Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Masters Augusta 2014: Nos outsiders pour dimanche

Bubba Watson, Sergio Garcia, Matt Kuchar et Henrik Stenson : sérieux candidats à la victoire

Suite de notre pronostic pour la victoire au Masters d'Augusta 2014, après avoir identifié quatre favoris relativement indiscutables, nous avons pris plus de risques pour poser les noms de quatre golfeurs, qui nous paraissent de potentiels vainqueurs du premier majeur de la saison.

Henrik Stenson : Je ne suis pas favori mais je peux bien jouer !

Difficile de considérer que Stenson est un favori à Augusta, mais il est aussi difficile de le mettre hors course.

Certes sa saison 2014 tarde à démarrer, mais il en avait été de même en 2013, arrachant in-extremis sa participation au Masters, ce qui allait véritablement le relancer dans une année, qui allait justement devenir exceptionnelle. 

Plaisantant sur sa cote auprès des bookmakers « J’espère que vous n’allez pas jouer tout votre tapis sur moi ! » Stenson a pourtant tout du sérieux candidat à la victoire. 

Et même si ses dernières sorties sur le PGA Tour sont loin de nous avoir donné l’eau à la bouche. 

« Il est toujours temps. » insiste-t-il « Je ne suis pas où je voudrais être avec mon jeu, que ce soit physiquement ou mentalement. Mais le moment venu, j’espère être prêt à renverser la vapeur. »

Poursuivant « Il n’y a aucune chance que je réalise un bon Masters, si je suis dans le même état d’esprit qu’au Doral. Tourner en rond, se plaindre du parcours ne vous fait pas bien jouer. J’ai évidemment besoin de changer d’approche. » 

Le fait de jouer Augusta devrait l’y aider, même si c’est un sacré test. « Le parcours devrait me convenir, pourtant c’est le Majeur où j’ai eu les moins bons résultats. Je ne me classe pas parmi les favoris, mais si je vais sur le parcours avec un bon jeu, et une bonne tête, je peux assurément faire quelque chose. »

C’est pourquoi, il ne faut surtout pas enterrer les chances du géant suédois.

Quand Stenson est correctement concentré, il a déjà démontré par le passé qu’il pouvait gagner n’importe où, tout en étant aussi capable d’élever son niveau de jeu, pendant les Majeurs.

Comparativement à 2013, Stenson en est peut-être au même stade. Il râlait après le parcours de Puerto Rico. Il jouait de manière assez moyenne, et n’était pas très content de lui, tout comme il l’a été au Doral.

« Finalement, c’est comme si les choses suivent le même plan. Je n’ai plus qu’à connaitre le même revirement de situation. »

  • En 2013, il avait joué une partie de la saison avec une blessure à un poignet, et n’avait pas voulu s’arrêter pour continuer à surfer sur sa bonne vague.
  • En 2014, il admet qu’il n’a pas été facile de s’accorder du repos tout en étant déjà en train de préparer la nouvelle saison. « Vous essayez d’en faire encore plus alors que vous êtes déjà plus fatigué. »

Argumentant sur son calendrier assez chargé « Je ne peux pas vraiment enlever de tournois de mon agenda dans la mesure où je joue les deux tours (PGA et European Tour). Comme je joue entre  25 et 30 tournois par an, il est difficile de couper tout un mois pour se reposer ou s’entraîner au practice. Je n’ai pas ce luxe malheureusement. »

Sergio Garcia : C’est maintenant ou jamais !

La semaine passée, Tom Watson, capitaine de l’équipe américaine de Ryder Cup a déclaré que même si Woods n’était pas qualifié directement dans son équipe, il le sélectionnerait pour jouer contre l’équipe européenne en fin de saison. 

Rival, et ennemi intime du tigre, l’espagnol Sergio Garcia, probablement un des plus grands talents de ces quinze dernières années a déclaré en retour, que lui n’aurait pas besoin que son capitaine, Paul McGinley, le sélectionne avec une wild-card. 

Leader après un tour du Shell Houston Open, dernier tournoi d’avant Masters, Garcia a effectivement confirmé sa bonne forme du début de saison en signant d’entrée une carte de 65 sans bogey.

Sergio Garcia est déjà si souvent passé tout près...

Au cours des huit derniers tournois auxquels il a participé, il a trouvé le chemin de la victoire à deux reprises, terminé une fois second, et pris trois top-10. 

En cas de victoire au Masters, Garcia pourrait prendre la place de numéro quatre mondial. 

Toute la question est de savoir comment il va gérer les quatre jours de compétitions, surtout si dès les premiers jours, il se porte en tête ou très proche du sommet du leaderboard. 

Par le passé, il a déjà largement démontré qu’il avait le potentiel pour gagner un majeur, et scorer très bas. 

Cependant, il a aussi démontré qu’il était capable de perdre des majeurs que ce soit contre Tiger Woods ou Padraig Harrington. 

Plus précisément, c’est au putting que Garcia est attendu, car c’est souvent dans ce secteur de jeu qu’il lâche des coups. Or, au Masters, cela ne pardonne pas sur les greens les plus difficiles du monde ! 

Matt Kuchar : La régularité va-t-elle payer ?

Il y a deux façons de prendre en considération la prestation de l’américain sur le dernier Shell Houston Open. 

  • D’un côté, il a été capable de laisser fondre une avance de quatre coups sur le dernier tour pour perdre en play-off contre Matt Jones. 
  • D’une autre côté, sa seconde place finale lui a permis de monter son total de top-10 à six en neuf tournois joués cette saison, soit l’un des golfeurs les plus réguliers en 2014. 

Son principal point fort ? Le pourcentage de greens pris en régulation qui frôle les 90% ! 

Sacré kooch !

Si on ajoute cette statistique au fait que depuis 2010, le discret Matt Kuchar est très souvent placé à Augusta, et en majeur : Troisième et huitième.

Le golfeur le plus souriant du PGA Tour pourrait justement voir la veste verte lui sourire.

Bubba Watson : La difficile digestion d’une première veste verte

Devenir un vainqueur de majeur n’efface pas immédiatement les doutes.

Demandez à Bubba Watson !

Deux ans auparavant, il recevait des mains de Charl Schwartzel la veste verte du vainqueur, tout juste après avoir tapé un coup de golf spectaculaire depuis les arbres pour battre Oosthuizen.

Après cette belle victoire, l’autre gaucher américain a en fait mis de long mois à retrouver sa meilleure forme.

Et elle n’est revenue que très récemment avec un succès sur le North Trust Open, qui a mis fin à une longue période de doutes.

Watson en était à se poser la question « Vais-je de nouveau gagner ? »

Le coup qui a fait la légende de Bubba à Augusta

Bien qu’il continue de douter, et même de douter de sa place dans ce tournoi, il admet que quand il ouvre son casier dans le vestiaire des joueurs, et qu’il y retrouve sa veste verte, le rêve continue !

Après sa victoire au Masters 2012, Watson a manqué deux cuts, et réalisé un seul top-20 en sept tournois.

En 2014, son putting s’étant nettement amélioré (il n’a pas commis un seul trois putts en 250 trous joués), il peut à nouveau ambitionner de remporter une nouvelle veste verte.

50ème l’an passé, Bubba pense que s’il gagne une nouvelle fois, plus personne ne pourra supposer qu’il a eu de la chance avec son coup depuis les arbres.

« Quand j’ai gagné le tournoi, sur le premier tee, je ne pensais pas jouer la victoire. Cela a commencé à se préciser dans mon esprit après mon birdie au 16. Je me souviens que mon caddy m’a dit « Nous avons une chance maintenant », et cela m’a rendu nerveux, excité et effrayé. Je suis vraiment passé par toutes les émotions que vous pouvez imaginer. En fait, à partir du moment où je suis parti en play-off, les choses m’ont paru plus facile. Au pire, je risquais de terminer deuxième. J’étais toujours tendu mais il n’y avait pas d’autres groupes de joueurs à surveiller. Ce n’était plus qu’un mano à mano. Le fait d’avoir tapé ce coup depuis les arbres, puis de jouer les deux putts…vous y pensez toute votre vie…depuis tout gamin, quand vous regardez du golf à télé, et puis finalement, vous gagnez le plus grand tournoi de golf de l’histoire ! »

Avant de poursuivre « Je sais que si mon père avait été là, il aurait encore plus pleuré que moi, et aurait été très fier. Je n’ai pas pu le remercier, alors j’ai remercié ma mère pour tous les sacrifices qui m’ont permis de vivre ce moment. »

  • En 2013, les choses ont été bien différentes pour Bubba, passé l’émotion de la victoire, les obligations du champion ont eu tendance à prendre le dessus, tout comme le fait de faire l’objet de toutes les attentions des médias, ce qui a fini par réduire sa concentration sur le jeu.
  • En 2014, le contexte est différent. Il n’est plus le champion en titre, et peut mieux se préparer au jeu.

Admettant que cela prend facilement plus d’un an pour digérer une première victoire au Masters, Bubba est encore très ambitieux pour la suite de sa carrière, rêvant de remporter encore un autre Masters, devenir numéro un mondial, et réaliser son but initial, remporter dix victoires sur le PGA Tour, sans oublier une Ryder Cup alors qu’il a déjà fait partie de deux équipes perdantes.

Et s’il ne gagne plus jamais rien, Bubba considérera qu’il a déjà réussi une belle carrière, et surtout accompli une grande partie de ses rêves.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1923
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.