Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Memorial Tournament: Une victoire vraiment mémorable pour Bryson DeChambeau

Memorial Tournament: Une victoire vraiment mémorable pour Bryson DeChambeau

Green du 18 sur le parcours de Muirfield Village, le public retient son souffle. Bryson Dechambeau, seul en tête à -16, n’a plus qu’un difficile putt de 3 mètres pour remporter sa deuxième victoire sur le PGA Tour en deux ans. Patrick Cantlay et Kyle Stanley ont laissé passer leur chance. Le second nommé a surtout été très malheureux sur ce dernier trou avec son tee shot qui attrape un arbre et recule de 40 mètres pour l’empêcher d’envisager de toucher le green en deux. Ce coup du sort va le marquer sur l’issu du tournoi, et justement offrir une première occasion à son rival. Il venait pourtant de rentrer quatre birdies consécutifs.

Découvrez nos formules d'abonnements

DeChambeau, lui n’a plus qu’un putt pour la victoire…Il prend son temps. Il prend le soin de repérer sa ligne. Il sait que son dernier putt est difficile avec une pente de droite à gauche. Sa balle part dans la bonne ligne, tourne, et flirte avec le trou pour un ou deux centimètres. DeChambeau vient de laisser filer une première chance de clore ce Memorial Tournament, sous les yeux de Jack Nicklaus, et sa femme Barbara.

De son côté le sud-coréen Byeong Hun An continuait à putter sur le putting green. En -15 au club-house, il conservait en effet une toute petite chance d’accrocher un play-off.

Au moment où DeChambeau a manqué son putt pour PAR, An se dirigeait alors vers le parcours pour rejouer, alors que l’américain « jurait » de ne pas avoir tué le tournoi. Très agacé de repartir pour un trou alors que jusque-là, il avait toujours su rebondir d’un mauvais coup pour sauver le bénéfice de son magistral troisième tour.

DeChambeau, An, et Stanley sont donc repartis pour un premier trou de play-off consistant à rejouer le 18 jusqu’à ce qu’un vainqueur soit proclamé, et félicité par Jack Nicklaus, le maître des lieux.

Stanley est finalement ressorti rapidement de ce play-off avec une nouvelle erreur depuis le tee shot. Son bois lâché à droite comme le sud-coréen lui a donné un coup impossible, les pieds en pente, la balle au-dessus de lui, proche du bunker.

Dans le rough, depuis une telle position, impossible de toucher le green en deux, et même espérer toucher la balle décemment.

Finalement auteur d’un bogey, il allait laisser DeChambeau et An se disputer le trou, et la victoire.

An, auteur d’un mauvais tee shot avait finalement trouvé le rough au-dessus du green, la faute à l’impossibilité de donner assez de spin à la balle depuis le rough.

Il tente un chip improbable qui roule au bord du trou. Il a manqué d’un cheveu de mettre tout le monde d’accord alors que ses deux premiers coups avaient été très moyens.

Cela aurait été cruel pour l’homme du jour, DeChambeau, beaucoup plus précis et en contrôle sur cette fin de tournoi.

Les deux rivaux, tous deux possesseurs d’un US Open Amateur repartent finalement pour un deuxième trou de play-off.

Cette fois, An transforme son énergie en bonne concentration sur son tee-shot. La balle attrape le fairway, et le place idéalement.

Pour la troisième fois de la journée, DeChambeau va sortir une merveille de bois 3 avec son swing robotique.

Il attrape lui aussi le fairway du 18. Plus long que le sud-coréen, il jouera en second.

L’issue du tournoi se joue sur ce deuxième coup. An frappe en hook sur la gauche, et au-dessus du trou dans la foule amassée autour du green.

Son coup est au moins 20 mètres trop long, pris par le vent qui fait tenir le drapeau droit.

DeChambeau a manqué les deux précédentes approches.

Il a désormais un boulevard pour gagner. Son coup de fer va enfin trouver le green, et se situer à 3 mètres du drapeau. Il a une opportunité de birdie alors que son adversaire ne pourra au mieux sauver le par.

An drope à deux reprises sous l’œil du commissaire. Dix minutes plus tôt, son approche avait été quasi parfaite.

Cette fois, il tente un flop shot à la sauce Mickelson. Son swing est rapide et brutal. La balle décolle vers le ciel puis retombe en parachute à moins d’un mètre Dans de telles circonstances, ce coup semble tomber du ciel, au sens propre, comme au figuré.

Dechambeau doit encore rentrer son putt pour gagner. C’est rare d’avoir deux chances de gagner un tournoi du PGA Tour, surtout avec un champ de joueurs aussi relevé, sorte de tour de chauffe du prochain US Open à Shinnecock Hills.

Cette fois, son putt prend le centre du trou. Il peut lever le poing, et savourer sa deuxième victoire chez Jack Nicklaus, une victoire toujours très significative pour un américain.

Déjà second sur le Arnold Palmer Invitational, l’adepte des clubs d’une seule longueur valide son principe technique, encore assez unique sur le PGA Tour.

Salué par Nicklaus, il le remercie pour tout ce qu’il a fait pour organiser le tournoi cette semaine, et lui fait part d’une anecdote et un point commun entre sa victoire sur le John Deere Classic et ce Memorial.

Salué par Nicklaus, il le remercie pour tout ce qu’il a fait pour organiser le tournoi cette semaine, et lui fait part d’une anecdote et un point commun entre sa victoire sur le John Deere Classic et ce Memorial.

Il est dans l’euphorie. Interrogé quelques secondes plus tard par la télévision, il se déclare sans voix de gagner le tournoi de Nicklaus.

Cette dernière journée lui a réservé bien des émotions. Son 71 du dernier tour dénote une journée à gérer des hauts et des bas. Son pourcentage de fairways pris en régulation sur le dernier tour a été le plus pauvre de la semaine (seulement 35%), soit deux fois moins précis par rapport au reste de sa semaine.

Le nombre de greens en régulation s’en est ressenti par rapport à la veille où il avait frappé un grand coup sur le classement (88%), signant un 66 sans le moindre bogey.

Depuis son arrivée remarquée sur le tour, DeChambeau pouvait à la fois susciter la fascination pour son swing atypique, et susciter une forme de doute par rapport à sa capacité à percer sur le PGA Tour.

Avec deux victoires chez les pros, dont ce succès probant dans l’Ohio, DeChambeau démontre bel et bien qu’il s’inscrit dans la lignée de prochaines stars de la décennie.

Plus que son swing, c’était surtout sur son putting qu’il a semblé se chercher, et avoir le plus de doutes. Depuis qu’il est fixé sur un long putter, et une prise qui lui permet d’ancrer le manche sur son avant-bras, il a trouvé la dernière pièce de son puzzle personnel pour devenir un top-player.

Il a bien choisi son moment pour gagner, lui qui est féru d’histoire et de légendes golfiques. Quoi de mieux que de frapper à la porte de l’histoire chez le grand Jack ?

Crédit photo : William Howard/Adam Lacy

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 249
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.