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Nicolas Marchand : « Avec XXIO 10, nous inversons la pyramide d’influence ! »

Nicolas Marchand : « Avec XXIO 10, nous inversons la pyramide d’influence ! »

Toujours dans le cadre de mon déplacement à Toulouse pour découvrir la nouvelle gamme XXIO dans l’environnement d’Airbus Industrie, j’ai interviewé Nicolas Marchand, responsable commercial et presse en France pour la marque nippone. Je l’ai interrogé sur le poids et la longueur des manches, les lofts plus fermés, le swing weight du driver, la relation avec Toray Industrie.

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Etant donné la longueur de cet entretien, il m’a fallu un peu de temps pour le retranscrire complètement.

Par ailleurs, depuis la parution des premiers sujets sur la nouvelle gamme XXIO10, certains d’entre vous ont émis de questions, qui pourront trouver des réponses dans ce qui va suivre. Il était donc temps de publier cet entretien où courtoisement, j’ai pu poser les questions sensibles.

Je vous laisse apprécier les réponses.

Bonjour Nicolas, pour démarrer cet entretien, pouvez-vous nous expliquer le point de départ ou genèse de la création de la nouvelle gamme XXIO ? Quel était votre ambition ?

XXIO est une marque japonaise qui a été lancée en l’an 2000. Le lettrage X X I O signifie 21eme siècle. Fort d’une expérience de plus de 70 ans dans le golf, le groupe Sumitomo a voulu lancer une marque avec un vrai fil conducteur, et une vraie analyse du marché.

Cette analyse consistait à dire que finalement toutes les marques de golf développent un produit qui s’inspire ou qui est destiné pour des joueurs qui jouent sur le tour.

Dans ce cas, on oublie un peu l’amateur, qui est en fin de compte, celui qui justifie notre existence.

On ne peut pas mettre en face du joueur du tour un amateur ! L’amateur n’a pas les facultés du joueur du tour. Il n’a pas forcément les facultés physiques ou techniques.

De ce constat, Sumitomo Rubber Industrie, qui est la maison mère de XXIO, a décidé d’élaborer une marque, dont la ligne directrice était le fait de pousser loin la technologie pour permettre aux joueurs amateurs d’avoir plus de facilité pour jouer au golf, et surtout, prendre plus de plaisir.

De là une cellule technique a été mise en place avec un Golf Science Center. Une sorte d’institut bardé de gros ordinateurs et de simulateurs au Japon. En 2000, XXIO était vraiment précurseur.

L’idée, c’était d’utiliser les meilleurs matériaux, la meilleure R&D pour que l’amateur utilise un club plus facile à jouer que celui utilisé par le TOUR Player.

J’aime bien la formule suivante inspirée de l’automobile. XXIO est à Srixon, ce que Lexus est à Toyota.

Clairement, une marque positionnée plus haut de gamme et sur une cible différente.

Plus haut de gamme, car on utilise des matériaux qui sont plus pointus, plus technologiques, mais inutiles pour le Tour Player.

Par exemple, XXIO a été le précurseur d’un club plus léger que les autres.

Un tour player n’a pas forcément besoin d’un club plus léger.

Vous aviez donc bien en tête les joueurs seniors au moment de créer cette marque ?

Oui, plutôt à tous les joueurs qui ont un swing à vitesse modérée ou ceux qui ne jouent pas tous les jours ou qui ne sont pas dans la surperformance. On est sur des profils de joueurs qui sont évolutifs, mais qui peuvent descendre bas dans les index.

A l’occasion de la présentation de XXIO 10, vous nous avez convié chez Airbus en raison d’un fournisseur commun, Toray Industrie. Pouvez-vous nous expliquer ce lien ?

Ce qui est intéressant, c’est que nous utilisons des matériaux de haute technologie que nous ne sommes pas les seuls à utiliser.

Pour produire des clubs hautement technologiques, on a un savoir-faire, mais il faut reconnaître que nous n’avons pas un savoir-faire dans tous les domaines.

Sur la nouvelle collection XXIO 10, on a développé conjointement avec Toray, un nouveau shaft.

Le petit clin d’œil à Airbus, c’est qu’aujourd’hui, un A350 est fabriqué à 50% en carbone, et ce carbone provient en partie de Toray Industrie, qui travaille aussi pour l’Aerospatiale ou la NASA.

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Nous avons donc élaboré un nouveau shaft qui a des propriétés physiques et techniques hors normes. Notamment avec une fibre qui est encore plus légère pour aller encore plus loin en performance.

Chez XXIO, ce n’est pas une révolution, mais une évolution par rapport à la gamme précédente.

Par exemple, sur la gamme XXIO10, on propose un driver qui fait 270 grammes. C’est vrai que le moindre gramme est compliqué à gagner.

Face aux gains du poids qu’on a gagné, on a toujours en face une pression physique au moment du swing avec des torsions qui nécessitent que le shaft soit encore plus résistant.

Si le club pèse 270 grammes, quelle est l’importance des 2 grammes gagnés sur le shaft ?

Pour reprendre l’exemple de l’automobile qui peut parler à beaucoup de gens, on est aujourd’hui à une époque où avec la technologie, on cherche à économiser de l’essence.

On essaie de produire des moteurs moins gourmands, et on va aussi travailler sur le châssis.

En utilisant le même moteur, si pour une voiture donnée, on utilise un châssis alu par rapport à un châssis acier, l’énergie utilisée sera moins importante.

Automatiquement, le rapport poids/puissance est optimisé.

Plus on gagne de poids, et plus on amène de la puissance. Je dirai indirectement puisque le golfeur est le moteur alors que le club est le « châssis ».

A moteur équivalent, à énergie équivalente, un club plus léger peut me permettre d’aller plus vite, sans efforts supplémentaires.

Avec l’âge, on a tendance à oublier que l’on a été meilleur avant, alors que pourtant, on cherche toujours à aller plus loin, même en vieillissant.

Physiquement, c’est compliqué.

Avec XXIO, on essaie de pas perdre de la distance en vieillissant.

A ce propos, concernant le driver, une fois dans les mains, on pourrait faussement croire que le swing weight est en D2, et pourtant c’est un D5 ?

On dit toujours d’un driver que plus il est lourd, et plus le swing weight est important, alors que plus la tête est lourde, et plus on amène du contrôle.

Plus on a une tête légère, plus on a un swing weight léger, et plus on amène de la puissance.

L’intérêt de XXIO, c’est de proposer un club beaucoup plus léger que la moyenne. On peut estimer qu’un driver XXIO est environ 35 à 40 grammes que la moyenne des drivers sur le marché.

Pour autant, on conserve un swing weight lourd en tête pour favoriser le contrôle et de la puissance.

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C’est ce que j’appelle l’effet du marteau ! Plus j’ai un marteau qui est lourd en tête, plus quand je vais l’impacter sur le clou, je vais l’enfoncer facilement et rapidement.

Effectivement, on a pris un swing weight de plus par rapport à la génération précédente.

Pour être honnête, on y arrive aussi parce que nous avons rallongé le manche d’un quart de inch.

On est passé de 45,5 à 45,75 inches.

Avec une telle longueur, est-ce que le golfeur amateur ne va pas commencer à énormément disperser ?

Par le passé, on a eu des drivers plus longs. On est même monté à 46 inches. On est redescendu, et puis, on a développé la technologie DST (Dual Speed Technology).

Cette technologie permet de déplacer le poids vers le butt, comme la patineuse artistique qui cherche de la vitesse, on va réduire le moment d’inertie du club.

Mon axe de rotation avec un poids qui sera déplacé vers mon épaule va me permettre de déplacer mon club de manière plus facile et plus compacte.

A l’inverse, si je déplace mon centre de gravité vers la tête, j’écarte mes bras, et du coup, je ralentis ma rotation.

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On a beaucoup parlé du manche, mais que pouvez-vous dire de la tête ? Présente-t-elle des innovations ?

On parle du manche parce que c’est important, un peu comme la balle, alors qu’on ne voit pas facilement les différences, hormis la cosmétique ou le poids. C’est important d’expliquer comment un shaft est fait.

C’est important d’expliquer qu’il y a chez XXIO, une vraie démarche sur le shaft.

Vous voulez sans doute dire que c’est l’intérêt d’avoir dans le groupe une société qui fabrique spécifiquement des manches ?

Il y a effectivement une collaboration entre l’ingénieur tête et l’ingénieur graphite, de même qu’il y a aussi un ingénieur acoustique. Cela permet d’avancer plus rapidement dans le process de R&D.

Si, on en revient à la tête du driver, que pouvez-vous nous dire de particulier, surtout par rapport à la version précédente ?

XXIO a réussi à se faire connaître en dehors du Japon, en 2003, par un test robot qui avait été fait par un magazine américain.

XXIO a fait le buzz puisque c’était la marque qui présentait finalement le driver le plus puissant.

A l’époque, XXIO produisait une face très puissante, et c’était même l’inventeur des faces interdites. C’était un brevet XXIO.

On produisait des faces qui restituaient plus de 0.83 de coefficient de restitution.

C’est donc un sujet que l’on maîtrise plutôt bien. La première chose à savoir consiste dans le fait que nous proposons des faces forgées.

On utilise un titane propre à XXIO. Ce n’est pas un 6-4. Ce n’est pas un SP Titanium ! C’est un super TX, une exclusivité XXIO, réalisé en collaboration avec nos fournisseurs. On considère que c’est un titane parmi les plus légers, et les plus élastiques au monde.

On a une particularité chez XXIO au niveau de la soudure sur la face qui se fait sur le haut de la couronne.

Ce n’est pas une face qui est soudée dans la face ! Cela nous permet de proposer un hot spot beaucoup plus large.

La véritable nouveauté sur la gamme XXIO 10 qui nous permet d’étendre cette zone chaude « hot spot » se situe dans un amincissement de la couronne au niveau du talon, et de la pointe.

Dans le coin haut supérieur, on va avoir un pincement du titane, alors que sous la semelle, on va avoir une petite nervure, qui combiné, vont générer un effet ressort.

Je rappelle que notre cible clientèle est celle des gens qui ne sont pas toujours capables de taper au milieu.

Ce faisant, nous faisons progresser la distance sur les frappes décentrées.

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S’agissant des fers XXIO 10, peut-on imaginer que les manches en graphite vont proposer les mêmes propriétés que celles décrites pour le driver ?

Clairement, on duplique la formule et le concept du driver jusqu’au sandwedge.

Tous les shafts sont fabriqués au même endroit, à Miyazaki au Japon. Les manches sont assemblés à la main.

Le concept est exactement le même avec le DST, la nouvelle fibre carbone qui est une première mondiale avec Toray Industrie.

Quel poids pour le manche graphite sur la série ?

C’est la vraie évolution car on a gagné 5 grammes sur le shaft, et 6 grammes sur le poids total du club.

On passe ainsi sur des manches qui font 49 grammes, ce qui est plutôt très léger.

Je ne dirai pas ultra-léger, mais tout de même très léger, avec cette particularité qui veut que l’on ne fasse pas que baisser le poids, en supprimant éventuellement des feuilles de graphite.

A chaque fois que l’on baisse d’un gramme, il faut rigidifier pour éviter que le shaft s’ovoïde.

Il y a là un vrai challenge pour garder la performance du shaft.

Cela s’appelle le « Smart Shaft Impact » ! Un manche plutôt intelligent qui veut que plus on accélère, et plus il revient rapidement, et moins on accélère, moins le shaft revient rapidement.

On est vraiment sur un shaft qui whippe…

C’est amusant de constater que les gens qui ne connaissent pas XXIO, viennent en magasin, prennent un club, font un petit waggle, et disent que c’est finalement trop souple.

Non, c’est la vraie technologie de XXIO, une marque à part de ce qui se fait aux Etats-Unis, sur un produit qui n’a pas été modifié par rapport à ce qui est vendu au Japon, mis à part le grip puisqu’on a des mains un peu plus grandes par rapport au japonais.

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Pour la rigidité, ce n’est pas toujours très évident qu’un manche senior soit réellement adapté à un senior. Stiff, regular, senior, ce n’est pas toujours une distinction pertinente. Il semble que vous ayez mis en place une autre façon de codifier les manches avec l’International Flex Code. En revanche, vous êtes les seuls à l’utiliser. Toujours pas d’harmonisation en vue ?

Il y a deux choses à savoir. Premièrement, on donne à tous nos revendeurs, une petite grille qui permet en fonction de la gamme (Forged pour les bons joueurs avec un poids plus consensuel et plus proche de ce qui se fait aux USA), XXIO 10 ou Prime, de connaître le manche approprié.

Les trois clubs peuvent être montés sur des manches regulars, pour autant, ils ne vont pas faire le même poids de 49 à 70 grammes.

C’est là que nous donnons une vitesse de swing préconisée.

On a effectivement 4 rigidités : le regular, le stiff regular, le stiff et le R2 (senior chez XXIO).

Partant de cette vitesse de swing préconisée, effectivement XXIO a inventé sous l’entité Miyazaki, l’International Flex Code dont l’objet consiste à dire la flexibilité et le poids ne sont pas suffisants pour comprendre le manche.

De là, on a cherché un système facilement compréhensible, type radiographie du shaft.

Avec un outil de mesure qui nous est propre, on calcul les points de flexions à quatre endroits bien précis le long du manche. Soit à 10,20, 30 et 40 inches du butt.

On va y porter une valeur qui va de 1 à 9.

Pour 1, on considère que c’est une flexibilité de senior, 3 regular, 5 stiff, 7 extra-stiff, et 9 correspond à double X.

Ainsi, un 4, ce n’est pas un regular, ce n’est pas un stiff. C’est une valeur entre les deux.

Cette série de 4 chiffres va nous permettre de comprendre le manche sur toute sa longueur. On a eu fait chez XXIO des manches avec des points de flexions complètement différents.

Par exemple un 9.8.2.2. qui est globalement un stiff alors que sur la partie basse, on trouve quelque chose de très « whippé »…

Les fibres de carbones, droites et de biais sont collées par une résine nanoscopique, aussi fournie par Toray Industrie, et c’est ce qui nous permet de faire ces shafts extrêmement légers, extrêmement flexibles.

On parle des manches, mais à nouveau, venons sur les têtes, et là, j’ai noté des lofts très fermés. Est-ce la tendance américaine du « loft-jacking » ou une raison objective ?

C’est un vrai sujet. Effectivement, la volonté, c’est d’aller plus loin. Mais, il faut revenir à la réflexion de départ qui consiste à dire que l’on fait un club plus léger.

En faisant un club plus léger, on va l’actionner plus rapidement à énergie équivalente.

Si je vais plus vite en vitesse de swing, avec mon bras de levier, je vais impacter plus rapidement.

Si j’impacte plus rapidement, je vais potentiellement aller plus loin.

Si, en plus de cela, je rallonge mon shaft d’un quart de inch, j’augmente encore mon bras de levier. Ces deux paramètres font que je vais aller plus vite, et plus loin.

Cependant, si je ne ferme pas mon loft d’un degré, et c’est le cas pour cette nouvelle génération, on considère que la trajectoire de balle globale n’est pas conforme, notamment au niveau de la retombée idéale, et à la distance que l’on souhaite.

Si on devait reprendre des fers qui ont 30 ans, et qu’on les équipait d’un shaft d’aujourd’hui, avec le pitch, on aurait des trajectoires dignes d’un 56 degrés. Je force un peu le trait volontairement.

C’est un peu l’image à retenir. On doit faire cohabiter la tête avec le manche. 

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