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Francesco Molinari devient le premier italien à remporter The Open Championship

Francesco Molinari devient le premier italien à remporter The Open Championship - David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

Il aura fallu 147 éditions pour qu’un italien remporte The Open. L’histoire retiendra que c’est sur le parcours de Carnoustie où le français Jean Van De Velde aurait pu remporter la Claret Jug en 1999 que Molinari a finalement triomphé. Une juste récompense pour l’italien de 35 ans, pro depuis 2004 qui affiche une forme étincelante cette saison. Déjà vainqueur du BMW PGA Championship à Wentworth, et du Quicken Loans National sur le PGA Tour, Molinari sera assurément l’un des meilleurs atouts de l’équipe européenne de Ryder Cup à Paris, en septembre prochain. Quel chemin parcouru depuis Medinah en septembre 2012...

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De Medinah à Carnoustie, la transformation d'un champion majeur : Francesco Molinari

Septembre 2012, Francesco Molinari participe à sa deuxième Ryder Cup dans l’équipe européenne emmenée par le capitaine José Maria Olazabal.

Pour ses deux premiers matchs en double, quel que soit son partenaire, il sort avec deux cuisantes défaites contre les américains de Davis Love III.

Dimanche, Olazabal qui doit envoyer ses meilleurs joueurs d’entrée pour refaire le lourd retard accumulé sur les deux premiers jours, réserve le dernier rang à l’italien contre Tiger Woods.

C'est dire le peu de confiance qu'il attribue à l'italien, qui semble dépassé par l'événement, comme si cette deuxième Ryder Cup après celle de 2010 au Celtic Manor, venait trop vite pour lui.

Dans un scénario improbable, l’Europe renverse les Etats-Unis sans avoir réellement besoin du match entre l’italien et Woods.

Le résultat du match sera d'ailleurs partagé et réduit de moitié au 17.

La liesse s'est emparée du public et des joueurs de sorte que ce dernier match compte non seulement pour du beurre, mais en plus, sous le choc, comme sonné par un uppercut, les boys n'ont qu'une envie, quitter le parcours.

A l’époque, Molinari, moins de 30 ans, était encore un débutant en Ryder Cup. Il sera absent à plusieurs reprises après cet événement.

Parmi les meilleurs européens sur le circuit, promis à un bel avenir, valeur montante du circuit européen, sa prestation très timide ne laissait pas penser alors qu’il deviendrait six ans plus tard, un crack, et probablement demain, le leader de l’équipe 2018.

Il n’est pas le plus spectaculaire. Il n’est pas le plus charismatique. Il ne fait pas les couvertures de magazines. Il fait partie de cette génération de golfeurs dont on ne sait pas tant de choses.

Pour un italien, il n'est pas si extraverti. Il fait plutôt premier de la classe ou garçon bien rangé.

Au practice, ce n'est pas lui qui capte le plus l'attention des observateurs. Tout le monde s'accorde sur le fait que c'est un bon joueur, mais qu'a-t-il de plus ?

Ce dimanche, il est même possible que vous vous soyez pris à rêver d’une victoire de Tiger Woods, un sursaut de la part de Rory McIlroy, ou d’une première victoire de l’anglais Tommy Fleetwood.

Pourtant, au hasard de la loterie des tournois de golf, c’est le nom de l’italien qui est sorti.

Loterie, car la formule du strokeplay peut réserver des surprises jusqu’au 18eme trou.

Surtout que cette année, le suspense a été total avec pas moins d’une dizaine de golfeurs capables de l’emporter sur les neufs trous du retour.

Ils sont nombreux à s'être succédés en tête, avec Spieth, Schauffele, McIlroy, Kisner, Woods et Molinari.

Sans être exceptionnel sur les deux tiers du parcours, l’italien a su planter deux birdies aux moments décisifs, sur le 14, et avec panache sur le 18, quand les autres joueurs ont fini par s'autodétruire les uns après les autres sur le difficile parcours de Carnoustie.

Comme il en a pris l'habitude lors de ses victoires cette année, c'est déjà son troisième succès en moins de deux mois, il n'a commis aucun bogey sur les 37 derniers trous du tournoi.

Lui-même, après le tournoi, en conférence de presse n'en revenait pas ! Ne pas faire un bogey sur un parcours aussi difficile que Carnoustie, qui aurait pu parier sur cette issue ?

Molinari, ce n'est pas le golfeur qui vous plante un eagle ou trois birdies consécutifs pour soulever les foules. C'est plutôt Monsieur zéro erreur.

Woods nous a fait rêver à Carnoustie - David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

Longtemps dans l’ombre de Tiger Woods qui nous a fait rêver ce dimanche, et au moins jusqu’à un passage délicat marqué par un double au 11 et un bogey au 12, Molinari ne semblait pourtant pas être celui qui emporterait la Claret Jug.

Dans un dernier tour marqué par un très faible pourcentage de fairways pris en régulation par les leaders, seuls 5 golfeurs ont rendu une carte sous le par sur les 24 premiers au classement.

Molinari qui n’est jamais parti à la faute dans cette journée a donc été le meilleur stratège du tournoi, le plus patient, à l’image de sa victoire à Wentworth, plus tôt cette saison où il avait écœuré Rory McIlroy avec la précision chirurgicale de ses coups de fers.

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Son par sauvé au 6 a été le moment clé et décisif de sa journée. Le seul moment où il a été peut-être en danger de concéder un bogey, mais cette fois, c'est son putting qui a fait le travail.

Molinari a été suffisamment bon avec ses fers ce dimanche (67% de greens en régulation) pour ne pas trop souvent se mettre dans le rouge sur les greens.

Il a rentré 29 putts quand Woods et McIlroy en ont eu seulement 28.

Toutefois, le nord-irlandais qui a eu sa chance, et termine finalement beau second à la faveur d’un eagle au 14, a pris moins de greens que l’italien. Comme à Wentworth, c’est le jeu de fers de l'italien qui a fait une petite différence.

Depuis deux mois, l’italien est probablement le meilleur ball-striker du monde.

Cela ne suffit pas toujours dans un sport aussi complet que le golf, mais cette fois, pour gagner un premier majeur, couplé avec une bonne stratégie, et des putts précieux pour sauver des pars, l’italien a changé de dimension.

Francesco Molinari devient le premier italien à remporter The Open Championship 6 David Kissman/Action Plus/Icon Sportswire

Il devient un champion majeur, et qui plus est le premier de son pays, l’Italie qui accueillera la Ryder Cup en 2022.

Tout ce que la France aurait aimé avoir avant son rendez-vous de septembre, et alors que nous comptons plus de 10 fois plus de golfeurs licenciés par rapport à notre voisin de l'autre côté des Alpes.

Un comble, la France est devenue une grande nation de Football, loin devant l’Italie et son calcio.

Aujourd’hui, avec Molinari, l’Italie se propulse dans les grandes nations du golf européen.

Il y a six ans à Medinah, Molinari était apparu comme un maillon faible de l’équipe européenne de Ryder Cup.

En septembre 2018, à ce rythme, il pourrait être la référence à battre, et son maillon le plus fort.

Il y a six ans, il jouait contre Tiger Woods et semblait tout petit par rapport au tigre.

Aujourd’hui, en sortant du 18, c’est lui qui pouvait exulter pendant que Woods pouvait regretter un petit moment de faiblesse sur une partie pourtant extrêmement positive pour la suite de sa saison.

Woods n’est plus très loin de pouvoir intégrer l’équipe américaine de Ryder Cup. Ce serait un sacré clin d’œil de l’histoire que de nous re-proposer ce match à Paris…

L'italien devient numéro 6 mondial au soir de cette victoire, tandis que Tiger Woods rentre officiellement dans le top-50 mondial, un classement qu'il n'a pas eu depuis 2014.

Si les deux hommes venaient à se rencontrer à nouveau directement, l'italien pourrait afficher une sacré confiance.

En plus de ses trois victoires, il a terminé second du John Deere et second de l'Open d'Italie. Molinari est clairement dans la forme de sa vie !

Une forme pratiquement surnaturelle dans un sport où il est pourtant si difficile d'être aussi consistant.

Comme les américains se sont amusés à le constater au sujet de l'italien en Ecosse, Veni, Vidi, Vici. 

Une sorte de revanche du match de 1995 entre John Daly et l'italien Costantino Rocca, battu de quatre coups à St.Andrews dans un précédent Open. Rocca ne devint pas le premier italien à gagner un majeur.

Molinari n'avait alors que 12 ans. Devant son poste de télévision, il rêvait de prendre la suite de son illustre modèle.

Aujourd'hui, c'est Rocca qui pouvait twitter "Grande démonstration de force de caractère et de concentration. Vous avez battu le terrain et tous les joueurs. En un mot: INOUBLIABLE. Merci Chicco! La joie est indescriptible."

Ce que personne n'avait vraiment vu, c'est qu'il serait prêt à le faire cette semaine. Les précédents indices, Wentworth par exemple, pouvaient pourtant le laisser présager.

"Je savais que ça allait venir, et je m'y étais préparé." Finalement, aux premières loges, malgré lui, Tiger Woods a livré la meilleure analyse "C'est son petit jeu qui a été fantastique. Il a chippé de manière fantastique."

Onze ans plus tôt, Molinari avait justement fait ses débuts en majeur à l'occasion de The Open... à Carnoustie. A l'époque, il était plutôt considéré comme le petit frère d'Eduardo, champion de l'US Amateur 2005.

Jusqu'à cette victoire, c'est peu dire que personne n'attendait vraiment Francesco à ce niveau. C'est peut-être ce qui va changer demain...

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