Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

McIlroy remporte la Race To Dubai 2014 sans jouer!

McIlroy remporte la Race To Dubai 2014 sans jouer!

Plus d’un mois après le sacre de l’américain Billy Horschel sur la Fedex Cup 2014, Rory McIlroy est assuré de remporter l’équivalent européen, sans même avoir joué une seule minute des séries finales de la Race To Dubai.

Découvrez nos formules d'abonnements

Cette année encore,  le golf n’arrive pas à trouver une cohérence et une lisibilité au niveau de ces classements internationaux.

Si Arthur Laffer est le père du célèbre adage « trop d’impôt tue l’impôt », il aurait pu appliquer sa théorie aux compétitions de golf, et leurs classements alambiqués.

La Race to Dubaï : Une pâle copie de la Fedex Cup !

Sur le PGA Tour, les organisateurs ayant peur d’un intérêt décroissant du public après le dernier majeur de la saison, le PGA Championship, et à la recherche d’une formule pour créer un minimum d’intérêt en fin d’année, ont finalement inventé avec le concours d’un riche sponsor, la Fedex Cup ou plutôt la course aux 10 millions de dollars.

Ce challenge venant en fait remplacer le classement annuel des golfeurs selon les gains en tournois, avec la particularité de redistribuer les cartes lors des quatre dernières épreuves de l’année, dans le seul but d’éviter qu’un golfeur n’arrive sur cette formule avec une telle avance qu’il n’y ait pas de suspense jusqu’au bout.

Ce système a été conçu au plus fort moment de la domination de Tiger Woods sur le golf mondial.

Le classement de la Race to Dubai suit exactement la même logique pour l’autre circuit mondial de golf, l’European Tour, car le golf au plus haut niveau est un sport tellement peu mature, qu’aucune unification des circuits n’a jamais pu voir le jour en trente ans.

A l’inverse du tennis qui a fait sa révolution dans les années 70 pour concentrer toutes ses épreuves sur un seul grand tour mondial, et ainsi apporter une lisibilité claire du classement final.

L’ATP tour n’a jamais cessé de croître d’un point de vue financier, et du fait du big-four Federer, Nadal, Djokovic, Murray, le tennis est de plus en plus populaire sur tous les continents qui se passionnent pour les aventures de ces sportifs globe-trotters.

Dans le même temps, le golf n’arrive toujours pas à s’imposer comme un sport majeur qui mérite une page dans n’importe quel « Sport 6 » du dimanche soir !

Et la faute n’est pas seulement imputable aux médias sportifs généralistes.

Comment promouvoir un sport aussi peu lisible ?

L’américain Billy Horschel a remporté le titre aux Etats-Unis alors qu’il a réalisé une saison bien discrète, ayant la chance de remporter le dernier tournoi de l’année, le Tour championship qui ne regroupe que 30 joueurs, quand n’importe quelle autre épreuve est au moins disputée par 120 joueurs.

mcilroy-open4-2014.jpg

Concernant la Race to Dubaï, ce classement secondaire par rapport à celui du PGA Tour qui est déjà d’un intérêt très relatif, McIlroy était quasiment sûr d’être sacré du fait de son doublé Open Championship-PGA Championship, car à la différence de la Fedex Cup, le championnat européen ne remet pas les compteurs à zéro.

Comme quoi aucun des deux systèmes n’a en réalité la bonne formule.

De notre point de vue, ces deux classements n’ont en fait aucun intérêt, et ne font qu’altérer la visibilité du classement mondial publié par l’OWGR (official world golf ranking), seul système digne d’intérêt puisqu’il prend en compte toutes les performances qu’elles aient été acquises en Europe, aux USA, en Afrique, ou en Asie.

Toujours pas de rapprochement en vue pour les deux tours

Accrochés à leurs intérêts propres, les patrons du tour européen et du PGA tour continuent de pénaliser le développement du golf à l’international, en refusant de converger vers un seul grand tour mondial, qui aurait pour modèle le très international circuit de tennis mondial, l’ATP tour disputé sur tous les continents.

Principe qui forcerait les meilleurs joueurs du monde à jouer sur tous les parcours du monde, et permettrait de favoriser la promotion du golf en-dehors des seules frontières américaines.

Imaginez un championnat du monde de formule 1 où Sebastian Vettel ou Lewis Hamilton pourraient gagner deux grand-prix, et finalement ne pas courir sur les dernières manches du championnat, assurés d’être champion du monde !

Personne ne l’accepterait d’un point de vue du spectacle ou de l’intérêt sportif, pourtant, c’est exactement ce qui se passe au golf.

Ce week-end, lors du Turkish Airlines Open, McIlroy, absent, devait espérer un vainqueur différent de Marcel Siem, Sergio Garcia, ou Jamie Donaldson pour être assuré d’être sacré avant le dernier tournoi de l’année.

Par chance pour le nord-irlandais, c’est un américain qui s’est imposé. Brooks Koepka, un golfeur globe-trotteur, puisqu’en moins d’un an, il  a parcouru plus de 50 000 miles.

Avec 2,726,514 points d’avances sur Henrik Stenson (champion 2013), McIlroy ne peut donc plus être rejoint lors du tournoi final à Dubaï qui ne distribuera que 1,666,600 points.

Pour le crédit de cette formule bancale, le numéro un mondial sera bien présent la semaine prochaine à Dubaï, afin d’y recevoir un titre bien peu mérité puisqu’en fait, Rory a très peu joué en Europe cette année, et au contraire, très engagé aux USA.

Son doublé Open Championship – PGA Championship a en fait pesé lourd sur son sacre, sachant que le dernier majeur de la saison est disputé aux USA, bien qu’il compte pour le classement européen.

Vous voyez bien que l’on vous dit que c’est compliqué !

En effet, certains tournois comptent pour les circuits européens et américains, même quand ils ne sont pas disputés sur le continent concerné.

mcilroy2014-open3.jpg

Qu’importe pour Rory McIlroy qui bénéficie de ce système illisible pour remporter une deuxième Race to Dubaï en l’espace de trois ans.

« Cela a été évidemment la meilleure saison de ma carrière, et remporter une deuxième Race to Dubaï est vraiment quelque chose de spécial pour moi. »

Merci le communiqué tout préparé par l’attaché de presse !

Bien que cette situation soit embarrassante pour l’European Tour, cela ne signifie pas pour autant que les règles vont changer pour les années à venir, ce qui risque de maintenir une certaine forme d’indifférence du grand public au sujet des compétitions de golf internationales. 

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1916
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.