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Nombre de licenciés golf en France en 2016: Vers l’inversion de la courbe ?

Nombre de licenciés golf en France en 2016: Vers l’inversion de la courbe ?

Cela pourrait rappeler une promesse électorale, pourtant il s’agit bien du nombre de golfeurs en France qui ne cesse d’aller dans le mauvais sens depuis 2012…La FFGolf a récemment publié le bilan de la campagne 2015 concernant les licences, et le résultat est encore négatif pour la troisième année consécutive. Cependant l’érosion a considérablement ralenti, laissant penser que le plus gros de la baisse est passé. Pour autant, peut-on espérer un rebond dès 2016 ? Nous avons analysé les chiffres des licences dans le détail, et recoupé avec des données sur les six premiers mois de l'année.

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En 2015, la France comptait 407 569 licenciés golf dont le plus âgé avait tout de même 103 ans !

Ce nombre positionne la France comme le 4eme plus gros marché golfique en Europe toujours loin derrière le Royaume-Uni et l’Irlande (plus de 1.2 millions de licenciés), l’Allemagne (630 000) et la Suède (490 000).

Ceci étant, notre position est aussi menacée par les Pays-Bas, sorte de curiosité européenne, qui avec deux fois moins de parcours par rapport à l’hexagone, connait l’une des meilleures croissances pour la pratique golfique sur le vieux-continent !

Les chiffres publiés par la FFG laissent penser que la situation du golf en France n’est toujours pas aussi florissante qu’au pic de 2012 (422 000 licenciés), mais que la chute ressentie dès 2013 serait en voie de ralentissement, et peut-être même d’inversion envisageable dès cette année.

Rien n’est moins sûr, étant donné la météo catastrophique d’avril-mai, et une certaine morosité sur le front des ventes de matériel de golf.

Selon nos sources, et les échos que nous avons recueillis auprès des marques, de ce point de vue, les ventes n’ont pas réellement démarré depuis janvier.

Le traditionnel boom du mois d’avril n’a pas réellement eu lieu dans la mesure où cet hiver, les conditions climatiques plutôt clémentes n’ont pas réellement généré une sensation de coupure avec le golf, et que derrière, les mois de reprises, mars, avril et mai ont eux été très mauvais d’un point de vue accessibilité aux terrains de golf.

Phénomène qui est d’ailleurs partagé outre-Atlantique avec le même symptôme météo doublé d’un brutal retournement de conjoncture en mai.

Les ventes de matériel ont d’un coup dévissé de 20 à 30% selon les catégories de produits (séries de fers et bois de parcours).

Piste d’explication : Le net renchérissement des prix avec l’allongement du cycle de vie produit, et la limitation des rabais.

Pour ne rien arranger, les attentats ont créé un véritable climat de morosité et d’inquiétude dans tout le pays.

Avec une baisse de 30% du tourisme dans les zones littorales françaises, les golfs concernés ne peuvent même pas espérer se rattraper sur les green-fees proposés aux golf-trotteurs étrangers.

Si les chiffres de la FFG laissent penser que la situation s’arrange, c’est un peu en trompe l’œil, et à bien y regarder, les données démontrent que sans plan d’action à court ou moyen terme, la filière va continuer à connaître d’importantes difficultés.

D’une part, la baisse constatée en 2015 de seulement 0,20% illustre le fait que le noyau dur des golfeurs résiste assez bien, à défaut que la filière arrive à engranger des gains en termes de recrutements de nouveaux golfeurs.

De 2013 à 2015, la FFG a perdu l’équivalent de 14 000 licenciés, soit 3.5% de son effectif moyen.

Source FFG

Pas encore de quoi crier à l’effondrement ou à la panique, ceci étant cette baisse va à l’encontre de l’ambitieux plan de développement imaginé par la fédération avec la perspective de la Ryder Cup 2018, tablant dans un premier temps sur 700 000 licenciés à cette occasion, puis en 2022, et aujourd’hui, ce point n’est plus très clair.

Objectivement, la Ryder Cup ne peut pas être mise en cause ni dans un sens, ni dans un autre.

Le contexte économique et social français a largement pris le dessus sur la perspective d’un événement qui va durer seulement 4 jours à Saint-Quentin-En-Yvelines, et qui aura lieu dans plus de deux ans.

Le point le plus inquiétant concernant les chiffres du nombre de licenciés concerne l’âge des golfeurs.

D’année en année, la moyenne d’âge va dans le mauvais sens. Les seniors nous excuseront !

Pour le bien du golf, il serait plus intéressant que la moyenne d’âge passe de 50 à 49 ans, signe d’un renouvellement des effectifs, alors que dans les faits, la moyenne d’âge est réellement passée de 50 à 51 ans, confirmant au passage que les seniors sont ceux qui tiennent l’activité à bout de bras, alors que la désaffection des jeunes est patente.

Sur ce point, la FFG a tendance à noyer le phénomène dans ces tableaux qui fusionnent les 26 à 55 ans !

Or, de 26 à 55 ans, on mélange des vies qui sont totalement différentes.

Dans les faits, le golf français souffre toujours d’une trop faible présence des 22-30 ans qui reculent encore cette année de -7% !

Soit une baisse très forte pour cette catégorie avec notamment une baisse jusqu’à -9% quand il s’agit des jeunes femmes !

Or, le golf féminin est très certainement l’avenir du golf.

Si plus de jeunes femmes jouaient au golf, il y aurait mécaniquement un phénomène d’entraînement avec plus de jeunes hommes plus enclin et motivés à jouer.

Pour les 30-40 ans, la baisse est tout aussi spectaculaire sur 2015 (autour de -6%) alors qu’en effectif, cette catégorie pèse déjà plus que celle des très jeunes actifs.

C’est typiquement la catégorie qui fait le plus défaut au golf, et qui s’explique par le fait de trouver de jeunes parents ou de personnes en plein boom de la vie professionnelle.

En réalité, la baisse seulement relative des licences tient dans le fait qu’au contraire des 20-40 ans, les plus de 68 ans connaissent une forte hausse dans les effectifs.

Soit +10% pour les 68-71 ans ou encore +11.5% pour les 72-75 ans !

Pyramide des âges des golfeurs

Il ne s’agit plus de seulement parler de golf senior, mais bien de golf quatrième âge tant cette catégorie prend une importance croissante dans la population golfique, autre signe révélateur de notre société actuelle.

D’ailleurs, sur notre site, des golfeurs de cette catégorie s’expriment pour plus de reconnaissance de la part des marques de matériel, et demandent plus de produits et services réellement adaptés.

A la différence des personnes qui ont entre 60 et 70 ans parfois encore concernées par le fait de donner un coup de mains à leurs enfants-parents, les plus de 70 ans ont réellement plus de temps pour le golf.

A l’inverse, le golf n’a toujours pas trouvé la bonne formule pour attirer et même conserver les 19-25 ans qui n’existent pratiquement plus dans la pyramide des âges de la pratique golfique (à peine 11 000 licenciés et en baisse de -4% en 2015).

L’autre chiffre catastrophique pour le renouvellement à moyen et long-terme concerne les jeunes de moins de 18 ans qui ne pèsent que 41 000 dans les effectifs, signifiant toujours le gros retard du golf dans le domaine de la pratique scolaire.

Les moins de 18 ans sont près de 15 millions en France selon l’INSEE au 1er janvier 2016, pour seulement 0.27% de golfeurs alors que la moyenne nationale n’est déjà que de 0.7%.

Si les parents ne sont pas golfeurs, les opportunités de découvrir le golf pour un jeune reste du domaine de l’hypothétique.

Certes, la FFG doit considérer que cela aurait pu être pire, mais les résultats de 2015 ne méritent pas non plus les félicitations.

Les jeunes et les femmes ne sont toujours pas assez ciblées !

Pour les femmes, il est avéré qu’elles sont le moteur du couple pour le choix des activités, en particulier dans les catégories où le golf est le plus déficitaire.

Les initiatives de garderies d’enfants ou de solutions pensées spécifiquement pour les jeunes femmes restent encore beaucoup trop marginales, de même que le principal problème du golf français n’est pas complètement traité : l’inadéquation de notre stratégie de parcours de championnat avec la population majoritaire au golf, les plus de 24 d’index !

Dans les années 80/90, avec le boom du golf en France, la majorité des nouveaux investisseurs, et bâtisseurs de terrains se sont tournés vers la construction de magnifiques 18 trous très élaborés, oubliant complètement la difficulté intrinsèque du golf pour les nouveaux joueurs.

Si depuis, certaines régions se sont dotées de petites structures, de compacts et autres pitch & putt, si vous prenez la riviera, il existe un seul neuf trous (Villeneuve-Loubet) en coexistence avec des parcours de championnats ou encore des clubs fermés (Mougins).

En-dehors du fait que les non-golfeurs critiquent vertement la qualité de l’accueil dans les golfs, la difficulté à passer les barrières, le panneau chien méchant, et le mirador, les non-golfeurs expriment majoritairement la difficulté, et temps nécessaire pour apprendre à jouer, et à commencer à sa faire un peu plaisir.

Si la question de l’accueil dans les golfs ne devrait plus être un sujet, au moins pour les 80% de clubs qui n’arrivent pas à l’équilibre financier, la question de la difficulté reste entière.

La difficulté étant aussi intimement liée avec le temps de jeu qui créé un problème aux plus jeunes.

En prenant l’exemple de la Côte d’Azur, l’espoir peut venir dans la construction de nouvelles structures type Golf Up à Grimaud (département 83) qui propose un 9 trous, des postes de practice, et une école de golf dans une zone bien fréquentée par les touristes.

Prévu pour ouvrir en juillet 2017, ce type de structure en gazon synthétique représente une formidable opportunité pour le développement du golf en France, car on imagine sans peine que les coûts d’entretiens vont être considérablement revus à la baisse sans que le pratiquant ne soit pénalisé.

C’est exactement le type de produits* qui manquent en France pour favoriser le développement de l’activité, maintenir un niveau de prix accessible, tout en permettant une perspective de rentabilité pour le propriétaire.

Sans refaire les golfs qui existent déjà en France, notre pays doit se doter de plus d’outils tels que Golf Up pour former de nouveaux joueurs en plus grand nombre, pour qu’ensuite, ils progressent et cherchent de nouveaux défis avec les parcours de championnats.

(*pas seulement parce que c’est un 9 trous, mais bien parce que c’est un 9 trous synthétique, ce qui n’arrêtera pas les nouveaux golfeurs…)

Crédit photo : golf up

A l’inverse, si nous focalisons trop notre attention sur le fait que le golf revienne aux JO comme possible déclencheur d’un nouvel élan, nous allons au-devant d’une grande désillusion.

D’une part, les jeux ont considérablement perdu en intérêt aux yeux du grand public en raison de problèmes de dopage, et d’intérêts financiers, sans parler des magouilles des membres du CIO.

D’autre part, à quelques heures de l’ouverture des Jeux de Rio, plus d’un million de places n’avaient pas encore trouvé preneurs, sans parler du décalage horaire pour les téléspectateurs français.

Il nous semble que la fédération mise trop sur l’aspect sportif du golf comme vecteur de développement de l’activité quand bien même 53% des licenciés sont membres d’un club et d’une AS.

Avant de vanter l’aspect sportif du golf, il semble plus opportun de traiter les questions d’accessibilités.

Les membres de clubs résistent plutôt bien

A l’inverse, d’un point de vue de certains directeurs de golf à la fois propriétaires, les chiffres confirment une bonne résistance des licenciés dans un club, alors que la baisse des licences provient essentiellement des licenciés non-membres d’un golf, et… des scolaires (69 000 en 2014 contre 64 000 en 2015).

Cette tendance confirme qu’un golfeur solitaire a plus de chances d’arrêter le golf qu’un golfeur parfaitement intégré dans un club, remettant au passage en question le principe de licencier des golfeurs en-dehors d’un club.

On en revient à la problématique de la stratégie à mettre en place autour de l’accueil des nouveaux golfeurs.

A nouveau, il ne faut pas se contenter de lire le seul chiffre des licences au niveau global pour comprendre ce qui se passe en France !

Quand on décompose les licences 2015, on peut constater que le nombre de renouvellements d’une année sur l’autre a franchement baissé, perdant 10 000 licenciés en quatre ans, alors que sur la même période, les créations de nouveaux licenciés ont baissé de 7 000.

Seul lot de consolation, en 2015, effectivement, le nombre de reprises de licences après un an d’interruption a bondi de 2000.

Nous avons donc bien deux problèmes : une difficulté à attirer de nouveaux joueurs, et une difficulté à conserver ces nouveaux joueurs.

Alors qu’avant 2010, la filière s’enrichissait chaque année de plus de 50 000 nouveaux joueurs, ce chiffre est en-dessous de 40 000, expliquant les difficultés de nombreux enseignants qui ne font plus aujourd’hui recettes alors que les effectifs sont en légères hausses.

Bien entendu, toutes ces difficultés sont fortement imputables à la conjoncture économique.

Dans ce cas, si le début 2016 laissait présager un début de reprise, le deuxième trimestre avec une croissance nulle, et les craintes d’un troisième trimestre dans le rouge du fait des attentats, et des manifestations contre la loi travail, laissent imaginer que la conjoncture ne se rétablisse pas en 2016, et du coup, une courbe du chômage qui ne s’inverse pas d’ici la fin de l’année, et pas de meilleurs chiffres pour le golf, activité météo-dépendante et aussi économico-dépendante.

Difficile de féliciter ou flageller la fédération française de golf, sauf à s’inquiéter de son choix stratégique essentiellement tourné vers les Jeux et la Ryder Cup alors que les amateurs attendent une autre analyse des besoins et problématiques rencontrées sur le terrain.

Avant 2010, le golf en France a profité globalement d’un contexte favorable.

Depuis, le golf en France a globalement souffert d’un contexte défavorable.

Pour sa santé économique, la filière va devoir apprendre à développer son activité malgré le contexte, être plus proactive sur les solutions à mettre en place.

Il n’y a pas de fatalité, même si les signes au niveau mondial ne sont pas positifs, avec par exemple les retraits d’Adidas (vente de TaylorMade) ou de Nike.

Sources : FFGOLF, INSEE, Southwest Greens

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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