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Matsuyama embrase Firestone et remporte le WGC-Bridgestone Invitational 2017

Matsuyama embrase Firestone et remporte le WGC-Bridgestone Invitational 2017

Lors d’un dernier tour d’un grand tournoi de golf, un dimanche, il y a parfois des signes qui ne trompent pas concernant l’issue. A Akron, pour le championnat du monde Bridgestone Invitational, disputé sur le célèbre parcours du Firestone Country Club, le japonais Hideki Matsuyama a fait un pas de plus vers son destin de potentiel numéro un mondial. Auteur d’une dernière carte en 61, codétenteur du record du parcours, rien ne pouvait sembler l’atteindre à mesure que ses rivaux baissaient la tête.

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Le signe qui ne trompe pas quand vous commencez à comprendre le scénario final d’un grand tournoi de golf se révèle être ce moment, où le futur vainqueur enchaîne les coups avec calme et réussite, dégageant à la fois une grande sérénité et une grande maîtrise.

Vous n’avez beau contempler que le onzième ou douzième trou, et vous pouvez déjà imaginer qui sera le futur vainqueur.

Rien de négatif ou d’accidentel ne semble pouvoir se produire.

Le champion le ressent sans doute lui-aussi. Il est aux premières loges de cet état quasi second, où tout marche comme sur des roulettes.

C’est la « zone ». Jordan Spieth a été dans cette zone sur les quatre derniers trous de The Open à Birkdale. Brooks Koepka a connu cet état sur les derniers trous de l’US Open à Erin Hills.

Ce fut au tour d’Hideki Matsuyama d’être dans cette position à Firestone, pour une de ses victoires les plus convaincantes, et rappeler qu’il fait intégralement partie du nouveau big-five.

Dustin Johnson, Jordan Spieth, Rory McIlroy, Jason Day, et Hideki Matsuyama, sachant que les quatre premiers nommés ont en commun d’avoir été ou d’être numéro un mondial, alors que le japonais semble tracer une ligne droite vers cet objectif suprême.

Actuellement solide numéro 3 mondial derrière le tandem Dustin Johnson-Jordan Spieth, Matsuyama été présent dans tous les grands rendez-vous cette année.

Auteur d’une belle fin de saison 2016 qui l’a propulsé dans le top-5 mondial sans que cela soit une grosse surprise, tant sa progression a été constante, il a réussi à confirmer sa victoire au Waste Management Open à Phoenix de 2016 contre Rickie Fowler par un nouveau succès cette année !

Sa deuxième victoire à Phoenix était jusqu’à ce dimanche son seul succès en 2017.

11eme au Masters, 2eme à l’US Open, et 14eme à Birkdale alors que le dimanche, il avait manqué une belle opportunité de mieux figurer, Matsuyama sait se montrer dans le coup dans les grands tournois.

C’est d’ailleurs sa deuxième victoire en championnat du monde (WGC) après le HSBC Champions 2016 qu’il devra défendre dans quelques semaines.

D’octobre 2016 à février 2017, le japonais avait été dans la forme de sa vie en remportant 5 tournois sur 9 possibles.

Désormais leader de la Fedex Cup, un classement à mi-saison qui n’a pas encore un grand intérêt puisque le titre se joue surtout pendant les Play-offs, cela dit simplement la régularité dans la performance sur une saison.

Après 17 tournois disputés, c’est lui qui devance Jordan Spieth, Dustin Johnson, Justin Thomas et Jon Rahm, les tauliers du PGA Tour cette année.

Rien d’étonnant à cela, le japonais affiche la troisième moyenne de score de la saison à 69.69 seulement devancé par Jordan Spieth, déjà vainqueur de trois tournois dont un majeur, et Rickie Fowler, vainqueur du Honda Classic.

Le japonais construit essentiellement sa performance du tee au green, avec le deuxième meilleur score en termes de coups gagnés dans ce compartiment du jeu, seulement devancé par l’actuel numéro un mondial, Dustin Johnson, finalement discret dans ses performances depuis sa chute dans les escaliers avant le Masters.

Ce dimanche, c’est bien dans le jeu du tee au green, que le japonais a été le plus impressionnant.

Avec ses fers ou ses wedges, il a planté les drapeaux avec une régularité déconcertante quand le favori du jour, le belge Thomas Pieters baissait la tête après une série de coups imprécis, et un putt donné qu’il trouva le moyen de frapper trop fort, pour faire finalement sortir la balle du trou, et concédé un bogey qui mis fin à ses aspirations de victoires.

Pieters, pas dans un grand jour, mais tout de même un beau tournoi à Akron

Oui, le scénario du dernier tour pourrait se résumer à Thomas Pieters qui baisse la tête à mesure qu’il n’arrive pas à trouver la zone, et Matsuyama qui enquille les coups de fers au drapeau pour se laisser des putts abordables.

Zach Johnson, et Charley Hoffman ont eu beau tenir le suspense sur les 9/10 premiers trous avec tous deux de belles parties, à la longue, Matsuyama a enflammé le parcours, et proposé du haut niveau sur l’ensemble des 18 trous.

Sans doute que son eagle dès le deuxième trou du jour a compté dans la suite de l’histoire.

Cela lui a permis de rejoindre Pieters en tête. Vous verrez plus loin que ce fut en fait le moment clé de la journée.

En seulement un tour, le japonais a pris 10 coups au belge, qui avait été pourtant si bon pendant les 3 premiers jours.

A en juger par sa tête, Pieters a sans doute compris très tôt dans la partie que ce ne serait pas sa journée. Il s’est accroché pour finalement terminé à -8 en quatrième position.

Avec un birdie à la suite de son eagle au 2, « Matsu » a pris les commandes pour ne plus jamais les lâcher, et au contraire, creuser l’écart.

Sur ce par-70, il a passé l’aller en seulement 30 (5 coups sous le par). Sur le retour, quatre nouveaux birdies pour aucun bogey, et c’est encore un score de 31.

Sur les trois derniers trous, le japonais a connu une fin de partie de rêve avec trois birdies d’affilés.

Zach Johnson qui avait gagné son duel avec Pieters n’a en fait rien pu faire contre le japonais avec un seul birdie au retour (trou 11).

Avec son jeu de fers, Matsuyama s’est offert un boulevard pour la gagne.

Les trois derniers birdies n’étaient même pas indispensables pour gagner nettement, avec finalement 5 coups d’avances.

Peu de golfeurs ont joué un 61 sur le Firestone Country Club ! Woods l’a fait deux fois, de même que les espagnols Olazabal et Garcia respectivement en 1990 et 2014, tous des vainqueurs de majeurs, la dernière montagne à gravir pour le japonais…

Quel paradoxe entre l’éclatante maîtrise technique démontrée par Matsuyama tout au long de l’après-midi, et son échauffement au practice !

Ceux qui l’ont vu taper quelques minutes avant de prendre le départ doivent encore se demander comment il a pu se transformer ou se transcender à ce point !

Ses fers comme ses drivers sont partis très largement hors cibles au practice !

« La nuit dernière après mon troisième tour, je suis allé au practice, et j’ai vraiment bien tapé. J’avais beaucoup de confiance. Ce matin, en venant sur le practice, je ne savais plus où j’étais ! Cela a probablement été la pire séance d’échauffement sur un tournoi que j’ai finalement gagné ! J’étais vraiment en état de choc ! »

Cet état relativement négatif a continué sur le premier coup du tee numéro un avec un shot vraiment très à gauche. Mais juste après ce premier coup, le japonais a révélé qu’il avait eu un déclic…

« J’ai vraiment tapé de très bons coups, mais pourtant, je me sentais nerveux parce que je n’étais pas certain de mon swing aujourd’hui. »

Quelle leçon pour tous les golfeurs du monde entier ! Qui n’a pas connu un très mauvais échauffement avant une partie ? Qui n’a jamais eu la sensation de bien jouer, et puis tout d’un coup, de ne plus être capable de sortir le moindre bon coup ?

Matsuyama est passé par tous ses états avant d’avoir ce fameux déclic, et de livrer un récital.

Ne pas paniquer… C’est sans doute la recette.

« C’est difficile d’être capable de bien putter et de taper des bons coups dans la même partie. »

C’est terriblement vrai, et pourtant, avec un échauffement cauchemardesque, c’est ce qu’il est parvenu à faire.

Avec seulement 50% de fairways en régulations, le japonais a réussi l’incroyable score de 88.9% de greens en régulation sur le dernier tour.

Et pas des greens en régulation à l’arrache avec des drapeaux loin sur le premier putt, comme par exemple à l’occasion de son birdie du 13, joué depuis le rough.

Sixième meilleure moyenne pour les greens en régulations sur le PGA Tour avec 70% de moyenne, telle est sa carte maîtresse pour être aussi régulier dans la performance.

22eme pour la distance au drive sur la saison avec 304 yards, il a drivé au-dessus de 335 yards à Firestone (moyenne du champ des joueurs à 328 yards).

Pas aussi impressionnant que Rory McIlroy qui a établi sur ce tournoi un nouveau record après 54 trous : 38 drives joués au-dessus de 300 yards !

Le driving n’a pas été la clé pour la victoire : Seulement un élément contributif…

Matsuyama est plus que jamais favori pour le prochain PGA Championship, dernier majeur de la saison.

À la vue de son jeu, une première victoire en majeur ne devrait pas trop tarder. Déjà avec cette victoire en championnat du monde, son nom est de nouveau cité pour le titre de meilleur joueur de l’année !

Très bon du tee au green, bon autour du green, et dans les approches, son putting reste son talon d’Achille. Quand il est capable de poser les balles aussi près des drapeaux que ce dimanche, cela ne se voit pas…

Crédit photo : Mark Newcombe

Revoir la prestation de Matsuyama sur le dernier tour du WGC-Bridgestone Invitational 2017

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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