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Masters Augusta 2014: La participation de Tiger Woods en suspens

Le dos de Tiger Woods ne répond plus !

Forfait de dernière minute sur le tournoi de cette semaine, le prestigieux Arnold Palmer Invitational, dont il était tenant du titre, le chemin de croix de Tiger Woods en 2014 semble n’en plus finir. Alors que l’on pouvait légitimement s’interroger sur sa capacité à gagner un majeur, l’état de son dos ajoute encore au doute.

Depuis le début du mois de Mars, et notamment le Honda Classic, Tiger Woods semble en proie à de violentes douleurs dans le bas du dos, ce qui l’avait déjà conduit à renoncer à l’un de ses tournois de début de saison, portant un coup à sa préparation en vue du prochain Masters d’Augusta.

Avec des résultats très en-dessous de son standing et de ses capacités depuis le mois de janvier, ces blessures à répétitions ne rassurent pas quant à la capacité du champion à être compétitif, et même peut-être pire, tout simplement au départ du backtee numéro 1 à Augusta, en avril.

Sur son site web, le tigre a commenté son forfait « J’ai personnellement appelé Arnold pour lui annoncer que malheureusement, je ne serais pas en mesure de jouer le tournoi cette année. » avant de fournir quelques explications « Malheureusement, j’ai toujours des douleurs spasmodiques dans le dos, et la douleur persiste. Il est trop tôt pour savoir ce qu’il en sera pour le Masters, et je vais continuer à être suivi par mes docteurs pour évaluer la situation.»

Désormais, il parait de plus en plus évident qu’il faut mettre un lien de cause à effets entre les douleurs récurrentes du tigre, et ses prestations en demi-teinte depuis janvier.

Woods, une bête blessée ?

Woods n’est pas simplement moins bon, moins concentré, moins performant, il est tout simplement diminué physiquement.

Ce n’est pas le sportif qui est en cause, mais bien le corps qui donne des signes de fatigues inquiétants.

A 38 ans, un golfeur est loin d’être à la fin de sa carrière chez les professionnels. Au contraire, l’âge d’or se situe entre 25 et 42 ans, et très récemment, Miguel Angel Jimenez a prouvé qu’un pro pouvait encore gagner un tournoi d’importance à près de 50 ans, et sans parler du Senior Tour.

En revanche, pour le phénomène Woods, présenté dès l’âge de 3 ans comme un prodige, et dont les 35 dernières années ont été intégralement vouées au golf de haut niveau, il est possible de s’interroger sur une usure précoce, et peut-être irréversible de son corps, lui qui a usé et parfois abusé de musculation pour entretenir son corps, non pas comme un sportif de haut niveau, mais comme un Marines !

Hank Haney, son ancien coach avec lequel Woods a encore remporté de nombreuses victoires après la période Butch Harmon, déplorait la préparation athlétique militaire de son protégé, ce qui avait des conséquences sur son swing.

Précision qui permet d’introduire ici la notion du swing sous forme d’un résultat global, non pas seulement issu de la technique, mais bien d’un ensemble technique, physique et mental.

Modifier un de ses trois paramètres peut altérer le swing.

La technique n’est pas toujours la seule explication pour justifier une baisse de performance. 

La préparation physique en cause ?

Bien sûr, la tentation de bons nombres d’entre nous seraient de penser que si Woods est blessé au dos de manière récurrente, le golf, et la pratique intensive de ce sport pourrait en être à l’origine.

Combien d’entre nous n’ont jamais éprouvé de douleurs dans le dos après avoir joué au golf ?

Effectivement, comment imaginer l’effort que représente le fait de produire plusieurs centaines de swings quotidiennement pendant des mois et des années ?

Dans le cas de Woods, il faut en plus ajouter à cette hypothèse, sa passion pour la fonte, et les salles de musculations.

D’ailleurs, on peut douter de l’efficacité de l’entrainement musculaire en constatant simplement les chiffres !

Selon les données du PGA Tour relevées ce jour, la moyenne de distance au drive de Woods en 2014 est de 262 mètres.

A titre de comparaison, Bubba Watson qui n’est pas un phénomène athlétique domine régulièrement la catégorie de distance au drive, et c’est encore le cas cette année avec une moyenne de 290 mètres, soit un écart moyen de 28 mètres avec Tiger !

En réalité, la moyenne de Woods ne le place qu’autour de la 100ème place des joueurs du PGA Tour.

Autant dire que la puissance n’est pas un argument qui permet à Woods de faire la différence par rapport aux autres golfeurs.

Au plus fort de sa domination, le tigre avait forcément créé différents avantages concurrentiels qui lui permettaient justement de dominer ses adversaires.

Le fait qu’il gagne moins est aussi le résultat du fait qu’il n’est plus dominant dans aucune catégorie statistique du PGA Tour.

Ceci dit, pour gagner au golf, il ne s’agit pas d’être le plus long ou le meilleur putter, il faut cumuler des compétences et en tirer profit au bon moment.

La passion de Woods pour la musculation ne trouve pas de bénéfices dans ses performances de distance, et donc dans son golf.

Un combat qu'il pourrait ne pas gagner ?

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Ce grand champion a déjà souffert de beaucoup de blessures dans sa carrière, mais ses problèmes récurrents au dos représentent la problématique la plus ennuyeuse sur son jeu.

L’inconfort que cela génère a un effet direct sur l’impact qu’il peut donner à la balle de golf.

Conscient du problème, il avait déjà commenté au Honda Classic « Un mauvais dos n’est pas à prendre à la légère ! »

Très analytique sur la situation, il avait ajouté « Concernant mes précédentes blessures, il s’agissait toujours de problème après l’impact. Je pouvais donc faire mon travail et amener le club à la balle de façon à produire le coup que je voulais. Ce n’était pas toujours agréable, mais j’ai joué comme ça pendant des années. Mais avec le dos, c’est totalement différent. A certains moments, il y a certains mouvements que je ne peux juste plus faire. C’est l’une des choses que j’ai apprise avec ce type de blessure. »

Engagé sur le dernier WGC-Cadillac Championship, Woods n’avait pas particulièrement bien joué, sauf sur le troisième tour, où il avait réalisé un très beau 66, qui nous avait laissé croire qu’il n’était pas loin de remettre son jeu sur les bons rails.

Malheureusement, le lendemain, sur le trou numéro 6, un mauvais coup de fer 8 a de nouveau aggravé l’état de son dos.

Conséquence directe, il réalisa finalement son plus mauvais tour en 78 pour finir 25ème.

Et demain, le Masters ?

Si on était sévère, on pourrait affirmer que même quand il n’est pas blessé, son jeu depuis le début de la saison n’est pas flamboyant.

En réalité, il y a fort à parier que le tigre ne soit pas à l’aise avec son dos depuis plusieurs mois, et de manière beaucoup plus marqué qu’il ne le laisse entendre.

Certes, quand la douleur doit être insupportable, il déclare forfait, mais cela ne veut pas dire qu’il ne joue pas en ayant mal, ce qui expliquerait très largement pourquoi depuis le début de l’année, ses performances sont aussi loin de son potentiel réel.

A moins d’un mois du Masters, Woods n’a donc pas réalisé la préparation optimale de ce grand rendez-vous.

En 2010, il avait repris la compétition au Masters après quatre mois d’arrêt, suite à ses déboires conjugaux, ce qui ne l’avait pas empêché, dans un contexte moral difficile pour lui, de terminer à la quatrième place.

Tout est donc possible avec lui…

Cependant, et comme lui-même l’affirme, le problème qu’il rencontre actuellement est d’une nature plus directe sur son swing, et son jeu, ce qui peut nous permettre de commencer à douter de sa performance future à Augusta, et peut-être même de sa présence.

Depuis quelques mois, il nous semble que l’américain donne des signes plutôt inquiétant sur la durée de sa carrière chez les professionnels, ayant affirmé dans une interview que le jour où il ne se sentirait plus en capacité de gagner, il quitterait le golf sans se retourner !

Aujourd’hui, personne n’ose y penser, mais Woods ne serait-il pas en train d’annoncer progressivement la fin de sa carrière ?

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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