race… une bonne performance au Masters peut sauver une saison.

D’autant que le parcours n’est pas « infame ». Après deux tours cette année, Scott Hend occupe la tête en -13 !

Ils sont 77 dans le PAR ou mieux après 2 tours. Attention, pas infame, par contre, il faut être attentif et patient pour scorer.

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Pour Dubuisson, Langasque et Levy, trois des grands espoirs du golf français, l’édition 2017 a déjà tourné court avec des scores bien supérieurs au cut.

Les années passent et ne se ressemblent pas.

L’an passé, à pareille date, Langasque était leader et plein de promesses, alors que Levy était dans le coup, souriant et à l’aise sur ce parcours.

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Cette année, Langasque enchaîne les cuts manqués, et d’espoir à la carrière toute tracée, les interrogations se lèvent à son sujet. Qu’est-ce qui s’est déréglé ?

Darren Fichardt qui joue plutôt bien cette année, fait le commentaire suivant pour illustrer le parcours de Crans « J’ai été solide aujourd’hui. J’ai juste joué le parcours tel qu’il est. Sur les 9 premiers trous, je suis resté attentif. Les greens peuvent vraiment vous perdre sur ce parcours, surtout si vous prenez les mauvais plateaux. Les bogeys peuvent venir facilement. Pour bien jouer ici, il faut beaucoup réfléchir. Sortir les bons coups aux bons moments »

Pour Jaidee « La bonne connaissance du parcours est très importante ici. Il faut bien le connaître pour éviter les pièges, et tracer son chemin. »

Enfin Fabrizio Zanotti précise à quel point il est important de mettre la balle sur les fairways.

Les longs frappeurs n’ont pas forcément ici un passeport automatique pour la gagne.

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L’an passé, Bryson DeChambeau en avait fait les frais, en passant sa première journée à lever les bras dans tous les sens, pour signifier les sorties de routes de ces drives.

Par rapport à beaucoup de parcours « autoroutes » avec de larges fairways, et des roughs pas si pénalisants, l’European Masters est un vrai test de golf ! La qualité du jeu de fers fait la différence.

Cependant, une contre-performance à Crans n’est pas forcément révélatrice.

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Renato Paratore a remporté une belle victoire au Nordea Masters un peu plus tôt dans l’été. Il ne passe pas le cut !

Bernd Wiesberger est l’un des top-10 européens, et bon connaisseur du parcours, il repart avec une valise (+6 après deux tours), et que dire de Danny Willett, l’ancien meilleur golfeur européen, titré sur ce terrain en 2015, et lui-aussi dehors en +8.

Le tracé du parcours réserve donc du suspense et du spectacle. Il faut effectivement être malin pour sortir son épingle du jeu.

A ce petit jeu, c’est Scott Hend qui domine l’édition 2017 après deux tours. Ce qui n’est pas une garantie, surtout qu’ici, les conditions météos peuvent changer très vites, et complètement modifié le set-up du parcours.

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Crans est un parcours tellement atypique, parcours de montagne, par rapport aux autres terrains du calendrier, qu’une contre-performance n’est pas nécessairement révélatrice, alors qu’une bonne est une belle récompense. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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