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Nicolas Destrumelle: Un spectateur français au Masters d’Augusta 2017

Nicolas Destrumelle: Un spectateur français au Masters d’Augusta 2017

La présence de golfeurs professionnels français au départ du Masters d’Augusta reste un événement souvent trop rare. La présence d’un spectateur français dans le public composé au bas mot de 30 à 40 000 personnes chaque jour est un événement encore plus rare qui s’explique par la difficulté d’obtenir un ticket pour une journée, le coût et bien entendu la distance. Difficile d’affirmer qu’il était le seul sur place (Mike Lorenzo-Vera et Guy Forget étaient en fait présents)… cependant, c’est Nicolas qui a bien voulu nous faire part de son aventure au cœur du plus grand événement golfique de la planète.

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Trois semaines après l’événement, il en parle encore avec beaucoup d’émotions, comme un golfeur qui aurait conscience d’avoir vécu une expérience exceptionnelle, une expérience d’une vie à vrai dire.

Le premier moment d’intense émotion pour ce chirurgien travaillant sur Annecy, et grand fan de golf restera l’arrivée en voiture sur Washington Road, la route menant à Augusta.

Le premier moment où il a véritablement compris que son rêve allait enfin devenir réalité.

Jamais quelques semaines auparavant, il aurait imaginé avoir une telle opportunité. Par le hasard d’une partie de golf, avec la bonne personne qui tient à conserver l’anonymat, il a bénéficié d’un pass pour 4 jours au Masters.

Une journée est déjà en soi exceptionnelle ! De l’aveu de Nicolas Destrumelle, la plupart des spectateurs présent à Augusta ne viennent que pour une journée.

On ne demande pas à être invité à Augusta. C’est une opportunité qui se présente ou ne se présente pas. Il se dit que justement si vous essayez de demander à un membre du Augusta Golf Club de vous inviter, ce dernier vous le refusera poliment.

Dans l’avion du retour, le hasard, décidément, a voulu que Nicolas soit assis à côté d'une Américaine, vivant à Augusta.

Sur sa tête, la casquette Golf National ne trompait pas sur son point de départ et son point d'arrivée.

Sa voisine engagea la conversation, lui précisant qu’elle était une très bonne amie de Fred Couples, s’étonnant que notre frenchie ait pu accéder au Masters. Elle lui confirma la difficulté de faire partie du cercle des intimes.

En revanche, une fois devenu un « membre de la famille », les portes lui seront désormais toujours grandes ouvertes, proposant même de l’héberger une prochaine fois.

Le temps d’un Masters à Augusta, Nicolas est devenu « l’ambassadeur du tournoi », celui qui à travers ses mots va nous raconter son aventure, et nous transmettre le virus du plus grand majeur de golf…

Le premier moment d’intense émotion pour ce chirurgien travaillant sur Annecy, et grand fan de golf restera l’arrivée en voiture sur Washington Road, la route menant à Augusta.

Mon premier grand moment : La cérémonie d’ouverture

Dans la foule au moment de la cérémonie, je vois passer Gary Player, Billy Payne, le boss d’Augusta, Madame Palmer et enfin, Rickie Fowler. J’ai été impressionné par le regard de ce joueur. Il a un regard « d’ailleurs » comme s’il était « habité ».

Arrive le moment du discours, les organisateurs nous avaient donné à tous le pin’s « We are Member of the Arnie’s Army » en hommage à Arnold Palmer, et tout le monde a paru touché. Cela a été une grande émotion, un moment incroyable…Même si, nous en France, on ne l’a pas vraiment côtoyé, on sait néanmoins ce qu’il représente pour le golf et pour les américains.

Tout me semblait encore irréel ! J’avais du mal à réaliser où je me trouvais.

Juste le temps de me familiariser avec les lieux. Augusta, c’est en fait une colline ! Tu montes ! Tu descends ! Du club-house, le fairway du huit paraît très long.

La remontée du dix-huit est impressionnante. Je ne suis plus étonné que les joueurs prennent au moins une canne de plus qu’à l’usage pour atteindre le green.

Le tournoi allait commencer, et j’étais focalisé sur le fait de ne surtout pas perdre mon badge, le touchant en permanence pour être sûr qu’il était toujours avec moi.

Le premier jour, il faisait vraiment un froid de canard. Sur moi, j’avais trois pulls, un coupe-vent, ma casquette, pour affronter un vent à décorner les bœufs.

Les journalistes que j’ai côtoyé sur place m’ont dit que j’avais une chance incroyable ! En 20 ans, ils n’avaient jamais vu Augusta dans de telles conditions.

De manière usuelle, Augusta, c’est déjà compliqué à jouer. Les scores du premier jour parlent d’eux-mêmes.

Alors que les premières parties s’élançaient du un, j’ai décidé de me rendre au dix, pensant que ce serait peut-être le seul moment où je pourrais voir le parcours avec moins de public autour.

La première chose que j’ai voulu faire en arrivant au dix, ce fut d’aller à l’endroit même où Bubba Watson joua son coup improbable quand il remporta son premier Masters en play-off.

Si j’avais eu à jouer le même coup, j’imagine que j’aurai pris un fer 7 bien tapé pour la faire tourner sur la gauche… Lui… il a pris un 52 ! Quand on voit les choses en vrai… on se dit que ce n’est pas possible.

Le fait d’être sur place permet de constater que tout est parfait ! L’herbe des fairways n’a aucun défaut ! Même le sable entre les trous est de couleur verte !

On a l’impression que les brindilles d’herbes autour des arbres ont été posées à la main.

Tout seul dans la journée, j’ai passé beaucoup de temps à discuter avec d’autres spectateurs ou des gens de la sécurité. Il faut vraiment que les lecteurs se rendent compte qu’il y a du personnel de sécurité partout, y compris des volontaires en veste verte…Il y en a vraiment partout !

A un moment, un des volontaires me croisant, m’interpelle « Tu as l’air heureux, toi ! »

Je lui réponds « Plutôt, effectivement !». La conversation s’engage… Il me parle des élections en France, ne masquant pas son soutien pour l’actuel président et sa désapprobation pour l’ancien… Géorgie oblige !

Me demandant ce qui me ferait le plus plaisir… Je lui réponds « Pouvoir me rendre au départ du onze » Selon moi, c’est le départ le plus inimaginable à Augusta. Les joueurs doivent taper dans une sorte de corridor.

Le volontaire m’emmène, et je me retrouve derrière le départ du onze pour voir ce que peuvent distinguer les joueurs. Respect ! Quand les pros tapent un drive à 260 mètres, il ne reste pas moins de 200 mètres à jouer pour aller au green.

Encore un trou en cuvette ! Rien n’est plat sur ce parcours !

J’arrive au 12, au début du fameux Amen’s Corner, un par-3 de 135 mètres qui pourrait paraître ridicule.

A ce moment-là, le drapeau du green du onze est dans le vent ! Le fairway du douze est balayé par le vent. Par contre, le drapeau du douze ne bouge pas d’un poil. Il y a une sorte de couloir qui fait qu’à hauteur du green, il n’y a pas d’air.

J’y ai passé une heure pour voir comment les joueurs pouvaient anticiper cette situation.

Dans ma tête, je me demandais quel club je pourrais bien jouer sur ce trou ! Les pros jouent un pitch ou à la rigueur un fer 9. Je pensais que je pourrais jouer un bon fer 8, pourquoi pas un fer 7.

Au bout d’une heure, je suis arrivé à la conclusion que si je devais jouer ce trou, je jouerais à fond vers le départ du 13 pour être sûr d’avoir au moins une chance de pouvoir aller de l’autre côté.

Ce trou est petit, mais il est phénoménal ! C’est vraiment stupéfiant !

C’est aussi là que je découvre toute la machinerie d’Augusta, juste derrière les gradins avec tous les restaurants, les pro-shops pour acheter des casquettes, des accessoires…

Rien que pour l’alimentation, Augusta, c’est une machine de guerre…On rentre d’un côté, on sort de l’autre ! La nourriture ne coûte pratiquement rien, mais de toute façon, il est interdit d’emmener quoi que ce soit sur le parcours, même une simple bouteille d’eau.

Tout est parfaitement organisé, même quand il y a une queue de deux cent personnes pour aller aux toilettes. On pourrait penser que cela va prendre du temps. Non, tout va très vite.

C’est toute cette machinerie que l’on ne voit pas à la télévision. Il faut savoir qu’Augusta, la ville, ne vit qu’une semaine dans l’année !

Nicolas devant la salle de presse d'Augusta

Manger ou boire à Augusta… c’est d’une simplicité ultime. C’est pourtant la seule chose qui n’est pas coûteuse.

J’ai croisé bon nombre de spectateurs qui ramenaient des serviettes ou des verres en plastique logotés Augusta, comme des trophées ou des souvenirs.

J'ai continué à remonter le parcours en passant par le treize, et c’est là que j’ai vraiment pris conscience de l’artillerie mise en place pour s’occuper des greens.

A trente mètres des greens, d’énormes bouches d’aérations peuvent sortir de terre pour souffler les greens afin de les sécher dans un temps record. Les organisateurs peuvent faire ce qu’ils veulent avec les greens. Ils peuvent les durcir ou les rendre plus faciles.

Sur les deux premiers jours, les joueurs étant tellement en difficultés, ils n’ont pas trop soufflé les greens.

J’ai fini de remonter les neuf derniers trous pour revenir sur l’aller afin de commencer à suivre des parties.

Que des parties de rêves ! Et par exemple, McIlroy-Rahm !

Chose très importante à Augusta, il faut impérativement des jumelles pour suivre les parties. On est souvent loin de l’action, notamment dans l’Amen’s Corner. Ne serait-ce que pour voir les positions des balles sur les greens.

Du coup, cela a été un lien avec beaucoup d’autres spectateurs. Comme ils ne voyaient pas, ils me posaient des questions, ce qui a entraîné plein de débats sur les balles des joueurs, les joueurs eux-mêmes. C’est comme cela qu’on noue pleins d’échanges avec les autres spectateurs.

Il est interdit d’emmener un smartphone sur le parcours. Interdit de prendre des photos mis à part lors des parties d’entrainements. Les organisateurs contrôlent tout. Ils sont propriétaires de toutes les images. Tout est strictement contrôlé. J’ai vu une fille courir trois mètres aux abords du fairway. Elle s’est immédiatement faite attrapée par la sécurité qui lui a dit « Vous recommencez, on vous sort ! »

Tout le monde dit "le public à Augusta est exceptionnel !" Les joueurs le disent ! En fait, c’est logique ! Pas d’électronique, pas de truc qui bip, pas le droit de demander des autographes, sauf pour les enfants qui ont des endroits réservés. Les adultes ne demandent pas d’autographes. Les spectateurs n’ont pas le droit de courir. A la limite, ils n’ont presque pas le droit de bouger.

Tout est très codifié ! Que vous aimiez ou pas, il ne viendrait à l’esprit de personne de transgresser les règles.

Sur les deux premiers jours, je me suis surtout projeté pour voir ce que je pourrais faire le dimanche. Comment organiser la dernière journée ?

Toujours au cours de la première journée, en suivant une partie qui arrivait au seize, je me suis remémoré le chip de Tiger en 2005, celui qui est rentré dans la légende.

Je vois un membre en veste verte, et je lui demande s’il peut m’indiquer la position de la balle de Tiger. Il me répond bien volontiers ! Quand on voit les choses en réel, on se dit que ce n’est pas possible.

Mes plus belles émotions de spectateur au plus près des joueurs

Sur les premiers jours, le public était majoritairement pour les joueurs américains, alors que sur le dernier jour, à 90%, les spectateurs étaient pour Sergio. Tout le monde voulait que ce soit son tour. Il fallait que ce soit lui.

Ceci dit, ma première belle émotion a été au moment où j’ai vu Phil Mickelson sur le trou numéro huit.

Lors du premier tour, il avait le vent dans le museau.

Il a pris son driver alors que son cadet « Bones » récemment opéré aux genoux, avait encore du mal à marcher. Les deux hommes sont partis dans des directions opposés, Mickelson remontant seul le fairway, ce qui l’a forcé à taper son driver sur son deuxième coup.

J’étais à dix mètres de lui, détendu, il faisait tourner son driver dans les mains…

Ce type a une aura incroyable. Je lui ai adressé un « Well Done Phil », et ce qui est génial avec lui, c’est qu’il se tourne vers vous, et vous fait un petit signe…Vraiment le symbole d’un joueur accessible. On comprend sa popularité auprès du public américain.

Autre joueur qui m’a impressionné : Rory McIlroy ! Il jouait dans la même partie que Matt Kuchar. Il a beau s’être étoffé. Il n’est pas grand par la taille, pourtant, quand il drive, il porte la balle 60 ou 70 mètres plus loin que son partenaire du jour.

J’aurai bien aimé qu’il fasse quelque chose à Augusta. J’ai bien vu qu’au petit jeu et au putting, il n’était pas « dedans » comme un Garcia a pu l’être au cours de cette semaine.

Il a beaucoup travaillé son jeu long, mais en termes de petit jeu, il paraît beaucoup moins fort qu’un Dustin Johnson.

Mon frisson golfique restera de toute façon le trou en un de Matt Kuchar sur le dernier jour !

Sur la dernière journée, du un au neuf, j’ai essayé de suivre toutes les dernières parties jusqu’à quitter la partie Rose-Garcia au neuf.

A ce moment, je décide de ne pas faire l’Amen's Corner. Je ne fais donc pas le 10 et je saute jusqu’au 15. La seule fois où à cause de mes jumelles, je bouscule un spectateur… c’était Davis Love ! « Sorry Captain !  Je continue jusqu’au 16, un trou vraiment impressionnant avec beaucoup de public autour.

Sur le dernier jour, la position du drapeau était mise de sorte que les balles redescendent.

Au moment où Kuchar fait son trou en un, je suis à dix mètres, juste derrière le bunker en entrée de green. Personne n’imagine le bruit du public comme un vrombissement sourd ! Quelque chose que je n’oublierais jamais !

Tout le monde se lève ! Des scènes de liesses avec des gens qui se jettent dans les bras des uns des autres ! Des frissons ! Des larmes de joies ! Tout le monde se tapait dans les mains.

J’étais tout seul, ne connaissant personne, et pourtant j’ai vécu un moment d’émotion incroyable avec les autres spectateurs à côté de moi.

Pendant que Kuchar remontait le fairway pour aller au green, toute la foule hurlait « Kooch…Kooch ».

Il arrive sur le green, il sort la balle du trou dans une atmosphère incroyable. Il signe la balle, et la donne au premier gamin à côté de lui. Et là, ce n'était plus un bruit, mais une explosion sonore.

J’imagine que cela a duré au moins dix minutes d’hurlements ! Les joueurs qui étaient au quinze ne pouvaient certainement pas jouer dans ces conditions.

Derrière ce moment magique, je me rends près du green du quinze au moment où Garcia va avoir son putt pour eagle.

Comme je me situais juste à côté de la soufflerie et son bruit énorme, j’étais relativement seul dans cette position.

Je reviens ensuite au seize où la personne qui était à côté de moi au moment du trou en un de Kuchar m’avait gardé ma place, et pour cause, on s’était jeté dans les bras l’un de l’autre. J’ai fini en suivant la partie de Garcia et Rose.

Sur les derniers trous, cela devenait difficile d’avoir une place pour suivre l’action, d’autant qu’il n’y a pas d’écran pour voir les joueurs.

Pendant cinq jours, je n’ai quasiment pas dormi. J’ai vécu un rêve éveillé.

En conclusion, je dirai que ce qui s’est passé au seize avec le trou en un de Kuchar concentre tout ce qu’on peut trouver à Augusta : l’émotion, le spectacle, la gentillesse des gens, l’endroit (ce ne serait pas une cuvette, il n’y aurait pas autant de bruit)… Rory qui a été d’une élégance incroyable.

Cela a été le grand frisson de ma semaine à Augusta. Je me suis dit que j’avais raté l’Amen’s Corner sur le dernier tour pour vivre cette émotion au seize.

Dernier clin d’œil du destin, sur le dix-huit, alors que je n’avais pas la possibilité d’accéder au green pour voir Sergio, tout le public s’écarte devant moi pour laisser passer sa compagne. En l’espace d’un instant, je me retrouve devant Garcia en train de célébrer sa première victoire à Augusta.

Pendant cinq jours, je n’ai quasiment pas dormi. J’ai vécu un rêve éveillé.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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Invité 21/09/2017

A chacun sa balle Srixon !

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