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Matsuyama remporte le Waste Management Open 2017 en play-off contre Webb Simpson

Matsuyama remporte le Waste Management Open 2017 en play-off contre Webb Simpson

L’Open de Phoenix devrait servir de modèle à beaucoup de tournois ! Une ambiance électrique qui galvanise les joueurs. Le spectacle est pratiquement plus dans les tribunes que sur le parcours. Dans ce contexte, Hideki Matsuyama, tenant du titre a eu besoin de quatre trous de play-off pour finalement conserver sa couronne. Dans une forme phénoménale depuis fin 2016, le japonais est peut-être tout simplement le futur patron du tour ?

 

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En 2016, Matsuyama avait fait pleurer Rickie Fowler dans un final à suspense où il n’avait rien lâché contre le favori du public américain. Cette année, le japonais a encore fait pleurer le public américain en battant un autre des us boys, le revenant Webb Simpson, plus à pareille fête depuis l’US Open 2012 qu’il avait remporté en position d’outsider.

En ce jour de superbowl, Matsuyama n’a pas boudé son plaisir de jouer un bien si mauvais tour aux américains, surtout sur un tournoi où les pros du tour ont été nombreux à afficher leur soutien à l’une des deux équipes, illustration que les golfeurs peuvent aussi être des fans de football américain.

Dans une ambiance conviviale, sur le célèbre trou 16 enfermé dans un stade avec des gradins tout autour, Jon Rahm pourtant espagnol et d’autres ont revêtu une tenue d’équipe de NFL (football américain) le temps de jouer le trou.

Plus un show qu’autre chose, l’Open de Phoenix est néanmoins souvent l’occasion d’une belle bagarre finale pour déterminer le vainqueur. En 2014, Kevin Stadler avait déjà surpris le favori et chouchou du public, Bubba Watson pourtant leader après 54 trous.

Stadler avait rentré 3 birdies consécutifs sur les trois derniers trous pour chiper la victoire à un Bubba qui à l’époque l’avait eu en travers de la gorge !

En 2015, Matsuyama a commencé à se faire un nom sur ce tournoi en se hissant en dernière partie avec Brooks Koepka et Martin Laird. Il manqua un premier play-off de seulement un coup.

L’année suivante fut la bonne, et après avoir repris un Rickie Fowler dans la forme de sa vie, tout juste titré à Abu Dhabi, Matsuyama remportait la première victoire significative de sa carrière.

La suite de l’histoire allait démontrer que ce ne devait pas être considéré comme un coup d’éclat. Le japonais est devenu un véritable spécialiste de ce tournoi, et pas seulement…

« Je ne pensais vraiment pas être en mesure de l’emporter à nouveau. Cela a été une grosse bataille toute la journée, mais à la fin, quelle satisfaction ! »

En l’espace d’un week-end, Matsuyama a non seulement conservé son titre, mais aussi écarté au moins pour un temps la nouvelle star du tour, Justin Thomas.

Le meilleur joueur depuis le début de saison n’a pas réussi à passer le cut à Phoenix, loin du niveau qui l’a vu être intraitable à Hawaii.

Pourquoi comparer Thomas et Matsuyama ? A défaut de mettre en avant Jason Day, Jordan Spieth, Dustin Johnson, ou même Tiger Woods, les deux jeunes golfeurs sont les plus impressionnants, et les plus victorieux depuis six mois.

Depuis sa victoire au Japan Open, Matsuyama n’arrête plus de gagner ou de terminer tout près comme par exemple sur le tournoi des champions seulement battu par Justin Thomas.

Les deux hommes sont respectivement classés numéro cinq et huit mondiaux, mais au rythme actuel, ils pourraient l’un comme l’autre se rapprocher encore plus de la place de numéro un, d’autant que devant eux, leurs rivaux n’affichent pas pour l’instant les mêmes statistiques.

A Phoenix, Matsuyama a complété quatre tours entre 65 et 68 ! C’est dire la régularité de son niveau de jeu. Ils n’ont été que trois à pouvoir afficher une telle constance (Rickie Fowler et Louis Oosthuizen ont aussi joué pendant 4 jours sous la barre des 70).

Matsuyama tout sourire avec un deuxième titre en poche - Crédit Photo : Getty Images

A l’inverse, l’actuel numéro un mondial, Jason Day a manqué le cut au Farmers Insurance Open, alors que sa meilleure performance de la saison (le SBS Tournoi des champions) a été bouclé à la douzième place avec des scores plutôt autour de 70.

Au rythme où les courbes se croisent, le japonais pourrait bien rejoindre le numéro un mondial à très courte échéance. Il a tout du profil d’un numéro un mondial.

Dans un précédent article consacré aux meilleurs frappeurs du tour, nous illustrions déjà qu’il faisait largement partie des meilleurs. Sa réussite ne doit rien au hasard. Prédisons même qu’il ne va pas s’arrêter là…

Webb Simpson qui n’affichait pas une telle forme ne pouvait que reconnaître la supériorité du japonais « C’est un grand joueur, et je savais qu’il serait un compétiteur terrible. »

On dit que le golf est un sport qui se joue à quelques centimètres ! Cela n’a jamais été aussi vrai que ce week-end.

A plusieurs reprises, le destin a failli basculer d’un côté ou de l’autre, notamment au cours du play-off où chacun a eu sa chance, mais comme en 2015, c’est Matsuyama qui a fini par avoir le dernier mot.

Sept des huit derniers vainqueurs de l’Open de Phoenix sont revenus de derrière lors du dernier tour, et ce fut encore le cas ce dimanche. Byeong Hun An était pourtant leader après 54 trous avec une avance qui aurait dû être décisive.

Son dernier tour joué en 73 lui a été fatal surtout avec des rivaux capables de flirter avec la barre des 65 le dimanche !

Fowler et Oosthuizen ont manqué de peu de rejoindre le play-off avec des cartes respectives justement de 65. Mickelson a semblé dans le coup dès le début de la journée, mais finalement, il dut se contenter du par (71).

Simpson, auteur d’une carte exceptionnelle en 64 a finalement obtenu sa qualification, devant attendre 40 minutes au club-house pour connaître son sort, et son futur adversaire.

Déçu après quatre trous de play-off, Simpson a préféré retenir les points positifs, et le fait qu’il était sur le bon chemin avec cette bonne performance.

« Seulement deux semaines en arrière, je me sentais complètement perdu. Mon jeu était horrible…Alors scorer sept sous le par un dimanche en faisant birdie-birdie sur les deux derniers trous, je ne l’aurai pas imaginé. Plutôt content d’y être parvenu. »

Au meilleur de sa carrière, Simpson est monté jusqu’au cinquième rang mondial, le vainqueur de l’US Open 2012 a connu une longue traversée du désert avec aucun top-10 jusqu’en juin dernier.

Il n’a plus remporté de tournoi depuis 2013. Sans doute un lien avec le fait qu’il a fait partie des joueurs les plus concernés par l’interdiction de l’ancrage au putting intervenu en 2016.

Il a d’ailleurs été en première ligne pour combattre la décision du tour.

« Le putting a toujours été mon truc. Si je putte bien, je sens que je peux bien jouer. Je me sentais heureux d’avoir trouvé une bonne méthode pour putter. Aujourd’hui, j’ai juste essayé de simplifier. Je suis content d’avoir réussi de bons putts et d’avoir eu une chance de gagner un tournoi. »

Perturbé par l’interdiction de sa méthode de putting, Simpson a tout de même continué à utiliser un long putter, tout en respectant la nouvelle législation. Il est tout à fait concevable que cela ait eu une incidence directe sur ses performances entre 2016 et 2017.

Ce play-off perdu est au moins synonyme d’un retour au top pour ce joueur.

En revanche, Matsuyama était dans une dynamique beaucoup plus forte depuis trois éditions.

A l’heure actuelle, ils sont encore peu nombreux à y croire, pourtant le japonais est un candidat crédible au rang de numéro un mondial de golf.

Le Japon est la deuxième puissance mondiale en nombre de pratiquants. Il n’y aurait rien de choquant à ce qu’un japonais arrive au sommet.

Surtout que ce dernier est déjà le numéro un pour le nombre de coups gagnés autour du green sur le PGA Tour !

A moins de 25 mètres du green, il est tout simplement excellent de même que depuis le rough.

Comme en plus, il affiche un pourcentage de greens en régulation de près de 77% (sixième meilleur total), il est en 2017 celui qui score le plus bas en moyenne sur le circuit (68,7).

Le seul compartiment de jeu qui lui fait encore défaut est le putting où à la différence des autres secteurs du jeu de golf, il perd des coups par rapport aux meilleurs, en particulier sur les putts à plus de 10 mètres.

Pour remporter le Masters ou un majeur, cela paraît encore rédhibitoire, en revanche, étant donné que c’est aussi un long frappeur, il peut encore gagner quelques tournois sur sa régularité d’horloger.

Or, un classement mondial peut aussi se construire sur la régularité d’une saison plus que sur une victoire dans un seul grand tournoi…

Crédit photo : Getty Images, et courtoisie de Srixon

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