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Miguel Angel Jimenez: Quel est le secret de son éternelle jeunesse ?

Miguel Angel Jimenez: Quel est le secret de son éternelle jeunesse ?

Nous aurions pu titrer cet article « Papy fait de la résistance » mais à la réflexion, cela n’aurait pas été fin par rapport à un golfeur de 50 ans, moyenne d’âge des golfeurs amateurs. Pourtant, sur le tour professionnel, l’espagnol Miguel Angel Jimenez vient de battre pour la troisième fois son propre record du plus vieux vainqueur dans l’histoire du circuit.

Jimenez bat son propre record en remportant l’Open d’Espagne 2014

En 27 tentatives depuis 1983, c’est la première fois que Miguel Angel Jimenez remporte son open national. Mieux vaut tard que jamais ! A 50 ans et 133 jours, il bat son précédent record qui était déjà de 49 ans et 337 jours.

Et quel sacré mois pour celui qui vient de terminer quatrième du Masters d’Augusta, de remporter son premier tournoi sur le Champions Tour (circuit des plus de cinquante ans) la semaine suivante, puis de se remarier encore une semaine plus tard.

Et quel pied de nez à sa propre histoire, lui qui a résisté à la tentation de jouer à plein temps sur le circuit vétéran en 2014 pour avoir encore une opportunité de jouer une dernière Ryder Cup pour l’équipe européenne.

Qui aurait parié sur cette idée en passe de devenir réalité ?

Ce dimanche, Jimenez a commencé son dernier tour avec deux coups de retards sur la tête du tournoi, et finalement, une carte de 73 lui a suffi à arracher un play-off contre le belge Thomas Pieters, véritable surprise du tournoi, qui n’a pas pu tenir le rythme jusqu’au bout comme le traduit sa carte de 75, et contre le gaucher Richard Green, qui lui a repris trois points au leader de la veille (72).

Dès le premier trou de play-off, Pieters et Green ont craqué en commettant un bogey, et ouvert la voie à la 21ème victoire en carrière de Jimenez sur le tour européen.

« C’est génial. C’est ma 21ème victoire sur le circuit européen pour mon 27ème départ sur l’Open d’Espagne. J’ai déjà été tout près de l’emporter à plusieurs reprises, mais aujourd’hui, c’était vraiment difficile, pourtant, j’y suis arrivé à la fin. » Jimenez bat son propre record en remportant l’Open d’Espagne 2014

Avant d’ajouter « J’aimerai vraiment faire partie de l’équipe européenne de Ryder Cup, et casser tous les records, y compris celui du joueur le plus âgé. Je peux vraiment être au niveau pour défendre les couleurs de l’Europe en Ecosse. » 

25ème mondial et 5ème de la Race To Dubai, il est bien parti pour parvenir à ses fins ! 

Quelle est la part du matériel dans ses performances ? 

La plupart du temps, après une victoire d’un golfeur sur le tour, les médias s’amusent à décortiquer le sac du joueur, histoire de répondre à la question que se posent certains amateurs : Mais comment a-t-il fait pour gagner, ou plutôt avec quoi ? 

Alors rapidement, nous pourrions vous dire que l’espagnol, figure du team Ping, joue un driver i25 9.5°, un loft bas n’en déplaise à la campagne de communication de TaylorMade pour nous inciter à remonter nos lofts, avec un shaft Aldila Tour Blue 65 TX. 

Idem pour son bois 3 Ping i25 de 14 degrés, son bois 5 Ping i25 de 18 degrés, et son bois 7 Ping i25 de 21 degrés, tous montés sur le même shaft en version 75 grammes. 

A ce stade, nous avons une première partie de la réponse concernant le niveau de compétitivité de l’Espagnol sur le tour par rapport au problème de la distance. 

Jimenez fait partie des rares golfeurs à embarquer trois bois de parcours dans son sac. 

Qu’en est-il réellement concernant la distance pour l’espagnol ? 

A la lecture des statistiques ci-dessous, nous pouvons constater que sur les huit dernières années, en termes de scores, Jimenez est en fait dans la stabilité. 

Mise à part, les années 2011 et 2012, le niveau de jeu global de l’espagnol est resté très stable autour de 70,7 coups de moyenne par tour, ce qui en soi, est une performance. 

Dans le détail, effectivement entre 42 et 50 ans, il n’a cessé de reculer en matière de greens en régulations, passant globalement de 70% à 65 % aujourd’hui, ce qui traduit une difficulté à tenir la distance ou la précision avec le jeu de fers. 

Or, et contrairement à ce que nous pourrions croire, le problème ne vient pas de son driving ! 

Depuis dix ans, Jimenez est même très stable dans ce compartiment de jeu, que nous pourrions croire très lié à la forme physique, et par conséquence, à l’âge. 

Si nous comparons l’année 2014 à l’année 2007, Jimenez a même gagné sept mètres en moyenne !

Quel encouragement pour tous les golfeurs amateurs, qui voient les années passées, en craignant cette fameuse perte de puissance ! 

De plus, Jimenez a gagné en précision au drive tout en maintenant sa distance, passant de 62% de fairways touchés au drive en 2007 69% en 2014, un élément qui explique en grande partie, ses performances actuelles. 

En réalité, au cours de ces dernières années, mis à part le jeu de fer, tous les compartiments du jeu de l’espagnol n’ont cessé de progresser pour lui permettre d’être aujourd’hui encore, et à cinquante ans, l’un des meilleurs golfeurs européens, confirmant complètement la notion de courbe d’expérience positive, qui veut que si les années passent, le corps vieillit mais la technique ne cesse de s’améliorer. 

Qu’en est-il réellement concernant la distance pour l’espagnol ?

Certes Jimenez ne drive pas 289 mètres de moyenne comme le bombardier belge, Nicolas Colsaerts, ceci dit, cela n’a jamais été le cas, et ce n’est pas sa qualité première ! 

En vérité, il est 134ème sur 187 pour la moyenne de distance au drive, juste devant Gregory Bourdy ! 

Là-aussi, quel pied de nez à la croyance de beaucoup de golfeurs amateurs qui s’évertuent à driver de plus en plus loin, alors que la carte de score démontre que ce n’est pas dans ce compartiment de jeu que la victoire se dessine. 

Il n’y a qu’à se référer à la moyenne de drive réussie par Nicolas Colsaerts pour enfoncer le clou, soit seulement 56% contre 69% pour l’espagnol. 

Jimenez fait actuellement partie de l’équipe potentielle de Ryder Cup, pas le belge, tenant du titre de 2012. 

Au golf, la précision compte clairement plus que la distance, justement parce qu’après un drive de 250 mètres sur la piste, l’espagnol joue proprement ses bois de parcours pour compenser le retard pris au drive, mais lui, a moins souvent à sortir un exploit depuis le rough. 

Très fidèle à Ping pour ses clubs, il utilise des fers Ping S55 4 à 9 en acier True Temper Dynamic Gold X100, et trois wedges en 48, 52 et 60 degrés. 

Cependant, un autre élément contribue à sa performance globale, et ait moins souvent reporté : la balle ! 

Sa Srixon Z-Star qui utilise une nouvelle technologie concernant la couche extérieure, permet un gain de frottement de 20% à l’impact avec la face du club, pour augmenter le spin et le contrôle sur les coups d’approches. 

Cela peut vous surprendre, mais la Srixon Z-Star en est déjà 14 victoires internationales depuis le début de la saison 2014 ! 

Quelle est la part de son talent et de ses choix personnels dans ses performances ? 

Nous avons commencé par le matériel, mais en réalité, derrière l’incroyable longévité de Jimenez, la vérité tient en deux choses :

  • son approche du sport de haut niveau,
  • le fait qu'à notre époque, justement le sport de haut niveau, va de plus en plus impliquer des performances pour des joueurs plus âgés, capable de bien jouer plus longtemps. 

Jimenez ne sera pas un cas isolé !

Au contraire, il ne fait qu’annoncer un phénomène d’allongement des carrières des golfeurs professionnels motivés. 

Concernant l’espagnol, vous avez sans doute déjà entendu parler de son programme de fitness personnel

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Insistons sur le caractère personnel de sa méthode, car de manière évidente, à en juger par son tour de taille, il ne se tue pas à la tâche en salle de gym ! 

Et c’est peut-être cela son secret ? N’étant pas un acharné de la préparation physique à outrance, Miguel Angel Jimenez se concentre surtout sur le jeu ! 

Vous remarquerez qu’il n’est pas du genre à jouer peu, comme Tiger Woods ou Adam Scott, qui eux ont tendance à alléger leurs calendriers pour se concentrer sur quelques tournois, passant le reste du temps à s’entraîner ou à se reposer. 

Jimenez est un bon vivant. 

Ce n’est clairement pas lui qui vous dira en fin de saison « Ah, je suis fatigué de trop jouer au golf ou de trop travailler au practice… » Jimenez joue avec plaisir, ce qui le protège d’un éventuel coup de pompe ou baisse de moral. 

Enfin, il faut aussi relativiser ses performances. A cinquante ans, il n’a jamais gagné de majeur. 

Certes, il se gère mieux qu’un Woods ou un Scott sur une année, mais il gagne tout de même moins qu’eux. Peut-être qu’il sera simplement plus présent sur la longueur ? 

Cependant, tout le monde s’accorde sur un point au sujet de l’espagnol : sa souplesse ! 

Encore une preuve qu’il ne faut pas être une montagne de muscle pour bien jouer au golf, en revanche, une bonne rotation des hanches cela aide ! 

A moins que le fait de s’être remarié suffise à expliquer qu’il est tout simplement heureux, et son jeu s’en ressent tout aussi simplement… 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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