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Mister Jordan Spieth… Mister Jordan dix

Mister Jordan Spieth… Mister Jordan dix

Et de dix victoires sur le PGA Tour pour Jordan Spieth, le nouvel Arnold Palmer, qui ce week-end a irrémédiablement suscité des comparaisons avec Tiger Woods pour sa performance « Tigeresque » ! Si le nombre de 15 victoires avant 24 ans semble difficilement atteignable (il va avoir 24 ans le 27 juillet prochain), Spieth confirme avec sa victoire au Travelers Championship, sa deuxième de l’année après Pebble Beach, qu’il sera l’un des hommes forts des années à venir.

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Jordan Spieth remporte le Travelers Championship 2017

Auteur de 10 victoires sur le PGA Tour avant d’avoir 24 ans, Jordan Spieth est effectivement inévitablement ramené à une comparaison avec le tigre.

Surtout, il incarne parfaitement la relève du golf mondial.

Parfois, dans le sport de haut niveau, il y a des trous de générations avec des talents qui s’évaporent, et les héritiers qui tardent à pointer le bout de leur nez.

Dans les années 2000, nous parlions souvent du big-5 composé de Tiger Woods, Phil Mickelson, Ernie Els, Retief Goosen, et Vijay Singh, tous d’immenses champions titrés en majeurs.

Tous quarantenaires, ils n’ont d’ailleurs pas encore complètement quitté la scène que le prochain big-5 est déjà aux commandes du haut niveau.

Ils s’appellent Dustin Johnson, Rory McIlroy, Jason Day, Rickie Fowler et Jordan Spieth. Sur cinq, quatre américains qui incarnent le présent et l’avenir.

Bien entendu, on pourrait parler d’Hideki Matsuyama, l’actuel numéro deux mondial, de Sergio Garcia, le vainqueur du Masters, d’Henrik Stenson, le tenant du British Open ou encore de Jon Rahm, le nouveau prodige espagnol.

Koepka, Thomas, Scott et Rose pourraient aussi être cités.

Pour le japonais, il est encore un peu tôt pour se prononcer, et il lui manque un majeur. Fowler aussi… cependant, l’américain a déjà gagné une Ryder Cup et un Player’s Championship.

D’un point de vue médiatique, il est une attraction indiscutable. Il suffit de le suivre sur un tournoi pour voir qu’il fait partie des joueurs qui attirent le plus de public.

Sergio Garcia, Justin Rose, Henrik Stenson, et Adam Scott incarnent un big-4 qui n’a jamais vraiment eu lieu, et à qui, il reste raisonnablement peu de temps pour dominer le golf mondial.

Ces trentenaires ont été avalés par la génération précédente, et au moment de prendre le pouvoir, la bande des 5 jeunes (Johnson, McIlroy, Day, Spieth et Fowler) a finalement pris la relève plus tôt que prévu.

Reste à savoir si Brooks Koepka ou Hideki Matsuyama prendront l’une des 5 places. Ceci dit, Dustin Johnson a déjà dépassé la trentaine, et Jason Day présente une forme incertaine depuis un an.

En tout cas, Jordan Spieth, Mister dix victoires sur le tour ne semble pas se faire de souci pour sa place dans ce quinté de tête.

Ce dimanche, si vous avez suivi sa partie, vous avez peut-être constaté que sa victoire a tenu à un fil, à une sortie de bunker…

Pas seulement parce qu’il a joué un play-off contre Daniel Berger, un autre espoir du golf américain, mais tout simplement parce qu’en jouant très bien, certaines de ses balles ont tout de même flirté de temps en temps avec des obstacles d’eaux.

10 centimètres, c’est parfois l’écart entre la victoire et la défaite.

Le chasseur de fantôme !

Dès l’entame de sa partie, il vous donne l’impression que le golf est facile.

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Coup de bois au départ du un droit sur le centre du fairway… coup d’approche vers le green droit vers le centre et à deux mètres du trou… un putt tout droit vers birdie pour commencer !

Il continue par un enchaînement bois 3/wedge sur le deux pour un deuxième birdie consécutif après un putt à moins d’un mètre cinquante !

Mister Spieth… c’est Mister perfection sans donner l’impression de forcer son jeu.

Leader à -14 après deux trous, le plus gros problème de Spieth sur ce début de partie était de faire la course seul en tête.

Selon ses mots, il s’est mis à chasser le fantôme.

Vous savez ce petit avatar dans les jeux vidéo de course où vous voyez apparaître la position de votre voiture sur le tour précédent. Vous ne vous battez pas contre un autre pilote mais bien contre vous-même, pour essayer de faire mieux que le tour précédent.

C’est exactement ce que Spieth a entrepris sur le dernier 18 trous de River Highlands. C’était son plan de jeu pour éviter de s’endormir sur ses lauriers.

« Se chasser est parfois une meilleure manière de se challenger par rapport au fait de se battre contre quelqu’un d’autre. »

C’est intéressant car la carrière de Spieth pourrait suivre cette même logique.

Un talent aussi précoce que celui de Woods ?

L’image de Spieth rentrant son approche depuis le bunker du 18 pour battre Berger en play-off ressemble trait pour trait à sa sortie de bunker victorieuse pour son premier succès en 2013 sur le John Deere Classic.

En moins de quatre ans, entre ces deux victoires, Jordan Spieth a remporté le titre de meilleur rookie, puis deux majeurs dont le Masters, manqué de peu de remporter un British et une autre veste verte, pris la première place mondiale avant de la laisser échapper, mais de rester un des meilleurs du monde dans son sport.

Aux Etats-Unis, à chaque fois qu’un jeune fait mine d’être doué, il est irrémédiablement comparé ou à Tiger Woods ou à Arnold Palmer.

Spieth a eu droit aux deux ! Arnold Palmer, le king est le chouchou des américains. Woods est malgré ses péripéties considéré comme un Everest de performance.

Spieth est comparé à Palmer parce qu’il dégage quelque chose d’aussi sympathique. Spieth est comparé à Woods tout simplement pour ses performances précoces.

Dix victoires en quatre ans, et avant 24 ans, c’est un standard à la Woods.

Tenez compte que l’actuel numéro un mondial, Dustin Johnson, qui en forme paraît encore très supérieur à Spieth, notamment dans le jeu long, a remporté une victoire chaque année pendant huit ans avant d’arriver à ce total de dix, de 2008 à 2016.

Il compte aujourd’hui 15 succès notamment parce qu’il a accéléré son rythme depuis deux ans.

A 33 ans, il a tout pour durer comme numéro un mondial. Toutefois, Spieth restera toujours dix ans plus jeune !

SI « DJ » est très fort dans tous les compartiments de jeu (il est numéro un mondial), Spieth est énorme au putting tel que Woods l’était du temps de sa splendeur.

Un putt à 6 mètres sous pression ? Pour Ryan Palmer, c’est sûr « Spieth va le mettre au fond du trou ! ».

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Certes, Spieth n’est peut-être pas le prochain Tiger Woods, mais il est assurément un solide membre du top-5 pour les années à venir.

Il suffit de regarder les 5 dernières pour s’en convaincre.

Vainqueur d’un tournoi en 2013, il n’y a guère qu’en 2014 où il a eu besoin d’un temps de digestion. En 2015, il prend 5 victoires et le titre de numéro un mondial.

En 2016, et 2017, même si ce n’est pas aussi spectaculaire, il remporte deux tournois.

Certains s’amusent à comparer Justin Thomas et Jordan Spieth, les deux copains quasiment du même âge en prétendant que finalement le premier nommé est peut-être le plus doué des deux. Simplement, Spieth a éclos plus tôt ! Peut-être, mais il a déjà été numéro un mondial et vainqueur de deux majeurs, alors que Justin Thomas a encore tout à prouver.

Dimanche, Jordan Spieth a eu un petit coup de pouce du destin.

Alors que sur le 18, il pose son deuxième coup dans le bunker, sur le premier trou de play-off, il joue exactement la même stratégie, et termine à nouveau dans le bunker !

Pour l’emporter, il va exploser la balle depuis le sable pour qu’elle finisse sa course dans le trou dans un final incroyable.

Ne croyez pas que sa partie a été pour autant comme un long fleuve tranquille. Après avoir démarré à la perfection, Spieth a raté des putts faciles, et lâché des coups de bois qui parfois auraient pu lui coûter un petit tour dans de l’eau.

Dix centimètres, c’est parfois suffisant pour rester au sec…

Ces deux premiers birdies lui avaient permis d’être seul en tête. Cependant, bien que très amateur de son bois 3 Titleist 917 F, il n’a pris que quatre fairways sur neuf départs à l’aller.

Deux bogeys au 12 et au 14 l’ont remis au niveau de Daniel Berger.

Ce dernier pourra être finalement déçu de l’issue du tournoi puisque sur le dernier tour, il aura tout de même repris 3 coups au futur vainqueur.

Mais voilà « Jordan a fait du Jordan avec sa sortie de bunker. Parfois, il n’y a juste rien à faire. »

Une autre statistique est intéressante concernant cette fois la force mentale de Spieth : Son nombre de victoires en play-off ! Soit quatre sur six !

La force mentale, c’est peut-être un point commun intéressant entre Jordan et un golfeur qui avait l’habitude de porter une veste rouge le dimanche… 

Revoir les 18 trous de Jordan Spieth en vidéo

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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