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Masters Augusta 2017: Les favoris et les réelles chances de victoires

Masters Augusta 2017: Les favoris et les réelles chances de victoires

Deux chercheurs de l’université de Stanford aux Etats-Unis ont essayé de mettre au point un modèle mathématique pour prédire le futur vainqueur du Masters d’Augusta 2017. Kelsey Schroeder, étudiant à Stanford depuis 3 ans et Roberto Argüello, assistant de recherche dédié aux sports dans cette même université ont travaillé sur un modèle de prédiction qui approche de la vérité, suite aux résultats de leur précédente étude menée en 2016. Alors que la presse américaine a fait de Jordan Spieth, le favori versus Dustin Johnson, ils émettent un autre pronostic…Peut-on vraiment prédire le futur vainqueur d'un tournoi de golf, en particulier, d'un majeur ?

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Woods, encore absent, la première prédiction facile à faire

Le premier majeur de l’année ne verra pas Tiger Woods fêter l’anniversaire des 20 ans de sa brillante victoire acquise en 1997, sur le parcours.

Encore forfait, car insuffisamment remis de sa blessure au dos, il sera néanmoins présent au diner des champions. 

Si certains d’entre vous commencent à penser qu’il créé les conditions d’un faux suspense pour continuer à toucher l’argent de ses sponsors, et imaginent qu’il ne reviendra jamais sur le parcours, il faut savoir que dans le cas de TaylorMade, son contrat suppose qu’il joue !

Comme ce ne sera à nouveau pas le cas, Woods est bien entendu la première prédiction facile à faire : Il ne gagnera pas le Masters 2017.

Il ne l’a d’ailleurs plus remporté depuis 2005... Comment pourrait-il figurer dans les années à venir comme un potentiel vainqueur, même remis de son interminable blessure au dos ?

Nous devons commencer à nous rendre à l’évidence. La génération des Spieth, Day, McIlroy et Johnson a bien pris le pouvoir, et ne va plus le lâcher.

Les favoris logiques à la vue du début de saison 2017

Depuis le début de saison, Justin Thomas dans un premier temps, et surtout Dustin Johnson dans un second, ont frappé les esprits avec des victoires retentissantes.

Si Justin Thomas, auteur du doublé Tournoi des Champions – Sony Open est légèrement rentré dans le rang depuis, le nouveau numéro un mondial, Dustin Johnson, semble inarrêtable, et même au niveau d’un Tiger Woods dans ses meilleures années.

En seulement sept tournois disputés cette saison sur le PGA Tour, Dustin Johnson a complété cinq top-dix dont trois victoires spectaculaires au Genesis Open, et au cours des deux premiers championnats du monde, Mexico et Dell Match-Play.

Un tel bilan lui permet de recevoir une cote de 5 contre 1 de la part des bookmakers.

Pour sa huitième participation, DJ peut être effectivement considéré comme une sérieuse chance de victoire, même si jusqu’à présent, il ne s’en est jamais approché.

Dustin Johnson sur le green du 18 au Genesis Open

A 32 ans, Johnson se révèle enfin à son meilleur niveau en majeur, après avoir connu quelques déconvenues spectaculaires, notamment contre Jordan Spieth à l’US Open 2015.

Depuis sa victoire sur l’US Open 2016, Johnson a effectivement changé de dimension et brisé son propre plafond de verre.

Avant de gagner, il avait justement progressé continuellement lors des éditions précédentes, passant de T4 à T2 et enfin la victoire.

Sur le Masters, DJ suit exactement le même schéma.

Après avoir raté le cut en 2014, il a terminé T6 en 2015 et T4 en 2016. De là, à dire qu’il va gagner en 2017, cela reste difficile à prédire, tant Augusta n’est pas un parcours comme les autres.

Pour preuve, l’an passé, le favori, Jordan Spieth a connu une terrible défaillance à seulement quelques trous d’une victoire qui lui semblait pourtant facilement acquise.

Battu par Danny Willett qui ne s’attendait même pas à un tel sort, il avait dû lui enfiler la veste verte du vainqueur à la surprise générale des bookmakers, des journalistes et des statisticiens.

Des derniers vainqueurs, Willett est certainement le plus improbable, et depuis, il n’a d’ailleurs jamais confirmé qu’il était à la bonne place et au bon moment.

L’ex-meilleur golfeur du circuit européen n’a plus remporté de tournois depuis, comme s’il avait atteint son pic personnel.

Jordan Spieth : Effacer la défaite de 2016 par une nouvelle victoire en 2017

Cependant, au regard, des deux dernières éditions du Masters d’Augusta, un tournoi de golf à part dans le calendrier de la saison, c’est bien Jordan Spieth qui recueille un maximum de suffrages de la part des journalistes.

Il a justement une défaite à effacer, et une nouvelle histoire à raconter.

Avec une cote de sept contre un, la deuxième meilleure du tournoi juste derrière Johnson, Spieth doit démontrer que la défaite de l’an passé, était non seulement un véritable accident industriel, et qu’en plus, il a beaucoup appris pour revenir plus fort.

Spieth a une revanche à prendre à Augusta

Pour beaucoup d’éditorialistes, à défaut de commenter l’improbable retour de Tiger Woods à son meilleur niveau, raconter l’histoire du nouvel Arnold Palmer, héritier de Ben Crenshaw (ils sont tous deux originaires du Texas), star du Masters aurait beaucoup de panache.

L’homme de l’année 2015, vainqueur du Masters et de l’US Open dans la foulée, tout près d’emporter le British sous la pluie battante, seulement battu par l’improbable Zach Johnson, a cassé son jouet à Augusta en avril 2016, ce qui ne peut pas être un simple événement.

Pour beaucoup, Spieth est taillé pour Augusta, et en particulier, son putting.

La théorie du putting veut que les meilleurs golfeurs dans ce domaine sont ceux qui rentrent le plus de putts lointains, et commettent le moins de trois putts parce qu’ils contrôlent parfaitement deux choses : la direction et la distance.

Plus près du trou, la direction est bien plus importante que le contrôle de la distance…

Plus on s’éloigne du trou, et plus le contrôle de la distance prend le dessus… en théorie.

Comme pour d’autres secteurs de jeu, la fréquence et la gravité des erreurs commises influent fortement sur la carte de score.

Une erreur au putting peut s’évaluer comme un putt qui ne serait pas dans un périmètre autour du trou de 10% par rapport à la distance de départ.

Par exemple, tout putt joué à un mètre qui ne terminerait pas dans le trou ou dans un périmètre de 10 centimètres peut être considéré comme une erreur.

Pour Peter Sanders, président de Shotbyshot.com, un outil d’analyse sur le jeu de golf, Jordan Spieth est justement le meilleur putter qu’il n’ait jamais vu, en particulier au Masters.

Exemple, pour accréditer cette opinion, en 2015, Spieth a rentré ou dépassé le trou sur son premier putt dans 69% des cas, en se laissant derrière une moyenne de 73 centimètres contre 66% à 82 centimètres pour le reste des meilleurs joueurs.

Le pourcentage d’erreur au putting de Jordan Spieth est de seulement 14% avec un reste à putter de 1,46 mètres en moyenne, contre 20% avec 1,73 mètres en moyenne pour les autres meilleurs golfeurs.

Autrement dit, Jordan Spieth affiche des statistiques de putting très nettement supérieures quand il est à son meilleur niveau.

Cette année, il a déjà démontré cette capacité au cours du Pro-Am de Pebble Beach.

Moins impressionnant et moins complet que des golfeurs comme Justin Thomas ou Dustin Johnson, il n’en demeure pas moins le véritable favori du Masters 2017.

Il a donc déjà renoué avec la victoire cette année. Il est quasiment imbattable à la loyale sur le parcours d'Augusta, et doit changer le cours de son histoire.

Depuis 2015, en l’espace de huit tours disputés au Masters, personne n’a autant dominé ce tournoi.

Le trou 12 joué par Jordan Spieth le dimanche

Sans l’accident du 12, Spieth, qui avait jusqu’à cinq coups d’avances l’an passé, aurait dû revenir cette année pour aller chercher une troisième veste verte…

Prédire le Masters avec les maths…

Pourtant, selon les statisticiens et prévisionnistes Kelsey Schroeder et Roberto Argüello, chercheurs en modèles statistiques à Stanford, université qui a vu un certain Tigre faire ses premières armes dans la vie, ni Dustin Johnson, ni Jordan Spieth ne sont les favoris des chiffres en 2017.

A quelques jours du Masters, nombreux sont ceux qui émettent un avis, choisissent un favori, imaginent un scénario…

Rarement ces histoires sont étayées par une foultitude d’éléments scientifiques qui pourraient appuyer le raisonnement.

Ce sont souvent seulement des hypothèses ou des souhaits.

Comment serait-il possible d’identifier à l’avance un potentiel vainqueur d’un tel tournoi de golf avec un minimum de chances d’erreurs ?

Schroeder et Arguello ont essayé d’y apporter une réponse, tout en admettant en conclusion de leur étude, que prédire un sport comme le golf relevait tout de même d’un exercice très difficile.

Première limitation qu’ils ont constatée, un certain manque de statistiques par rapport à ce qu’ils auraient voulu faire, et par exemple une analyse trou par trou ou coup par coup…

Autre élément mis en avant, le peu de différences de performances entre les meilleurs golfeurs engagés.

Par exemple, le pourcentage de putting réussi par Aaron Baddeley est de 45,7% alors que celui de Steve Stricker est de 45,4% !

La victoire au Masters peut se décider sur seulement un coup de différence entre les dix meilleurs.

Encore un argument pour démontrer qu’à ce niveau, les différences entre les meilleurs joueurs sont très/trop faibles.

Enfin, chaque année, le parcours change un petit peu, ce qui peut fausser une prédiction. Les auteurs concluent donc eux-mêmes, au fait qu’un tournoi de golf est en fait imprévisible !

La défaite de Jordan Spieth en 2016 était réellement inimaginable à quelques trous de l'épilogue, tout comme celle de Woods en 2013, qui envoya sa balle sur un drapeau, un coup parfait, qui pourtant termina sa course dans l’eau !

Malgré toutes ces contraintes, ils ont essayé de prédire l’avenir, et ce qui est intéressant dans leur démarche... c’est qu’ils l’on déjà fait en 2016, ce qui permet de comparer les écarts entre la méthode de prévision, et le résultat réel.

Outil de prévision mathématique des chercheurs de Stanford

De 2010 à 2014, ils ont testé la méthodologie pour la mettre en œuvre pour la première fois en 2015 dans le but de prédire le Masters 2016.

Ils ont identifié toute une série de statistiques ensuite réparties entre celles qui comptent et celles qui ne comptent pas.

Le classement mondial ou l’âge n’ont pas été retenues comme des données pertinentes.

En revanche, le nombre de coups gagnés au putting, la moyenne de score ou le nombre de fairways pris en régulation sont pris en compte, parmi toute une série d’autres statistiques des joueurs au Masters.

Autre limite de ce système basé sur les chiffres enregistrés dans le passé par le PGA Tour, impossible de prédire la victoire d’un golfeur qui disputerait le Masters pour la première fois ou même qui ne l’aurait pas beaucoup joué par le passé.

Exactement le cas de Danny Willett, vainqueur surprise en 2016, et complètement passé sous le radar.

En 2016, Bubba Watson s’était donc retrouvé favori des chiffres devant Justin Rose, Jason Day, Henrik Stenson, Brooks Koepka, Adam Scott, Dustin Johnson, Sergio Garcia, Hideki Matsuyama, et Justin Thomas dans cet ordre.

Dans cette liste, aussi surprenant que cela puisse paraître, point de Jordan Spieth, pourtant vainqueur de l’édition 2015 !

Le meilleur résultat fut finalement la septième place de Matsuyama devant Rose et Day, respectivement dixièmes.

Seul véritable succès de cette prévision, les dix golfeurs cités et prévus ont tous passé le cut, et même terminé dans le top-42.

Cette année, les chiffres qui sont donc incomplets laissent penser que le potentiel vainqueur pourrait être… Rory McIlroy devant Adam Scott, Justin Rose, Jason Day, Dustin Johnson, Branden Grace, Jordan Spieth, Brooks Koepka, Phil Mickelson et Matt Kuchar dans cet ordre.

A ce stade, les auteurs de cette étude admettent encore des limitations dans le modèle mathématique (faibles différences statistiques entre les joueurs, la non prise en compte de la météo ou des conditions du parcours d’une année sur l’autre, les aptitudes variables des joueurs d’une année sur l’autre, et par exemple, les changements de swings... )

Pour progresser, les mathématiciens considèrent qu’ils auraient besoin d’une année pleine de mesures d’un Masters à un autre, d’ajouter les conditions météos, d’ajouter plus de données comme par exemple la tendance à trouver le rough à gauche, et encore les résultats des joueurs sur le circuit européen, en référence à Willett !

Le jour de gloire de Danny Willett à Augusta

La merveilleuse incertitude du sport

Au final, sortir une liste de dix golfeurs parmi les cinquante meilleurs mondiaux est peut-être un exercice un peu plus évolué que la tactique du doigt mouillé pour prédire le vent, pour autant cela reste totalement fantaisiste.

Oui, un tournoi de golf reste hautement imprévisible.

Mis à part, le petit bonheur la chance, annoncer le vainqueur avant le terme du tournoi est hasardeux pour des mathématiciens, des journalistes, des observateurs ou des spectateurs.

Et c’est tant mieux… Show must go on.

Enfin, si McIlroy, donné à quinze contre deux, troisième cote du Masters, pouvait effectivement gagner, cela ferait une belle histoire à raconter… en attendant gare au putting de Spieth et au calme de Dustin Johnson...

Crédit photo : Mark Newcombe à Augusta

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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