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McIlroy de retour à Akron pour le WGC-Bridgestone-Invitational sans son cadet historique

McIlroy de retour à Akron pour le WGC-Bridgestone-Invitational sans son cadet historique

A l’occasion de la conférence de presse donnée pour le WGC-Bridgestone Invitational, Rory McIlroy, numéro 4 mondial, n’a pas pu échapper aux questions concernant son brutal et soudain changement de cadet en plein milieu de saison. Et ce, justement après que JP Fizgerald l’ai positivement remué à Birkdale pour une issue heureuse… Pour McIlroy, ce « fusible en moins » l’expose à de meilleures performances pour les semaines à venir…

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Pendant près de 9 ans, et pratiquement toute la carrière professionnelle de Rory McIlroy, le golfeur annoncé très tôt comme le nouveau prodige du golf mondial, celui qui allait effacer Tiger Woods des tablettes, JP Fitzgerald, le parfois rugueux et pas toujours sympathique cadet a été de toutes les campagnes victorieuses dont 4 majeurs et 26 victoires internationales.

Quel curieux concours de circonstance ?

Au cours du premier tour de The Open 2017 à Birkdale, après avoir rendu plusieurs bogeys d’affilés (5 en l’espace des 6 premiers trous), JP Fitzgerald s’est permis de secouer son patron « Qu’est-ce que tu fous ? Tu es Rory McIlroy ! »

Derrière, sans doute surpris, McIlroy a rentré 4 birdies et sauvé ses chances pour le second tour, et la perspective du cut.

Que ce serait-il passé sans cette intervention pleine d’à propos de la part du cadet, qui n’est pas juste payé à porter le sac ?

Plus âgé que McIlroy (28 ans) le multimillionnaire, Fitzgerald s’est sans doute senti autorisé pour parler au jeune homme, et le réveiller, alors qu’il a passé beaucoup de temps à négocier son contrat avec TaylorMade (24 millions de dollars par an), et surtout son mariage avec Erica Stoll avant d’arriver sur le troisième majeur de l’année avec zéro victoire au compteur.

Quoi qu’en pense McIlroy, du fait sur le moment, et de l’écho médiatique que cela a eu… Fitzgerald a sans doute rendu service au joueur, qui était alors en perdition sur le parcours de Birkdale.

Certes, son départ manqué lui a coûté de réellement pouvoir jouer la gagne sur cet Open, néanmoins, la suite de son tournoi, soit 66 trous sur 72, lui a permis de finir 4eme avec des regrets.

Depuis sa victoire à la Fedex Cup 2016 et le chèque de 10 millions de dollars qui va avec, McIlroy n’a pas connu de résultats tonitruants pour un sportif de son niveau.

5 top-10 en 11 départs, cela pourrait convenir à beaucoup de très bons golfeurs.

Cependant, nous parlons d’un prétendant aux victoires en majeurs, et cette année, alors qu’il ne reste plus qu’un majeur à disputer dans quelques jours, McIlroy risque bien de vivre une nouvelle saison blanche, lui qui a déjà abandonné depuis un certain temps, la place de numéro un mondial.

McIlroy et Fitzgerald à l'Open de France, une histoire ancienne

En vérité, depuis 24 mois, Rory McIlroy n’a pas réalisé de progrès significatifs dans son jeu.

D’abord, dominé par Jordan Spieth en 2015, puis par Jason Day en 2016, et désormais Dustin Johnson et encore Jordan Spieth, le leader du golf européen est resté un long frappeur de drive, mais contrairement à Dustin Johnson ou même Jordan Spieth, on ne peut pas dire qu’il ait renforcé un autre compartiment du jeu, et par exemple, le petit jeu.

Spieth a progressé de manière très notable dans le jeu de fers, et il en livré une belle démonstration à Birkdale en frôlant les 80% de greens en régulations pendant 4 jours.

Dustin Johnson que j’ai vu de près en Californie présente un petit jeu très sous-estimé par rapport à la puissance de son driving.

Autour des greens, DJ a fait des progrès incroyables et qui ne sont pas étrangers à son rang de numéro un mondial.

McIlroy a bien connu une éclaircie dans son putting à l’automne dernier. Cela a justement coïncidé avec sa victoire en Fedex Cup, qui pour rappel, tient aussi à un coup de fer rentré dans la boîte à plus de 150 mètres sans visibilité.

Entrons dans le détail de son jeu sur les quatre dernières années.

Numéro un mondial en 2012 puis en 2014 jusqu’en juillet 2015, son classement ne cesse de s’éloigner de la première place.

Dans un domaine, McIlroy n’a jamais faibli en quatre ans : le driving ! Il est toujours le golfeur qui marque le plus de points dans ce compartiment ! Sa moyenne de distance ne cesse d’augmenter, passant de 310 yards en 2014 à 313 yards cette année.

En revanche, sa précision n’est pas à son optimum cette année. En 2015, au plus fort de sa domination, il touchait 67% de fairways en régulation sur le PGA Tour. Cette année, il est sous la barre des 57%.

Conséquence, entre 2015 et 2017, son taux de réussite pour capter des greens en régulation a reculé de 5%, passant de 71% à 66%.

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Son score moyen ne s’en ressent que très légèrement car il a effectivement légèrement amélioré son putting fin 2016. Toutefois, son meilleur score moyen annuel remonte à 2014 avec 68,8, un score qu’il ne touche plus depuis…

Quand on regarde son jeu par compartiment et selon les données du PGA Tour, il est donc bien numéro un pour les points gagnés au drive depuis au moins 2014.

Il était 12eme en 2014 pour les points gagnés sur les approches. Il a reculé depuis à la 31eme place.

Autour des greens, il n’était que 93eme en 2014. Il est monté à 36eme l’an passé gagnant au passage des points dans ce compartiment. Cette année en 2017, il est repassé dans le rouge, et il re-perd des points dans ce domaine bien précis, alors que son putting est juste revenu dans la moyenne.

La période automnale 2016 n’a été de ce point de vue qu’une courte éclaircie…

Cette saison, certes, McIlroy s’est blessé aux cotes en début d’année.

Désormais, il a remercié son cadet… Il ne lui reste plus beaucoup de cartouches à tirer pour expliquer pourquoi il ne se met plus en situation de gagner.

Il peut invoquer toutes les raisons du monde pour justifier son choix « C’était le moment de changer de chemin, mais peut-être qu’un jour, je reprendrai ce chemin… »

Il faut quand même écouter les joueurs en conférence de presse, pour admirer comment ils manient la langue de bois, et savent formuler des phrases toutes faites qui veulent tout dire sauf la vérité.

Je ne prétends pas la connaître à sa place !

Mais admettons que ce curieux changement de cadet est significatif d’un golfeur qui a tout gagné, se croit invincible, et plus en écoute de celui dont le job est de le conseiller au mieux.

Fitzgerald n’était pas son « pote » ! Et visiblement, à la vue de sa réaction à Birkdale, il n’était pas rassasié de victoire, sinon, il se serait contenté de baisser la tête.

En réponse, McIlroy le remercie et fait appel à son témoin de mariage et meilleur ami depuis l’enfance dont on peut imaginer toute l’expérience en matière de cadet international.

Cet événement est symptomatique d’un phénomène de notre société actuel.

A 28 ans, McIlroy se sent très fort ! Il se sent si fort qu’il peut considérer que changer de cadet n’est pas finalement si déterminant dans sa propre performance. Après tout, le cadet ne tient pas les clubs. Cela… c’est bien vrai ! A Birkdale, les 5 bogeys d’affilés, c’est McIlroy qui les a joué, pas Fitzgerald.

Plus vraiment complice ?

Si virer Fitzgerald avait eu pour effet de prendre une pointure supplémentaire ou un profil expérimenté pour le remplacer en justifiant d’une usure du couple, la décision aurait pu paraître un choix à la fois courageux et ambitieux.

Au contraire, cela ressemble plutôt à une défaite en rase campagne d’un très jeune garçon qui n’accepte pas que son cadet ait pu le rabrouer aux yeux du monde entier, pour son intérêt exclusif.

Pour justifier son choix pour le moins peu orthodoxe, il déclare à propos de son ami… pardon de son cadet « Il me connaît. Il connaît mon jeu, et ce sera très important pour les deux prochaines semaines à venir. J’ai juste besoin de quelqu’un qui me connaît et connait mon processus de pensée. »

En quoi, ces arguments disqualifient JP Fitzgerald ?

McIlroy est un golfeur au potentiel extraordinaire. On aimerait tous qu’il nous éblouisse de son talent, de sa puissance, et de son self-control.

Pourtant, aujourd’hui, il donne des signes inquiétants d’un golfeur tranquille avec ce qu’il fait et ce qu’il gagne. A haut niveau, celui qui se repose perd du terrain sur ceux qui ne vivent que pour la victoire.

Il faut craindre pour McIlroy que cette année, il ait décidé de s’accorder une année off de résultats.

Bien entendu, en cette semaine de WGC-Bridgestone Invitational, il pourra me donner tort sur ses motivations…A lui de prouver.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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