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Objectif du nouveau Trackman 4: Etre toujours plus précis!

Objectif du nouveau Trackman 4 : Etre toujours plus précis !

Depuis 2012, la rédaction de jeudegolf.org a recours à un launch monitor Trackman 3 et un radar FlightScope Xi pour la publication des tests de matériel. Ce type d’outils connait actuellement un essor sans précédent, et contribue à révolutionner l’approche balistique, aussi bien pour les tests que pour l’enseignement du golf. Pour ce marché, l’enjeu majeur tourne autour de 3 axes : qualité, fiabilité et stabilité de la donnée. Nous avons rencontré Bruno Veiga, représentant français de trackman, pour évoquer avec lui la sortie de la quatrième génération de radar, et son intérêt pour les golfeurs.

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Interview Bruno Veiga, Trackman France à propos du nouveau Trackman 4

Trackman, une société danoise installée en 2003 a rapidement pris l’ascendant sur les autres marques du marché, et notamment en équipant près de 350 joueurs sur le tour professionnel.

Cette reconnaissance de la part de l’élite golfique a été un véritable tremplin.

Pourtant, aujourd’hui, le marché n’a jamais semblé aussi concurrentiel.

FlightScope, Foresight, mais aussi Skytrack, Ernest Sport et d’autres se sont mis en tête de contester les parts de marché de Trackman.

Si pour les deux premières citées, il s’agit du même segment de marché (les produits commercialisés entre 5 000 et 20 000 euros) destiné aux professionnels, pour les deux suivantes, il s’agit plutôt d’ouvrir un nouveau segment vers une cible plus large d’utilisateurs, et plutôt les amateurs avec des prix allant de moins de 1000 à 3000 euros.

Dans ce cadre, les marques de matériel ont un poids considérable, étant les premières à équiper leurs forces de ventes ou leurs services R&D avec ce type d’outils ultra-précis pour analyser la qualité d’un coup de golf (smash factor, vitesse de balle, vitesse de swing, taux de spin, carry, angle de décollage et atterrissage…)

D’ailleurs, il existe de franches rivalités, et d’importantes dissensions entre tous les acteurs.

La direction technique de TaylorMade ne fait pas mystère de son désaccord avec l’approche de Trackman, plébiscitant plutôt FlightScope ou le radar GC2 de Foresight, alors qu’à l’inverse, Nike travaille avec Trackman pour le développement de ses clubs.

Même nous, nous sommes amenés à réfléchir aux évolutions des différents produits du marché pour définir le type de radar que nous allons utiliser pour nos tests au cours des prochaines années.

Foresight et Flightscope nous ont tour à tour approcher pour nous proposer de tester leurs radars, et les utiliser en lieu et place de Trackman.

Intense discussion entre Benoit Vincent (TaylorMade) et Trackman au sujet des mesures

Trackman a beau être en position de leader, sa position étant de plus en plus challengée par la sortie de nouveaux produits, elle se devait de réagir.

Le trackman 4 est une partie de la réponse, tandis que le projet d’université Trackman, l’autre partie, tend à développer la connaissance des éléments balistiques pour les utilisateurs de launch monitor, pros et élèves.

Bonjour Bruno, pouvez-vous parler de votre nouveau Trackman 4 ?

Le radar mesure le trajet du club et de la balle. En indoor, nous prenons le trajet de la balle jusqu’à ce qu’elle tape l’écran dans un rayon de 3 mètres.

Nous avons besoin de cette distance minimum de 3 mètres de vol pour calculer les éléments de trajectoires, tandis qu’idéalement, le trackman doit être posé 2,5 mètres derrière le joueur.

Comme c’est un système doppler radar, vous pouvez jouer n’importe quel club, et n’importe quelle balle.

Vous vous placez devant la balle, vous frappez et dans la foulée, le radar vous restituera les données de votre coup.

La nouveauté avec le trackman 4, et qui est un peu différente du précédent, notamment celui que vous utilisez pour vos tests, c’est le fait que jusqu’à présent, le trackman était un seul radar.

Demain, la version 4 sera composée de deux radars : un qui ne mesurera que le club, et un autre qui ne mesurera que la balle.

L’objectif étant d’augmenter la précision, mais aussi d’améliorer les mesures dans un secteur très particulier : le wedging.

Cela a toujours été difficile de mesurer le chemin du club. Avec un radar dédié, nous allons pouvoir augmenter nos mesures sur ce seul élément.

Autre nouveauté sur le Trackman 4, nous avons incorporé une caméra qui bien qu’au ras du sol pourra filmer.

Avec une grande lentille, elle permettra de filmer de profil, de filmer la ligne de jeu, l’orientation de la face, et la trajectoire de la balle.

Le nouveau trackman 4

A cela s’ajoute le fait que l’on pourra aussi mesurer le putting dans une partie simulateur.

Vous puttez, et le radar peut voir, là-aussi la vitesse de balle, la direction…

Nous pouvons complètement retranscrire un putt sur le simulateur.

Quelle connexion avez-vous établi avec les joueurs du tour ?

Depuis 2005, nous avons installé sur le trou numéro un de certains tournois professionnels, un radar qui nous a permis d’enregistrer les données des meilleurs joueurs.

Ainsi, une partie des statistiques du PGA Tour sont fournies par Trackman.

Demain, nous allons en plus visualiser la trajectoire de la balle avec un dessin, plus une ombre au sol pour réellement distinguer les coups tapés droits ou les coups à effets, comme par exemple le fade.

A contrario, si nous ne proposions que le traceur sans l’ombre au sol, selon l’angle de vue, nous ne pourrions pas facilement distinguer l’effet réel donné à la balle.

L’autre intérêt consistera à donner l’évolution de la distance à chaque mètre parcouru par la balle ajouté au fait que nous pourrons donner la vitesse de balle, et la hauteur.

C’est un peu le même système que celui de Pro tracer qui permet déjà de visualiser les balles sur certains tournois de golf ?

Oui, sauf que nous ajoutons les données liées au vol de balle plus la ligne au sol qui permet de mieux constater l’effet réel donné à la balle.

Ensuite, il faut savoir que Trackman compte plus de 350 joueurs professionnels parmi ses clients.

Rory McIlroy, Thomas Pieters, Romain Wattel, Alexander Levy s’en servent au practice sur chaque tournoi pour contrôler les distances, travailler leur wedging, et un peu rentrer dans la technique, notamment sur l’angle d’attaque.

Ceci dit, ils utilisent plus le radar pour le contrôle des distances, et la dispersion.

Est-ce un produit véritablement « mobile » et facilement transportable ?

Tout à fait, le trackman se connecte très facilement sur un smartphone, sur une tablette, ou sur un ordinateur par le biais d’une application qui peut se télécharger gratuitement en ligne.

Toujours avec une grille de prix indoor/outdoor ?

Le trackman est le même dans les deux cas.

Le prix est 19,750 euros pour le trackman 4 et de 15,550 euros pour le trackman 3.i qui lui ne contient qu’un seul radar.

Maintenant, concernant la question du prix, nous nous sommes aperçus que nos clients magasins ne s’en servent qu’en indoor.

Par rapport à leur business-plan, nous nous sommes interrogés sur la capacité qu’ils auraient à rentabiliser l’investissement.

C’est pourquoi, nous leur avons proposé une licence indoor qui ramène le prix du trackman 4 à 15,750 euros et le trackman 3.i à 12,750 euros.

La machine est toujours la même. Le jour où ils veulent utiliser le radar en outdoor, il suffit de régler la différence pour accéder à la licence outdoor.

Nous avons admis que les magasins n’ont pas nécessairement besoin de toutes les options, comme la possibilité de faire des concours de drive en extérieur…

Mesures avec un launch monitor

A l’inverse, nous avons des clients « clubs » qui eux peuvent organiser des concours ou des séances d’étalonnages en faveur de joueurs amateurs.

Golfeurs qui n’ont jamais réellement eu l’occasion de mesurer leur distance, mais aussi leur vitesse de club, et du coup, quel type de shaft il devrait utiliser ou pourquoi une balle tourne à droite, ou tourne à gauche.

Les marques proposent de plus en plus de nouvelles têtes en carbone, assez difficile à « tracker » au trackman. Avez-vous connaissance du problème et que prévoyez-vous de faire ?

Oui, nous avons bien entendu connaissance de ce phénomène. La technologie trackman est basée sur un système doppler radar qui émet un signal, et en reçoit un en retour.

Nous utilisons certaines fréquences pour ce signal.

Sauf que les nouveaux clubs sont dessinés notamment avec des peintures particulières qui peuvent modifier l’interprétation des mesures, et comment nous recevons les fréquences en retour.

Depuis toujours, Trackman a un principe : Soit nous affichons la mesure que nous enregistrons, soit quand il y a un doute, nous ne l’affichons pas, et notamment la vitesse de club.

Quand les marques sortent de nouveaux clubs. Ils sont dans les mains du joueur du tour avant que nous ayons pu les avoir.

Une fois sur le marché, nous pouvons nous les procurer, et voir en quoi, ils sont différents des autres pour ajuster ce qui nécessite d’être ajusté.

Demain, avec le trackman 4, nous espérons que nous aurons moins besoin de faire ces ajustements, justement au bénéfice du deuxième radar.

Vous semblez avoir des différents prononcés avec TaylorMade au sujet de la mesure de leurs drivers en carbone, quel est le fond du sujet ?

La problématique est la suivante. La vitesse de club que nous mesurons sur le dernier driver est légèrement plus haute que prévue. Comme le smash factor est un ratio de vitesse de balle sur vitesse de swing, cette mesure plus haute amoindrie le rapport.

En revanche, et j’ai eu l’occasion d’aller sur le tour pour le vérifier, il se trouve que les clients de TaylorMade étaient plutôt contents de trouver une vitesse de swing plus rapide avec leurs drivers.

Un radar de mesure sur le stand TaylorMade

A l’arrivé, je dirais que c’est l’un dans l’autre !

Maintenant, qu’est-ce qui compte vraiment ?

C’est la vitesse de balle à 0.1 mph près, l’angle de décollage, et le spin, des données où nous sommes très précis.

On peut réellement s’appuyer sur ces mesures pour comparer deux drivers.

Ensuite, c’est vrai que quand une marque propose un nouveau produit, cela ne voudra pas dire que le trackman ne marchera plus. Simplement, nous devons en tenir compte pour ajuster nos fréquences.

Si demain, on dit au trackman, il faut que tu mesures un produit d’une dimension d’un mètre cube. Il va le faire. La question, c’est toujours de définir qu’est-ce que l’on veut mesurer ? Pour nous, il suffit ensuite d’adapter le radar à ce qui est cherché.

Trackman mesure du tennis, du baseball (celui qui lance, et celui qui reçoit), du cricket, du lancer de poids, du lancer de disques, et même un ballon de football pour la FIFA en 2010.

Trackman peut mesurer beaucoup de choses, sauf qu’à un moment donné, il faut lui dire ce qu’il doit mesurer.

Alors quand les marques sortent des nouveautés, nous sommes assez réactifs pour limiter le temps où nous pourrions avoir du mal à définir les contours du nouveau produit.

Comment votre marché va évoluer d’ici à cinq ans ?

Déjà le fait d’avoir mis deux radars change énormément de choses et de perspectives.

Par le passé, le trackman ne mesurait que la balle, et jusqu’au jour où nous nous sommes dit, le trackman peut mesurer le club aussi. Ce qui était énorme.

Nous avons mesuré les deux, et maintenant, nous en sommes arrivés à un point où nous pouvons séparer les deux mesures.

Partant de là, cela veut dire que dans les prochaines années, il y a beaucoup de choses qui vont pouvoir se faire, et notamment dans le domaine du wedging.

Concernant le marché, nous constatons que malgré un tarif élevé, nous avons de plus en plus de clients.

Avec nos solutions logiciels notamment dans le domaine du fitting, nous nous rendons compte que nos clients arrivent à rentabiliser plus rapidement auprès des joueurs qui ont besoin d’étalonner leurs distances précisément.

De plus en plus d’enseignants de clubs investissent dans un trackman, et s’y retrouvent dans la valeur ajoutée qu’ils peuvent apporter à leurs clients.

Pour le futur, nous avons décidé de lancer « Trackman university » pour justement mieux expliquer les données. Qu’est-ce que la vitesse de balle ? Qu’est-ce que l’angle de lancement ? Pourquoi ma balle tourne à droite ? tourne à gauche ? Pourquoi en altitude ma balle va moins loin ou plus loin ? Quel est l’effet de la température ?

Nous avons besoin de préparer les golfeurs à tout ce que mesure Trackman. Et c’est pourquoi nous avons monté un e-learning ludique, gratuit et disponible pour tout le monde.

L’objectif étant de préparer les amateurs à mieux utiliser le trackman, et pourquoi pas, à terme, un produit qui pourrait être plus destiné à l’utilisateur final, à savoir l’amateur ou l’amatrice.

A l’heure actuelle, l’application Trackman est gratuite et permet aux joueurs de louer le trackman de leur coach pour faire des évaluations de distance ou travailler sur la technique.

Vous avez de nouveaux concurrents qui pénètrent le marché avec de nouvelles technologies, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Tout dépend de la précision que l’on veut avoir, et ce à n’importe quel niveau. Tout l’enseignement, toutes les évaluations qui vont pouvoir être faites dépendent de cette précision.

Aujourd’hui, ce qui est sûr, c’est que nous sommes les plus précis. Toutes les marques qui sont sur le tour ont recours à notre radar, que ce soit TaylorMade, Nike, Callaway, Mizuno…

Nous avons 350 joueurs pro (McIlroy, Poulter, Pieters…) qui ont acheté un trackman avec leur argent, et qui l’utilisent pour travailler sur leurs swings.

Encore la semaine passée, Thomas Pieters a posté une vidéo de lui en train de travailler au practice en compagnie de son coach, et avec son trackman.

Si tous ces joueurs ont acheté un trackman, c’est parce qu’ils en avaient besoin.

Notre but, c’est d’être précis pour qu’ils puissent être sûr de ce que nous affichons, et nous continuerons à avoir cet objectif pour conserver notre place de leader.

Quelle est l’implantation de trackman en France ?

Personnellement, je m’occupe du marché français, suisse, italien, portugais et espagnol.

Nous avons beaucoup de pro français équipés, notamment en région parisienne avec Guillaume Biaugeaud à la Boulie, Stéphane Damiano dans son académie, Franck Schmidt à Bussy, Arnaud Garrigues, anciennement à Salvagny et actuel caddy de Sébastien Gros…

En complément, j’interviens au cours de formation auprès de la PGA France sur tout ce qui touche à la compréhension du vol de balle via un trackman. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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