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Masters 2018 : Le retour réussi de Tiger Woods à Augusta

Masters 2018 : Le retour réussi de Tiger Woods à Augusta - Crédit photo : Getty Images

Oui, Tiger Woods a réussi son retour au Masters après avoir manqué les éditions 2016 et 2017. Certes, il n’a pas gagné cette édition 2018, mais c’était beaucoup demandé pour un premier majeur, et après une longue absence pour blessure. Quelques semaines en arrière, observer Tiger déambuler sur le parcours d’Augusta paraissait hautement improbable, et pourtant, il a passé le cut, tout tenter pour se rapprocher des leaders, parfois manqué de chance. Le Masters 2018 est peut-être un nouveau point de départ pour Tiger…

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Tiger Woods passe le cut au Masters

Avant le troisième tour, samedi, son ex-coach, Hank Haney toujours prompt à donner son avis sur le tigre déclarait « J’espère que la journée sera venteuse pour que cela force Tiger à jouer des trois-quarts de coups, comme il l’a fait au Honda et au Valspar. J’espère qu’il va réaliser qu’il a besoin de ce type de swing la plupart du temps, et en particulier sur ses fers courts, ce qu’il faisait au temps de sa domination. »

Le coach voulait ainsi signifier que Woods avait peut-être trop tenté de forcer le destin pendant les deux premières journées du Masters à Augusta.

Avec deux cartes de 73 et 75, Tiger avait certes passé le cut, mais occulté ses chances de victoires avec 4 coups au-dessus du par, alors qu’au sommet du leaderboard, Patrick Reed « envoyait » déjà du -9 ou encore Jordan Spieth avait ouvert le tournoi avec un 66 à vous faire dire « Mais comment fait-il ? ».

Woods a néanmoins largement réussi son véritable retour, car sa présence au Masters marque un moment clé dans son histoire récente, et sans faire offense à des tournois tel que le Honda Classic ou le Arnold Palmer Invitational.

Il ne s’est pas mis en position de gagner, et en a été même assez loin, flirtant avec la quarantième place pendant tout le week-end (on parle des 40 meilleurs golfeurs du monde sur LE parcours), mais à bien le regarder, il n’avait rien à envier par rapport à tous les autres golfeurs.

Rien à envier, mais pas non plus la magie qui peut vous faire gagner un Masters, tout du moins pendant 54 trous.

Il a bien joué, mais il n’a pas joué sur « une autre planète ».

Hank Haney a sans doute voulu illustrer que Woods, en cherchant à jouer toujours des coups à 100%, ne s’était pas laissé assez de marge de sécurité.

Au début des années 2000, il survolait le golf mondial, et tous ses adversaires.

En 2018, le nouveau Tiger Woods ne survole pas encore, car la concurrence a énormément progressé à l’image de Patrick Reed, capable de jouer à niveau de golf « tigeresque » pendant au moins trois jours pour un total de -14 avant le début du dernier tour.

Pendant les trois premiers tours du Masters, Woods n’a jamais semblé être en mesure de monter dans le train pour accélérer, et enchaîner les birdies nécessaires, afin d’envoyer une grosse carte sous le par. Il n’a pas semblé non plus dans une difficulté insurmontable.

En réalité, il a encore besoin de temps, de parties, de retrouver des repères au putting où il m’a semblé moins exceptionnel que dans ses meilleures années.

Cette semaine, jusqu’aux derniers 9 trous du dernier tour, il lui a manqué ce coup exceptionnel qui vous galvanise.

Une attente très forte autour de Tiger à Augusta

Jeudi, avant de démarrer sa première partie, les « patrons », surnom des spectateurs à Augusta étaient agglutinés autour de son tee de départ, et tout le long du trou numéro un. Il n’y avait pas un espace de libre, signe de l’attente qu’il suscitait auprès des fans de golf.

Woods a témoigné avoir apprécié l’accueil qu’il a reçu de la part du public tout au long de la semaine.

Il n’a pas gagné, mais tout le monde était content de le voir sur pied, en tenue de golfeur, à commencer par Phil Mickelson, son vieux rival.

Les deux hommes, souvent opposés par la presse, ont d’ailleurs partagé une partie d’entrainement avant le tournoi, et échangé de nombreuses amabilités l’un envers l’autre.

Plus tôt dans la semaine, lundi, il avait joué cette fois avec Fred Couples, qui avait constaté que l’ex-numéro un mondial ne semblait plus présenter aucun problème au dos.

Tiger Woods en mode bombardier pendant le Masters à Augusta

« Il tape vraiment loin, et il a l’air en pleine forme. Aujourd’hui, je n’ai pas eu l’impression de voir quelqu’un de différent par rapport aux dix dernières années, quand je jouais encore régulièrement avec lui. »

Pour Couples, Woods était même au niveau des bombardiers tel que Justin Thomas. Etait-ce de la courtoisie ?

Dans les faits, Woods a tout de même été légèrement décroché par rapport à Jordan Spieth, Justin Thomas, Dustin Johnson, Rory McIlroy et Patrick Reed, les animateurs de ce Masters 2018.

Ceci dit, aucun d’entre eux ne génère encore autant d’émotions que Tiger, qui à chaque fois qu’il tape un bon coup, suscite un énorme vrombissement des spectateurs.

D’ailleurs, le moment le plus fort est venu sur le trou 15 du dernier tour quand Tiger a réussi son premier eagle de la semaine, car dans cette semaine, il y a eu Woods pendant trois tours et demi, et Woods pendant les 9 derniers trous.

Cet eagle n’a pas été anodin.

La confirmation que Woods a besoin de temps pour retrouver, non pas la plénitude de ses moyens, mais ce qui faisait de lui une machine à scorer.

Un dernier tour en 69 où il manque d’un cheveu le score total dans le PAR

Avant de démarrer son dernier tour, conscient qu’il ne serait pas dans le coup pour la gagne, il devait se contenter d’un objectif plus modeste, mais tout de même difficile : Ramener son score global dans le PAR.

Cela signifiait jouer au moins 68 sur le dernier tour, et ce, pour donner une coloration plus positive à sa semaine.

Malgré tout, le contexte, sa blessure, c’est Tiger Woods, et une place dans les 40 premiers au Masters n’est pas pour le satisfaire.

Depuis sa dernière victoire en 2005, il n’a joué que deux fois au-dessus du PAR à Augusta.

« J’espérais que cette semaine serait un peu meilleure. Dimanche, j’espérais pouvoir jouer sous le PAR. »

Concrètement, c’est essentiellement le jeu de fers du Tigre qui a fait défaut jusqu’à dimanche, et alors qu’il avait pourtant montré de belles choses dans ce domaine, notamment pendant le Honda Classic quelques semaines plus tôt.

Le contrôle des distances a été le plus gros problème pendant le second tour où il a survolé plusieurs greens.

C’est sans doute ce que Hank Haney a observé à propos de son ancien protégé.

En conséquence, il ne s’est pas donné assez de positions de birdies.

Sur les greens, il a finalement eu plus de situations à sauver que de situations pour scorer. Il a joué sur la défensive alors que pour gagner le Masters, il faut jouer l’attaque.

« J’ai frappé beaucoup de bons putts. Ils ne sont tout simplement pas rentrés. »

Finalement, au 17 du dernier tour, Woods a mis le bon putt pour un nouveau birdie, et enfin atteindre son ultime objectif, rendre une carte dans le par au Masters. Non, il n’allait pas rendre son troisième score au-dessus du PAR à l’occasion du Masters 2018.

Malheureusement, sur le 18, son avant-dernier putt manqua la cible pour le ramener à un score de 69.

Malgré cette petite infortune sur le 72eme trou de la semaine, Woods a réussi son retour à Augusta.

Il n’a pas gagné, mais réussi à remonter une situation mal engagée pour progressivement jouer de mieux en mieux, et finir avec une belle carte sous le par sur un dernier tour en majeur.

Dans un peu plus d’un mois l’US Open, ce sera une nouvelle étape décisive. La saison ne se résume pas au Masters. Woods progresse à chaque sortie. La fin de son Masters 2018 peut laisser beaucoup d’espoirs pour la suite. Ce n’est qu’un commencement.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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