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Masters Augusta 2018: Justin Rose, bien plus qu’un outsider

Masters Augusta 2018: Justin Rose, bien plus qu’un outsider - crédit photo : Mark Newcombe

Avec une cote de 14 contre 1, l’anglais Justin Rose, malheureux second de l’édition 2017 du Masters, battu par l’espagnol Sergio Garcia, fait de nouveau figure de très sérieux prétendant pour une victoire sur les greens d’Augusta. Il pourrait ainsi revêtir sa toute première veste verte. A 37 ans, déjà deux fois deuxième en 2015 et 2017, le prochain Masters pourrait bien être pour lui. Nous avions déjà évoqué son atout maître l’an passé. Dans quelques jours, de nouveaux éléments concernant son jeu pourraient parfaitement s’aligner en sa faveur, et au bon moment...

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Le Masters d’Augusta qui s’annonce promet d’être un des plus passionnants de ces dernières années.

Non seulement, Tiger Woods est de retour à un niveau de forme suffisant pour en faire un potentiel vainqueur.

Les bookmakers l’estiment à 17 contre 2 en troisième position des favoris. Rory McIlroy vient de gagner le Arnold Palmer Invitational, et lui aussi se replacer dans la danse.

A cela s'ajoute, Phil Mickelson, 47 ans, qui semble vivre une seconde jeunesse avec des performances de hautes volées sur le PGA Tour, et notamment une victoire au Championnat du Monde de Mexico.

Les deux grands rivaux des années 2000 sont en même temps de retour au meilleur niveau, et alors que la jeune garde paraît elle-aussi à un niveau d’excellence, comme en témoignent les performances récentes de Justin Thomas.

Ce dernier ne devrait plus mettre beaucoup de temps avant de prendre le fauteuil de numéro un mondial.

Il a manqué le coche de très peu lors du dernier championnat du monde de match-play, étant le seul des favoris à tenir son rang, jusqu’en demi-finale.

Avec Jon Rahm, et Jordan Spieth, ils incarnent cette nouvelle génération qui devrait marquer au moins les 15 prochaines éditions du Masters, sauf accident.

A cela, il faut ajouter une troisième génération, intercalée entre les deux, qui a elle-aussi son mot à dire avec l’actuel numéro un mondial, Dustin Johnson.

Ce dernier se doit une revanche à Augusta après l’événement de l’an passé (chute dans un escalier), et son forfait de dernière minute.

Bubba Watson, déjà deux fois vainqueur cette année, et double vainqueur à Augusta a lui aussi toujours une belle carte à jouer, tout comme le tenant du titre, Sergio Garcia.

L’espagnol a changé de statut suite à sa victoire, la première en majeur. Un titre qu’il a tant convoité au cours de sa carrière.

Toute cette constellation de stars pourrait pourtant devoir s’incliner devant un nouveau roi, l’anglais Justin Rose, justement tout près de gagner en 2017.

Si vous vous souvenez du déroulement du scénario, Garcia puis Rose ont eu tour à tour de sérieuses chances de gagner.

C’est finalement à l’occasion du dernier drive sur le trou de play-off que Rose a craqué en balançant son drive à droite dans les arbres. Un instant de fébrilité qui lui a coûté très cher.

Depuis ce jour de sacre pour Garcia, entre les deux hommes, les deux trajectoires ont été différentes.

Garcia a semblé enfin profiter de son nouveau statut, pris le temps de se marier, et changé d’équipementier, passant de TaylorMade à Callaway, soit le plus gros coup du mercato.

Sans démériter, il a réalisé une saison honnête derrière son succès à Augusta.

Deuxième du BMW International Open, dixième au Tour Championship pour clore la Fedex Cup, il a fait un petit passage victorieux en Europe avec son Masters de Valderrama, puis un succès de prestige en Asie sur l’Open de Singapour en début d’année.

Sans faire les gros titres, ses dernières sorties ont été émaillées de trois top-10.

Résultats qui lui permettent de se maintenir dans le top-10 mondial, et de donner le sentiment qu’il sera prêt pour son plus gros rendez-vous en 2018 : Augusta.

Concernant Justin Rose, même sans gagner le Masters, ni même un autre majeur depuis l’US Open 2013, il se classe au cinquième rang mondial.

Sur les douze derniers mois, on peut même affirmer qu’il réalise l’une de ses saisons les plus consistantes avec deux victoires importantes au championnat du monde HSBC en Chine, et à l’Open de Turquie pour le compte des phases finales du circuit européen.

Il a d’ailleurs échoué de très peu dans l’optique d’être le meilleur joueur européen de l’année 2017 derrière Tommy Fleetwood.

Depuis, le Masters, il a gagné à trois reprises, si on ajoute sa victoire sur l’Open d’Indonésie.

Comme l’espagnol, il affiche de solides performances sur les derniers tournois joués, et notamment une troisième place au Arnold Palmer Invitational, alors qu’il a fait l’impasse sur le championnat du monde de match-play, considérant que cela ne constituait pas une bonne préparation pour Augusta.

« Vous pouvez gagner des matchs alors que vous luttez avec votre jeu, ou à l’inverse, perdre des matchs en jouant très bien. »

En dehors du fait qu’il n’est pas adepte de la formule des matchs de poules pour le premier tour, c’est vraiment la proximité de ce tournoi avec le premier tour du Masters qui l’a dissuadé, comme l’an passé, de participer à cette formule spécifique en match-play.

Sur ce point, on peut imaginer que Bubba Watson, justement vainqueur a peut-être lâché beaucoup d’énergie mentale, et pourrait en manquer au conditionnel pour Augusta. Rose n’a pas voulu se poser cette question.

Au contraire, Rose veut capitaliser sur une force évidente qui le fait performer régulièrement sur le tour : Sa frappe de balle avec les fers.

Mais depuis très récemment, il s'appuie sur un nouveau point fort.

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Au cours des cinq dernières saisons du PGA Tour, l’anglais a démontré une certaine faiblesse dans le domaine du putting, perdant nettement des points par rapport à ses concurrents.

En plus d’être un bon frappeur de balles, il semble que cette année, Rose ait fait des progrès spectaculaires dans ce compartiment de jeu.

Au lieu de perdre des points, il est désormais cinquième pour le nombre de coups gagnés au putting.

Un revirement complet de situation qui lui donne une très forte chance de succès chaque semaine. Il pourrait même être imbattable en cumulant autant de points forts dans son jeu de golf.

Sur le site du PGA Tour qui comptabilise les performances des meilleurs golfeurs, on peut voir qu’il est performant sur les greens, et depuis le tee de départ.

Il est simplement un peu moins consistant que par le passé autour du green, et dans les approches.

Pour son coach Sean Foley, les performances de son poulain s’expliquent « Nous avons dû procéder à quelques changements par rapport à l’an passé, car son dos commençait à le faire souffrir. »

Poursuivant « Nous avons dû changer sa posture, puis la façon de bouger de ses hanches pendant la phase de transition, et malgré tous ses top-10 qu’il a obtenu ces derniers temps, nous sommes toujours en train d’essayer d’améliorer la façon de jouer. Sur le practice ou sur le parcours, il a vraiment été très bon, mais nous cherchons toujours ce feeling particulier. Je pense qu’il n’est pas loin de l’obtenir. »

L’an passé, Rose s’était hissé dans la course à la victoire en comptant sur sa parfaite connaissance du parcours d’Augusta, matérialisée par son carnet de parcours particulièrement bien détaillé.

Une chose qui ne vous échappera peut-être pas au sujet des sportifs de haut niveau concerne les pics de formes.

Quel que soit le sport, il est très difficile de maintenir durablement un état de surperformance sur une période qui va au-delà d’un pic, soit un moment relativement bref.

En cyclisme, les entraîneurs et médecins arrivent à prévoir, et organiser les pics de formes en fonction des aptitudes des coureurs, et des caractéristiques d’une course.

C’est un petit peu différent au golf, mais il demeure qu’un pro n’arrive pas à être au summum de sa concentration au putting pendant douze mois, et quatre-vingts parties par an.

Actuellement, Rose semble en surrégime au putting par rapport à ses saisons précédentes.

A la vue de son jeu, si Rose continue sur ce trend, il pourrait bien gagner à Augusta.

Au chapitre des contre-arguments, le dos de Rose reste une préoccupation.

Régulièrement blessé, il a souffert d’une hernie discale en 2016, et connu des douleurs lombaires au cours du dernier tour du Masters 2017.

Sans gêne au niveau du dos, son jeu de fer actuel pourrait déjà suffire à en faire un sérieux favori, et même sans putter divinement bien.

Mis à part au Mexique où il n’a pas brillé sur son point fort habituel, peut-être à cause de l’altitude, Rose a été impressionnant récemment et à Bay Hill en particulier.

Déjà deuxième l’an passé, il semble sur le « papier » à la question près de son pic de forme au putting ou la santé de son dos, encore plus armé cette année pour gagner le Masters.

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Quand on compile les 16 derniers tours disputés par les dix favoris du Masters, par ordre des cotes des bookmakers, on peut s’apercevoir que la notion de pic de forme est très délicate à interpréter.

Le tableau ci-dessus comptabilise les 16 derniers tours disputés par chacun des dix favoris avant le championnat du monde de Match-play. Cela représente quatre tournois.

Les couleurs chaudes symbolisent les cartes de scores basses (performances), alors que les couleurs froides symbolisent les cartes de scores hautes (contre-performances) ou cut manqué.

A l’évidence, Tiger Woods monte en puissance. Il réchauffe les couleurs au fur et à mesure.

Dustin Johnson est parti très chaud au début (victoire Trophée des Champions) et a déjà connu un léger passage à vide.

Bubba Watson était dans un moment froid juste une semaine avant de remporter le championnat du monde de match-play.

Pour aller dans le sens de cet article au sujet de Justin Rose… pour sa part, sa tendance est au réchauffement progressif.

Enfin, Justin Thomas semble chaud tout le temps !

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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