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McIlroy bluffé par le secret de la distance au drive de Justin Rose!

McIlroy bluffé par le secret de la distance au drive de Justin Rose!

A 35 ans, le golfeur anglais Justin Rose, vainqueur de l’US Open en 2013, estime qu’il a encore cinq belles années de golf sur le tour devant lui, et compte bien en profiter pour améliorer tout ce qui peut encore l’être dans son jeu, en particulier, la distance au drive pour concourir au plus haut niveau mondial. Engagé cette semaine sur le Frys.com Open, un tournoi de golf du PGA Tour, il a créé la sensation et surpris son partenaire, Rory McIlroy, pour sa nouvelle distance au drive.

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Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler sur ce site, le nord-irlandais, Rory McIlroy est un des bombardiers du tour en matière de driving.

En quelque sorte, il a inventé un concept de jeu de golf : drive, wedge, birdie !

Numéro 3 du PGA Tour pour la distance au drive en 2014 avec une moyenne de 283 mètres, McIlroy n’est donc pas un perdreau de l’année en la matière.

Engagé ce jeudi sur le Frys.com Open, tournoi de reprise pour la saison 2015-2016 du PGA Tour, McIlroy a eu l’occasion de jouer avec Justin Rose, un partenaire qu’il connait bien, et avec qui il joue régulièrement.

Au cours de cette partie, et une fois n’est pas coutume, McIlroy qui a plutôt bien joué (score de 68) a été régulièrement overdrivé par son partenaire anglais !

Rose est pourtant loin d’être un des joueurs les plus longs au drive sur le tour…

En 2014, il a terminé à la 49ème place du classement pour la distance avec une moyenne de 269 mètres, soit 14 mètres de moins que McIlroy…

Longiligne, Rose est beaucoup moins athlétique que son compère. Il mesure tout de même 1m89 pour 82 kilos quand Rory mesure 1m75 pour 73 kilos.

Les principales caractéristiques du jeu de l’anglais sont d’ailleurs plus la précision, un jeu de fers aiguisé et un sens pratique du management d’une partie plus que la puissance.

Quelques semaines en arrière, Rose et McIlroy étaient dans la même partie lors du Tour Championship à Atlanta (fin septembre),et le nord-irlandais n’avait pas été overdrivé par Rose. Dirons-nous comme d’habitude !

Que s’est-il passé pour qu’en l’espace de quatre semaines, Rose ait trouvé une recette miracle pour gagner de la distance sur l’un des meilleurs au monde dans cet exercice ?

Le sponsor de Rose (TaylorMade) adorerait que nous vous jurions nos grands dieux qu’il s’agit de son tout nouveau driver M1.

Effectivement, c’est un des arguments, mais absolument pas le seul.

rose-driver.jpg

Le nouveau M1 que nous avons testé offre un angle de lancement plus tendu, et en théorie moins de spin que le précédent R15 (donnée que nous n’avons pas vérifié dans notre test. Le M1 donnant plus de spin que le R15 à une vitesse de 95 mph).

Ceci dit, le simple fait de changer de driver ne pourrait expliquer ce qui s’est passé sur le premier tour du tournoi disputé cette semaine.

Dans les faits, Rose a drivé à sept reprises au-dessus de 283 mètres, et terminé son tour avec un score de 67 et une moyenne de drive à 277 mètres, soit 7 mètres de plus que sa précédente moyenne sur le Tour Championship, joué un mois plus tôt.

De son côté, McIlroy n’a drivé qu’à quatre reprises au-dessus de 283 mètres, et déclaré « Je ne l’avais encore jamais vu driver aussi loin. Même au Tour Championship où j’ai joué avec lui, je jouais après lui car je drivais plus loin.»

Effectivement, Rose accusait un retard de 18 mètres en moyenne contre McIlroy sur le tournoi précédent.

En résumé, en l’espace de quatre semaines, Rose a repris 25 mètres à McIlroy, ce qui est énorme à ce niveau de la compétition entre les meilleurs golfeurs du monde, et qui n’a pas manqué de bluffé McIlroy.

Avec un sourire malicieux, Rose a admis avoir simplement changé son shaft…

Ce n’est pas la seule explication…

En réalité, Rose a mis son gain de distance sur le cumul de trois actions : le travail réalisé avec son coach Sean Foley (ancien coach de Tiger Woods, son changement de driver (le M1), et son retour à une pratique intensive de la gym.

Il ne serait pas étonnant que Rose ayant constaté le bond en avant de l’australien Jason Day au classement mondial justement à la faveur de statistiques au drive impressionnantes, l’anglais se soit résolu à travailler sur son physique, et son angle de montée au backswing pour aller chercher un ou deux miles per hour supplémentaire pour pouvoir lutter avec les bombardiers du tour.

« L’an passé fut la première saison où j’ai intégré le top 20 pour la distance au drive depuis mes débuts professionnels. Je sens que mon jeu est en place, et que j’ai encore au moins cinq belles années de golf devant moi. »

Effectivement, un gain au drive pourrait lui permettre de se battre avec les nouveaux ténors du tour que sont McIlroy et Day, sachant que Woods, et Mickelson sont aussi en plus grande difficulté pour gagner des tournois, étant eux-mêmes moins longs que par le passé, et surtout surclassés.

Ceci dit, l’actuel numéro un mondial, Jordan Spieth n’a pas construit ses victoires sur la distance au drive, mais plutôt sur son jeu d’approche, et son putting, digne du tigre à ses meilleurs moments.

En conclusion de ce sujet qui avait pour but de faire la part entre les différentes théories sur le gain de distance spectaculaire de Justin Rose, le matériel y concoure mais n’est pas nécessairement le premier argument.

En vérité, il ne devrait être que le dernier.

justin-rose-d3.jpg

Récemment, au cours d’une de nos expériences avec un de nos testeurs pour les essais matériels, nous avons constaté un gain spectaculaire de 10 mph avec les fers, et 5 mph pour les bois, non pas en changeant de clubs, ni en travaillant le physique à outrance, mais simplement en améliorant son tempo, et surtout le plan du club.

Il "suffit" de monter le club au sommet du backswing de 10 degrés supplémentaires tout en n’allant pas au-delà de 270 degrés pour gagner une vitesse de swing spectaculaire, et de la distance au drive.

De notre point de vue, il suffit que Rose, par un travail sur la souplesse de ses épaules, et une correction de son plan de swing, ait gagné quelques degrés pour justement overdriver McIlroy, surtout que Rose a un plus grand « bras de levier » que McIlroy à la base (1m82 contre 1m75).

A l’inverse, ce dernier revenant de blessure, il n’est peut-être pas au mieux physiquement.

Pour chercher à comprendre, nous nous sommes procurés les données trackman du driving de Justin Rose en 2014.

shot-details.jpg

En moyenne, Rose drivait à une vitesse de swing de 115 mph pour une vitesse de balle de 167 mph, soit un smash factor de 1.46.

L'angle de lancement de son driver de loft 12° n'étant que de...12.5°, nous pouvons imaginer qu'il cherchait des solutions pour lever la balle davantage, sachant que pour les données enregistrées à l'entraînement, et cités ci-dessus, il atteint une moyenne de distance au carry de 260 mètres, et une moyenne de distance totale de 279 mètres.

Pour gagner de la distance, il peut donc travailler sur au moins trois paramètres : la vitesse de swing, l'angle de lancement, et le taux de spin.

Admettons qu'il ait gagné cette semaine un ou deux degrés d'angle de lancement, soit en montant le loft de son driver, soit en montant le tee (le plus improbable), soit en modifiant son angle d'attaque (ce qui n'est pas le plus simple). 

En parallèle, il faudrait qu'il ait descendu son taux de spin de 200 à 400 tours par minutes, et même plus sous l'effet du changement de driver pour descendre à 2200 rpm de spin.(Il était à 2570 rpm de moyenne en 2014).

Son driver M1, et surtout son fitting, il pourrait tout à fait avoir cumulé ces deux paramètres pour gagner quelques mètres, mais probablement pas 25 mètres.

Non, le plus probable serait un gain de 2, 3 ou 4 mph de vitesse de swing. Son driver peut à nouveau l'aider si celui-ci est plus tolérant, et plus maniable pour trouver plus facilement le centre de la face (sweet spot) malgré une vitesse de swing plus rapide, qui est aussi un risque notable d'augmentation de la dispersion latérale (perte de précision).

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Comme dit plus haut, pour gagner en vitesse de swing, il a sans doute travaillé sur sa montée, et se rapprocher de l'idéal de 270 degrés au sommet.

En résumé, Rose a sans doute raison de justifier ce gain de distance par le cumul de trois paramètres, son swing, son physique, et le fitting de son club.

Pour gagner de la distance au drive, il faut trois paramètres dans le bon ordre : physique, technique, et matériel.

Les marques aimeraient vous persuader d’inverser cet ordre…

A vous de juger...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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