Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Chronique de golfeurs

Mon swing de golf est très mauvais en ce moment

Au sommet du backswing avec Phil Mickelson

Ces mots sont ceux de Phil Mickelson ! Comme n’importe quel golfeur amateur, un professionnel peut très bien connaître une période, où son jeu lui semble déréglé, et ne pas trouver la solution pour se remettre en swing. 

Jeudi dernier, pour le compte du premier tour du CIMB Classic, tournoi du PGA Tour disputé à Kuala Lumpur, en Malaisie, le célèbre gaucher américain a rendu une carte qui ferait pâlir d’envie n’importe quel golfeur amateur, 71, soit un coup sous le par, et déclaré qu’il ne se souvenait pas depuis combien de temps, il n’avait pas eu un swing aussi mauvais. 

Ajoutant qu’en se visionnant en vidéo, il trouvait qu’il faisait tout de travers ! 

Le score ne reflète pas toujours la façon dont un golfeur joue sur le parcours ! 

C’est pour cela que l’on connait cette célèbre maxime de golfeur : « On ne te demande pas comment, mais combien ». 

Pour Mickelson, comme pour n’importe quel golfeur, il est aussi important de prendre du plaisir dans ce que l’on fait, et avoir de bonnes sensations. Le gaucher américain a eu beau scorer UN en-dessous du par, il n’a pas caché sa déception sur son swing. 

En fait, ce genre de situations où un joueur n’est pas en swing est beaucoup plus fréquent qu’on le croit. 

Et même, c’est plutôt l’inverse qui se veut assez rare…

Dans la suite de cet article, nous développons la crise de swing, le cas pratique d'un amateur pour expliquer comment elle peut se manifester, et comment la gérer, et enfin, on abordera la durée d'un crise de swing par rapport à une période de surrégime.

Le golf : un sport où la quête de perfection est très forte

Les pros admettent souvent ne pas taper plus de un ou deux coups parfaits par partie, ce qui peut surprendre, surtout quand on regarde la carte de score, en fin de partie. 

La quête de perfection est une tendance parfois trop répandue en matière de golf, et à trop vouloir bien faire, et ne pas assez accepter le swing du jour, on peut perdre de vue le véritable objectif, rentrer au club-house avec le moins de coups possibles. 

D’ailleurs, quand vous jouez une partie de golf, et que vous avez ramené une carte plutôt meilleure qu’à votre habitude : est-ce que vous vous souvenez avoir réellement bien joué, ou le score positif ne prend-il pas toute la place dans votre mémoire ? 

A nouveau, "combien" prend souvent le pas sur "comment" ! 

Chaque golfeur connait au moins une fois par saison une crise de swing 

Combien de fois par an « casse-t-on » son handicap ? De la même façon, combien de fois par an un pro joue dix coups sous le par ? 

Peut-être une fois ou deux par an, pas plus…A l’inverse, si on peut imaginer connaître une période de surrégime, le sous-régime est aussi possible. 

Si on revient au cas de Mickelson, qui nous sert ici d’exemple pour ce sujet, son commentaire de fin de partie n’aurait pas surpris s’il avait joué 101 au lieu de 71. 

Dans cette partie, où il affirme avoir très mal joué, il a tout de même rentré cinq birdies. 

En revoyant son swing en vidéo, « Lefty » a fait le commentaire suivant « Le chemin du club est trop intérieur, et ensuite il est trop vertical au sommet, la tête du club bouge, et mes jambes sont fuyantes. Conséquence, j’accroche trop le gazon au passage du club, avec des divots trop profonds. » 

Mickelson a peut-être perdu son swing, mais il perd rarement le sourire

Encore un exemple du grand bénéfice de la vidéo pour analyser son jeu, et comprendre rapidement d’où peut venir le problème. 

Enfin, il faut être en capacité de comprendre ce qu’est un swing de golf, et par opposition, savoir jouer aux jeux des sept erreurs, pour trouver ce qui s’écarte de la théorie. 

Pour un amateur, il est donc très important de parfaitement savoir juger des causes et des conséquences d’une erreur technique.

Cas pratique au niveau d'un amateur

En allant au practice ce week-end, j’ai constaté mettre plus de temps que d’habitude à trouver mon swing. 

Après coup, la raison était assez simple ! Ayant besoin d’une nouvelle carte de practice, je me suis longtemps impatienté à l’accueil avant de pouvoir en acheter une.

Contrarié, car comme beaucoup de golfeurs, je n’ai pas beaucoup de temps pour conjuguer, vie professionnelle, vie familiale et golf, je suis arrivé à l’échauffement avec un rythme cardiaque légèrement supérieur à ce qu’il faudrait qu’il soit pour être parfaitement dans mon bon tempo de jeu. 

Il m’a fallu plusieurs minutes avant de réunir tous les paramètres de jeu : concentration, stabilité, tempo, touché, rotation, désynchronisation du haut et du bas du corps… 

Tant et si bien que les premières minutes passées sur le tapis de practice, je répétais trop souvent une faute technique bien connu par les sliceurs : le haut du corps en retard par rapport au bas. 

A la fin de mon entrainement, j’ai tapé mes meilleures balles, notamment sur la dernière, un fer-6 posé à 140 mètres dans l’axe. 

Ce n’est pas parce que c’était la dernière ou que j’étais chaud, et enfin dans le bon rythme, mais au contraire, parce que j’ai analysé mes fautes, et compris que je n’étais pas en rotation des hanches et stables sur mes hanches. 

Mais comme je n’étais pas en swing, je forçais mon geste. Au lieu d’être stable sur les jambes, celles-ci sous l’impulsion de ma rotation très (trop) dynamique, s’évadaient à gauche, entraînant non pas une rotation du bassin vers la cible, mais un déplacement du bassin de droite à gauche, avec pour conséquence de prendre la balle en push complet à droite. 

En partant de la conséquence, on arrive à trouver la cause

Cet exemple qui n’a pas pour but de raconter ma vie, mais de donner modestement un éclairage sur le pourquoi d’un mauvais swing à un instant donné, et comment on peut en sortir, illustre le fait qu’il faut avoir le temps, et la capacité à prendre du recul sur ce que l’on fait. 

A l’inverse, si c’est possible de corriger au practice, c’est quasiment impossible de le faire sur le parcours, d’où l’émoi de Mickelson. 

Pendant une partie de golf, il y a trop de paramètres à prendre en compte pour pouvoir avoir le temps de régler un swing inhabituel. 

Quelque part, il faut savoir différer son départ jusqu’au moment où on trouve son swing à l’échauffement, et au practice.

Pas toujours facile à faire, mais dans la plupart des cas, quand on part sur le parcours avec un geste déréglé, c’est pour toute la journée ! 

Jouer quatre heures avec un mauvais swing donne généralement une mauvaise journée de golf, à 60/70/80 euros le parcours, c’est dommage. 

Pour les golfeurs professionnels, les choses peuvent être moins définitives, dans le sens, où ils peuvent compenser un problème de swing par d’autres compartiments de jeux, notamment le putting. 

Dans le cas de Mickelson, il a encore ajouté après sa partie : « Ceux sont vraiment les plus mauvais coups que j’ai tapé cette année. Je n’arrivais pas à trouver le milieu de la face du club au moment de l’impact. Je ne pouvais pas être certain que la balle parte morte à gauche ou en hook à droite (pour rappel, Lefty est gaucher). Au final, cela a été une journée de golf très frustrante du point de vue de ce qui se passe du tee au green. » 

Mickelson heureux après rentré un putt décisif

Comme pour un amateur, un bon joueur quand il ne trouve pas son swing, perd confiance dans son jeu. Bien qu’il ait de l’expérience pour justement faire face à ce type de situations, cela reste quoi qu’il arrive une grande frustration. 

Une crise de swing peut durer plusieurs semaines ! 

En début 2012, Rory McIlroy, auréolé de sa première victoire en majeur lors de l’US Open 2011 avait démarré la saison parmi les favoris. 

Plusieurs bonnes performances, lui avaient permis de se rapprocher de la place de numéro un mondial, avant qu’il ne connaisse une soudaine et violente crise de swing. 

De mars à fin août, soit pratiquement la plus grande partie de la saison sur le PGA Tour, il n’avait presque plus réussi à passer le moindre cut. 

Eliminé de manière précoce des trois premiers majeurs de la saison, le jeune homme allait tout droit vers une saison blanche, jusqu’à ce qu’il finisse par retrouver les clés de son swing, et remporte le dernier majeur de la saison, et le Barclay’s Championship dans la foulée pour enlever la première place au Official Word Golf Ranking, devant Tiger Woods et Luke Donald. 

De la même façon, Phil Mickelson qui a brillamment réalisé le doublé Scottish-British Open, soit deux victoires très nettes en l’espace de dix jours, n’arrive plus à bien jouer depuis, et selon ses dires. 

« J’essaie quelque chose de différent sur chaque coup depuis le British Open. Après avoir pris une semaine de vacances après ce tournoi, je suis revenu à l’entraînement auprès de Butch Harmon, et j’ai travaillé mon swing en prévision du PGA Championship, dernier majeur de la saison. Mais depuis nous n’avons toujours pas été en mesure de trouver ce qui ne va pas. » 

Après avoir touché le nirvana, Mickelson n’accepte-t-il plus d’être redevenu un pro parmi les autres meilleurs joueurs ou a-t-il réellement perdu ses capacités ? 

Difficile question car la deuxième possibilité ne paraît pas réaliste, et la première supposerait qu’il serait trop exigeant envers lui-même. 

Existe-t-il réellement une réponse à cette perte de sensation durable ? Ce n’est pas si certain dans un sport où l’aspect sensation a justement une très grande importance. 

En dehors de la trajectoire et de la distance, qu’est-ce qui fait la différence entre une mauvaise et une bonne balle ? 

Pour un amateur, c’est plus facile à déterminer quand il s’agit d’une part d’une balle tapée en top qui part à droite, et une balle qui s’envole dans la bonne direction. 

Mais au niveau du PGA Tour, l’écart est beaucoup plus restreint…même si Mickelson affirme encore « Je swingue de manière horrible. Je swingue terriblement mal, et même quand j’ai des bons coups, les divots ne sont pas droits, et le chemin de club n’est pas comme je le voudrais. » 

Il semble qu’un grain de sable perturbe l’américain, mais il n’est pas le seul dans ce cas, car au plus haut niveau, il arrive rarement qu’un joueur réunisse en même temps toutes les conditions pour bien jouer sur une très longue période. 

En fait, les déclarations de Mickelson sont les mots que l’on peut entendre 90% du temps sur le circuit ou dans les clubs amateurs. 

Bien jouer est peut-être relatif, l’exigence en matière de golf certaine, et la performance un moment assez fugace… 

Le golf est sans doute un sport où on atteint la plénitude qu’une petite partie du temps, pour une grande partie de frustration. 

« Vous savez actuellement la tête du leaderboard d’un tournoi ne m’intéresse pas vraiment. C’est même la dernière chose que j’ai en tête parce que pour l’instant, je ne sais pas où la balle va bien pouvoir aller. Je voudrais bien taper des balles à l’entrainement, mais je ne sais pas ce que je dois corriger. Je ne sais même pas quoi essayer… » 

Ces mots sont encore ceux de Mickelson, l’un des meilleurs golfeurs de la planète, peut-être même au sommet de son talent cette année. Sa fenêtre de plénitude à durer un mois en juillet 2013, et désormais, il semble qu’il ait retrouvé la fenêtre de frustration pour un temps qui n’est jamais déterminé à l’avance.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 2636
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.