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Masters Augusta 2019: Brooks Koepka en route pour un 3eme majeur en 4 départs?

Masters Augusta 2019: Brooks Koepka en route pour un 3eme majeur en 4 départs?

On aurait presque tendance à l’oublier, mais le meilleur golfeur du moment en majeur, c’est bien l’américain Brooks Koepka, déjà détenteur de trois majeurs dont les deux derniers US Open. A 28 ans, le numéro 4 mondial se présente à Augusta dans la peau d’un favori. Discret depuis le début de la saison, il est bien décidé à surgir au bon moment, et au passage, à faire taire les critiques sur son physique.

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Au départ du trou numéro 1, Koepka se sentait particulièrement en confiance. Son échauffement s’était parfaitement déroulé. Il sentait qu’il allait pouvoir parfaitement frapper dans la balle, et surtout la contrôler.

La confiance, c’est tout ce dont il avait besoin pour entamer ce 83eme Masters à Augusta.

Autant, Koepka semble disparaître lors de la saison régulière, autant, il est capable de se magnifier en majeur. 

Grand absent de la précédente édition du Masters, le dernier Majeur américain qui manque à sa collection, il semble bien déterminer à prouver à tous ceux qui en doutent encore, qu’il est bel et bien le meilleur golfeur du monde, dans les grands rendez-vous.

Au cours des six dernières parties jouées sur un tournoi majeur, il a comptabilisé un score total de 23 coups sous le par !

Entre sa dernière victoire mémorable contre Tiger Woods à l’occasion de l’US PGA Championship 2018 disputé à Bellerive, dans le Missouri, et ce premier tour, Koepka a changé physiquement.

Un mois plus tôt, il avait annoncé aux journalistes du site américain GolfChannel avoir perdu 11 kilos.

Depuis, il a fait l’objet de très nombreux commentaires à ce sujet sur les réseaux sociaux ou de la part de chroniqueurs américains, comme par exemple Brandel Chamblee, bien connu pour souvent étrillé les golfeurs professionnels.

Cette perte de poids serait à corréler avec une perte de distance au drive de près de 7 mètres en moyenne par rapport à la saison précédente, et une relative perte d’énergie sur le parcours.

En rendant une carte de score de 66 sur le parcours d’Augusta, Koepka vient d’apporter une première réponse cinglante à ses détracteurs.

« Quand je soulève trop de fonte, on dit que je suis trop gros pour jouer au golf. Quand je perds du poids, je suis trop petit ! »

Koepka a semblé un brin agacé par ces commentaires sur son physique, surtout, il a fait une déclaration qui en dit long sur son état d’esprit.

« Je vais faire en sorte d’être heureux pour moi. Je me moque de ce que les autres peuvent dire. »

Il lui suffisait de jeter un coup d’œil au leaderboard de ce premier tour pour s’en convaincre, il est au top dans le tournoi le plus important.

« Je fais les choses pour moi, et à l’évidence, cela semble marcher. »

Chamblee avait fait état du plus gros auto-sabotage qu’il n’avait jamais vu à propos d’un golfeur professionnel, et cette question de la perte de poids.

C’est pourtant délicat d’automatiquement corréler la perte de poids, et la perte de distance au drive.

Depuis le début de la saison 2019, Koepka se classe effectivement 15eme pour la distance au drive à 308 yards de moyenne contre 313 yards en 2018 (8eme).

Surtout, il faut noter qu’il est passé positif dans un autre sens, avec de 56% à 60% de fairways en régulation, ce qui ne peut pas être séparé de cette relative baisse de sa distance…

Dès le trou numéro 2, Pink Dogwood, Koepka a tenté un putt pour eagle, signe qu’il avait la puissance suffisante pour affronter la longueur d’Augusta.

A propos d’énergie, Koepka n’a pas semblé en manquer sur la deuxième partie de son parcours puisque tout comme DeChambeau, c’est essentiellement sur les neuf trous du retour qu’il allait creuser son avantage.

Avec 15 greens sur 18 en régulation, Koepka a peut-être cherché à démontrer qu’il ne fallait pas le réduire à un simple cogneur.

Sur le trou numéro 10, Camelia, son coup d’approche à plus de 170 mètres va s’immobiliser net à moins d’1m50 du drapeau. Le ratio précision sur distance est alors diabolique.

Passé sans encombre le difficile enchaînement 4,5, et 6 (pas de bogey), il va dompter l’Amen’s Corner (11, 12 et 13) avec deux birdies supplémentaires.

Sur Golden Bell (trou 12), il réussit même à rentrer le birdie avec un putt depuis l’extérieur du green. Ce jeudi, il restera d’ailleurs comme le seul joueur à n’avoir commis aucun bogey.

Au contraire, il va accélérer et réussir quatre birdies consécutifs entre le 12 et le 15. C’est particulièrement au putting qu’il va s’illustrer, loin de sa seule image de bombardier.

Comme pour achever de nous convaincre, qu’il est bien plus qu’une « brute », il va réaliser son plus beau coup de la journée au 15, Firehorn, où après avoir dépassé le green (le privilège ou pas des longs-frappeurs), il va ramener la balle à un souffle du trou par le biais d’un magnifique chip joué légèrement décalé sur la gauche du green.

De cette position, sa balle va pleinement épouser la pente du green pour rouler jusqu’au trou comme si Koepka l’avait tout simplement caressé.

Sans vraiment donner l’impression d’être en surrégime ou de compter sur la réussite, Koepka est arrivé au 18 (Holly) avec un dernier putt pour birdie, afin de prendre seul la tête du tournoi. Cette fois, la balle a légèrement dévié de l’axe du trou.

Il termina donc sa partie par un PAR solide, et une partie d’ensemble justement très solide pour un golfeur plus léger !

Sur les 9 derniers majeurs, Koepka a pris la tête ou partagé la tête à déjà 8 reprises. C’est bien l’homme des grands rendez-vous.

« Je garde plutôt toujours la même routine pour les majeurs. C’est très simple. Il n’y a pas de stress supplémentaire. » Une attitude qui tranche nettement avec celle d’un McIlroy qui définit toujours le Masters comme sa priorité numéro un, et déplore ensuite quelques petites erreurs.

Koepka, comme DeChambeau, est le grand bonhomme de ce premier tour à Augusta. Si son jeune compatriote a brillé avec des coups exceptionnels, l’ex-numéro un mondial a surtout dominé son sujet de la tête et des épaules. Comme quoi, les kilos en plus ou en moins n’y font pas grand-chose.

Crédit photo : Fred Kfoury III/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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