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Masters Augusta 2018 : Quels sont les trous les plus redoutables?

Masters Augusta 2018 : Quels sont les trous les plus effrayants ? - Crédit photo : Mark Newcombe

Pour beaucoup d’amateurs de golf, le rendez-vous du Masters est un moment unique dans l’année. C’est même le véritable coup d’envoi de la saison. Bien entendu, les professionnels jouent déjà depuis plusieurs semaines, cependant, en Europe, ainsi qu’aux Etats-Unis, le Masters raisonne comme le moment où il faut sortir les clubs du garage. L’audience du tournoi est au maximum, aux abords des fairways, comme derrière les écrans. Tout le monde connaît Augusta, mais quels sont les trous les plus difficiles ?

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A Augusta, la référence, c’est toujours Jack Nicklaus

A bientôt 79 ans, l’ours blond aux 6 victoires au Masters s’apprête à donner le coup d’envoi du Masters 2018.

Le starter honoraire du Masters ne sera plus aux côtés de l’autre légende Arnold Palmer, mais ce moment si particulier dans la semaine à Augusta lui rappellera sans doute combien il a dû batailler avec ce parcours, pour finalement le dompter.

Depuis une bonne quinzaine d’années, on parle beaucoup du record de victoires en majeurs de Jack Nicklaus, surtout au travers de Tiger Woods, et la possibilité que ce dernier le rattrape, puis le dépasse.

Dans ce cas, tous les observateurs sont surtout focalisés sur Woods, oubliant toutefois, qu’il a déjà fallu les gagner ces 18 majeurs.

A Augusta, Nicklaus a gagné 6 de ses titres de 1963 à 1986. Personne n’a jamais fait mieux. Arnold Palmer en a gagné 4, tout comme Tiger Woods, qui peut effectivement encore espérer le rattraper.

A Augusta, bien entendu, la première difficulté à surpasser se trouve sur les greens ultra-rapides, qui au fil de la semaine, et selon les conditions météos peuvent se raffermir.

D’autant que l’Augusta National s’est dotée de très gros ventilateurs pour accentuer le phénomène de soufflerie sur les greens, comme en attestait l’an passé Nicolas Destrumelle, spectateur français présent.

Passé la question évidente des greens, Nicklaus souligne que la difficulté à Augusta ne peut pas se résumer à une sorte de short-list des coups à bien faire.

« Sincèrement, pratiquement tous les coups sont délicats. A commencer par le premier tee-shot sur le trou numéro un. Il s’agit d’un coup à jouer de gauche à droite qui exige d’éviter les arbres sur la gauche, et un bunker très profond sur la droite. Le trou semble docile par son nom (Tea Olive), mais il est bien plus effrayant. »

Toutefois, Nicklaus a bien accepté d’évoquer six coups plus particulièrement décisifs.

De son point de vue, les coups les plus difficiles sont le départ du trou numéro 2 (Pink Dogwood), un par-5 qui se travaille de droite à gauche, le 12, un par-3 au cœur de l’Amen corner et du vent (Golden Bell), le 13 (Azalea) qui est le par-5 le plus court et demandeur d’une trajectoire de droite à gauche.

Il dessine encore une autre série de trois trous délicats à jouer avec le second coup sur le trou numéro 11 (White Dogwood), un par-4 assez difficile, et enfin les deux par-5 numéro 13 et numéro 15 (Firethorn).

Ces deux par-5 servent souvent de moment pivot pour déterminer qui va gagner le Masters.

Pendant ce tournoi 2018, vous devriez observer comment les favoris vont pouvoir les jouer pendant les trois premiers tours.

Une veste verte se gagne ou se perd sur ces trous.

Interrogé sur le coup le plus difficile du retour, Nicklaus a savamment évité la question. Ne voulant pas attribuer ce titre à coup particulier, tout en sachant qu’il serait dès lors scruté par tous. Et oui, la parole de Nicklaus est d’or.

L’avis des joueurs d’hier et aujourd’hui, de Ben Hogan à Sergio Garcia

Pourtant, beaucoup de joueurs pensent que des six coups évoqués par Nicklaus, c’est sûrement l’approche vers le green du 11 qui est la plus délicate.

Ben Hogan avait coutume de dire que s’il parvenait en deux sur ce green, c’est qu’il avait sans doute raté son coup.

Comprenez qu’il faut viser complètement à droite du green, et espérez faire chip-putt pour sauver le par. Et si vous y parvenez, vous pouvez vous diriger gaiement au départ du 12.

L’an dernier, au cours de la victoire de Sergio Garcia, le trou numéro 11 avait été largement le trou le plus difficile du tournoi, à en juger par la moyenne des scores.

On avait comptabilisé seulement 14 birdies, et un score moyen de 4.37.

augusta-11-golf.jpg

Rickie Fowler le confirme. « Le coup d’approche au 11 est toujours très difficile. Il est très rare de pouvoir jouer un fer 6 ou 7. La plupart du temps, il faut sortir un fer 4 ou un fer 5.»

Bien entendu, tous les joueurs n’ont pas la même perception des difficultés à Augusta. Kevin Kisner évoque l’approche du trou numéro 4. « Il faut être tellement précis. Je pense que c’est le coup le plus délicat de tout le parcours. »

Pour Justin Rose et Rickie Fowler, c’est assurément le second coup à jouer sur le cinquième trou, un par-4

« La différence entre un putt donné et un putt de 20 mètres se joue sur moins d’un mètre à la tombée de la balle. Vous avez un si petit espace pour poser la balle. » précise Fowler alors que Rose ajoute la position du trou en haut à droite sur le par-3 du trou numéro six comme étant l’une des plus difficiles à aller chercher.

Pour Adam Scott, vainqueur en 2013, il a eu beau taper quatre drives parfaits sur le deuxième trou de l’édition 2017, un par-5 de 525 mètres, et pourtant, il n’a jamais réussi à prendre le green en deux.

« J’ai vraiment bataillé avec ce second coup dans la pente ces dernières années. L’an passé, j’ai tapé les drives les plus parfaits que je pouvais, et je n’ai pourtant pas réussi à toucher le green ne serait-ce qu’une fois, alternant du fer 3 au fer 7. C’est quelque chose que je vais assurément travailler en prévision de cette année. »

Pour le tenant du titre, l’espagnol Sergio Garcia, son meilleur coup en régulation a été le coup pour attraper le green du 15, sur le dernier tour. Il a pris son fer 8 pour un coup à 172 mètres, légèrement sous le vent, pour finalement embrasser le drapeau, et se laisser un putt pour eagle.

Ce coup magique lui a permis de rattraper Rose qui n’avait pu faire que birdie avec trois trous seulement à jouer.

L’espagnol a d’ailleurs donné son fer 8 pour qu’il soit accroché dans la salle des trophées, un coup pour l’histoire !

Pour le tenant de la veste verte, bien que le départ du 10 lui a souvent causé des problèmes, et alors que l’approche du 11 l’a souvent mis à rude épreuve, c’est l’approche du 15 qui décroche le pompon de la difficulté.

« La ligne est vraiment étroite entre taper un coup fantastique, et un coup médiocre. Vous pouvez taper un coup génial, et finalement avoir un résultat décevant. »

Enfin, le plus pragmatique au sujet de la difficulté à Augusta est peut-être le prochain capitaine américain de Ryder Cup, Jim Furyk qui interrogé à ce sujet a répondu sans manquer d’esquisser un sourire « Le prochain » !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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