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Masters Augusta 2014: Weir et DeLaet – Les Chances canadiennes

Mike Weir et Graham DeLaet : les chances canadiennes au Masters d'Augusta

Onze ans après la première victoire d’un canadien gaucher à Augusta, Mike Weir et Graham DeLeat seront bien au départ du premier majeur de la saison. Le premier nommé est toujours à 43 ans à la recherche de sa meilleure forme, alors que le second à 32 ans, une des révélations de la saison 2013 porte les espoirs de victoire de près de 4 millions de golfeurs canadiens.

Mike Weir : Vainqueur du Masters en 2003 et puis plus rien…

Vainqueur en play-off de Len Mattiace, Mike Weir avait alors créé la sensation en faisant coup double : Premier gaucher et premier Canadien à remporter le tournoi des Maîtres !

Depuis, un autre gaucher s’est illustré à Augusta (Phil Mickelson), mais aucun autre Canadien n’a été en mesure de près ou de loin de remporter à nouveau la prestigieuse veste verte, ce qui confère à Mike Weir, un statut un peu particulier au pays, et bien que depuis cette date, sa carrière ait sérieusement flanché.

Depuis le début des années 2000, les cas de golfeurs vainqueurs au Masters qui ont disparu de la circulation ne sont pas légions.

D’une part, ce tournoi est réservé à l’élite des meilleurs golfeurs du monde, et d’autre part, les vainqueurs gagnent le droit de jouer les plus grands tournois du PGA Tour pour un temps relativement long.

Pourtant, seulement deux vainqueurs en quatorze éditions se sont littéralement éteints : Mike Weir en 2003 et le sud-africain Trevor Immelman en 2008.

Hormis ces deux exceptions, Tiger Woods, Phil Mickelson, ou Adam Scott continuent de tutoyer les sommets, et d’autres vainqueurs ont profité du Masters pour franchir un cap comme Bubba Watson, Zach Johnson et Charl Schwartzel, certes parfois après quelque mois de digestions.

D’autres comme Angel Cabrera et Vijay Singh, plus âgés ont tout simplement atteint le sommet de leurs carrières.

Pour Mike Weir, sa victoire à 32 ans lui promettait un bel avenir, et pourtant depuis 2007, il n’a plus jamais remporté la moindre victoire sur le PGA Tour.

Souvent blessé, il n’a plus jamais été en mesure de rééditer son exploit de 2003.

Mike Weir à la relance au Masters

En pleine préparation pour  l’édition 2014, il semble retrouver peu à peu un bon niveau de forme, et surtout son petit jeu, son principal point fort, qui justement lui a fait défaut ces derniers mois, est en voie de guérison.

Interrogé par la presse la semaine passée, il a déclaré se sentir dans le coup « Pour bien jouer et scorer, il faut que tous les éléments du jeu soient en place au même moment. C’est pareil pour tout le monde, et pour l’instant, je n’ai pas encore été en mesure de le faire. »

Avant de poursuivre « Les choses s’améliorent. Je frappe la balle avec plus consistance, mais mon putting n’est pas très bon en ce moment. »

Comme d’autres golfeurs en pleine préparation pour Augusta, Mike Weir va disputer les deux tournois texans (Valero Texas Open et Shell Houston Open) afin de peaufiner les derniers réglages.

Dans un majeur où le champ de joueurs est resserré et où l’expérience peut aider, le Canadien pense avoir sa chance. « Je crois toujours en moi. J’ai une excellente stratégie pour Augusta, et en dehors du fait que j’y ai déjà gagné, j’ai eu d’autres bonnes performances sur ce parcours qui me laissent penser que je peux bien jouer, et figurer en tête du leaderboard. »

Longtemps, seul espoir du golf canadien pour la victoire à Augusta, cette année, Mike Weir ne sera plus le seul atout de son pays, terre de golf avec quatre millions de pratiquants, et parmi les grandes puissances de ce sport avec les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Australie, et l’Afrique du Sud, puisque Graham DeLaet, auteur d’une très belle saison 2013 sera aussi de la partie.

A 32 ans, l’âge de Mike Weir quand il a remporté son Masters, Graham DeLaet a le profil d’un joueur capable de créer le surprise à Augusta, surtout si des ténors comme Phil Mickelson ou Tiger Woods ne sont pas présents ou diminués en raisons de blessures.

Pour Weir, DeLaet a tous les atouts pour bien figurer « Graham possède le jeu de golf qui peut lui permettre de gagner un Masters. C’est un long frappeur, il sait faire voler la balle haute et loin, et en plus, il a beaucoup travaillé sur son petit jeu. »

56ème du Valero Texas Open en +5, Weir n’a pas encore totalement trouvé le bon rythme, mais ce résultat placé dans la meute lui a au moins permis de prendre confiance, et de passer le cut.

De toute façon, pour bien figurer à Augusta, le tout…c’est d’être près au bon moment, et ne pas sortir du peloton trop tôt.

Graham DeLaet : La progression constante d’un bûcheron canadien

Il n’a pas le profil d’un play-boy à la Adam Scott. Il n’est pas non plus d’un gabarit à la Mike Weir. Son premier amour sportif fut le Hockey bien avant le golf. Il n’a pas grandi dans un environnement tourné vers le golf.

Pourtant, Graham DeLaet est en en 2014, le meilleur canadien sur le PGA Tour, et même un profil de potentiel vainqueur de tournois.

Graham DeLaet : un golfeur puissant en pleine ascension

Des blessures et le sentiment de ne pas être assez bon pour passer pro de Hockey dans son enfance l’ont fait dévier de son sport favori vers un petit club de golf local à Weyburn, où il a découvert le jeu, et s’est mis à rêver à une carrière sur le tour américain.

Après une belle carrière chez les amateurs, ses débuts chez les pros en 2006 n’ont pas été immédiatement couronnés de succès.

Bien au contraire, les premiers cuts manqués ont accentué la pression de devoir trouver de l’argent pour continuer à jouer.

Après un break nécessaire pour se marier, et changer son approche du jeu de golf, il est revenu en 2008 avec de meilleures dispositions,

En 2009, il fit un choix peu commun en jouant sur le Sunshine Tour…le circuit sud-africain, sur lequel, il remporta une victoire et termina huitième de l’ordre du mérite !

Sa carrière chez les pros pouvait enfin décoller.

Cette même année, il joua et gagna de l’argent sur en fait six tours différents à travers le monde, un parcours peu commun pour un golfeur nord-américain, ce qui ne l’a pas empêché de décrocher pour 2010 le droit de jouer à plein temps sur le PGA Tour.

Sa première saison sur le grand tour fut une réussite puisque rookie, il termina dans le top-100 de l’ordre du mérite, et pris même la place de numéro un Canadien.

Une blessure au dos allait pourtant gâcher une partie de son année, nécessitant une intervention chirurgicale début 2011, ce qui allait retarder son éclosion au plus haut niveau.

Finalement, de retour à temps complet en 2012, il réussira à atteindre pour la première fois, le million de dollars de gains.

C’est véritablement en 2013 que le canadien a commencé à se faire un nom aux yeux du monde entier.

Une deuxième place et sept top-10 sur le PGA Tour lui ont permis d’atteindre la 34ème place de la Fedex Cup, et une première participation à la President’s Cup en fin de saison, doublant au passage ses gains pour atteindre 2,5 millions de dollars.

En 2014, il poursuit encore son ascension et pourrait faire mieux.

Déjà 16ème de la Fedex Cup au bénéfice de deux deuxième places.

En neuf tournois disputés, il a déjà amassé 1,6 millions de dollars alors que l’an passé pour atteindre 2,5 millions de dollars, il lui avait fallu 26 tournois !

Désormais, trentième mondial au Official World Golf Ranking, DeLaet peut faire favori d’outsider crédible pour remporter le Masters d’Augusta.

Comme l’atteste Mike Weir, il a effectivement la puissance au drive !

Huitième plus long frappeur du tour avec une moyenne de 304 yards (277 mètres), DeLaet est surtout quatrième des statistiques du PGA Tour pour les greens en régulation avec 72%, ce qui explique sans peine sa moyenne actuelle de score de 69,87…soit la douzième meilleure sur le tour.

Certes, encore peu connu en France, Graham DeLaet qui joue des clubs Titleist mais porte des vêtements Puma depuis un récent contrat passé début 2014, fait figure de valeurs montantes sur le PGA Tour, et sa première victoire semble imminente.

Mike Weir, Graham DeLaet, les chances du golf canadien en Géorgie sont bien différentes avec d’un côté, un golfeur expérimenté à la recherche de son jeu passé, et de l’autre, un néophyte en pleine possession de ses moyens.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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