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Masters Augusta: Duel au soleil en prévision entre McIlroy et Spieth

Masters Augusta: Duel au soleil en prévision entre McIlroy et Spieth - Crédit photo : Mark Newcombe

A comme le deuxième tour du Masters nous a réservé vendredi un beau scénario ! Pour la première fois, Jordan Spieth n’a pas survolé le parcours de sa classe, et Rory McIlroy a été au rendez-vous de sa propre histoire. En -4 et -3 respectivement, les deux hommes seront directement opposés dans la même partie ce samedi, mais plus important le suspense est relancé en tête. Le scénario de 2015 s’éloigne, et s’est tant mieux pour le spectacle.

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Le bonheur de suivre un Masters...

Le plaisir de regarder un Masters, c’est d’attendre avec fébrilité les cinq/six derniers trous du dimanche, moment où tout peut arriver.

Dans l’histoire récente, on se souvient du duel magique entre Angel Cabrera et Adam Scott, la « remontada » de Bubba Watson sur Louis Oothuizen lors de sa première veste verte, et enfin, le saut de la victoire de Phil Mickelson sur le green du 18 pour sa première veste verte.

On aime le Masters pour beaucoup de raisons, mais surtout pour ce dernier moment où on peut sentir le poids de l’histoire en train de s’écrire, et ce, avec le sentiment que cette même histoire peut basculer à tout moment.

Un Masters sans un grand final à suspense, c’est un peu comme un gâteau sans la cerise.

Alors de grâce, Spieth et McIlroy faites nous rêver jusqu’au dimanche soir pour qu’on puisse à nouveau sentir ces moments de tensions qui façonnent la légende.

Un peu comme hier soir tard dans la nuit en France, et en fin de Journée à Augusta, quand sur le 18, Phil Mickelson a tenté un putt de la dernière chance pour passer le cut.

Le triple vainqueur de l’épreuve s’était donné quelques instants plus tôt, une occasion de rêver, en rentrant un ultime birdie sur le difficile trou numéro 17. Il lui fallait un deuxième birdie d’affilée pour revenir à +6, et passer le cut.

Sur le green du 18, il s’est procuré cette dernière chance. Nous avons tous retenus notre souffle, autour du green comme devant la télévision…allait-il capturer ce birdie de la dernière chance ?

Sa balle est partie dans la bonne direction, a roulé, roulé, et finalement légèrement dépassé le trou pour échouer quelques centimètres. Derrière, c’en était fini de Mickelson au Masters, et de ses chances d’imiter Jack Nicklaus, lui, le meilleur scoreur de la saison 2016 avant ce tournoi majeur.

Pourtant en début de journée, on aurait pu croire à une hypothétique victoire. C’était avant qu’Augusta ne réserve une des journées les plus difficiles de son histoire récente. Mickelson a lutté et fini par sombrer.

Ce ne fut pas le seul. Même Jordan Spieth, le « si aérien » meilleur joueur d’Augusta depuis deux ans, a pour la première fois joué une partie au-dessus du par, une première fêlure dans l’armure du champion.

Le scénario de la journée a été assez imprévisible. SI Mickelson nous a offert bien involontairement un moment de frisson, et d’histoire.

D’autres, comme les deux français, à commencer par l’exploit de Romain Langasque, pour son dernier tournoi amateur, se hissant dans les 33 premiers, et Victor Dubuisson qui a réussi à passer son premier cut en trois tentatives, ont tous soufferts mais tenus bons.

C’est d’autant plus un exploit que la journée a été impitoyable avec les meilleurs joueurs.

Une deuxième journée au scénario imprévisible...

Bubba Watson a erré comme une âme en peine jusqu’à terminer +6. En sortant du green du 18, il pensait légitimement qu’il ne reverrait pas Augusta ce week-end, et pour la première fois.

Malade en début de semaine, ce n’était pas la grande forme pour le double-vainqueur. Coup du sort, ces rivaux ont fini par faire pire que lui.

Zach Johnson, Charl Schwartzel, Phil Mickelson, et bien sûr, Rickie Fowler qui avait explosé la veille, sont partis avec la grande lessive du cut. Des golfeurs qui étaient tous considérés comme de potentiels favoris, surtout à la vue de leurs formes du moment.

Une nouvelle preuve que d’être dans un pic de forme à ce stade de la saison ne suffit pas pour gagner le Masters.

Maintenant les choses sérieuses commencent, et il faut souligner la prestation de Rory McIlroy.

Maintenant les choses sérieuses commencent, et il faut souligner la prestation de Rory McIlroy. - Crédit photo : Mark Newcombe

Le nord-irlandais qui coure toujours après sa première victoire à Augusta, et en ayant le désavantage de ne pas avoir joué sur ce parcours depuis ses 8 ans comme Spieth ou Dechambeau, a livré la bonne partie au bon moment.

Après son 70 de la veille, presque décevant car il était tout près de faire mieux, son 71 du samedi a sonné comme une véritable performance dans un contexte où même Spieth n’a pu jouer mieux que 74.

Et dire qu’un double bogey au quatre aurait pu tout remettre en cause !

Trois birdies sur les sept derniers trous de la journée ont permis à Rory de se placer comme le principal challenger de Spieth, qui dans le même temps, se montrait fébrile sur le 16 et le 17.

En l’espace de seulement quelques minutes, l’écart entre les deux meilleurs golfeurs de la planète après Jason Day a fondu de cinq coups.

Cinq coups qui changent tout ce samedi.

Nous n’aurions pas pu rêver un tel scénario pour obtenir les deux meilleurs dans la même partie à venir.

Quelques semaines après le match historique entre Jason Day et Rory McIlroy aux championnats du monde de match-play, scénario qui a basculé en faveur du premier nommé pour un rien.

Le golf nous réserve à nouveau un grand moment de sport.

Et dire que l’on pouvait se sentir orphelin de Tiger Woods ? Cette nouvelle génération a quelque chose de Palmer-Nicklaus ou Player-Nicklaus !

Bien entendu pour qu’un tel scénario se produise, il a fallu que les uns et les autres connaissent des hauts et des bas.

Le match dans le match...

Pour Spieth, le fait d’utiliser quatre putts pour rentrer au cinq a constitué un premier coup de canif dans son contrat visant à jouer toutes les parties dans le par durant cette semaine.

Spieth - Dechambeau : la plus belle partie des deux premiers tours - Crédit photo Mark Newcombe

Augusta ne manque pas de cruauté envers ses adeptes !

Les deux golfeurs n’auront pas besoin d’une longue présentation au moment d’arriver sur le tee du numéro un, ce samedi.

Ils se sont déjà retrouvés dans cette situation à 13 reprises sur le PGA Tour pour un résultat de 7-4-2 pour McIlroy (victoires – défaites – nuls). Toutefois, Augusta est le jardin de l’américain.

Pour ce dernier « Cela risque d’être sympa » quand pour Rory « Nous aimons jouer ensemble. Nous avons tous les deux bien joué. Nous avons tous les deux mal joué. Maintenant, nous serons tous les deux concentrés sur notre jeu, et à l’évidence très concentré sur cette fin de semaine. »

Alors que les deux derniers tours vont être joués en duo, ce match dans le match promet de livrer son lot d’enseignements avant la dernière ligne droite de dimanche. Surtout en espérant que cela ne marque pas un tournant trop décisif avant la dernière échéance.

Pour Spieth « Honnêtement, j’ai rarement joué quelqu’un d’aussi menaçant dans la même partie. »

Il faut dire qu’en trois participations, Spieth a mené sept tours sur dix disputés dont les six derniers consécutivement.

Ajoutant « Ce sera un véritable challenge. »

Ce duel rappelle qu’il peut être rare.

Par exemple Woods et Mickelson au sommet de leurs gloires dans la décennie précédente, n’ont été opposés directement que deux fois à Augusta, et seulement une seule fois quand cela comptait pour quelque chose.

Un coup d’écart seulement entre les deux premiers au Masters, et en plus, deux des meilleurs joueurs du monde, il ne faut surtout pas manquer ce spectacle, que ce soit sur CBS ou sur Canal +.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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